Code n° 2 : Adeptes des pratiques SM

(saint Sébastien)

 

 

 

Saint Sébastien dessiné par Philippe

 

 

 


Notice interprétative :




Certaines personnes homosexuelles se sont parfois attachées viscéralement à une mort imagée pour ne pas affronter (ce qu’elles imaginent être) la mort réelle. Du coup, elles cherchent parfois à se frotter aux deux. C’est le cas de l’écrivain Yukio Mishima qui, à force de vouloir fuir la mort, l’a rejointe dans le mythe actualisé en se suicidant selon la tradition samouraï : « Je me complaisais à imaginer des situations dans lesquelles j’étais moi-même tué sur le champ de bataille ou assassiné. Pourtant, j’avais de la mort une peur anormale. » (Confession d’un masque, 1971) De même, la pratique du sadomasochisme dans la communauté homosexuelle ne renvoie pas du tout au soi-disant « plaisir dans la douleur » comme la société et beaucoup de personnes homosexuelles se plaisent souvent à le faire croire. Il s’agit plutôt du rejet de la souffrance qui conduit à la mise en scène actualisable de celle-ci. Ce sont d’ailleurs les personnes homosexuelles qui refusent le plus catégoriquement de reconnaître la réalité de la violence, qui s’exposent paradoxalement au sadomasochisme. « Je ne supporte pas l’idée de souffrance » déclare par exemple Pablo, l’adepte des clubs cuir dans le film « Un Año sin amor » (2005) d’Anahi Berneni. C’est pourquoi on compte, parmi les personnes homosexuelles, un certain nombre d’adeptes des pratiques SM, des individus qui, par ailleurs, ressemblent à des « Monsieur Tout le Monde » dans la vie quotidienne. Comme pour eux, le plaisir dans la souffrance n’est pas dans sa réalisation mais dans sa figuration, et qu’il s’agit moins de détruire que d’illustrer esthétiquement la destruction, ils atténuent la réalité du sadomasochisme dans le « milieu homosexuel » en affirmant qu’elle est « cliché », pour ensuite la rendre parfois effective. L’évitement de la castration (au sens de la reconnaissance des limites du Réel) conduit au masochisme. Aussi bizarre que cela puisse paraître, la liberté humaine est toujours limitée et a un prix : la souffrance. Et si ce prix n’est pas assumé, mais qu’au contraire il est nié, l’être humain s’expose à rechercher – cette fois sans liberté et sans conscience – la souffrance. Sous toutes ses formes. Y compris la forme homosexuelle. La violence fait partie intégrante du désir homosexuel, même si actuellement on préfère n’y voir qu’amour, douceur, progrès et liberté. Les libertaires homosexuels, en voulant sincèrement abolir les limites humaines pour acquérir ce « toujours plus de liberté » – une liberté sans forme –, finissent par s’imposer d’autres limites, plus radicales, plus invisibles, et qu’ils n’ont pas toujours la force de dénoncer. Curieusement, la fuite du Réel par le fantasme conduit à l’appétit de violence chez des individus pourtant souvent angoissés par le sang, la mort et la souffrance réels, et qui ont même une apparence de mauviettes anxieuses, vu de l’extérieur. Chez eux, la violence de l’acte sadomasochiste est atténuée par une sacralisation de la dimension ludique/scénique du SM, et par une sublimation des intentions amoureuses poussée à l’extrême. Il n’y a là aucun goût pour le « souffrir » ou le « faire souffrir », au final.




N.B. : Voir également les codes "se prendre pour Dieu", "planeur", "« Un Petit poisson, un petit oiseau »", "femme au balcon", "Icare", "voleurs", et "quatuor", dans le Dictionnaire des Codes homosexuels. 






