Préjugé 1 : Je suis un agent de l’Église. Je vais dans le sens des homophobes et créer de l’homophobie avec mon discours haineux sur l’homosexualité.

 

Non. En France, je suis rejeté aussi par les catholiques qui refusent d’entendre parler d’homosexualité. Et mon discours n’est absolument pas homophobe : j’appelle au contraire à l’amour des personnes homosexuelles, et je veux qu’on nous écoute parler de notre homosexualité, qu’on nous laisse vraiment parler et décrire ce que nous vivons. Pas seulement qu’on nous applaudisse en nous mettant un scotch sur la bouche. Pas seulement qu’on nous « accompagne spirituellement ».

 

Préjugé 2 : Le lobby LGBT (interprété comme « communauté homo ») est une terrible dictature.

 

C’est faux. La communauté homosexuelle est remplie de personnes belles, drôles, piquantes, sensibles. Elle n’est pleine d’amis. Ceux qui la diabolisent n’ont rien compris. Le lobby gay, il n’y a quasiment personne derrière. Le lobby LGBT n’est pas porté par les personnes homosexuelles. Il est porté par des personnes qui se présentent comme « hétéros » et qui veulent se venger du mariage et de l’Église en se servant de nous personnes homosexuelles comme alibi amical, émotionnel et sentimental.

 

Préjugé 3 : Je défends l’hétérosexualité et j’essaie d’être un « ex-gay » (un gay repenti).

 

J’ai créé un site très sérieux qui s’appelle CUCH : Cathos Unis Contre l’Hétérosexualité. L’Église ne défend jamais l’hétérosexualité. Elle ne défend que la différence des sexes. Notre seul véritable ennemi, c’est le lobby hétérosexuel. Tant pis si vous ne comprenez pas tout de suite et pensez que je joue sur les mots. Le vrai problème, ce n’est pas l’homosexualité. C’est l’hétérosexualité. Je dis que l’hétérosexualité est le Gender. Et je dis carrément que l’hétérosexualité est le diable déguisé en différence des sexes. Parce que c’est vrai. Par ailleurs, je ne suis pas ex-gay et ne cherche pas à l’être. Mettez-moi devant une femme nue. Et vous verrez le résultat (…ou plutôt le non-résultat).

 

Préjugé 4 : Être homosexuel, c’est être en couple ou au moins chercher à être en couple. La continence (= abstinence pour Jésus) est une absence de sexualité, est une haine de soi-même, est de l’homophobie intériorisée. Je ne vis pas mon homosexualité, et je ne vis pas ma sexualité. Je ne suis pas libre.

 

Faux. Être homo, c’est ressentir une attirance pour les personnes de son propre sexe. Allez-vous dire à un adolescent qui se sent homo depuis le plus jeune âge mais qui n’est jamais passé à l’acte qu’il n’est pas vraiment homo ? À un homme marié « homo à temps partiel » ou à un célibataire temporaire qu’ils ne sont pas vraiment homos parce qu’ils ne sont pas en couple ou ne désirent pas l’être ? Vous les pousseriez tous au suicide. C’est honteux de ne voir l’homosexualité que comme une coucherie, ou comme une obligation à être en couple. L’homosexualité est un désir réel, acté ou pas, une attraction érotique pour les personnes de même sexe. Et fondamentalement, il n’est que ça. Par ailleurs, la sexualité, ce n’est pas que la génitalité ni les sentiments amoureux : nous sommes en sexualité tout le temps parce que nous sommes homme ou femme et nous avons un rapport au monde en tant qu’êtres sexués. Et la continence (abstinence pour Jésus) est un choix personnel, que je n’impose à personne, et qui ne contredit pas le « couple » homo. Je crois juste qu’elle est ce qui peut rendre toute personne homo plus heureuse et plus libre qu’un « couple ». L’universalité de mon propos n’impose rien : elle propose un meilleur, meilleur qui n’est pas l’ennemi du bien, mais qui a le droit d’être annoncé et qui est réel.

 

Préjugé 5 : C’est triste d’être gay. C’est une condamnation. Ma vie sera un échec.

