Le gros problème en ce moment dans les discours habituels sur l'homosexualité, c'est qu'on se focalise sur le terme "homophobie" pour ne pas parler du viol... alors que pourtant ces deux mots sont synonymes ! La grande majorité des personnes homosexuelles les ont opposés, ont mis l'un pour l'autre, afin que le vocable "homophobie" serve de cache-misère à ce qu'il prétend pourtant très sincèrement dénoncé. "Homophobie" est devenu avec le temps un mot magique qui vaudrait comme un argument indiscutable, un idole qu'on ne veut pas analyser. Il est une glorification (de l'agresseur ou de la victime) ou une sacralisation des intentions (de l'agresseur ou de la victime) plutôt qu'une reconnaissance des faits et de l'universalité de toute violence humaine.

L'homosexualité vraiment assumée fait de grands saints.

Ceux qui m'accusent d'être un exemple typique d'"homophobie intériorisée" (savent-ils d'ailleurs ce que veut dire cette expression, pour la plaquer ainsi sur quelqu'un d'aussi heureux que moi?) avouent à leur insu leur déni : ils essaient de planquer l'homophobie (leur propre homophobie) à l'intérieur de moi, comme une boulette de papier froissée qu'on glisse dans une bouteille pour ne surtout pas la lire, la comprendre, la rendre publique, la faire sienne. Oui, en effet, cette homophobie est bien intériorisée. Mais ils oublient de dire par qui ! Car c'est par eux ! Pas par moi ! Moi, je ne demande qu'à ce que leur papyrus, où est écrit leur haine d'eux-mêmes, sorte de moi et soit lu à haute voix !

Je commence à me connaître un peu : quand j’écris, c’est que ça va vraiment bien ; quand je n’écris plus, c’est que ça ne va pas bien dans ma vie, et que je ne peux pas porter mes idées parce que mes actes honteux les défigurent.

L'Amitié est ce qui a vaincu et qui vaincra la mort.

Ma grande liberté !

Si la France approuve la loi du mariage gay en 2012 - et législativement/médiatiquement, tout semble y concourir -, ne croyez pas que ça va être un drame. Au contraire ! Le pire, c'est justement que ça risque d'être hyper banal, un vrai coup d'épée dans l'eau. On n'aura même pas de quoi se gendarmer, s'offusquer, ou hurler au scandale tellement ça va être une fausse révolution, un pauvre "fait divers" qui va faire la Une de Têtu et des grands journaux nationaux pendant tout au plus quelques semaines, une mascarade supplémentaire dans la course effrénée aux droits et à l'"Égalité" qu'on impose démagogiquement aux personnes homosexuelles pour mieux les enfermer dans le silence et qu'elles ne puissent plus se plaindre la bouche pleine. Sur le coup, il y a fort à parier pour que le "mariage gay" soit présenté comme une révolution extraordinaire, une occasion de déboucher le champagne. Les membres de la communauté homosexuelle, tels des moutons qui ne comprennent pas le sens du cadeau qui va leur être imposé, se feront une obligation d'être reconnaissants et d'applaudir à la fausse surprise de leur goûter d'anniversaire. Mais dans les faits et en désir, une loi pareille ne changera rien à leur réalité, à leur quotidien (l'Humanité et l'Amour ne changent pas sur décision légale ; une fois votée, un couple homosexuel restera non-procréatif et incapable de former une famille de sang) ; et l'autorisation à "se marier" n'apportera pas plus d'amour dans les couples homosexuels qu'avant. C'était déjà le cas du PaCS. Ce sera pareil avec le "mariage gay". En revanche, les vrais drames et les blessures, nous les verront socialement sur la durée ; au niveau du désir beaucoup plus que des corps, d'ailleurs ; car une société humaine qui déforme certaines réalités humaines (comme la famille, le couple, l'arrivée au monde) à travers des lois sociales universelles inutiles et non-conformes au Réel s'apprête à accueillir les yeux fermés des formes inédites de névroses et de violences. Seul le Réel apaise et pacifie. Le fantasme génère des viols et des retours de bâtons inattendus, incontrôlables. Non, je ne hurle pas à l'Apocalypse, à l'extinction de l'Humanité par l'arrivée du "mariage gay", je ne sortirai pas ma Bible. Cependant, laissez-moi au moins dire ma crainte tout haut. Car elle n'est pas gratuite, elle!

DÉFINITION SIMPLE DU DÉSIR HOMOSEXUEL

 

À ce jour, mes travaux sur l'homosexualité m'ont permis de dégager 7 grands axes pour définir le désir homosexuel (ce sont des constats fondés uniquement sur le bon sens, et qui permettent de justifier de manière humaine et non-catho que l’Église catholique a raison de dire que l’amour homosexuel est sincère sans être authentique ; c'est un peu mon E = MC2 à moi, si vous voulez, ma formule de Bombe "H"... comme Homosexualité!) : 

 

1 – désir de viol (et parfois le signe d’un viol réel)

2 – éloignement du Réel (cf. les 4 « rocs » du Réel)

3 – désir d’être objet

4 – peur/doute d’être unique (...donc aimé)

5 – désir de se prendre pour Dieu

6 – désir idolâtre (divisant plus qu’unifiant ; pour et contre lui-même ; haine de soi ; désir homosexuel intrinsèquement homophobe ; les paradoxes de l’« homophobie »)

7 – désir de fusion-rupture (cf. gémellité de l’homosexualité et de l’hétérosexualité ; imposture de l'hétérosexualité)

Retranscription fidèle de la méditation que j'ai prononcée au micro lors du chapelet organisé par les Semeurs d'Espérance le 5 octobre 2011 à l'église Saint Gervais de Paris, devant une centaine de fidèles, parfois lesquels des amis homos en couple, des habituels de la paroisse :

 

MYSTÈRES JOYEUX

 

 

1 – L’Annonciation à Marie par l’Ange Gabriel (fruit du Mystère : l’humilité)

 

Ce soir, Marie, nous prions grâce à toi les Mystères joyeux. Les mystères gais, en quelque sorte. Gais, joyeux, c’est presque pareil… Et ça tombe plutôt bien puisque ce soir, ce sont les personnes homosexuelles qui sont à l’honneur. Alors pour une fois, on ne va pas se priver. Qui que vous soyez, habitués des églises cathos ou pas, homosexuels ou non, bienvenue à vous tous. Moi, c’est Philippe Ariño, j’ai 31 ans, je suis catho et homo. Je suis chargé de vous accompagner pendant tout ce chapelet. Et l’homme de ma vie : c’est Jésus. C’est Lui la meilleure part. Pour commencer, Marie, nous te confions nos vies et la vie de toutes les personnes homosexuelles que nous connaissons, celles qui sont aimées, celles qui ne sont pas assez aimées et qui sont au bout du rouleau. Manifeste-toi plus spécialement à elles ce soir. Aide-nous à donner un sens à notre vie.

 

 

2 – La Visitation de Marie à sa cousine Elisabeth (fruit du Mystère : l’amour du prochain)

 

« Homosexualité ». On n’a pas trop l’habitude de prononcer ce mot-là dans nos églises. Vierge Marie, tu connais nos deux identités profondes : celle d’homme ou de femme, déjà ; et celle d’Enfants de Dieu. Tu connais aussi nos identité partielles. Parce que le désir homosexuel, lui, existe vraiment. Alors j’ai envie de confier à ta miséricorde ceux dont on ne parle jamais. Les oubliés des prières universelles : plus spécialement les adolescents qu’on traite de « pédé » sur la cour du collège, les personnes bisexuelles, les couples homosexuels durables et fidèles, les victimes de la pornographie, les internautes qui chatent en ce moment même sur les sites de rencontres, les malades du Sida, les militants LGBT qui s’engagent dans les associations, les personnes transgenres ou transsexuelles, les persécuteurs des personnes homosexuelles qu’on dit « homophobes » et qui sont en réalité homosexuels, les individus addicts aux plan cul, les prostitués masculins, les victimes de viol et surtout leurs violeurs. Marie, veille sur l’unité des familles, et brise la haine de soi présente en chacun de nous.

 

 

3 – La Nativité de Jésus à Bethléem (fruit du Mystère : l’esprit de pauvreté)

 

Nous avons tant de mal à nous reconnaître petits, fragiles, blessés, dépendants de l’amour de Dieu ! à admettre que nos pauvretés ne sont pas nous, qu’elles ont besoin d’être guéries. Marie, aide-nous à ne pas nous révolter face au désir homo, à le regarder avec simplicité et humour, à reconnaître humblement l’homosexualité comme la marque d’une blessure, à ne pas la banaliser ni la diaboliser. Je suis sûr qu’au moment de la naissance de ton fils Jésus, tu as eu beaucoup de tendresse et d’humour. Car oui, nous l’oublions, mais Noël fut un vrai drame : le Roi de l’univers n’a pas été reconnu et accueilli comme il se doit, il est né dans la misère la plus complète, dans un climat de persécution terrible. Alors Marie, apprends-nous à être drôles et pauvres avec nos pauvretés. On est tous des pauvres types. Mais on s’en fout : on est tous aimés par ton Fils !

 

 

4 – La présentation de Jésus au Temple (fruit du Mystère : l’obéissance et la pureté)

 

L’Amour, c’est un mystère d’obéissance. C’est très difficile d’accepter d’obéir. On peut prendre ça pour une hypocrisie, une soumission, un mensonge. Mais je peux vous assurer que, dans ma vie perso, c’est du concret : arrêt de la drague, de la masturbation, des films pornos, choix d’un célibat continent, don entier de ma vie à Jésus et aux autres. Au fond, une fois qu’on obéit vraiment, et qu’on donne son obéissance au bon Maître, Jésus, c’est là qu’on est pleinement heureux, et qu’on mesure l’immense liberté que donne l’obéissance. Le couple homosexuel ne me semble pas le chemin le meilleur pour vraiment suivre le Christ. L’Église le dit, la Bible le dit, moi je le répète. Le meilleur n’est pas l’ennemi du bien. Je défends le respect des personnes homos qui vivent en couple, je reconnais les bénéfices réels de l’amour homo, mais je crois cependant que ce n’est pas la voie du meilleur. Alors Marie, aide-nous à ne pas nous contenter seulement du « bien », mais à choisir le meilleur. Toi, tu es la douceur et la radicalité réunies. Tu as dit « oui » à Dieu sans tout connaître, mais en comprenant tout. Aide-nous à aimer Jésus ton fils pas seulement en intentions, dans les étoiles, mais à travers des actes concrets d’obéissance, et à travers son incarnation, c’est-à-dire son Église humaine, INSTITUTIONNELLE, son pape, ses prêtres. Apprends-nous, Marie, la joie d’obéir et de faire confiance.

 

 

5 – Le recouvrement de Jésus au Temple (fruit du Mystère : la recherche de Dieu en toute chose)

 

Marie, tu te rappelles de ce moment où ton fils Jésus, à 12 ans, a échappé à votre surveillance de parents, à toi et Joseph, et qu’il est allé enseigner au Temple de Jérusalem en vous laissant dans une grande inquiétude pendant 3 jours ? : « Mon enfant, pourquoi nous as-tu fait cela ? » On entend parfois cette même plainte des parents découvrant l’homosexualité de leur fils ou de leur fille : « Mon enfant, pourquoi nous as-tu fait cela ? Les autres, ok. Mais toi… » Cette question qui est la tienne, Marie, toi qui as toujours eu les mots justes, je te prie que les parents de personnes homosexuelles la reprennent à leur compte, qu’ils l’assument sans honte, qu’ils la posent sans cesse avec amour à leur fils. Parce qu’elle est importante et belle, mine de rien. Et qu’elle peut justement donner l’occasion à ce fils homo, s’il la prend au sérieux, et qu’il suit vraiment en actes la volonté du Seigneur et de son Église, d’une réponse magnifique : « Papa et maman, je suis homosexuel, non parce que Dieu l’a voulu, mais pour que sa Gloire se manifeste en moi, y compris à travers ce désir-là. » Oui, Jésus, oui Marie, soyez bénis de vous manifester aussi par les personnes homosexuelles. Dieu fait feu de tout bois.

