« Il n’y a plus de différences! » C’est le maître-mot général qui tourne inconsciemment en boucle depuis la victoire des Bleus hier en Russie pour la Coupe du monde. Cette proclamation euphorique de la mort/transgression des différences, je l’ai entendue à diverses reprises, et même en bouche de jeunes supporters de l’équipe de France, de journalistes. Elle constitue d’ailleurs un parfait écho à ma description du culte des différences qu’est l’hétérosexualité, hétérosexualité qui saborde les différences en prétendant les chanter. Par exemple, hier, au micro de France Inter, une jeune supportrice hétéro-gay-friendly interviewée dans la rue, alors que ça n’avait apparemment rien à voir avec la choucroute (footballistique), a laissé exploser sa « joie » en commençant comme par hasard par louer l’hétérosexualité, par créer des diversités manichéennes et binaires fantasmatiques, tout en disant dans le même temps que ces catégories clivantes n’existaient pas et n’avaient pas lieu d’exister : « Y’a plus de différences! Il n’y a ni hétéros ni homos, ni Blancs ni Noirs ! » En gros, je dénonce/nie devant tout le monde ce que je suis en train de faire !
 

 

La Coupe du monde 2018 (mais ce fut déjà le cas en 1998), si je comprends bien, signe l’abrogation des différences (et la création de nouvelles et fausses « différences ») sous couvert de leur célébration ou de la dénonciation de binarismes différencialistes que le monde médiatique a lui-même dessinés.

 

Quand je parle de « fausses différences », je parle en fait de l’hétérosexualité (qui n’est pas la différence des sexes), de l’homosexualité (qui n’est pas une espèce humaine ni les personnes humaines qui se sentent homos), de la différence de « races » (qui n’en est pas une puisqu’il n’y a entre Hommes qu’une seule race – la race humaine – et que des différences de pigmentations de peaux).

 

On peut habiller ce déni massif des différences fondatrices de l’Humain et du Divin (au nom des différences, paradoxalement !) de fierté nationale multiculturelle, de solidarité black-blanc-beur, de réussite historique, de rêve enfantin, de « Révolution ». Il n’empêche qu’on assiste à travers cette Coupe du monde à une « victoire feu de paille » démagogique (en l’honneur de l’argent : les véritables bénéfices du butin ne s’en iront pas aux pauvres), et pire, à une manoeuvre maçonnique et satanique (tant pis, je sors les grands mots). Ordo ab chaos : le diable feint de glorifier les différences pour mieux les nier ; et par un tour de passe-passe bluffant, il s’arrange pour remplacer les différences fondatrices de l’Amour et de l’Humanité (à savoir la différence des sexes + la différence Créateur-créatures) par une diversité publicitaire Benetton ou une diversité Rainbow (arc-en-ciel pro-gays) qui accentuera finalement la misère de la masse. Les Français détestent de plus en plus les différences, en réalité. Et ça, c’est le signe d’une réelle défaite.
 

Ce matin, la France se réveille avec la gueule-de-bois. Chaque passant français, en particulier ici à Paris, guette chez les autres la réelle raison de la liesse populaire de la veille, à savoir une fascination collective inconsciente pour le chaos (car qu’est-ce que le chaos sinon l’indifférenciation généralisée et le déni des différences créant un nouveau découpage sectariste et fantasmatique du monde ?). Et celui qui aura le malheur de dévoiler cette raison sera au mieux taxé de rabat-joie, au pire de raciste, d’homophobe et d’ennemi de la « Nation ».
 

Et pourtant, oui on est les champions… mais les champions de quoi et de quel monde ? de quel royaume ?