 

Non. Ma vie est géniale. Si nous sommes durablement homosexuels, nous avons un rôle et une vie extraordinaires. Nous sommes les meilleurs amis des autres. Nous sommes en général plus sensibles aux rejetés, plus proches des gens qui souffrent. Nous sommes des puissants révélateurs des malaises sociaux, des puissants médecins des cœurs, des puissants dénonciateurs de l’hypocrisie des couples hétérosexuels et des pharisiens dans l’Église, des évangélisateurs de luxe. Je nous promets à nous personnes homos pas le bonheur plein en « couple », mais oui le bonheur plein en société et en Église ! Surtout, ne vous suicidez pas !

 

Préjugé 6 : Je donne une image négative, fausse, exagérée, culpabilisante, de l’homosexualité en parlant du viol.

 

Faux. D’une part, je n’homosexualise pas le viol. Moi-même, je n’ai pas été violé. Et je refuse le lien de causalité entre homosexualité et viol. L’hétérosexualité est tout aussi violente que la pratique homo. D’autre part, je trouve ça odieux qu’on me traite d’homophobe parce que je suis le porte-parole de mes cent amis homos qui m’ont dit avoir été violés. Certains me l’ont dit dans les larmes. Ces connards « gays friendly » (comment les appeler autrement ?) sont capables de dire à une personne homosexuelle qui a vraiment été violée de se taire sur son viol sous prétexte que ce serait « homophobe » de donner une mauvaise image à l’homosexualité. Quelle honte ! Qui sont les véritables homophobes dans cette histoire ? L’Église, elle, au moins, Elle ne nie pas les souffrances et les violences horribles que nous connaissons parfois.

 

Préjugé 7 : Les Pro-Vie ne sont pas homophobes. Les catholiques ne sont pas homophobes. Ils m’accueillent super bien.

 

Beaucoup de Pro-Vie sont d’une bêtise et d’une homophobie inouïes. Ils sont anti-Gender, anti-féministes, anti-gauche, anti-francs-maçons, anti-gays, anti-lobby-gay… et même anti-Pape souvent. Pas de bol : moi, je suis de gauche, féministe, gay, papiste ! Par homophobie primaire, ces fondamentalistes natalistes ne parlent que de l’enfant (l’enfant, l’enfant, l’enfant!), pendant qu’en face, ils veulent parler d’homosexualité, d’amour, de sexualité. La majorité des Pro-Vie sont homophobes (ils ont peur de l’homosexualité) et refusent de parler d’homosexualité. Ils sont les premiers à pleurer sur moi en rêvant que je dénonce la soi-disant « terrible censure du lobby LGBT » que je subirais. En réalité, la « censure » ne vient pas du « lobby gay » (même si je reçois aussi des insultes de la part de mes frères gays) : elle vient en premier lieu du lobby Pro-VieLa Manif Pour Tous. En France comme en Espagne. Désolé de vous le dire. Ça va faire un an que mon livre La Homosexualidad en Verdad est publié pour toute l’Espagne et l’Amérique Latine : quel Pro-Vie m’a invité ? Quel média catholique a daigné me faire venir et me faire parler ? Personne. Le journal catalan Actuall, par exemple, a refusé carrément de publier ma seule interview pour l’Espagne, et l’a fait remplacer par le discours homophobe de Jean-Pier Delaume Myard. Vous trouvez ça normal ? En France, je ne suis soutenu publiquement que par un seul évêque : l’évêque de Lourdes. Un seul ! Alors que je défends et vis ce que demande l’Église. Vous trouvez ça normal ? Donc les catholiques qui me parlent de la dictature des médias me font bien rigoler.

 

Préjugé 8 : Je serai continent toute ma vie, et toutes les personnes homosexuelles doivent suivre mon exemple joyeux de chasteté.