 

 

La théorie du Genre tente inconsciemment de neutraliser par les bons sentiments la réalité (naturelle mais pour autant libre, mouvante, non-évidente, mystérieuse) de la sexuation humaine, et donc de la rencontre heureuse des sexes. Elle postule que la Culture, du fait qu’Elle se supplanterait obligatoirement à la Nature, est à la fois le seul dieu à suivre (temporairement et toujours au pluriel !), mais également le diable en personne à éviter car Elle modèlerait et formaterait tous les êtres humains dès leur naissance. Il y a bien dans la Gender Theory ce double mouvement idolâtre (passionné et haineux) vis à vis de la Culture, confondue avec la Nature (c’est la raison pour laquelle un « sociologue » comme Éric Fassin, par exemple, déclarera à la revue Têtu que « les députés [en s’opposant à la Théorie du genre] confondent genre et sexualité »… car c’est bien lui et ses suiveurs qui font cet amalgame, et qui imposent que l’être humain soit soumis à ses pulsions naturelles !). Le credo des défenseurs du « genre » (et de tous ses dérivés : « la différence des genres », « les identités de genres », etc.), est assez simpliste : comme tout ce qui est humain est culturel, donc forcément relatif, individuel, mobile, secondaire, alors tout, même le naturel, n’est qu’image fausse, que point de vue non-universable. Autrement dit, pour les défenseurs de la Théorie du Genre, les apparences sont toujours trompeuses. Y compris les corps, les réalités terrestres, les actes humains (Exemple de raisonnement queer infantilisant : « Un homme efféminé n’est pas forcément homosexuel… et n’est même pas forcément, pour le coup, un homme non plus. Nos identités profondes, si tant est qu’elles existent, dépendent d'abord des choix et des droits que nous avons à notre disposition. Pas de notre société, de notre corps, de notre apparence extérieure, ni des actes que nous posons. »). Au final, cette idéologie antinaturaliste (mais fortement sensitive, sensibleriste, hédoniste, individualiste) propose une vision de l’existence désenchantée et pessimiste, où le sexe est remplacé par les images médiatique des sexes, des images d’un zapping étourdissant et sans fin/but. Selon les défenseurs du Gender, on ne pourrait jurer de rien dès qu’on parle d’identité sexuée et d’amour, puisqu’on ne peut être sûr de tout : syllogisme totalitaire et capricieux s’il en est ! Il n’y a aucun encouragement à la confiance, à l’engagement d’amour unique, à la recherche collective de Vérité, à la reconnaissance adulte des limites structurantes du Réel, à la responsabilité de ses actes. Derrière un discours apparemment ouvert à la diversité, à l’égalité, à l’invention artistique, à la « construction », se cache une idéologie individualiste très dangereuse niant la réalité des corps, réalité aussi bien anatomique que symbolique (= sens), et détruisant nos repères anthropologiques. La Gender Theory, après avoir déconnecté la sexualité de la fécondité, sépare maintenant la sexualité de l’identité sexuée et du désir, pour la téléporter sur le terrain de l’image, du qu’en dira-t-on, du virtuel uniformisant façon mosaïque. Elle refuse la réalité de la sexuation (nous ne serions plus ni hommes ni femmes mais des anges indéterminés, ayant le choix de leur nature), la réalité des désirs sexuels (nous ne serions plus des personnes « hétéros », « homosexuelles », « bisexuelles », « transsexuelles », mais juste des « amoureux » : on voit ici combien le rouleau compresseur queer/bobo est d’ailleurs inconsciemment cucul ET homophobe), les actes qu’impliquent concrètement notre corps sexué et notre orientation sexuelle (nous ne sommes plus appelés à transmettre la vie à travers la famille réelle et la différence des sexes, mais à élargir nos horizons pour créer des filiations symboliques, sans lien de sang, ... sans réalité, en somme ; on nous incite fortement à devenir en actes des bisexuels qui ne doivent surtout pas se définir comme tels, ni analyser/assumer leurs pratiques amoureuses). Qui s’éloigne du Réel, sous prétexte d’amour et d’ouverture, se dispose à être violent sans même s’en rendre compte. Et la rêverie asexuée et sentimentaliste que cet « amoureux de l'amour sans le vivre » nous chante juste avant de nous châtrer ne doit pas nous faire oublier son éloignement délirant du Réel.

Petite annonce ! Je recherche des amis homos cathos qui voudraient passer avec moi leur vie à respecter ces trois piliers :

1 – le soutien non seulement de Dieu mais surtout de son Église catholique institutionnelle (Pape et cardinaux, compris)

2 – l’exposition publique de son désir homosexuel (non en tant qu’identité ni en tant qu’amour fondamentaux à justifier, mais en tant que réalité à reconnaître, à expliquer, et à mettre au second plan par rapport à Jésus)

3 – l’application concrète de la continence sexuelle (arrêt de la masturbation, de la drague, du porno).

 

Si on arrive à composer une petite équipe de choc, ce sera le feu, je peux le dire ! L’alliance et l’obéissance aux trois exigences exposées ci-dessus permettent une pleine réconciliation des personnes homosexuelles avec elles-mêmes, une vraie liberté, l’humour sur sa situation, et du sens à la vie. Je l’expérimente jour après jour. Pour l’instant, à part moi, je n’ai rencontré personne qui respectait les 3 à la fois. Je suis sur la piste d’une dizaine de frères partout en France (et même au Québec)… mais il y a encore pour chacun un ou deux piliers où le bas blesse. Alors, je vous attends ! Vous savez où me joindre. Je ne désespère jamais.

Message personnel à ceux qui rêveraient que mon voeu de continence soit absolument un choix par défaut, un croix de suicidaire qui ne s'aime pas, la preuve chez moi d'un orgueil démesuré, d'une frustration non-assumée, le fruit d'une série de déceptions amoureuses que je n'aurais pas digérées, le signe d'une diabolisation homophobe de l'amour homosexuel, une fuite maladive de la sexualité et des plaisirs, le résultat d'une peine de coeur irréparable. Dommage pour eux : dans ma période de "flirt" d'un an et demie (de 2009 à 2011) où j'ai vécu concrètement l'expérience charnelle avec des garçons, je peux leur assurer que je suis toujours sorti avec des garçons adorables et respectueux, que j'ai vécu des relations dans une grande sincérité, et que le sexe homosexuel, j'ai adoré ça. J'ai pris mon pieds, vraiment. Et c'est justement parce que je suis allé jusqu'au bout de mes fantasmes, et que j'ai connu - même de manière fugace - les beautés du couple homo, que je peux justement dire maintenant qu'il ne me suffit pas, et qu'il y a largement mieux. C'est précisément parce que l'amour homosexuel est juste "bien" qu'il n'est pas le meilleur ! C'est précisément parce que je n'ai vécu que des expériences amoureuses homosexuelles satisfaisantes que mon choix de la continence est libre et positif ! Un vrai OUI, quoi. Et je remercie mes "ex" de m'avoir fait découvrir cela, à leur insu.

La jalousie, c’est le déni de son propre désir de se substituer à l’autre et de le détruire dans cette fusion. Qu’il chante et danse juste, on lui dira qu’il « se la pète ». Qu'il se montre et se donne, et on le taxera d'exhibitionniste, de narcissique, de victime de l'image et de la starification. Qu’il dise des vérités, et on lui inventera un orgueil démesuré ou le résultat de leurs pires instrumentalisations. Qu’il soit jeune, et on lui reprochera son manque d’expérience ou de recul, son idéalisme mièvre. Qu’il soit âgé et on le dira passéiste, conservateur. Qu’il soit homme et on lui dira qu’il ne peut pas comprendre les femmes, et inversement. Qu’il soit croyant, et on le déguisera de fondamentaliste aliéné par sa propre religion. On lui demande au fond d’être les autres, d’être Tout, et de renoncer à être simplement quelqu’un. Quelqu’un d’unique, avec un passé, une éducation, une histoire, des croyances, des désirs, des convictions, des amis divers, une vie faite de ratés et de réussites. Oui, le seul tort que le jaloux a à faire porter à celui qu’il jalouse, c’est d’exister.

La source de beaucoup de nos actes mauvais et de nos petites tristesses n'est pas notre méchanceté ni notre incapacité d'aimer : c'est l'ennui. C'est parce que nous nous ennuyons que nous tombons mal amoureux, que nous détruisons. Pour vaincre notre cafard, il suffit de bien nous occuper.

Il suffit de FAIRE ce que l'on DIT.

On ne peut pas dire qu'on aime Dieu si on n'aime pas l'Église et ses chefs. Si on pense qu'on peut accéder à Dieu sans le Pape et son institution, on a finalement une foi très individualiste désincarnée. On n'a rien compris de Dieu et de son Incarnation, de Dieu et de son amour pour les Hommes.

Je reviens juste des JMJ de Madrid, après une semaine d'évangélisation au Parc du Retiro, aux côtés de Frigide Barjot. Une incroyable expérience de rencontres. Une communion puissante qui m'a dépassé. J'ai découvert avec surprise pendant cet événement que mon témoignage en tant que continent homosexuel avait un fort impact sur les jeunes, et surtout un impact particulier sur les prêtres, les moines, et les religieuses, même "hétéros". J'ai vu que mon expérience de vie les soulageait d'un poids énorme et leur donnait une joie profonde ! Moi qui ne suis pourtant qu'un simple laïc, je ne constate que maintenant que je reçois de Dieu un charisme spécial de guérison des prêtres au sein de l'Église catholique. Quel paradoxe ! Quelle joie ! Dieu est grand ! Et comme j'aime l'exigence de l'Église à nous demander de vivre concrètement ce que l'on dit !

Plus je découvre la grandeur de l'Église catho, plus j'apprends aussi que le loup est entré dans la bergerie, et que certains hommes d'Église sont en grand danger parce qu'ils ne conforment pas leurs actes avec le sacrement qu'ils ont reçu. Nous devons spécialement prier pour eux, surtout ceux qui se découvrent homosexuels et qui passent à l'acte : ils sont minoritaires parmi les consacrés, mais tout de même nombreux. Je le sais puisque, depuis ma médiatisation, certains viennent à moi pour m'en parler. Leurs tentations sont diverses, et contrairement à ce que les non-croyants peuvent penser, elles ne viennent pas de l'extérieur ni du voeu de célibat et de continence : elles sont d'abord à l'intérieur. Tout récemment, un ami homo curé de mon entourage - jeune, beau et intelligent, en plus ! - m'a donné une courte définition du danger qui guette nos célibataires consacrés : "Un prêtre, c'est un homme seul avec un ordinateur." Pas trouvé mieux.

Pour moi, l'enfer, c'est de ne rien ressentir.

Ce que j'aime, c'est que lorsqu'on parle de Dieu, soit on est directement agressé, soit on va direct au fond des choses et les coeurs s'ouvrent. Pas de moyens termes avec Lui.

Pour beaucoup de nos contemporains, si tu ne couches pas, tu n'es pas homo. Penser cela, c'est réduire l'homosexualité aux actes (et la sexualité à une pratique exclusivement génitale). C'est lui retirer son unique vérité : celle d'être avant tout un désir.

Je suis, de par mon travail, en train d'illustrer à la communauté homo (dont nous formons tous partie) qu'elle est aveugle. Pas étonnant qu'elle le prenne super mal au départ !

Si je vivais pas ce que je dis, actuellement, je deviendrais complètement fou.

Ceux qui disent que je ne suis pas vraiment homosexuel, ou que je suis homophobe, du simple fait que je ne couche pas, n’ont rien compris à l’homosexualité et ont une bite à la place du cerveau. Ils semblent oublier que l’homosexualité, c’est une attirance sexuelle avant d’être une pratique génitale. Ils ne pensent qu’en termes d’actes (dont ils réduisent prodigieusement la liste pour n’imposer que les actes en dessous de la ceinture), et non plus en termes de désir (la principale chose que l’homosexualité est).

Qu'on arrête de me dire que je fais des généralités sur "les" homos ! Ce n'est pas vrai. Je ne fais de généralités que sur le désir homosexuel.

La continence libère la parole, ouvre la bouche, l’intelligence et le cœur. Sans elle, une personne homosexuelle n'a pas la force de parler, ni de penser sur l'Amour. Elle vit comme anesthésiée.

Révéler des incendies pour mieux les éteindre, cela ne revient pas, contrairement à ce que disent les incendiaires, à les allumer.

La timidité, en tant que caractère, ça n'existe pas. C'est une excuse facile trouvée par ceux ne veulent pas se donner. Mais personne, au fond, n'est timide.

En ce moment, vous l’aurez remarqué, je passe beaucoup à la télé, surtout avec la casquette du « Catho défendant le célibat et ce drôle de concept – pourtant vieux comme le monde ! – de continence »… alors que je peux tout à fait aborder le sujet de l’homosexualité sous mille autres angles, sans parler une seule fois de religion ! En soi, ça ne me dérange absolument pas d’apparaître avec cet éclairage-là, car j’aime aussi défendre ouvertement ma foi, et je trouve que l’Église catho a tout compris du désir homosexuel sans avoir eu à fouiller dans les tréfonds de la culture homosexuelle. Mais je tiens à dire que je ne suis pas l’obsédé de la continence que certains veulent voir en moi pour ne pas avoir à écouter ce que j’ai à dire. Y compris à la fin de mon livre, je vais jusqu’à proposer le couple homo comme idéal de vie à ceux qui trouveraient un équilibre plus grand en son sein plutôt qu’en s’imposant une abstinence frustrante à coup de volonté ! Je ne sacralise pas le célibat (le célibat n’a pas de sens en soi, il est absurde s’il n’est pas donné à une Personne qui est Jésus), pas plus que je ne matraque la continence comme une figure imposée du bonheur gay. Je propose la continence comme un choix différent, supérieur mais non-opposé au couple homo, à toutes les personnes homosexuelles qui sont appelées à la vivre, sans me priver pour dire que l’expérience du couple homo est en général décevante et plus coûteuse que celle de la continence. Ce n’est pas non plus parce que je rappelle que la continence est le Meilleur auquel l’Église catholique appelle, qu’elle vient désigner le couple homosexuel comme forcément « mauvais » à son contact. Le Meilleur n’est pas l’ennemi du bien : simplement, Il l’ouvre. Mon propos sur l’homosexualité et la continence vise justement à défendre une chose totalement à contre-courant du discours stéréotypé habituellement attribué à l’Église catho ( = celui de la sacralisation de la procréation et de la différence des sexes – « Croissez et multipliez »… que l’Église, d’ailleurs, ne tient même pas !), à savoir l’appel au célibat librement choisi et au contournement de l’obligation sociale du Couple, imposée par une société laïcarde et athée, et non par le Pape et ses ministres, comme le fait croire la légende populaire.

