vertige
 

Je pense qu’il n’y a pas qu’à moi que ça arrive (enfin, j’espère… ^^), ces moments de vertige existentiel où la fragilité de la vie nous apparaît dans tout son éclat, où la prise de conscience que notre existence et celle des autres ne tiennent qu’à un fil se fait, où la mort pourrait surgir en un clin d’oeil si nous le décidions, où notre petite volonté humaine nous saute à la figure et nous semble trop grande, excessivement déterminante et toute-puissante : par exemple l’instant où l’on pourrait sauter dans le vide et faire une chute fatale, où l’on marche le long d’un précipice, où l’on se retrouve seul avec un bébé qu’on pourrait tout à fait casser ou égorger en deux secondes, l’instant où l’on tient en main un couteau. Fort heureusement, par réflexe de survie, mais aussi grâce à ce petit miracle quotidien que nous fait vivre l’Esprit Saint qui nous incite constamment à identifier/choisir le bien et le meilleur, et à faire la part des choses entre notre imaginaire et la réalité, nos pensées noires durent une demie seconde, et avec un peu de conscience du bien, nous ne les laissons pas agir à notre place, nous ne les laissons pas nous submerger et commettre l’irréparable. Certainement que les personnes psychotiques sont celles qui justement ne savent pas quoi faire de cet ébahissement face à la découverte de la vie et de la mort, de leur responsabilité de choisir l’une ou l’autre, qui ne savent pas comment gérer sur l’instant cette liberté universelle éminemment individuelle et impressionnante, précisément parce qu’on ne leur a pas appris qu’elles n’étaient pas seules, qu’elles étaient libres, qu’elles n’étaient pas virtuelles, qu’elles avaient le droit d’être vulnérables et limitées.
 
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