 

Je veux être continent : je ne sais pas si j’arriverai à l’être. La continence est une décision libre et éminemment personnelle, une promesse qui est belle. Je n’ai pas de boule de cristal. Je ne sais pas si je serai continent toute ma vie. Mais je peux le désirer. Je suis pécheur. Je suis faible. La preuve : après 5 ans de continence, je suis tombé en octobre dernier. Le mal est fait : le sacrement de confession m’a relevé. Mais ça m’arrive encore de tomber amoureux, d’avoir des tentations. Je ne suis pas de marbre. Et mon désir pour les garçons est toujours là. La continence, c’est un don qui rend heureux mais qui n’est pas confortable. Ce n’est pas une performance. Et si ça devient une performance pour briller, même dans les milieux catholiques, c’est glissant. Il faut faire attention à ne pas viser que la pureté. Le padre Pio disait : « Il y a deux ailes pour aller au Paradis : la pureté et l’humilité. » Pas l’une sans l’autre. Si on est pur sans être humble, on sombre dans le puritanisme, le pharisaïme. C’est l’horreur. Je dois donc faire attention à ne pas m’installer dans la continence ni dans l’homosexualité.

 

Préjugé 9 : Pratiquer l’homosexualité est grave et conduit en enfer.

 

Faux. Pratiquer l’homosexualité, oui, c’est grave, puisque c’est un rejet de la différence des sexes, donc de toute Humanité et de Dieu. C’est un péché mortel. En revanche, ce n’est pas parce qu’une personne a commis un péché mortel qu’elle ira forcément en enfer. Exemple avec le Bon Larron, crucifié à côté de Jésus, qui a certainement tué des gens et commis des péchés mortels dans sa vie, mais qui va direct avec Jésus au Paradis. Un péché mortel nous ferme à la Grâce, donc nous expose davantage à la damnation. Mais si une personne qui pratique un péché mortel (avortement, meurtre, homosexualité, orgueil, avarice, goût du pouvoir…) se laisse aimer par Jésus, elle ne sera pas damnée. Moi, par exemple, j’insiste pour dire que, si au moment de ma mort, j’utilise la continence pour considérer que je n’ai pas besoin de Jésus pour être sauvé (parce que j’incarnerais le « Monsieur Parfait »), je risque davantage la damnation qu’une personne qui a été activement homosexuelle durant sa vie mais qui reconnaîtra qu’elle a besoin de Jésus et de son amour. Par conséquent, je ne sacralise absolument pas la continence. Elle n’est absolument pas une garantie de Salut. Le Salut, c’est de se reconnaître comme le pire des pécheurs et c’est d’accueillir la Royauté d’amour du Christ. Point barre.

 

Préjugé 10 : On peut guérir de l’homosexualité.

 

L’homosexualité est une blessure de l’identité, une violence quand elle est pratiquée. Ce n’est pas seulement moi qui le dis : c’est nous toutes, les personnes homosexuelles, qui le disons (cf. Mon Dictionnaire des Codes homosexuels, et toutes les fois où nous nous représentons avec une cicatrice, des visages coupés, une balafre). Et une blessure, par conséquent, ça se soigne. En revanche, l’homosexualité n’est pas une maladie : c’est une peur (de la différence des sexes). Et la peur n’est pas une maladie. Une peur se dépasse par le pardon, la confiance, l’amitié, un accompagnement, l’humour, et par la réception des sacrements. Et parfois, une personne reste homosexuelle à vie. Et ce n’est pas grave. Si Jésus permet qu’elle se sente homo « à vie », c’est pour que cette personne fasse quelque chose de grand, d’original et d’insolite, pour Sa Gloire et pour tous les blessés de la terre.

 

Préjugé 11 : L’homosexualité est une identité et de l’amour, alors il n’y a pas lieu d’en discuter.

 