Je me souviens, l’année dernière (c’était en 2010), de l’étonnante réaction qu’avaient eue mes deux classes de futures secrétaires, étudiant au lycée professionnel de Juvisy, que j’avais emmenées voir l’excellent one-woman-show de l’humoriste Bérengère Krief, "Ma Mère, mon Chat, et Docteur House", à Paris. Elles avaient unanimement adoré le spectacle. Il faut dire qu’il était très « girly » et particulièrement adapté à elles. Mais j’avais été surpris de voir qu’un seul des sketchs de la série n’avait pas réellement fonctionné… alors qu’il n’était pourtant pas si différent des autres, et qu’en plus, il pouvait être considéré comme un plaidoyer en faveur de la France Blacks-Blancs-Beurs que représentaient tout à fait mes élèves : ce fut le sketch sur la dénonciation du racisme (Bérengère y imitait parodiquement une raciste de base). J’ai senti à ce moment précis du spectacle que les poils de mes secrétaires, pour la plupart d’origine maghrébine et africaine noire, se hérissaient. J’ai eu, du coup, une petite sueur froide moi aussi... Ce fut de leur part une méfiance instinctive, presque animale (j’en ai reparlé à la fin du spectacle avec Bérengère, et on s’est dits que leur coup de sang – heureusement vite estompé par la bonne humeur de la fin du spectacle – était « sociologiquement très intéressant à analyser », lourd d’interprétations !). Beaucoup de mes élèves, baignées dans un racisme ordinaire mâtiné de « tolérance multiraciale de principe », élevées inconsciemment dans un climat de xénophobie-qui-s’ignore (car, en effet, comment puis-je être moi-même raciste, se dit le raciste, étant donné que je suis Noir et qu’on peut à tout moment m’attaquer pour ça ?), ont sorti, l’espace de 5 minutes, leurs griffes manucurées, uniquement parce qu’elles avaient entendu les mots-qui-font-peur (« Noir », « raciste », « sale Arabe »), les mots interdits d’une société qui cultive tous les tabous alors qu’elle prétend justement les pulvériser magiquement par un sourire publicitaire. La souffrance s’amuse toujours, pour se faire oublier, à brouiller les cartes entre les mots et les choses qu’ils désignent, à réduire les personnes à leurs actes et à leurs dires, afin de continuer à s’étendre. C'est inattendu, les chemins que prend la peur.

 

Pour les esprits faibles, ignorants, paranoïaques ou schizophrènes, c’est-à-dire ceux qui se laissent tellement bercés par leurs bonnes intentions qu’ils ne se voient plus (mal) agir, la différence entre l’explication et la justification, entre le dire et le faire, entre les mots et la réalité parfois violente qu’ils recouvrent, est abolie. Selon leur curieux schéma de pensée, le mot « eau » a le pouvoir de mouiller, le mot « feu » brûle, le mot « chien » mord, la télé dit la vérité et crée le Réel. Si tu parles de racisme, c’est forcément que tu le provoques et que tu es raciste toi-même ! ; si tu dénonces l’homophobie, c’est que tu es à coup sûr homophobe ! ; si tu traites des Juifs – en bien ou en mal, peu importe finalement ! il suffit d’en parler pour être dangereux, pas besoin d'aller chercher plus loin... –, tu es traîné en procès d’antisémitisme ! Il n’y a qu’à voir le sort qui m’est réservé actuellement par les brigades prétendument « anti-homophobie » qui me voient comme un ignoble homophobe uniquement parce que je m’attache à décrire les mécanismes de l’homophobie. Il n’y a qu’à voir les suspicions infondées de xénophobie et de racisme qui s’abattent sur un Éric Zemmour, simplement parce qu’il ose parler des étrangers et de l’identité nationale. Bientôt (c’est déjà le cas d’ailleurs), prononcer le mot « homosexualité » va devenir homophobe ! Pour notre société névrogène et superstitieuse, nous créons ce que nous disons… donc nous ne devons parler de rien : ni d’immigration, ni de souffrance, ni d’argent, ni de religions, ni de mort ! Nous sommes directement associés et contaminés par un mythique mal « tout-puissant » : parler du malheur, ça rendrait malheureux ! C'est être défaitiste ! « Je ne suis pas superstitieux, ça porte malheur… » : voilà le paradoxal crédo du parano manichéen athée. Les raccourcis moralisants des abrutis me fascineront et m'effraieront toujours...

La parodie n'est pas en elle-même un acte révolutionnaire si elle ne sort pas du mime de l'oppression qu'elle prétend intentionnellement neutraliser. Elle ne devient révolutionnaire que si elle s'arrête à un moment donné, pour proposer autre chose qu'elle-même.

CONTINENCE POUR JÉSUS = VIE GAY JAMAIS DÉÇUE ! ;-) Pour ceux qui ne connaissent pas le mot, l'incontinent, c'est celui qui pisse partout ; et le continent, c'est celui qui "peace" partout !

Ce qui m'intéresse en priorité, ce sont les actes, et les actes justes.

L'autre jour, je me baladais dans mon quartier du cinquième arrondissement, à Paris, et au moment de traverser un passage piéton, j'ai vu une inscription peinte en bleu sur le sol : "REGARDE LE CIEL !" Voilà une invitation qui ressemblait bien à une injonction paradoxale du type "Il est interdit d'interdire!" ou "Faites ce que je dis mais pas ce que je fais" : on nous fait regarder le sol pour mieux nous orienter vers le Ciel. Moyen détourné et en apparence opposé au but affiché. Diversion Pop Art honnête ou manoeuvre malhonnête et insensée ? Ça m'a amusé, et fait réfléchir, cet art de rue "philosophique". Je me suis dit que ces mots terrestres étaient exactement à l'image de la démarche de mon livre : vers le Désir par le désir homosexuel ; à Dieu par les personnes homosexuelles.

La différence entre l'amour homo et l'amour que partagent une femme et un homme qui s'aiment ou bien un célibataire consacré et Dieu, est la même qui existe entre une ampoule électrique et une flamme.

 

 

ampoule comme une flamme

Ce n'est pas parce que je dis que le couple homo n'est pas idéal que je soutiens par là qu'il n'est pas possible, ni souhaitable et beau dans certains (rares) cas. Après, certains ricaneront en m'avançant que "chez les hétéros, il n'y a pas de couple idéal non plus!". Ce à quoi je leur réponds : "Chez 'les hétéros', comme vous dites, non. Mais chez certains couples femme-homme (pourtant défectueux mais proches de l'idéal) et dans l'Église catho, si : la Sainte Famille (Joseph, Marie, et Jésus), c'est quoi? C'est pas du flan ni du vent! C'est du concret, encore aujourd'hui!" Encore faut-il y croire. Mais sur le terrain de la croyance, on n'est pas plus dans la certitude du côté des athées sceptiques que du côté des croyants. Alors que les incroyants défaitistes de l'amour nous laissent croire ce qu'on veut, nous les défenseurs exigeants et confiants de l'idéal de la famille, comme nous leur laissons croire en leur triste et irréaliste vide spirituel matérialiste!

La continence et l'amitié sont les meilleures armes contre l'homophobie.

C'est parce que je suis cartésien que je suis croyant !

Je m’oppose fortement à l’étiquetage identitariste et essentialiste actuel des sexualités, qui stigmatise sous forme d’espèces les individus selon leur orientation sexuelle, leur apparence physique, ou leur subjectivité (« les homos », « les lesbiennes », « les bisexuels », « les transsexuels », « les transgenres », etc.). Mais, à la différence des sujets homos « honteuses » méprisant uniquement la visibilité homosexuelle et les clichés de l’homosexualité pour mieux pratiquer les actes homos en toute discrétion sans les remettre en cause, et à la différence des partisans de la Queer & Gender Theory qui certes critiquent le même étiquetage caricatural que moi mais pour mieux nier la réalité de la sexuation, s’éloigner des corps, et mettre sur le même plan tous les désirs humains dans un relativisme effrayant qui évacue toute réflexion sur le sens du désir homosexuel et le Sens de l'existence humaine, je me bats pour qu’en même temps que soient combattues les nomenclatures marchandes et pseudo médicales des sexualités, les clichés de l’homosexualité et la spécificité du désir homosexuel soient préservés, reconnus et expliqués, sans être justifiés, moralisés, essentialisés. Mon approche de la culture homosexuelle n’est donc ni essentialiste ni iconoclaste. Elle est symboliste, et donc réaliste, y compris dans la prise en compte de la probable actualisation des fantasmes humains inconscients.

Comme un feu d'artifice éclairant la nuit de fête et tombant sur la foule, l'Araignée se diffuse, fait tache d'huile, vient nous chercher.

Jésus, c'est la clé qui nous ouvre vraiment.

Toute ma vie, je lutterai contre l'homophobie.

On n'est pas faits d'abord pour avoir une vie humaine longue, mais pour avoir une vie bien remplie.

C'est drôle comme j'ai toujours aimé chez les chanteuses celles qui avaient une voix de niaise, de nunuche, de conne décérébrée. Cette attraction est plus esthétique, sincère, qu'ironique. Les pin-up coquines et faussement innocentes, les femmes-enfants, les artistes étrangères, les chanteuses avec un filet de voix, les femmes exotiques avec un timbre "stylé" et kitsch à la Virginie Constantin (choriste de Laurent Voulzy), m'ont toujours attiré. Certainement une passion pour le devenir-objet, un goût pour la bêtise sincérisée et l'infantilisation, un désir caché d'être poupée. La potiche sophistiquée offre, pour celui qui est/a été en panne d'identité, une posture de toute-puissance.

Tant d'imprécision entoure le mot "homosexualité" ! Il va nous falloir certainement beaucoup de temps pour intégrer les nuances nécessaires à une meilleure compréhension de ce thème tellement malmené, vulgarisé, disputé par ceux qui ne veulent pas voir à quels fantasmes de violence il fait écran. Mais il n'est jamais trop tard pour revenir aux sources, et ça ne nous fera pas de mal d'adopter un mini-lexique pour parler du sujet. Je vais essayer de le faire bref. Ce qui me semble primer dans toute cette histoire d'homosexualité, c'est la Réalité ; c'est ce qui non seulement EXISTE mais aussi dans un second temps ce qui est VRAI. Or, concernant le seul thème de l'homosexualité, si on commence à s'y pencher d'un peu plus près, on se rend vite compte que peu des choses dont on parle comme des évidences existent, et de surcroît sont vraies. L'unique chose dont on peut être sûr, c'est l'existence du désir homosexuel. L'attirance sensuelle et génitale pour les personnes du même sexe que soi est une donnée physique : ça ne se commande pas. Pour le reste - l' "homosexualité" (la manière dont on vit ce désir, dont on le pratique), l' "homophobie" (définie actuellement comme la haine des personnes homosexuelles), l'existence "des" homos et "des" hétéros (comme s'ils étaient les deux uniques espèces qui composent l'Humanité toute entière), le "couple" homo et l' "amour homo" (envisagés comme des équivalents à l'amour entre une femme et un homme, ou entre un célibataire consacré et Dieu), le "troisième sexe" ou le changement de sexe, la "famille" homoparentale -, c'est très flou, on a de quoi douter, et en général, on nage en pleine confusion. Par des abus de langage souvent bien-intentionnés mais criants, on remplace une réalité par des mots qui en recouvrent une autre (nous héritons ici des dérives de la philosophie nominaliste), tout cela pour cultiver le mensonge et les ambiguïtés. Voici quelques exemples de ces mots qu'on emploie pour d'autres afin de nous faire avaler des couleuvres :

 

- Par exemple, on nous parle actuellement de manière systématique "des" homosexuels, comme s'ils formaient une espèce à part de l'Humanité, alors qu'on ne devrait pas substantiver ce qui initialement et historiquement n'était qu'un simple adjectif - un adjectif synonyme d' "hétérosexuel" et de "bisexuel" en plus ! La tendance sexuelle - et Dieu sait si celle-ci est évolutive chez tout être humain - ne peut résumer à elle seule toute notre identité. Même quand nous sentons un désir homo relativement profond en nous, nous ne sommes pas qu'homosexuels. Tous nos désirs ne sont pas des réalités. L'orientation sexuelle est une dimension importante de notre être, mais n'oublions pas que nous sommes un mystère à nous-même ! la sexualité humaine est avant tout un chemin, une évolution, un processus lent et pas toujours harmonieux, une inconnue (et si on veut la résoudre trop vite ou comme une équation mathématique, on la vit sans liberté, sans confiance, dans l'isolement et la frustration). C'est pourquoi la mise en avant de nos fantasmes personnels, de nos bons sentiments, de nos envies instantanées, des sens, de l'orientation sexuelle, de l'esthétique, au détriment du Réel, de l'éthique, de la relation à l'Autre, de la durée, de l'engagement, de la Nature, et du sens caché de notre sexe anatomique, dans ce climat social fortement anti-naturaliste et individualiste qui est le nôtre, est une réduction flagrante de la sexualité et de l'identité des personnes. Dans l'idéal, tout individu qui se ressent homosexuel devrait non pas dire qu'il est "un" homo ou "une" lesbienne", mais plutôt qu'il est "une personne qui se sent habitée plus ou moins durablement par un désir homosexuel"... mais comme c'est un peu long comme formule ^^, on se contentera d'utiliser la périphrase "personne homosexuelle", qui a le mérite d'être "un peu développée mais pas trop", et de ne pas choquer l'oreille de Monsieur Tout-le-monde.