FICTION





a) Le personnage homosexuel s’adonne au sadomasochisme :




Affiche de "Un Año sin amor" de Anahi Berneri




Il est question de sadomasochisme en lien avec l’homosexualité dans la pièce À Plein régime (2008) de François Rimbau, le film « Cruising » (« La Chasse », 1980) de William Friedkin, le film « Preaching to the Perverted » (1997) de Stuart Urban, la pièce À Trois (2008) de Barry Hall, le vidéo-clip de la chanson « Beyond My Control » de Mylène Farmer, le one-man-show Petit cours d’éducation sexuelle (2009) de Samuel Ganes, le film « Brüno » (2009) de Larry Charles, la chanson « Viril » de Jean Guidoni, le film « Un Año sin amor » (2005) d’Anahi Berneni, le film « Shoot Me Angel » (1995) d’Amal Bedjaoui, le film « The Caretaker » (« Le Gardien », 1963) de Clive Donner, le film « Kurutta Butokai » (« Asti: Lunar Eclipse Theater », 1989) d’Hisayasu Sato, le film « Fireworks » (1947) de Kenneth Anger, le spectacle musical Panique à Bord (2008) de Stéphane Laporte, la chanson « Les Liens d’Éros » d’Étienne Daho, la pièce Jerk (2008) de Dennis Cooper, le film « Singapore Sling » (1990) de Nikos Nikolaidis, le roman La Colmena (1951) de Camilo José Cela (avec Matías le personnage homo), le roman El Anarquista desnudo (1979) de Luis Fernández, la pièce Les Babas cadres (2008) de Christian Dob (avec le tee-shirt « Monsieur SM » en guise de décor), le film « Les Nuits fauves » (1991) de Cyril Collard, le film « The Black Cat » (« Le Chat noir », 1934) d’Edgar G. Ulmer, le film « The Glass Key » (« La Clé de verre », 1942) de Stuart Heisler, le film « Brute Force » (« Démons de la liberté », 1947) de Jules Dassin, le film « The Servant » (1963) de Joseph Losey, le film « Billy Budd » (1962) de Peter Ustinov, le film « Sadomania : Hölle der Lust » (1981) de Jess Franco, la pièce La Mort vous remercie d’avoir choisi sa compagnie (2010) de Philippe Cassand, le film « Hana to hebi » (« Fleur secrète », 1974) de Masaru Konuma, le film « El Topo » (1970) d’Alejandro Jodorowsky, le film « Mercy » (« Amours mortelles », 2001) de Damian Harris, le film « Frisk » (1995) de Todd Verow, les films « The Elegant Spanking » (1995), « The Black Glove » (1997) et « Ecstasy in Berlin 1926 » (2004) de Maria Beatty (traitant du SM lesbien), le film « Taxi Nach Kairo » (1987) de Frank Ripploh, le film « Die Grausame Frau » (« Séduction, femme cruelle », 1985) de Monique Treut, le film « Las Edades de Lulú » (« Les Vies de Loulou », 1990) de Juan José Bigas Luna, le film « Empire State » (1987) de Ron Peck, le film « The Attendant » (1992) d’Isaac Julien, la pièce Western Love (2008) de Nicolas Tarrin et Olivier Solivérès, le film « Irréversible » (2001) de Gaspar Noé, le film « Sitcom » (1997) de François Ozon, la pièce Big Shoot (2008) de Koffi Kwahulé, la planche « Les Beaux quartiers » dans la B.D. Le Monde fantastique des gays (1986) de Copi, etc.