Faux. Notre vraie identité, c’est la différence des sexes (nous sommes homme ou femme), et c’est la différence Créateur-créatures (nous sommes tous créatures et Enfants de Dieu). « Les » hétéros et « les » homos, ça n’existe pas. Le coming out est une caricature de soi-même. Personne ne se définit par ses fantasmes, les sentiments et les pulsions qu’il ressent, ni les personnes qui l’attirent érotiquement, ni par ce qu’il fait au lit (génitalité). Quant à l’amour, c’est l’accueil de la différence (À chaque fois que nous n’accueillons pas la différence, nous n’aimons pas) et d’autant plus la différence des sexes qui est le socle de notre existence, de notre identité et de l’amour ouvert à la vie. Le « couple » homo ne vit pas la sexualité (puisqu’il n’intègre pas la différence des sexes : l’homosexualité est une « sexualité sans sexualité », en quelque sorte), et ne vit pas l’amour : ce qu’il vit, c’est plutôt une parodie d’amitié (il s’agit malheureusement d’une amitié compliquée car elle est amoureuse et génitale) et une parodie d’amour (car un amour sans sexualité est un amour platonique, donc insatisfaisant et souvent violent, et peu ouvert à la vie et à la complémentarité des sexes). L’Amour vrai, c’est l’accueil de la différence des sexes. Et ceci est vrai pour tous. Qu’on soit marié ou célibataire, d’ailleurs. La différence des sexes n’est pas une option dans l’Amour. Elle est à la fois la condition et l’essence-même de l’Amour… même si elle n’est pas à elle seule une garantie d’Amour : beaucoup de couples femme-homme intègrent la différence des sexes sans l’accueillir ni l’honorer, et c’est une belle catastrophe. Et je connais des « couples » homos qui se débrouillent mieux que bien des couples femme-homme. Cela dit, quand la différence des sexes est vraiment accueillie dans un couple, elle devient le meilleur. Et ce meilleur, les « couples homos » ne le vivent pas. Et si vous connaissez des contre-exemples, présentez-les moi pour que je change d’avis !

 

Préjugé 12 : Les prêtres sont des lâches (et des homos refoulés).

 

Faux. Regardez le courage du curé qui m’accueille dans sa paroisse – Bruno – et qui m’a fait venir pour parler d’homosexualité. Toute la semaine, il a dû aimer les journalistes, qui parfois se comportent comme des rapaces. Si ce n’est pas du courage, ça, qu’est-ce que c’est ? Et regardez le super évêque – Monseigneur Omella – que vous avez en Catalogne. Je ne sais pas si Bruno et Juan-Jo sont homos, mais en tout cas, ce qui est sûr, c’est qu’ils ont des couilles, et du cœur ! Et concernant les curés homosexuels, j’en connais un certain nombre, même s’ils restent une minorité dans le Clergé. Et ceux qui restent fidèles à l’Église dans l’obéissance et qui vivent leur homosexualité dans la continence sont de vrais saints, des prêtres de compétition ! J’en suis témoin.

 

Préjugé 13 : L’Église n’aime pas les personnes homosexuelles. Elle nous rejette dès que nous sommes en couple.

 

Archi-faux. L’Église Catholique, je crois, nous aime encore mieux que les autres, car non seulement Elle ne juge pas les personnes, mais en plus Elle nomme notre péché et nous responsabilise en nous disant que c’est nous qui allons aider Dieu à enlever ce péché ou au moins à « vivre avec » de la manière la plus offerte possible. L’amour de l’Église pour les personnes homos est inconditionnel : Elle ne nous dit pas « Je t’accueille à partir du moment où tu n’es pas homo. » Non. Elle dit : « Tu ressens cette tendance ? Ok. Je la prends au sérieux. Tu es en couple homo ? Ok. On va faire avec. Rentre quand même ! Je t’accueille en entier, même si je ne bénis pas tout ce que tu fais. Reste dans l’obéissance sinon, les sacrements de l’Eucharistie et de la confession n’auront aucune action en toi. Mais sache qu’on va se laisser enseigner par toi et ton homosexualité ! Joie ! » La Bonne Nouvelle de dingue… ! Nous, les personnes homosexuelles, sommes les Reines de l’Église, en réalité (j’ai toujours rêvé d’être une queen !). Le monde veut nous cacher cet Amour de l’Église pour nous. Mais il est réel. C’est parce que tu es homo que tu as encore plus ta place dans l’Église ! Jésus n’est pas venu pour les bien-portants mais pour les pécheurs.

 

Préjugé 14 : La chanteuse Marta Sanchez est une femme superficielle.

 

C’est honteux de dire une chose pareille. Marta est une sainte. Pas par elle-même ni par ses mérites/actions. Mais parce qu’elle est aimée de Dieu. On ne dit pas de mal de Marta Sanchez devant moi, s’il vous plaît !