 

- Par ailleurs, on nous force socialement à parler "des" homos et "des" hétéros, comme s'il s'agissait d'espèces et de réalités indiscutables (et souvent opposées). Ce binarisme réducteur autour des orientations sexuelles plutôt qu'autour des sexes réels nous ferait presque oublier que le monde n'est composé, du point de vue sexuel et sexué, que de femmes et d'hommes (mis à part les très rares cas d'intersexuation, qui en aucune façon ne peuvent servir à l'établissement de règles générales et universelles). Or les créatures médicales qu'on appelle "les" homos et "les" hétéros sont des concepts récents (d'autant plus discutables qu'ils sont liés en plus à l'homme-objet cinématographique et médical), des nomenclatures "scientifiques" particulièrement déréalisantes, et qui ne peuvent certainement pas se substituer aux sexes anatomiques ni au sens de leur union. Car, faut-il le rappeler, notre Planète ne se divise pas entre "hétéros" d'un côté et "homos" de l'autre, selon le prisme narcissique et égocentrique des tendances sexuelles (et bientôt des "genres"...), mais uniquement entre femmes et hommes (selon la réalité objective de la différence des sexes, celle qui a permis à tous les Hommes de naître, et qui permet à tout Homme de vivre).

 

- Ensuite, on nous force actuellement à parler de "famille" concernant deux partenaires de même sexe qui accueillent un enfant, alors que le couple homosexuel n'est pas procréatif et ne peut constituer une famille de sang. On rentre là encore dans une extension lexicale abusive d'un terme ("famille", "mariage", "fils"...) dont on dénature la réalité à coup de sentiments, d'affect, de chantage, de victimisation.

 

- Par ailleurs, l'homophobie - concept très "tendance" en ce moment - n'est pas, comme on essaie de nous le faire croire, un phénomène haineux extérieur aux personnes homosexuelles, ni - les rares fois où il est envisagé comme intérieur - simplement une conséquence d'une oppression extérieure hétérosexuelle, mais bien une haine de soi ("homo" signifie "même", et "phobie" renvoie à la peur), applicable aussi bien aux personnes qui refoulent leur désir homosexuel (ça, c'est l'étape où tout le monde s'arrête et tombe d'accord, pour mieux sacraliser l' "Identité homosexuelle éternelle" comme LA "Vérité" fondamentale des personnes homos) qu'aux personnes homosexuelles dites "assumées" (et qui pensent qu'une fois qu'elles sont "born again", qu'elles ont accepté leur "Vérité" et leur "Identité" homosexuelles "profondes" - comprendre leur homosexualité -, elles sont totalement à l'abri de la haine de soi et de la haine à l'égard de leurs semblables d'orientation sexuelle : pure baliverne quand on regarde le panier de crabes qu'est la Communauté homosexuelle, et qu'on s'intéresse de près à l'identité trouble des criminels homophobes !). Cette deuxième catégorie de personnes homophobes - pourtant la plus nombreuse - passe complètement inaperçue socialement. Du coup, tout le monde est capable de dire "non" à l'homophobie devant une caméra, mais sans savoir ce que c'est vraiment...

 

- On nous force également à parler de l'évidence de "l' amour homo", ou du "couple" homo... alors que, concrètement, ils sont loin d'être simples, réels, durables, évidents. Il y a même des penseurs, tels que Tony Anatrella, qui vont jusqu'à discuter le terme de "couple" homosexuel concernant ce qui, selon lui, ne restera qu'un "duo" (et je crois qu'il n'a pas tort de faire cette distinction). De même, j'ai entendu récemment l'homme de théâtre Fabrice Hadjadj discuter le fait qu'on applique à l'homosexualité le statut de "sexualité". Pour lui, en effet, la véritable sexualité implique la fécondité ainsi que l'intégration harmonieuse de la différence des sexes... ce à quoi n'engagent ni le désir homosexuel ni le "duo" homosexuel. Il explique à juste titre que le rapport génital entre deux personnes de même sexe n'est pas un rapport à proprement parler sexuel : "C'est un usage non-sexuel des parties sexuelles." C'est, je crois, très vrai. C'est la raison pour laquelle le terme "homosexualité" n'a pas de sens, et que rien ne remplacera la justesse des expressions "homophilie" ou "désir homosexuel".

 

- On nous force à accepter que les membres de la communauté homosexuelle s'auto-proclament "spécialistes" et forcément "défenseurs gay friendly" de leur propre tribu, intérêts, et droits. Mais vu la censure qu'ils opèrent sur le sens de la culture homosexuelle et de leur production artistique, ce qu'on appelle pompeusement les "Études gaies et lesbiennes", les "associations LGBT pro-gay", ou les "Queer & Gender Studies", mériterait presque tout le temps de s'appeler plutôt "Le Comité de Censure homophobe". Ils défendent aveuglément les deux piliers idéologiques sur lesquels reposent tacitement (et fébrilement) la pauvre communauté LGBT : la croyance en l'identité homosexuelle éternelle (personnifiable en "les" homosexuels) ainsi que la croyance (cynique) en la force de "l'amour" homo. Ces deux piliers qui ont fait les jours noirs des communautés homosexuelles passées, et qui sont des poudrières d'homophobie...

 

- On nous présente la communauté homosexuelle comme la Reine de la Tolérance et de l'Accueil des différences... alors que concrètement toute personne homosexuelle rejette, de par son désir, LA Différence fondamentale à qui elle doit son existence : la différence sexuelle (et finalement, on se rend compte, en observant les modes de vie des personnes homosexuelles, que le rejet de cette différence-là s'étend bien souvent à d'autres différences humaines, moins fondatrices). Non : la plupart des personnes homosexuelles ne sont pas des amis de la différence.

 

- On veut nous faire croire qu'on peut, à travers le cas des personnes transsexuelles ou transgenres (les secondes étant celles qui se sentent de l'autre sexe, mais qui ne feront pas le pas de la mutilation chirurgicale), changer de sexe. Malheur à celui qui n'admet pas cette légende pourtant énorme qui stipule qu'un garçon est une fille (s'il se sent ainsi depuis la naissance) ou qu'une fille est un gars ! À nouveau, la confusion lexicale est entretenue : on veut nous pousser à remplacer le terme "homme" par celui de "femme", le pronom personnel "il" par "elle"... et on nous demande instamment, au nom de la générosité et du combat difficile que traversent certaines personnes en pleine crise identitaire, de cautionner/normaliser un fantasme. 

 

- Je terminerai mon petit lexique de l'homosexualité par une remise en cause du statut de "désir" qu'on donne au désir homosexuel. Pour moi, ce dernier est davantage un élan qu'un désir. Car le désir homosexuel est trop faible et trop éloigné du Réel pour mériter le nom de désir. D'ailleurs, en étudiant les qualificatifs employés par les personnes homosexuelles elles-mêmes pour définir leur élan homo-érotique intérieur, je me suis rendu compte qu'ils parlaient davantage d'un "manque de désir" que d'un "désir" fondamental, fort, et plein.

 

 

Quand on fait le compte, cela fait mine de rien beaucoup d'abus de langage pour un sujet - à en croire nos médias et nos contemporains - aussi "banal", "simple", et "acceptable", que serait l'homosexualité... ! Mais à nous d'être précis, et de rendre aux mots leur Réalité. Changeons nos habitudes langagières concernant l'homosexualité, et parlons uniquement du désir homosexuel. Ça me paraît le plus juste. Tout le reste, c'est du langage politiquement correct qui ne se rapporte pas à des faits.

Non à l'égalité des droits. Oui au respect de la Réalité.

Fier d'être "homophobe" tel qu'ils l'entendent... car être homosexuel comme eux, cela reviendrait à être véritablement homophobe.

Je n'ai pas la Vérité. Mais j'y tends ( = Gitan ^^).

J’entends parfois certaines personnes homos cathos (plus « homos cathos » que « cathos homos » d’ailleurs…) justifier l’amour homo en se servant de leur foi, de leur connaissance approximative de la Bible, et de leur religiosité sentimentaliste, pour masquer qu’ils ne suivent pas entièrement ce que leur demande le Seigneur. En bons commerciaux qui considèrent Dieu comme un patron dont l’entreprise serait une institution à la fois méprisable mais tout de même à respecter, ils négocient un compromis avec Lui, pour contourner l'exigence de la Croix. Ils troquent la Vérité et ce qu’ils devinent de l’Amour vrai contre un semi mensonge, un pastiche d’amour, un don amoureux moins entier. En somme, ils s’opposent à la radicalité et au don total proposé par le Seigneur.  Ils saupoudrent leur homosexualité et l’existence de leur partenaire – avec qui, assurent-ils, ce n’est pas que « sexuel » : ce ne serait même quasiment que « spirituel » ! – d’intentions divines… intentions que même Dieu ignore (« Je te rends grâce, Seigneur, de m’aimer tel que je suis, de m’accepter pleinement avec ma différence homosexuelle. Je suis même persuadé que c’est toi qui m’as voulu homosexuel, et qui m’a donné mon compagnon. » etc. etc.). Mais au fond d’eux, s’ils écoutent vraiment la voix de Dieu, ils savent ce qu’ils doivent faire. Ils savent qu’ils ne sont pas exactement à leur place. S'ils ne décident pas de se donner pleinement, s'ils ne choisissent pas le renoncement, ils s'exposent à vivre l'amertume de l'esquive du jeune homme riche de l'Évangile, celui qui a un trésor inestimable entre les mains, mais qui finit par le perdre parce qu'il veut le garder pour lui et a peur de se donner totalement à Jésus.

Je ne suis pas en train de leur jeter la pierre : j'ai moi-même, pendant 2 ans, été tenté par un arrangement/partenariat entre ma foi et mon désir de former un couple homo. Cela se révélait, sur la durée, assez foireux et tiède. Je forçais au final le Seigneur à rentrer dans "ma" case, en prétextant que s'Il était le centre du couple que je formerais avec un garçon dans une structure "conjugale" homosexuelle pourtant d'habitude bancale et fragile, Il en serait quand même la condition, le roc, la raison pour laquelle je pourrais plier à l'amour homo et le vivre de manière grande quand même. Un peu comme le diable tentateur au désert, qui promettait à Jésus de le rendre plus grand que lui et de lui offrir le haut de SON piédestal doré une fois qu'il l'aurait soumis à ses exigences. Je voulais sincèrement transformer Dieu en partenaire de mon projet amoureux, et vivre avec un compagnon catho, qui mettrait lui aussi Dieu au centre. Je rêvais d'un "apostolat de couple" en faveur des pauvres et du Christ. Je souhaitais construire un duo homo exemplaire, qui rendrait à la fois témoignage à l'amour homo (limité, exceptionnel, mais quand même réel) et à l'Église catholique. Ce terrain d'entente, séduisant intellectuellement et spirituellement, je me suis rendu compte avec le temps qu'il ne laissait pas vraiment la première place à Dieu, même s'il feignait de le faire. Car c'est moi qui imposait d'abord le couple homo au Seigneur, pour ensuite Lui laisser carte blanche et Lui dire qu'Il en serait le maître. Mais le socle de mon projet, c'est bien moi qui le Lui commandais. Et ça, ce n'est pas la démarche chrétienne du serviteur.

La plus grande peur-panique des personnes homosexuelles, c'est qu'on leur apprenne que les véritables personnes homophobes, ce sont elles. Elles crient au scandale, mais c'est la vérité : Leur désir homosexuel est homophobe.

Si nous sommes vraiment en Dieu, rien ne doit nous atteindre profondément. La tristesse, la souffrance, la colère, la jalousie, la cruauté, le sarcasme, n'ont pas d'emprise durable sur nous. Si nous sommes touchés par eux, c'est parce que nous nous éloignons de Dieu sans nous l'avouer.

Nos contemporains, athées par principe, anti-cléricaux par ignorance, "sans-opinion" (parce qu'avoir un avis c'est "fasciste", "arrêté", "figé"), s'auto-sanctifiant dans une pseudo "neutralité" confortable, sont pleins d'espoir (optimisme, bonnes intentions, valeurs humanistes...) mais vides d'Espérance. Car ils ne croient pas en la Vérité unique pour tous. Dès qu'ils entendent parler de Dieu ou de LA Vérité, ils s'énervent, sans mesurer que leur phobie de LA Vérité est plus fondamentaliste que les croyants qu'ils jugent ainsi. Je me rends compte de plus en plus qu'il existe vraiment des ennemis des chercheurs de Vérité, parce qu'ils ne croient pas en LA Vérité unique (donc en la Vérité tout court) et prennent toute croyance en Celle-ci pour un fondamentalisme redoutable, une terrible prétention, une possessivité dangereuse. Comment, selon eux, la Vérité peut-elle être partagée et sociale, étant donné que dans leur schéma de pensée étriqué et individualiste, Elle n'est qu'une donnée purement personnelle et relative, qui ne doit pas sortir de l'individu ? "La Vérité universelle en partage", c'est une abomination à leurs yeux !  Or ce sont leur manque de foi et leur tentative d'éclatement de LA Vérité, réduite à une simple somme innombrable de point(s) de vue subjectif(s), qui sont finalement fondamentalistes et qu'ils essaient d'imposer à tout le monde sous la forme souriante de l'optimisme, de l'ouverture, de la tolérance, de la diversité, et des bons sentiments. Mais  tendre au Vrai unique, ce n'est pas prétendre Le détenir : c'est justement renoncer humblement à son appropriation. Et l'espoir n'a finalement rien à voir avec la force simple et audacieuse de l'Espérance. Oui, vraiment, les gens gonflés d'orgueil et aveuglés par "leurs" petites vérités éphémères ne sont pas ceux qui ont choisi comme chemin LA Vérité, mais bien ceux qui ont renoncé à LA Vérité, trop déçus qu'ils étaient/qu'ils sont d'avoir cherché/de chercher à La posséder.