On retrouve l’association entre homosexualité et sadomasochisme chez Zhang Yuan, Isabelle Ponnet, Michael Kleeberg, Élisabeth Herrgott, etc. Les personnages homosexuels disent trouver leur bonheur dans la souffrance : « Il souffrait de joie. » (Michel del Castillo, Tanguy (1957) p. 102) ; « You are in love with pain. » (Michel Hermon se parlant à lui-même, dans son spectacle-cabaret Dietrich Hotel, 2008) ; « Il y a des douleurs qu’on dit exquises. » (Émilie à son amante Gabrielle, dans le roman Je vous écris comme je vous aime (2006) d’Élisabeth Brami, p. 18). Dans la pièce La Cage aux Folles de Jean Poiret (version 2009, avec Clavier et Bourdon), Jacob réclame sa fessée. Dans la comédie musicale Encore un tour de pédalos (2011) d’Alain Marcel, la thématique du SM dans le « milieu homo » est abordée : les personnages portent des « cuirs et des menottes », et s’interrogent sur les pratiques de leurs pairs : « Ah ? Ils sont gays, les homos ? Ils attrapent par le sling. » Anamika, la lesbienne du roman Babyji (2005) d’Abha Dawesar, rêverait de poser à une de ses profs une question provocatrice sur le sadomasochisme lesbien : « Madame, est-il vrai que certaines femmes aiment la violence ? » (p. 113) Dans la pièce Bill (2011) de Balthazar Barbaut, Lucifer, habillé en cuir, entretient une relation SM avec l’Archange Raphaël, la « pédale » super efféminée ; ils finiront en couple. Dans le film « Haltéroflic » (1983) de Philippe Vallois, on assiste à la passion sadomasochiste entre un flic et un athlète. Dans la pièce Le Frigo de Copi (mise en scène en 2011 par Érika Guillouzouic), surgit un moustachu sadomaso.




Ursula von Trappe dans le film "Looking for" (2006) de Michelle Pollino




« Le bonheur réside souvent dans ce qui nous fait souffrir. » écrit Naomi Alderman dans son roman lesbien La Désobéissance (2006, p. 227). L’homosexuel suit le chemin du SM paradoxalement parce qu’il cherche à fuir à tout prix la mort et la souffrance réelles : « Je ne suis pas apte pour la souffrance. » (cf. réplique de la pièce La Estupidez (2008) de Rafael Spregelburd) ; « J’ai horreur de la violence sauf pour jouer et jouir. » (François pratiquant le SM avec son « mari » Max, dans le roman Riches, cruels et fardés (2002) d’Hervé Claude, p. 110) La souffrance et le viol sont esthétisés, donc leur violence, atténuée : « Mon plaisir se construit sur un paradoxe : je ne peux aspirer à la flagellation, celle qui blesse, punit, avilit ; mais l’idée d’un châtiment est un puissant stimuli érotique. » (la voix narrative du roman Mathilde, je l’ai rencontrée dans un train (2005) de Cy Jung, p. 60) ; « La fessée est par nature baroque. » (idem, p. 52)




Film "Des chambres et des couloirs" (1998) de Rose Troche





b) Le personnage homosexuel se prend (ou est pris) pour un saint Sébastien martyrisé :



On retrouve le charismatique saint Sébastien dans le roman Dix Petits Phoques (2003) de Jean-Paul Tapie, la pièce L’Opération du Saint-Esprit (2007) de Michel Heim, le film « Saint » (1996) de Bavo Defurne, le film « Soudain l’été dernier » (1960) de Joseph Mankiewicz, la pièce La Tempête (1661) de William Shakespeare, le film « Lilies » (1996) de John Greyson, le film « Les Enfants terribles » (1949) de Jean-Pierre Melville, le roman Les Archers de saint Sébastien (1912) de Jean Cocteau, le vidéo-clip de la chanson « Losing my Religion » du groupe R.E.M., la photo Queer Saint (1999) de Joël Peter Witkin, la toile Saint Sébastien (2003) de Pierre Buraglio, le roman Mort à Venise (1912) de Thomas Mann, le roman Le Martyre de Saint-Sébastien (1911) de Gabriele d’Annunzio, la pièce Arthur Rimbaud ne s’était pas trompée (2008) de Bruno Bisaro, le roman Marcos, Amador de la Belleza (1913) d’Alberto Nin Frías, le roman El Martirio de san Sebastián (1917) d’Antonio de Hoyos, le film « Sebastiane » (1975) de Derek Jarman, le film « Mishima » (1984) de Paul Schrader, la pièce Le Funambule (1958) de Jean Genet, etc. Par exemple, dans « Homme au bain » (2010) de Christophe Honoré, Emmanuel porte un tatouage avec un Saint Sébastien sur le cœur ; et à la fin du film, il se met à battre son jeune amant en lui flanquant des fessées et en l’étranglant. Benji, le héros homo de la comédie musicale Sauna (2011) de Nicolas Guilleminot, prend à un moment donné la position du saint Sébastien. Le saint Sébastien homosexuel est représenté en photo (Pierre et Gilles, Michel Guillaume, Raymond Voinquel, Orion Delain, Fred Jagu, Pierre Sarfati, Christian Rouchouse et Marcel, Joseph Caprio, Miklos Feyes, David Nassoy, etc.), en sculpture (Tony Riga, Ange et Damnation, etc.), en peinture (Gustave Moreau, Alex Rochereau, Bertrand Bolognesi, Philippe Bernier, Moktar Bakayoko, Sandra Venturini, Franck Rezzak, Paul Boulitreau, Bruno Perroud, Jérôme Marichy, Narcisse Davim, Michael Sebah, etc.), en dessin (Kinu Sekigushi, Logan, Guy Thomas, Jean Cocteau, Édouard MacAvoy, Olympe, Phil Burns, Elsa Caitucoli, Thom Seck, Christophe Catalan, Alain Burosse, Cuneo, Ers Raspaut, etc.). Je vous renvoie au grand dossier consacré entièrement à saint Sébastien dans l’art homosexuel, dans Triangul’Ère 3 (2001) de Christophe Gendron (pp. 1049-1105).



