Bière hipster
 

(Saint) Paul, une Tourtel !
 

Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais en général, les bobos cathos adorent s’afficher et se décrire (dans les médias, à la radio, à la télé) en train de boire une bière avec leurs potes, et surtout en train de parler de leur bière*. Quand ils prononcent le mot « bière », d’ailleurs, ils changent soudain de voix, pour rendre celle-ci plus parisienne, plus popu, plus mec, plus conviviale, plus socialo-communiste, pour « faire spontané » et « authentique » et « cool/sympa »… alors qu’au final, il s’agit d’une tirade pré-écrite à l’avance, prouvant leur angoisse de mecs mal dans leur peau et souvent hautains. Tous les journalistes bobos – parfois cathos… pardon… chrétiens – font l’éloge, comme Philippe Delerm, de leur bière (cf. La première gorgée de bière, 1998), afin de (se) prouver qu’ils sont décomplexés et « pas (cathos) coincés/intégristes/de droite » comme le prédisent les apparences et leurs angoisses intérieures. Bière (ou café, rebaptisé « kawa » à l’occaz’) = Calice sacré du bobo ! Amaru Cazenave, Diradefo, Manuel Atreide, Koz Toujours, Edmond Prochain, les « padre » branchés du Padreblog, ils aiment bien se planquer derrière « la bonne binouze du Peuple élu ». Je me souviendrai longtemps du passage-radio (Radio Notre-Drame, émission « Le Grand Témoin ») de la journaliste Natalia Trouiller quand elle avait révélé avec une fierté contenue qu’elle avait bu une bière avec un militant anti-LMPT après une manif. La bière, c’est la caution décontraction du bobo catho (qui ne veut pas non plus être confondu avec le cliché du beauf buveur de bière ! Lui, il a « le style », attention…). La bière, c’est la boisson de l’amitié retrouvée, de la réconciliation œcuménique, de la sortie de sa condition de journaliste bourgeois. La caution charité et authenticité, aussi. Encore plus si elle est partagée avec un religieux en habit (dominicain, en ce moment, c’est de bon ton) ! Mais cette « nature (divine) » est tellement forcée que je n’y crois pas une seconde.
 
Bière Koz et Edmond Prochain
 

Il y a un brin de populisme et de machisme hétéro (inconscient, même s’il se veut assumé) dans le boboïsme catho. Un brin d’homophobie, pour le coup (d’ailleurs, le seul élan gay friendly que tentent les bobos cathos, la seule démonstration humoristique de connivence – pas drôle, en plus – qu’ils veulent instaurer avec nous personnes homosexuelles, les rares fois où ils essaient de nous comprendre un peu, c’est « On n’est pas des pédés ! On n’est pas des tapettes ! ». Haha : on en rigole encore… Ils utilisent la bière comme un refuge et vernis de respectabilité. Désolé, mais pour moi, ce sera juste un jus d’abricot (Ouaip. Yes. Check. Yep. Faux frère. Huhuhu. Jesus is my boss. (Ok je sors.)). Ou mieux : le Sang du Christ.
 
Bière Diradefo 1
Bière Diradefo 2
 
Bière Amar
 

* Boire de la bière n’est pas en soi bobo. Je préfère le souligner pour les crétins qui voudraient caricaturer et simplifier mon propos. Et il n’est ni interdit de passer du bon temps avec ses amis autour d’une bière, ni d’aimer la bière (en étant curé #joke).
 
 
 

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