Profession : démonologue. Quand Philippe Muray affirme, dans Festivus festivus (2005), que « Ce n’est pas de chercheurs sociologues ou de prétendus philosophes que ce monde a besoin, c’est à proprement parler de démonologues. Il faut, et je ne m’excuse pas d’employer ce langage quasi médiéval, des spécialistes de la tentation ; du moderne en tant que tentation démoniaque. (...) Il faut inventer une nouvelle démonologie, cela me paraît être la mission de la littérature d’aujourd’hui. » (pp. 24-29), je suis complètement d'accord. La tentation et les fonctionnements du diable m'ont toujours passionné. C'est d'ailleurs un travail de démonologue que j'ai tenté de faire en traitant dans mon livre de la merde, du mal, des satanismes collectifs, des dictatures et des dictateurs, des techniques amoureuses homosexuelles et des paradoxes du libertin, des manoeuvres et du cheminement bien-pensant du diable. Nous avons à nous frotter au mal (sans agir pour autant comme lui). Au mal qui est en chacun de nous et qui est universel. Au mal qui n'en supporte pas le nom (car n'oublions pas que satan se déteste, ne veut pas entendre parler de lui). Nous avons le devoir de nous approcher du mal, sans peur d'être magiquement contaminé par lui. Avec humour et finesse. Nous avons à parler du mal en tant que force inférieure au Bien, à tenir tête à ces diabolisateurs manichéens laïcards qui ne veulent pas qu'on prononce le mot "mal"... mais qui pourtant partagent précisément le monde entre amis du mal (qu'ils ne seraient jamais, évidemment) et ennemis du mal (qu'ils seraient toujours dans l'idée... mais qu'ils sont rarement dans les faits et les pensées). Il ne s'agit pas du tout de se lançer dans une "croisade contre le Mal pour s'innocenter à son contact", mais bien d'identifier le mal en soi, de se l'attribuer un peu, et de comprendre sa logique démoniaque agissante en soi et chez les autres (car logique, mécanique et rouerie, du mal il y a!) pour mieux le combattre et ne pas le justifier inconsciemment dans un relativisme bien-pensant ou une extériorisation systématique sur les autres. La littérature est un combat, et un combat spirituel pour la définition du mal et en faveur du plus réel des réels : Jésus vivant, amour ressuscité. Écrire c'est tâter le diable en soi."

Mardi 19 avril 2011. Pendant le merveilleux Café-Philo du Café du Port de Lorient, où j'étais l'invité pour parler de mes livres et du thème "L'homosexualité, c'est quoi le problème?", j'ai reçu le meilleur compliment qui soit de la part d'un garçon homo de mon âge. Il m'a dit, devant une salle pleine et attentive, qu'il aurait rêvé d'écrire mon livre avant moi ; et, un peu envieux, il regrettait d'arriver trop tard... comme si tout avait été dit, et que rien de nouveau sur l'homosexualité ne pourrait succéder à mes ouvrages !

Bien souvent, on ne peut pas reprocher à notre monde son manque de zèle pour rechercher la Vérité. Mais on peut en revanche lui reprocher de ne pas associer la Vérité à l'Amour. Il veut d'une vérité 100 % sûre et vérifiable scientifiquement, d'une vérité absolutiste, individuelle, quantitative, négative ; il veut tout savoir, tout goûter, avant de se faire une opinion et de hiérarchiser ses avis pour mieux s'engager et aimer. Mais si on sépare la Vérité du Réel ou de l'Amour, on n'est finalement plus du tout dans la Vérité vraie, on n'approche plus le coeur brûlant de la Vérité. Celle-ci devient froide comme la mort, car elle n'est pas associée à une Personne vivante, à une relation, elle n'est pas don de soi.

Ce n'est pas parce qu'il y a désir qu'il y a forcément liberté (... d'autant plus si ce désir est provoqué mécaniquement). C'est sûrement ce que notre époque a du mal à comprendre. Pour elle, tout désir exprimé, toute jouissance ressentie dans l'instant, toute envie, toute attraction, tout élan de tendresse, tout plaisir, est légitime et signe d'amour du simple fait d'être une manifestation du désir. Mais à quel état de frustration affective nous en sommes arrivés pour sentimentaliser ainsi la pulsion...

Ce que notre société a du mal à comprendre, c’est qu’il n’y a pas plus homophobes que les personnes homosexuelles (assumées ou refoulées) car le désir homosexuel est contre lui-même. Littéralement, homophobie veut dire « peur du même », haine de soi.

Pour moi, l'homosexualité doit être mise sur le même plan que l'hétérosexualité. C'est l'hétérosexualité qui, socialement, ne devrait pas être mise sur le même plan que le couple femme-homme aimant.

J'ai toujours été persuadé que les gens de notre entourage proche ou lointain étaient en mesure de deviner à distance ce que nous faisions dans notre intimité, même s'ils ne nous ont pourtant pas vus faire. Il y a un lien entre l'intérieur et l'extérieur, entre l'intime et le social. Superstition paranoïaque et mégalo-maniaque (nos proches auraient des détecteurs à mensonge? un 6ème sens?), ou bien attachement profond à l'universel? Je pense plutôt à la 2ème possibilité. On n'a pas une vie sociale grande et on ne suscite pas longtemps l'admiration si on n'a pas une vie intérieure grande et juste. Les actes que je pose, même dans le secret, ont des répercussions sociales qui dépassent ma conscience, la sphère du privé, et la perception personnelle de mes actes. C'est pour cela que même si je suis seul, dans ma façon de me comporter avec moi-même, je ne peux pas faire n'importe quoi... quand bien même j'ai l'impression que je ne fais de mal à personne si je ne m'impose une action qu'à moi-même.

Ni amante, ni simple amie. Juste l’amitié sainte de ma vie. Ma soeur d'exigence. Notre amitié est tellement forte que même la mort de Véronique ne me fera pas de peine. C’est notre passion commune pour la Vérité et les gens qui nous a réunis. Et elle est indestructible.

Ce n'est pas en tirant dessus qu'on défait un noeud. C'est en comprenant comment il s'est formé. Le mal, tout injustifiable qu'il soit, a aussi sa logique.

Une fois qu'on connaît Dieu et la gravité de sa Joie, la légèreté rigolarde et optimiste du monde dépressif nous paraît bien lourde et violente.

La Parole de Dieu est une bénédiction pour ceux qui La suivent, et une malédiction pour ceux qui ne La suivent pas.

Je suis censé, en tant que croyant, m'élever en lisant la vie des grands saints. Et moi, au contraire, je m'élève et reconnaîs le visage du Christ à travers les biographies de Didier Éribon, Paula Dumont, Alfredo Arias, Jean-Claude Brialy...! ;-)

OUI... MAIS... C'est mon grand mot, ça ! ;-)

Étant par essence faible, lâche, et peu ajusté au Réel, j’ai remarqué tout au long de ma vie que le désir homosexuel me décevra toujours. C'est comme une constance. Et c’est très difficile pour moi de lutter contre cette déception-là. Je n’ai jamais su. Et finalement, c’est une bénédiction (même si ça fait bien chier et ça me rappelle à une grande solitude) ! Je n’ai jamais su mentir longtemps. Le tiède, le convenable, le "juste bien", le confortable, ne me rassasient pas. Toutes les fois où je désire croire en la force du désir homo, je deviens sentimental, je me découvre psychopathe et théâtral, je ne me reconnais et ne me crois plus, je ne me supporte pas… donc cet éloignement de moi-même ne dure jamais. La seule chose à faire quand je suis ébranlé par mes sentiments amoureux homosexuels, c’est d’attendre comme un con que le tremblement de terre de 48 heures passent, de faire acte de foi et de fermeté, de laisser l’arbitraire de l’amour agir sur la vacuité de mes pulsions romantisées en sentiments ou en impressions de coup de foudre… Et finalement, le désir homosexuel me montre assez vite son vrai visage, sa vanité, sa grande lâcheté, son immatérialité qui s'incarne mal et par à-coup. Je comprends alors que je me suis excité et inquiété pour un mirage, une incarnation désincarnée. Sur le moment, il me faut beaucoup d'humilité pour ne pas accréditer mes sentiments, pour me dire que ce n'est pas moi ni mon ressenti qui créent l'Amour. Les gens qui n'ont pas de sens critique et qui ne jurent que par leurs goûts m'emmerdent. Moi, j’aime les gens hyper bavards quand ils ressortent d’un spectacle, ceux qui savent dire longuement pourquoi ils ont aimé ou pas, qui ont plein d’avis nuancés à exprimer. Qu’ils soient d’accord ou pas avec moi, je m’en branle. Pourvu qu’ils soient humains et passionnés de vérité. On peut vraiment parler de tout du moment qu’on est dans l’amour.

Quand Michel Berger, dans sa chanson Ce que la pop music a fait d'une petite fille, écrit : "L'Amour de nos jours n'est plus rien. Peut-être qu'on l'a trop chanté", il retranscrit parfaitement ce que je pense des chansons actuelles (telles que "Savoir aimer" de Florent Pagny, ou "L'Important c'est d'aimer" de Pascal Obispo) qu'on nous présente comme "belles" alors qu'elles nous parlent si mal d'Amour puisqu'elles Le vident de désir, d'engagement, de volonté, de durée, d'humour, et que, si on s'y penche un peu, elles ne veulent rien dire. Cette platitude sur le discours amoureux n'est pas circonscrite à ces chansonnettes : elle s'étend à l'ensemble de nos contemporains, y compris chez les blasés de l'Amour qui n'ont pas réellement renoncé à cet amour romantique à deux balles chanté par nos artistes populaires. Le plus sidérant dans l'histoire, et finalement le plus drôle, c'est qu'on se fout ouvertement de notre gueule MAIS avec une sincérité que même celui qui se fout de notre gueule trouve belle et émouvante.
Je ne m'ennuierai jamais.
Comment j’ai fait pour écrire un tel bouquin ? Je dirais que c’est surtout la marche à pied qui m’a inspiré ! Sans rire : c’est en marchant qu’on trouve toutes les bonnes idées, j’en suis persuadé. Pendant mes 8 années d’études universitaires (de 1998 à 2006), je faisais quasiment tous mes trajets en stop, et je refusais d’utiliser les transports en commun (bus, métro, vélo…). Tout à pied ! Par radinerie, certainement, mais aussi et surtout pour me retrouver, me calmer, avancer avec le Seigneur qui était là sous la pluie, dans le froid, au soleil, parmi les automobilistes et les passants, dans la Nature, dans la ville… C’est comme ça que j’ai écrit mon livre. Tout simplement. Sinon, un autre conseil que je donnerais pour vraiment se lancer à fond dans l’écriture : je ne m’éternisais pas aux soirées entre amis, j’avais (ou/et je faisais semblant d’avoir) un train de vie de « Speedy » célibataire. Par exemple je ne perdais pas mon temps devant la télé, et l’absence de vie de famille ou d'histoires de coeur a eu du bon : un père de famille, ou bien une personne qui doit assurer son quotas de présence auprès de son « petit copain » ou de sa « petite copine », est forcément moins disponible qu’un célibataire. Et surtout j’ai fait le choix de l’isolement quasi-total. Jamais de vacances, pas d’année Erasmus à l’étranger, peu d’excursions. Je me suis cloîtré pendant un an entier dans une chambre d’étudiant à Rennes (année scolaire 2004-2005). J’avais presque pour seul interlocuteur mon ordinateur portable. Alors que personne ne me l’imposait – puisque j’étais en « année sabbatique » si on peut dire –, je me levais tous les jours à 7h et me couchais à 23h. Certaines personnes de mon entourage ne comprenaient pas ma démarche : elles croyaient que je m’isolais, que je stagnais existentiellement, que je m’enfermais dans mes certitudes, que je perdais mon temps et que je ne m’ouvrais pas l’esprit. Cela peut sembler curieux, mais je crois que j’ai autant voyagé (si ce n’est plus !) dans une chambre de 12 m² que si j’avais parcouru le monde entier avec un sac à dos pendant un an. Chaque jour d’écriture était différent, même si je m’asseyais au même bureau, à la même chaise, devant la même fenêtre (le jardin de la famille Bagot enneigé, pluvieux, ensoleillé, obscurci par la nuit, ou dans la rosée du matin, aurait mérité un traitement des peintres impressionnistes !) et devant le même ordi, usé, à force, par le frottement de ma main droite ! Non, je ne me suis pas isolé ; je me suis juste enfermé un temps pour me donner à la rencontre future avec vous. Enfin, ma meilleure source d’inspiration pour l’écriture, c’est la Parole de Dieu et l’Eucharistie chaque dimanche. Cela pourra vous étonner, mais je crois vraiment que la Bible et la messe hebdomadaire donnent finalement le meilleur bagage culturel qui soit puisqu’elles nous apprennent que l’Homme est beau, que la vie est plus forte que la mort. C’est aussi cela que nous apprend toute vraie Culture humaine: la vocation première de la Culture est bien de nous révéler la grandeur divine de l’Homme. Avec la foi, même l’Homme démuni matériellement parlant peut devenir plus sage qu’un universitaire bourré de diplômes mais avec une tête trop pleine et un cœur sec. Être chrétien, cela permet, dans le meilleur des cas, de comprendre profondément sa société, de s’intéresser à tout (même à la merde !) et de privilégier les Essentiels, de douter sans arrêt, de devenir intelligent (même quand on est né loin des bibliothèques et sous l’influence d’une culture télé pitoyable…), d’être un vrai humaniste en somme. L’Homme humaniste, ce n’est pas, contrairement à l’idée reçue, celui qui fonde tous ses espoirs sur « l’Homme sans Dieu », mais au contraire celui qui croit en « Dieu fait Homme » (= Jésus) et qui a mesuré que l’Homme ne serait rien sans ce Dieu crucifié par amour pour lui. C’est pour cette raison que mes profs de fac – pourtant athées et anticléricaux pour la plupart – trouvaient mes dissertations géniales et érudites, alors que je me gardais bien de leur dévoiler explicitement mes sources d’inspiration et d’avouer qu’au fond, je n’ai jamais été un grand « intello » : j’ai juste eu la chance inouïe de recevoir une éducation catholique de mes parents et d’avoir grandi à côté de la bonne source de vie et d’intelligence. La vraie Culture (dans le sens d’« intelligence du cœur » et d' « Amour de l'Homme »), il n’y a que la foi en un Dieu serviteur et aimant qui la donne. Vraiment, je le crois.
Dire qu'on est hétéro, c'est comme dire qu'on est homo (ou en passe de le devenir).
Scoop saisissant que la majorité des personnes homosexuelles mettra des années à comprendre : il y a autant de personnes homophobes chez les ennemis affichés ou masqués des personnes homosexuelles que chez les personnes homosexuelles fières de leur homosexualité et qui barrent l'accès à la réflexion sur leur désir homosexuel pour défendre la soi-disant vérité de leur identité homo ou de leur amour homosexuel par les arguments passe-partout de la tolérance, du "genre", de la beauté de la diversité et de l'égalité. Les Queer et Gender Studies sont des nids d'homophobie, même si elles défendent en apparence les personnes homosexuelles et leur liberté.
Il y a souvent, dans le cas des oeuvres artistiques qui parlent d'homosexualité, chez moi un fossé entre ce qui m'intéresse et ce que j'aime. (car rarement j'aime ^^). Je peux me passionner pour des choses qui ne satisfont pas mes goûts.