film "Salo ou les 120 jours de Sodome" (1975) de Pasolini



-------------------------------------frontière à franchir avec précaution----------------------------------



PARFOIS RÉALITÉ



La fiction peut renvoyer à une certaine réalité, même si ce n’est pas automatique :




a) Certaines personnes homosexuelles s’adonnent au sadomasochisme : 


 

Soirée cuir et latex à la boîte Le Tango à Paris

 

 

On trouve chez les personnes homosexuelles un certain nombre d’adeptes des pratiques SM : Xavier Gicquel, le groupe britannique Frankie Goes to Hollywood, Michel Foucault, James Dean (il aime les brûlures de cigarettes), Dennis Cooper, Francis Bacon, Jane Bowles, Sylvano Bussoti, Hervé Guibert, Patrice Chéreau, Eloy de la Iglesia, Valentine Penrose, Mario Mieli, Mathieu Lindon, Yukio Mishima, Paul Verlaine, etc. Par exemple, Jean-Luc Lagarce, dans sa pièce Ébauche d’un Portrait (2008), narre ses expériences sado-masochistes. Michel Foucault voit dans le SM une contribution à « l’art de vivre », à la culture de soi : « Ce que les pratiques SM nous montrent, c’est que nous pouvons produire du plaisir à partir d’objets très étranges, en utilisant certaines parties bizarres de notre corps, dans des situations très habituelles. » (Michel Foucault, « Sexe, pouvoir et la politique de l’identité », Dits et Écrits II, Éd. Gallimard, Paris, p. 1557.) Marcel Jouhandeau raconte à l’émission « Apostrophe » (du 22 décembre 1978 sur Antenne 2) que « tout ce qui lui fait du mal lui fait du bien. » Pietro Citati souligne à propos de Marcel Proust que « son destin était celui de la douleur. C’est par la douleur qu’il établissait son rapport aux autres. » (Pietro Citati, « La Douleur pour Destin », dans Magazine littéraire, n° 350, Paris, janvier 1997, p. 24.) Dans la biographie Carson McCullers (1995) de Josyane Savigneau, il est fait allusion à « la tendance à l’autodestruction de Carson McCullers » (p. 135). Selon Gérard Lefort, Yves Saint Laurent possède « cet étrange art de se détruire » (c. f. la revue Têtu, n° 135, juillet-août 2008, p. 54.). Jacques Guérin évoque également la tendance à l’autodestruction chez Genet et Leduc : « Jean Genet avait en commun avec Violette Leduc ce goût du massacre, ce besoin de démolir. Pour des gens comme eux, il fallait que tout aille mal, c’était une stimulation. » (Valérie Marin La Meslée, « Jacques Guérin : Souvenirs d’un Collectionneur », dans Magazine littéraire, n° 313, Paris, septembre 1993, p. 72.) Pascal Sevran, dans sa biographie Le Privilège des jonquilles, Journal IV (2006), parle de certains de ses amants ayant des pratiques SM : « De la fessée, ce bonheur démodé, les enfants rêvent toute leur vie, c’est la punition du bon Dieu, celle de l’amour aussi. Stéphane en raffolait, Julien la recherche. » (p. 109) Parmi les sites de rencontres homos, certains ont des noms évocateurs : SmBoy, entre autres. En France, en 1996, se crée l’association des filles SM, les Maudites Femelles. Je vous renvoie au documentaire sur le milieu SM lesbien avec « Bloodsisters : Leather, Dykes and Sadomasochism » (1995) de Michelle Handelman, ainsi qu’aux spectacles de Judy Minx. Il existe un lien étroit entre désir lesbien et sadomasochisme… étonnant si on s’en tient aux discours habituels sur l’amour lesbien, chantant l’exceptionnelle douceur des femmes lesbiennes (qui seraient nettement plus « sentimentales », « fidèles », et plus « fines » que leurs homologues masculins…). À la question « Existe-t-il un sadomasochisme lesbien ? », Viviane, femme lesbienne de 38 ans, répond : « Oh oui ! (rires) ne serait-ce qu’à l’Entrepôt, mais ça a fermé. Ça a quand même duré un an ou deux. J’ai vu des filles au festival de films lesbiens qui se réclamaient du S/M. » (Viviane dans Natacha Chetcuti, Se dire lesbienne : Vie de couple, sexualité, représentation de soi, Éd. Payot, Paris, 2010, p. 237.)


