Le diable – non reconnu comme diabolique – débarque de plus en plus sur les plateaux-télé du monde entier. La différence d’attitude avec les années antérieures par rapport à lui, c’est qu’aujourd’hui, il ne fait quasiment plus rire. Il est pris pour réel, puissant, impressionnant, inquiétant autant qu’attirant. Et les animateurs qui l’accueillent acceptent de s’y laisser soumettre, acceptent la part de « mystère » et le silence de ce Belphégor en capuche, tolèrent de ne pas comprendre et de renoncer à leur liberté, applaudissent un personnage sans visage. Limite ils s’excusent de l’avoir traité comme un humain et d’avoir osé se comporter en misérables humains avec lui. Un apparent « respect » et une allégeance démissionnaire s’observent. Un pacte de non-agression et de laisser-faire est signé. Et le spectateur ne sait pas s’il doit en rire ou pas. Car en réalité, il assiste à un envoûtement collectif, à une signature. Et le diable – et ses représentants carnavalesques « énigmatiques » – signent toujours : 666.
 

 

« Monstre » dans The Voice