S’il y a une seule chose dont je suis fier dans ma vie, c’est bien de ma foi catholique. Parce qu'elle ne m'appartient pas, et qu'elle m'apparaît comme juste, et ce, de jour en jour. Ça dépasse de loin toutes les autres dimensions de mon existence. J’ai beau évolué dans des univers artistiques et professionnels athées et particulièrement laïcs, vivre au quotidien au contact d’amis très différents de moi et pour la plupart aux antipodes de mes convictions religieuses, je n’y peux rien : les gens de mon entourage les plus stables, les plus apaisants, les plus drôles, et qui me disent le plus de vérités sur moi-même et sur le monde, je finis toujours par me rendre compte à mon insu qu’ils sont catholiques. C'est logique, quand j'y pense: plus on crée des choses belles et on est un grand acteur social, plus on se rend compte qu'on ne fait que participer à une grande oeuvre divine qui ne vient pas de nous, qui nous dépasse, qui s'incarne en Jésus. Tous mes amis les plus humanistes finissent par venir à la foi, parce que leur expérience de l'amour humain les amène à reconnaître l'amour divin, le service de Dieu auprès des frères. Je vous jure que je ne le fais pas exprès. J’essaie de m’ouvrir, de me persuader que les chrétiens n'ont pas le monopole de l'Amour et de la Vérité (ce qui reste vrai : la grandeur de Dieu, c'est qu'Il peut Se dire à travers tous les êtres humains, sans distinction de sexes, de races, de nationalités, de religions), que je peux trouver mes vrais amis ailleurs, mais rien à faire. Le partage de l’amitié dans la foi, pour moi, il n’y a rien de plus fort. Ça s’appelle la Communion des saints. Mes amis non-croyants m’apprennent aussi beaucoup de choses sur la vie, bien sûr, mais ils ne vont pas aussi loin que mes amis cathos. Et je dis pourtant tout cela en étant conscient qu’il est possible de trouver dans l’Église catholique à la fois les gens les plus cons de la Terre, et aussi les plus géniaux. Pourquoi les plus cons ? Parce que l'illusion de possession de la Vérité et l'instrumentalisation de l'Amour à des fins autres que le service de Jésus et des êtres humains produisent les plus grandes catastrophes humaines (guerres de religion, mensonges, chantages aux sentiments, faux témoignages, embrigadements, meurtres, etc.) et guettent plus spécifiquement ceux qui ont la connaissance de la bonne Source (N'oublions que le diable sait les Écritures par coeur!). Parce que la Vérité, en ayant consenti à s’abaisser à la liberté de l’Homme, n’est pas à l’abri d’être récupérée par ceux qui se revendiquent d’Elle sans l’appliquer concrètement. Pourquoi les plus géniaux ? Parce que le Christ a dit explicitement qu’il était le Chemin, la Vérité, et la Vie, et que ceux qui suivent humblement sa Parole ont fait le meilleur choix qui soit. Ils tendent donc un peu mieux que les autres à la Source d'Amour, d'Humour, et de Vérité, même s'ils ne sont pas infaillibles. Si vous voulez en avoir le cœur net, allez écouter des personnes catholiques qui ont une foi vivante et qui se bougent pour les autres, et vous comprendrez que je ne vous raconte pas de salades. Elles n' "ont" pas quelque chose de spécial : elles suivent Quelqu'un de spécial.

Aimé de Dieu. C'est ça, l'identité profonde de tout être humain.
Dans mon for intérieur, je sais que j'ai raison. ;-)
Samedi 25 septembre 2010. Je lis les propos du groupe Sexion d’Assaut à propos des personnes homosexuelles dans le magazine International Hip Hop (« Pendant un temps, on a beaucoup attaqué les homosexuels parce qu’on est homophobes à 100 % et qu’on l’assume. Mais on nous a fait beaucoup de réflexions et on s’est dit qu’il était mieux de ne plus trop en parler parce que ça pouvait nous porter préjudice. Pareil pour les autres religions, on ne les attaque pas parce qu’on respecte quand même un minimum les autres et qu’on ne peut pas les forcer à être dans le vrai et musulmans comme nous. (…) Il y a quand même des gays qui viennent nous voir ! On ne peut pas se permettre de dire ouvertement que pour nous, le fait d’être homosexuel est une déviance intolérable. »). Ce qu’ont du mal à comprendre ces rappeurs musulmans qui clament fièrement leur homophobie, c'est d'une part qu'originellement l'Islam n'est pas une religion de la haine mais une religion de l'amour, et d'autre part que l’affichage de l’hétérosexualité n’est pas une preuve de sa non-déviance sexuelle (les couples femme-homme solides et qui s’aiment vraiment ne se définissent pas comme « hétérosexuels » mais comme des couples d’êtres humains, tout simplement) mais au contraire un aveu inconscient de sa déviance, une preuve non pas toujours d’une homosexualité refoulée (quoi que… parfois, on a des surprises…) mais en tout cas d’une sexualité violente, machiste, déséquilibrée, dans le cadre pourtant classique des relations femme-homme. Il ne suffit pas qu’un couple intègre la différence des sexes ou la durée pour qu’il soit aimant. L’hétérosexualité et l’homosexualité sont jumelles. Je me tuerai à le dire. Je crois beaucoup plus un homme marié qui refuse de s’étiqueter « hétérosexuel » mais qui aimera véritablement sa femme qu’un homme à la sexualité incertaine qui va se précipiter à se définir comme « hétérosexuel » ou « 100 % homophobe » pour nier les violences qu’il inflige à sa femme dans le cadre normé et apparemment légitime du mariage religieux.
Aussi paradoxal que cela puisse paraître, on est dans l'écoute même quand on parle. Il ne suffit pas de se taire pour bien écouter. Quelqu'un qui parle beaucoup peut aussi être un grand écoutant. L'écoute n'est pas fondamentalement une question de débit de paroles, de quantité, mais bien de qualité de présence (à ce qu'on dit, à qui on le dit, et à ce qu'on dit ensemble), de relation. Écouter profondément, c'est être là pour l'autre, adapter son discours à lui, ne pas lui proposer un disque qu'on ferait écouter pareil devant une autre personne, se taire parfois (mais pas tout le temps!). Écouter, c'est donc AUSSI ouvrir sa gueule! Je dis cela parce que, dans notre société où on nous bassine avec l'idée selon laquelle "l'important serait dans la communication", dans la soumission passive au déballage verbal de notre interlocuteur qui se sentirait forcément mieux après qu'on l'ait laissé faire, on croit qu'on favorise l'écoute. Mais bien des personnes ne sont pas présentes à ce qu'elles disent quand elles saoulent tout leur entourage avec leurs problèmes qu'elles ne veulent pas régler, et que personne ne le leur dit ou ne les aide à s'approprier leurs mots pour mieux les contextualiser, les humaniser, se les approprier ; et notre silence (qui est une fausse écoute) ne les soulage pas du tout. 
Plus je me rends à des concerts (des concerts de grande envergure, comme celui du groupe Indochine ou de Mika à Bercy, de Mylène Farmer au Stade de France), plus je trouve ma position complètement déplacée. Je vois ces chanteurs jouer aux dieux qu'ils ne sont pas, accueillir des applaudissements excessifs, susciter des cris hystériques qu'ils ne méritent pas, s'émouvoir d'une communion pas si effective et conviviale que cela, contenter leur propre narcissisme. Et je n'arrive plus à jouer au fan. Je les trouve tellement plus fades que mon Dieu! 
Je crois qu'on aime vraiment l'autre quand on l'aime dans les moments où il pourrait nous faire vraiment honte.
Toute personne homosexuelle a un Valmont et une Merteuil dans sa famille.
Je n'ai pas besoin qu'on soit du même avis que moi pour être pleinement heureux, mais juste que mon avis différent soit entendu, compris, considéré... et qu'ensuite, la personne en face place son positionnement "plutôt contre/pour" concernant mon avis bien après ma personne, notre relation.  Ce ne sont pas en soi les différences qui posent problème, mais bien le fait qu'on ne puisse pas les partager.
L'amour est une PERSONNE avant d'être une orientation sexuelle ou la catégorie de personnes que cette orientation désigne. J'en suis de plus en plus convaincu. Ceci dit, ce n'est pas parce que j'insiste sur cette priorité que je soutiens que, en matière d'amour vrai, peu importe le sexe de la personne aimée à partir du moment où il s'agirait d'amour, d'une rencontre, et d'une personne. Pour moi, les corps et la nature sexuée des amants ont aussi leur importance. Même si la Personne a à être première, il est important de prendre en compte la présence et surtout le respect de la différence des sexes au sein du couple, car cette différence des sexes est un mystère et un trésor donné à l'Humanité qui n'a pas fini de nous dévoiler ses richesses. Un couple incluant la différence des sexes ne donne pas les mêmes fruits qu'un couple la rejetant... et je ne pense pas d'abord aux enfants ; je parle avant tout des fruits de joie, de paix, de durée. C'est pourquoi je suis bien loin d'une pensée relativiste et asexualisante (on pourrait dire "queer") sur la sexualité et l'amour en mettant en avant le fait que la Personne prime sur les étiquettes d' "homos", d' "hétéros", de "bis".