 

film "And Then Came Lola" (2009) de Megan Siler et Ellen Seidler

 

 

Le dégoût affiché de la violence ne va pas forcément vers le rejet de celle-ci. Bien au contraire. Il s’organise sous forme de mise en scène qui aveugle celui qui s’efforce de croire que le jeu atténue, éloigne, fige, voire neutralise la mort. C’est la raison pour laquelle chez Barthes par exemple, « la violence s’organisait toujours en scène », et qu’il a rejoint la souffrance tant détestée et crainte par la théâtralité du SM : « Il tolérait mal la violence. » (Roland Barthes, parlant de lui-même à la troisième personne, dans Roland Barthes par Roland Barthes (1975), Éd. du Seuil, Paris, 1995, p. 140.) Fuir la douleur par le fantasme, et elle revient au galop, d’abord sous forme de désir, puis parfois concrètement. Certains auteurs homos tels que Copi, à travers une frontière volontairement mal définie entre autobiographie et auto-fiction, illustrent parfaitement ce flou artistique entretenu entre le jeu et la douleur sur lequel repose le SM. « Voici ce que je vous propose : dans ce roman, je serai masochiste. J’aurai découvert ça en 1965, quand j’ai commencé à mener une vie publique homosexuelle après l’avoir longtemps pas mal cachée. Le masochisme se révéla pour moi comme une homosexualité de plus, ou de rechange. Jusque-là j’avais vécu l’homosexualité comme un vice, rendue publique elle devenait presque une vertu, je me réfugiai dans le masochisme. (…) Quand j’ai rencontré Pierre à Rome j’avais des cicatrices infectées dans les mamelles, des brûlures dans les fesses, j’arrivais tout droit de Paris d’une séance trop poussée. D’autres vont chez le psychanalyste. Dans ce sens, ça me guérit, je me sens jeune et gai. » (Voix narrative dans Copi, Le Bal des Folles, Éd. Christian Bourgois, Paris, 1977, pp. 21-22.)




b) Certaines personnes homosexuelles se prennent pour des saints Sébastien martyrisés :



Yukio Mishima, pour exhiber son corps musclé, pose pour les photographes sous les traits d’un saint Sébastien percé de flèches. Je vous renvoie par ailleurs à la thèse Homoerotismo en la Iconografía de san Sebastián Mártir (1996) de Manuel Buxán, ainsi qu’à l’essai Sébastien Le Renaissant (1999) de Jacques Sarriulat.



 

 

écrivain Mishima photographié en st Sébastien en 1966 par Shinoyama