Pendant l’été 2002, alors que je venais de faire mon coming out à mes parents et que j’apprenais à découvrir le « milieu homosexuel » à travers les associations, les établissements gay friendly, et Internet, j’avais décidé de partir à la rencontre de mes amis internautes de Caramail en faisant un petit Tour de France, parfois en stop, parfois en train, entre Paris, Orléans, Montpellier, et Marseille. La dernière étape de mon parcours était Marseille. Le « carapote » que je devais voir n’avait pas de quoi me loger. Me retrouvant à la rue, j’ai donc pris sur moi pour aller sonner au couvent des frères dominicains de Marseille, car mon grand-frère fait partie de l’ordre, et donc j’espérais que mon lien de parenté avec ma « presque-belle-famille » et l’hospitalité chrétienne me serviraient de passeport… ce qui fut en effet le cas ! Le frère Jean, un type super, m’a accueilli chaleureusement au portail et m’a laissé une chambre sans me demander aucune explication ni argent. En toute gratuité (…bref, en clair, le frère Jean est un homme de Dieu !) Comme il m’avait en plus laissé les clés de cette oasis spirituelle en plein cœur de la cité grouillante, je pouvais sortir à loisir le soir dans les bars homos marseillais et revenir à l’heure que je voulais : le pied ! Un midi, les six frères dominicains qui résidaient à cette période dans le couvent m’ont gracieusement offert le repas. Comme je ne pouvais pas donner la vraie raison de ma mystérieuse présence, et que les religieux qui m’entouraient n’osaient pas, par pudeur ou par indifférence, me la demander, ils ont commencé à me poser tout un tas de questions inintéressantes sur la pluie et le beau temps : quels sont les coins de ma région natale choletaise et angevine intéressants à visiter ? quels sont les plats typiques à déguster là-bas et quelle est l’histoire de la Vendée et du Maine-et-Loire ? quels sont les intellectuels espagnols que j’ai lus ? etc. etc. Les références qu’ils me citaient m’étaient inconnues. Je n’étais pas, je le voyais bien, à la hauteur de l’érudition qu’ils attendaient de moi. En plus, je n’ai jamais eu l’esprit très pratique ; pour me repérer géographiquement dans l’espace, par exemple, mémoriser le nom des rues, les marques de voitures ou de fringues, ou bien pour retenir des anecdotes historiques précises de sujets qui ne m’intéressent pas, j’ai toujours été une bille… J’avais envie de leur répondre qu’à part la marque du dernier vernis à ongles d’Alizée, je ne connaissais pas grand chose… Je sais juste que Dieu est amour pour tous les Hommes, et que je suis aimé spécialement par Lui : ça me suffit pour vivre heureux ;-). Comme les dominicains sont un ordre prêcheur et intellectuel, certains frères aiment étaler leur science et vous démontrer qu’ils connaissent mieux votre vie (qui est censée pourtant leur être étrangère) que vous-même, pour gagner la joute verbale, pour vous transformer en imbécile, et ne pas vous écouter. C’est exactement ce qui s’est passé avec le jeune frère asiatique Patrick Nguyen qui, en me voyant aussi peu affable sur le cours de la maugette (= le haricot blanc de la Vendée) et le classement des ventes de Coteaux du Layon en France, m’a demandé devant tout le monde si je comptais un jour publier mes mémoires. J’avais déjà songé à l’écriture d’un livre après la rédaction de mes travaux universitaires, mais je me suis bien gardé de le dire et de dévoiler que je venais à Marseille pour sortir dans les établissements gay, rencontrer des internautes homosexuels, et nourrir ma réflexion sur le « milieu homo ». C’est alors que ce gentil ecclésiastique, fier de son cerveau, sûr de ses bons mots et de sa supériorité intellectuelle, a rajouté : « Quel nom pourrions-nous leur donner, à tes mémoires ?… Ah oui ! Je sais ! Et si on les appelait Memorias de un Burro ? » (traduction de l’espagnol : « Mémoires d’un Âne ») Sa question acerbe ne demandait pas de réponse. Un seul des frères l’a entendue, comprise, et s’est montré choqué par la méchanceté gratuite de son confrère. Les autres n’ont pas relevé. Sur le coup, il m’a fallu dix bonnes secondes pour comprendre que je venais de me faire « casser » sévère… donc c’était trop tard pour répliquer. Je m’en suis voulu, après-coup, de ne pas avoir répondu du tac o tac, et d’avoir laissé ce cher frère Patrick Nguyen dans une arrogance que j’ai malheureusement observée chez un certain nombre de frères dominicains (arrogance qui me semble d’autant plus inacceptable qu’elle vient de personnes qui ont pour vocation première l’écoute et l’humilité). Mais avec quelques années de recul, aussi bizarre que cela puisse paraître, cette histoire me plait énormément, et arrive même à me faire rire. Je me dis que si un jour, dans 50 ans, j’avais à écrire ma vie (chose qui semble peu probable… en tout cas difficile à dire du bas de mes 30 ans), ou si un essayiste avait l’idée de se pencher un jour sur ma vie pour en faire une biographie, le titre choisi par ce frère dominicain serait parfait. Car c’est tout à fait ça ! Je suis un véritable âne, dans tous les sens du terme ! Têtu comme un Aragonais, inculte comme un teen-ager, incapable comme un mec homo ! Tu avais raison, Patrick.

Ce qu'on a du mal à comprendre (...et pourtant, les faits homophobes viennent sans cesse le rappeler), c'est que le désir homosexuel est par nature homophobe. Il est à la fois pour et contre lui-même car il est le signe d'une idolâtrie. Quand la société aura compris cela, elle fera un très grand pas vers la compréhension de l'homosexualité ! Quand elle verra que l'homophobie n'est pas seulement, comme on se rassure de le penser, un refoulement de son désir homosexuel, mais aussi et surtout une acceptation sans limite et irréfléchie du désir homosexuel, elle ne sera même plus tentée de l'appeler "désir". Le désir homosexuel est plus un refoulement du Désir que réellement un désir. Les personnes homophobes se trouvent autant chez les personnes qui refoulent leur homosexualité que du côté des individus qui disent "assumer totalement et fièrement leur homosexualité" pour ne pas avoir à se remettre en cause.
L'amour est toujours simple et pacifiant (... même s'il n'est pas confortable). S'il devient bizarre ou compliqué, c'est qu'au fond il n'est pas là, et que nous nous imposons de le voir là où il n'est pas exactement : dans la folie, la passion destructrice, la tyrannie, la magie. L'amour ne fait jamais souffrir.
Mon livre traite des liens entre désir homosexuel et viol. Cela peut choquer si on en reste à la définition sociale du mot "viol". Mais en réalité, elle est plus vaste. Par "désir de viol", je n’entends pas seulement le désir de posséder quelqu’un sexuellement ou d’être possédé sexuellement, mais aussi le désir d’être objet ou fétiche sacré, d’être double, d’être quelqu’un d’autre, d’être une moitié d’Homme, d’être Dieu, d’aimer d’un amour fou.
Le machisme est le déni de ses limites humaines et de ses faiblesses. Pour cette raison, même une femme peut être machiste ; et un homme peut ne pas être machiste.
Être bourgeois, c’est tout simplement désirer être objet, se comporter violemment, devenir haineux et misanthrope. Ça n’a pas de lien direct avec la quantité d’argent possédé. Tant de gens aujourd’hui, parce qu’intentionnellement ils se disent "de gauche", anti-matérialistes, anti-société de consommation, pro-pauvres, mais qu’en actes et en paroles ils défendent leurs "bonnes" intentions haineusement, deviennent bourgeois à leur manière, sans même s’en rendre compte !
Le plus gros défaut/malheur de l’Homme bobo, c’est qu’il met tout en œuvre pour montrer qu’il ne désire pas et qu'il est sa propre origine. Selon lui, tous les événements de son existence et toutes ses actions (si tant est qu’il agit…) doivent se faire sans qu’il l’ait décidé, par « coup de foudre », « coup de tête », « à l’improviste » (en fait, selon SON improviste à lui…). Rien ne doit être programmé, durable, couronné par la volonté et l’espérance. Il veut montrer à tout le monde qu’il n’aime qu’en pointillé, que l’amour s’impose à lui, car aimer, pour lui, c’est la honte et la soumission suprêmes. Il adopte une conception totalitaire de l’amour, même s’il l’affiche de manière molle, faussement détachée.
Je ne suis pas d'accord pour qu'on dise que les personnes homosexuelles ne PEUVENT pas être de bons parents. Ce n’est pas en termes de "capacité", de "possibilité" qu'il faut voir la chose, mais d'idéal : d'une part, tout ce qui est possible n'est pas forcément idéal ; et d'autre part, il est intellectuellement tout à fait envisageable qu'un enfant grandisse avec plus d'amour dans une famille monoparentale ou homoparentale que dans une famille intégrant la différence des sexes. La présence de la différence des sexes dans un couple est importante mais ne suffit pas à elle seule pour décréter que l'unique forme de famille possible pour accueillir un enfant est le couple femme-homme. C'est l'expérience aimante et joyeuse de la différence des sexes qui est idéale. Pas la différence des sexes seule. C'est pourquoi je dirais que le couple homosexuel n'est pas idéal pour l'accueil d'un enfant, même si dans les faits, il PEUT très bien le faire. Je ne dis pas que les couples homosexuels ne sont pas capables d'élever correctement des enfants. C’est qu’ils ne « doivent pas forcément, dans l’idéal ». Ce n'est pas pareil. Pour être un bon parent, cela ne dépend pas que de l’individu ou du couple : cela dépend aussi de la structure conjugale où cet individu s'inscrit, et des bienfaits non-négligeables du respect de la différence des sexes.
Je me trouvais au Forum du Livre de Nice en juillet 2004. J’avais déjà bien avancé dans la rédaction de mon livre, et, comme j’étais obligé de venir passer le concours du Capès dans cette ville du sud, j’ai eu la chance d’assister à une conférence-débat passionnante sur le thème « Est-on dépendant de la culture que l’on a reçue ? » lors de ce meeting littéraire. Ça prenait un peu l’allure d’un causerie populaire improvisée, où chaque participant pouvait prendre la parole quand l’animatrice la leur donnait. Le mariage de Bègles était encore présent dans toutes les mémoires, et le débat s’est donc peu à peu orienté vers le sujet de l’homosexualité. Et là, alors que tout le monde restait très courtois et politiquement correct à propos des personnes homosexuelles, un type de 70 balais a déboulé en pleine assistance pour hurler très fort : « De toute façon, ils ont tous été violés quand ils avaient 10 ans… ! ». L’ensemble des gens qui étaient là se sont alors insurgés à l’unisson contre le vieux pirate qui est clairement passé pour un fou. Le tollé général qu’il a soulevé était génial à observer. Personne n’a cherché à savoir si ce qu’il disait avait du sens, contenait un substrat de vérité. Non, tous se sont mis à le huer et à le traiter de tous les noms, avant de passer à un autre sujet. Moi, intérieurement, je me marrais. J’avais envie d’hurler l’aveuglement social concernant le désir homosexuel, et en même temps, je ne pouvais rire qu’intérieurement de ce monsieur qui causalisait trop vulgairement un lien entre viol et désir homosexuel pour espérer être entendu et ne pas mettre les pieds dans le plat. Pris en sandwich entre deux camps aussi homophobes l’un que l’autre, j’ai préféré m’écraser… pour préparer, quelques années plus tard, ma réponse…
À ceux qui me regarderont avec des yeux outrés, qui pousseront des hauts cris, qui me traiteront de « dangereux homophobe » parce que j’ai osé dans mon livre faire le parallèle entre désir homosexuel et viol, j’ai envie de répondre : « Vous voulez que je vous rembobine la cassette ou quoi ? que je vous repasse toutes les conversations que j’ai eues personnellement avec mes amis homosexuels qui m’ont avoué qu’ils ont été violés quand ils étaient adolescents, pour que vous me croyiez ? ». Me demander de me taire à propos de ce que j’ai entendu en trop grand nombre dans la communauté homosexuelle, c’est faire insulte à toutes ces personnes-là qui m’ont ouvert leur cœur, qui ne m’ont pas menti, même s’il est évident qu’on ne peut pas faire de ces témoignages une généralité sur les homos (moi-même, je suis la preuve vivante que toutes les personnes homosexuelles n’ont pas été violées quand elles étaient petites).
PARDON, S’IL TE PLAÎT, MERCI : les 3 mots de l’Homme aimant.
Le plus important dans mon livre n’est pas tant la description du lien entre le viol (ou plutôt le fantasme de viol) et le désir homosexuel que la distinction que je fais entre le couple hétérosexuel et le couple femme-homme aimant non-hétérosexuel. Je me permets d’insister sur ce point car il est capital. Il faut bien comprendre que dans ma bouche, le terme d’hétérosexualité est extrêmement négatif. Le couple hétérosexuel est aussi irréel et violent que le couple homosexuel, et il n’y a pas lieu de faire du couple homosexuel et du couple hétérosexuel des opposés : je me bats pour qu’on les reconnaisse comme des jumeaux fantasmatiques. Après avoir compris cela, mon discours sur l’homosexualité vous paraîtra beaucoup plus aimant et intelligible.
Quoi qu’il t’arrive dans la vie, tu es LIBRE ! (…et parce que tu es libre, tu es possiblement et potentiellement capable de mal agir et de mal désirer – et cette liberté-là, tu dois la reconnaître et la revendiquer sans révolte –, mais aussi de bien agir et d’aimer vraiment – ce qui est mieux pour faire une expérience vraiment heureuse de ta liberté).
Pendant l’été 2002, je suis allé à un week-end aux bords de la mer – à Préfailles, plus exactement – organisé par l’association gay Tonic’s. Réservé exclusivement aux hommes gay ! Nous étions une cinquantaine dans un grand gîte. L’ambiance était donc forcément propice à l’ennui et au baisodrome… Ça ne m’a pas empêché d’y venir : j’étais entouré de ma bande d’amis, et nous étions la vitrine de jeunes beaux garçons encore inaccessibles. Parmi les participants, il y avait un homme d’une soixantaine d’années, assez isolé. Je me suis donc mis en face de lui pour le premier repas, et ai entamé la conversation. Il s’appelait Jacques. Nous avons discuté un petit moment tous les deux. Nous partagions un point commun : la foi catholique. Mais lui me confiait, un peu angoissé, qu’il souffrait d’un écartèlement entre ses convictions religieuses et ses pulsions, entre ses idéaux profonds et une sexualité qu’il qualifiait lui-même de « compulsive ». C’était un homme très crispé dans sa manière de s’exprimer, qui souriait difficilement. Quelques mois après notre courte entrevue, j’ai appris que Jacques était mort. Il a été retrouvé assassiné chez lui, dans son appartement à Angers. La nouvelle de sa mort, évidemment, m’a fait froid dans le dos… mais c’est le vent de panique qui a soufflé dans le « milieu homosexuel » angevin que j’ai trouvé risible et instructif. J’ai appris beaucoup sur ce qu’est la réelle homophobie à ce moment-là. En effet, au départ, comme personne ne connaissait le fin mot de l’enquête, toutes les hypothèses, même les plus abracadabrantes, sont devenues plausibles. Jacques, qui de son vivant n’intéressait pas grand monde, est soudain devenu, une fois mort, digne de porter la palme du martyre parce qu’il se transformait, sans qu’on n’ait eu aucune preuve pour appuyer la thèse du crime homophobe, en « Parfaite Victime de l’Homophobie ». La police s’est rendue au local de Tonic’s pour interroger quelques adhérents. La nouvelle de cette mort macabre insoluble commençait à se propager comme une traînée de poudre. Quand ils m’annonçaient la nouvelle, mes propres amis gay me regardaient droit dans les yeux, avec une inquiétude presque drôle vue de l’extérieur, l’air de dire : « Tu te rends compte, Philippe… Il y a un tueur en série qui s’attaque spécifiquement aux homos dans Angers… C’est horrible… On va tous mourir… » Issue de l’enquête : il a été prouvé que Jacques a été étranglé par un de ses amants qui voulait le délivrer de son désespoir. Bizarrement, une fois le crime élucidé, plus personne n’a reparlé de cette histoire. Aucune réflexion sur l’homophobie en tant que processus typiquement homosexuel et hétérosexuel n’en est sortie. Ce qui comptait, c’était de se faire peur et d’extérioriser l’homophobie, de l’altériser pour ne pas la comprendre et la reconnaître comme possiblement nôtre. Dans l’indifférence quasi générale, Jacques a été manifestement instrumentalisé pour nourrir des peurs, satisfaire des egos … et pour finir jeté dans l’oubli. J’écris ces quelques lignes afin qu’il ne soit pas totalement mort pour rien.
J’ai remarqué que le maquillage sur un homme, mais plus fondamentalement la négation de son sexe (je n’ai pas dit « la négation de son genre sexué », attention), et donc de l’image qui va avec, sont germes de violence. Lors d’une soirée bal costumé 100 % gay à laquelle j’ai assisté, un de mes proches amis s’était travesti en femme. Sur lui, la féminité forcée rendait hyper vulgaire. C’était, j’avoue, hyper drôle de le voir oser porter une perruque noire de pouffiasse, des talons hauts, des bas résilles immondes, et une mini-jupe qui lui allait super mal. Mais blague mise à part, j’ai pu être témoin d’un phénomène assez fascinant et beaucoup moins amusant : beaucoup d’hommes qui se trouvaient à proximité de cet ami sur la piste de danse ont commencé à se précipiter sur lui comme des bêtes. C’est fou ce que le déguisement de travesti peut appeler de pulsionnel chez certaines personnes déjà imbibées d’alcool. Simplement parce que mon pote en question s’était appliqué sur lui-même la sur-femme médiatique, la femme-objet, tout d’un coup, il devenait aux yeux des autres un pur objet de consommation, une fille facile, une « femme à violer ». Les hommes précieux et délicats qui nous entouraient se sont peu à peu métamorphosés sans crier gare en grosses brutes machistes à partir d’une certaine heure, et se sont rués sur lui, l’ont tripoté, l’ont maltraité même. Mon ami s’est retrouvé pendant la nuit à sucer des bites dans les toilettes. J’avais entendu un jour un homme homosexuel faire le constat suivant : que le maquillage sur un garçon avait une forte charge érotique, et que lorsqu’un individu dans une boîte était maquillé, il arrivait à coucher plus facilement. Depuis ce jour-là, je cesse de prendre le travestissement à la légère, de le considérer comme une activité uniquement raffinée et ludique.
Je suis toujours stupéfait de voir l’indifférence qui règne entre personnes homosexuelles et le manque d’intérêt de beaucoup d’entre elles pour leur propre culture. Elles devraient être les premières à s’intéresser à leurs revendications, aux étiquettes que la société leur attribue. Mais non ! Les consommateurs ne voient pas plus loin que leurs petits intérêts, leurs histoires de cœur à deux balles ! J’ai fait le test un jour de demander, pour rigoler, à mon bande de copains homos d’Angers (moyenne d’âge : 25 ans à l’époque) qui était capable de me dire ce que signifiait le sigle PaCS. Sur 5 personnes, une seule a été capable de me donner la bonne réponse ! (… et encore, elle n’était pas du tout sûre d’elle…) ! Je n’ai même pas osé chercher à savoir s’ils connaissaient le nom de « Stonewall » : ils auraient été capables de me dire : « La nouvelle série d’M6… ? »
Le couple femme-homme aimant non-hétérosexuel, ce n’est pas un conte de fée. C’est mieux qu’un conte de fée !… puisque c’est vrai, que ça dure, et que c’est un combat !
Alors que mon livre n’a rien d’homophobe et qu’il est au contraire, pour les personnes homosexuelles, l’écrit le plus aimant et libérant que je connaisse, j’ai bien peur que ceux qui risquent de moins bien le comprendre et de l’attaquer le plus durement seront les membres de la communauté homosexuelle. L’Histoire le prouve sans arrêt : l’homophobie est typiquement homosexuelle et hétérosexuelle.
Je le dis souvent (…même si ça fait slogan publicitaire à deux balles) : je ne suis pas là pour faire plaisir ; je suis là pour LE Plaisir. C’est très différent !

Un soir que j’étais de sortie au bar Le Bon Accord en compagnie de Sébastien, un de mes seuls vrais amis homos de mon âge à Rennes, je suis tombé par hasard sur une soirée « Gogo Dancer » (vous savez, les mecs super-bodybuildés, aux muscles huileux, qui se trémoussent en string sur une mise en scène à deux balles, et qui font à un moment donné tomber « accidentellement » leur serviette de bain… le truc à priori débile, inesthétique, mais drôle quand on regarde ça à plusieurs et de loin… de très très loin). Mais avant que le type qui allait se donner en spectacle ce soir-là fasse son strip-tease et sa chorégraphie risible – lui-même jouait à fond sur le côté « second degré » de sa démarche –, j’ai trouvé un moment pour m’approcher de lui au comptoir du bar et entamer la conversation. Je lui ai demandé son prénom, et si sa mère était au courant de ses exhibitions, si elle en était fière. Il a rapidement rigolé de mes questions intimes et un peu « provoc ». J’ai ironisé sur son statut pseudo « volontaire » de bête de foires, et essayé de lui faire comprendre que pour en être arrivé là, il était beaucoup moins libre qu’il ne voulait bien le laisser croire. Ça le faisait marrer que je sois aussi révolté, que je mette en doute sa sincérité, que je m’insurge de sa situation à sa place, alors que j’aurais dû lécher la vitrine, comme les autres. Je lui disais : « Tu n’es pas pleinement libre. Quoi que tu en dises, en faisant ça, tu n’es pas libre ! » Il se marrait de plus belle, mais en me regardant tout de même avec des yeux attendris (un mélange de « cause toujours tu m’intéresses » et de « ça me touche beaucoup que tu ne me laisses pas faire »). J’insistais en assumant complètement mon rôle de gars révolté et impuissant face à « l’Irréparable » qui allait se jouer devant moi (et qui n’était, en soi, pas si grave…) : « Mais tu sais, rien de t’empêche, là, tout de suite, de changer d’avis, de tout annuler, de prendre tes affaires, et de partir. Tu es libre ! » Mes mots n’ont pas suffi. Il a quand même fait son strip-tease. Cela dit, mon discours, qui n’a pas été perçu comme moralisateur (et pour cause, il ne l’était pas : à aucun moment je ne l’ai jugé… et peut-être que j’ai été le seul client de la soirée à m’être intéressé à lui, à avoir osé le bousculer) n’a pas été vain. Après s’être rhabillé, il est venu me rejoindre au bar et avait l’air déçu que je parte aussi vite. Son « au revoir » était celui d’un homme qui avait été touché. Uniquement touché, je crois, par le rappel de sa liberté.
Politiquement, je pense qu'il n'y a pas à se définir "de gauche" ou "de droite", mais à défendre des engagements politiques humanistes concrets et justes. Ce qui influence mon bulletin de vote, ce sont en priorité les Personnes, qu'elles soient de gauche ou de droite ; pas d'abord leur couleur politique, puisqu'il y a des deux côtés des gens ouverts et des gros cons (j'entends par "gros cons" soit des personnes qui établissent une frontière manichéenne étanche entre la gauche et la droite en définissant tel camp comme éternellement "bon" par rapport à l'autre qui serait éternellement "mauvais", soit des personnes qui sacralisent la neutralité comme unique terrain de justice et d'engagement "non-fasciste" pour s'acheter une bonne conscience et justifier leur lâcheté.).
J’ai remarqué que l’un des sujets de société qui divisait actuellement le plus l'opinion publique était l’homosexualité. Cette question est vraiment facteur de conflits profonds dans notre monde, même si on ne s'en rend pas vraiment compte puisque nos media cherchent à la banaliser (dans le témoignage émotionnel dénué de légende) et à l'évacuer. Peu de personnes semblent avoir vraiment une idée ou un positionnement justifié sur l'amour homosexuel. On se contente de départager ceux qui sont/seraient « pour » ou « contre » sans chercher à sortir de ce binarisme manichéen. La majorité des personnes ne savent pas quoi en penser. Comme si on avait peur du sujet. Comme si on avait subi une amnésie sociale. C'est assez saisissant. Même les responsables des grandes religions tiennent un discours encore trop flou, maladroit, et apeuré, sur l'homosexualité. Ils sortent des arguments bien faibles pour justifier leur - pourtant juste - réticence ("Le couple homo n'est pas idéal parce que c'est dit dans la Bible" ; "Dieu a créé l'homme ET la femme : ce n'est pas pour rien"), mais avec la timidité de ceux qui ne veulent pas passer pour des réac' (timidité qui les incrimine, du coup). Du point de vue des débats de société, il est quand même incroyable que les intellectuels et les chercheurs en éthique arrivent à peu près à se mettre d'accord sur une grande palette de thèmes pourtant épineux (le clonage, l’euthanasie, l’avortement, le préservatif, etc.) sauf un seul : l’homosexualité. Comme par hasard... Comme s’il s’agissait d’une question ultra difficile, insoluble. Et quand elle est un peu abordée dans les émissions de télé, tout le monde s’excite en un rien de temps. Ceux qui se disent « hétéros » ont peur de gaffer et de blesser quand ils en parlent ; ceux qui se disent « homos » la défendent avec une assurance trop assurée et agressive pour s’appuyer sur une vraie réflexion sur le désir homosexuel (d’ailleurs, quand on leur demande de mettre des mots sur leur homosexualité, la discussion tourne vite court… On arrive très vite à les coller sur des points pourtant hyper connus de la culture générale homosexuelle). Que se passe-t-il donc avec le désir homosexuel ? Si vous voulez mon avis, je crois qu’il ne déchaînerait pas autant les passions et ne diviserait pas autant les gens s’il ne portait pas déjà en lui la trace ou les germes du viol.
La simplicité n'a rien de facile ou d'inconsistant. Au contraire, elle est profonde. C'est la complexité qui est superficielle et facile.
Dans l'idéal, on ne devrait pas "se marier" avec une personne pour ne pas être seul: on devrait être avec une personne pour être seul, justement.
Vous connaissez la publicité de MIR Couleurs ? Vous savez, la pub (un peu datée, c’est vrai) où sont mis en comparaison deux clowns : l’un utilisant comme lessive MIR Couleurs (et qui a gardé, après lavage, des vêtements aux couleurs éclatantes) ; et l’autre qui a pris une « lessive classique » et qui pleure de ne pas avoir retrouvé l’éclat d’origine de ses habits… ? Et bien mon approche, par mon livre, de l’homosexualité, suit un peu le même processus : c’est en apparence un rapprochement de tous les clichés de l’homosexualité, donc une démarche enfermante, caricaturale, pro-identitaire gay, pro-clichés homosexuels (et homophobes du coup !)… mais en réalité, c’est un rapprochement qui tente de s’arrêter à temps, qui vise dans un deuxième temps à un éloignement de l’identité et de l’amour homosexuels. Autrement dit, c’est un rapprochement comparatif non-fusionnel et non-manichéen qui dit : « Vous voyez, ces clichés, ils existent : considérez-les comme des signes d’un désir spécifique, sans réduire les personnes homosexuelles ni moi-même à ceux-là. Ils ne sont pas des personnes ou des faits réels, mais ils peuvent le devenir si moi ou n’importe quelle autre personne se met devant l’écran de cinéma où ils sont projetés, pour les cacher ou au contraire pour les mettre trop en avant comme des réalités sur LES homosexuels.»
C'est dur d'assumer l'amour homo. Pas impossible, mais dur, fatigant. La sincérité atténue momentanément la fatigue. Mais pour ne pas craquer, il faut plus que la sincérité: il faut la foi (en l'arbitraire de l'engagement, en l'amour unique et éternel)... et ça, peu de personnes homosexuelles l'ont.

Mardi 1er mars 2011. Littéralement touché par la grâce, la justesse, la pudeur, l'humour, la profondeur, du film « Qui a envie d'être aimé ? » d’Anne Giafferi... même s'il ressemble à une petite production "made in France". J'ai ri, j'ai pleuré, j'ai été aimé. Pour moi, il détrône les Amélie Poulain, les films métaphoriques pseudo « profonds » (genre « Black Swan », « Inception »...) qu'on encense actuellement, et même le silencieux et trop pudique « Des Hommes et des Dieux ». Il donne envie d'être touché par la Personne de Jésus. Il donne envie d'ouvrir une Bible, d'aller dans un groupe de parole où pourtant l'ambiance n'a pas l'air funky et où ça ressemble à vue d'œil aux Alcooliques Anonymes, il donne envie de pardonner, il donne envie de s'asseoir dans une chapelle pour prier Dieu alors qu'on ne sait pas prier.