Neuvième Commandement : « Tu ne porteras pas de faux témoignage contre ton prochain. »
 

 

Le livre Dieu est amour de Jean-Loup Adénor et Timothée de Rauglaudre, dénonçant les groupes de thérapies de conversion de l’homosexualité, vient de sortir en librairie en France. Timothée de Rauglaudre m’avait préalablement contacté par mail en mai dernier pour un entretien téléphonique (il avait refusé de me rencontrer en vrai alors que je le lui avais proposé), en mentant sur les réelles motivations de son enregistrement. Il m’avait écrit qu’il était en train de rédiger pour les éditions Flammarion « un livre d’enquête sur les approches chrétiennes de l’homosexualité » : en réalité, c’était pour utiliser ma parole pour taper contre les groupes de parole et d’accompagnement des personnes homosexuelles chrétiennes, … et accessoirement pour taper sur moi.
 

J’ai tenu à lire en entier son torchon hier. Et étant donné qu’on m’attaque à tort, de surcroît en déformant mes propos et ma vie, je me vois donc obligé de me défendre et de rétablir la vérité. Si j’en avais les moyens, je pourrais même traîner leurs auteurs en procès pour diffamation calomnieuse. Mais j’ai peu de temps à perdre avec des persifleurs (mon prochain livre sur les thérapies de conversion leur répondra), pas l’argent pour ça non plus, et surtout, c’est Là-Haut que le jugement de leur malhonnêteté se règlera bien plus efficacement que je ne pourrais le faire.
 

Je me contenterai juste de vous proposer par cet article une petite analyse originale de Dieu est amour, décryptage symbolico-surnaturel qui fera sans doute ricaner les deux essayistes si jamais ils tombent dessus et auront la force de la lire (ce qui m’étonnerait beaucoup…). Originale parce que d’une part je veux vous montrer en quoi Jean-Loup Adénor et Timothée de Rauglaudre ont suivi – et se sont pris pour – la Bête technologique dépeinte par saint Jean dans l’Apocalypse (et oui ! c’est très inconscient chez eux, mais c’est quand même ce qui s’est passé) ; et d’autre part je voudrais revenir sur certains de leurs propos qui sont non seulement approximatifs mais mensongers. J’ai une sainte horreur du mensonge, d’autant plus quand il s’annonce comme « scientifique » (Dieu est amour se veut un livre d’« enquête » de terrain, attention… Les journalistes de Quotidien ou d’Élise Lucet n’ont qu’à bien se tenir !) et qu’il est proféré publiquement.
 

La Bête technologique de l’Apocalypse


 

Au risque de perdre toute crédibilité d’entrée de jeu (mais qu’ai-je à perdre ? lol. Mon article ne sera même pas repris ni appuyé par les médias « cathos » de toute façon…), je commence par aborder la présence de la Bête apocalyptique dans Dieu est amour… symbolisant finalement la bêtise des deux journalistes qui veulent pourtant jouer aux plus malins.
 

La Bête, c’est eux-mêmes qui en parlent. C’est ce loup technologisé déguisé en agneau. En effet, dès l’introduction, les lecteurs apprennent que Jean-Loup Adénor (prénom bien canin et lycanthrope !) rentre dans les groupes qu’il cherche à infiltrer avec une duplicité (ou double identité) caractéristique non seulement des espions schizos mais aussi de l’hybridité des monstres : « Alors l’un de nous deux, Jean-Loup, a revêtu une fausse identité pour pouvoir infiltrer ces groupes et vérifier la réalité de leurs pratiques. Il a fallu inventer un personnage, une histoire, des problèmes à régler, des doutes : c’est ainsi qu’est né Guilem, un jeune chrétien perturbé par son attirance pour les hommes. Grâce à une caméra cachée dans un bouton de sa chemise, il a pu tout capter de cet univers déroutant. » (p. 10).
 

À leur insu, les auteurs de Dieu est amour décrivent Jean-Loup/Guilem comme une bête qui vagabonde, erre, renifle et se fait renifler : « laisser le personnage se construire sur une série de réflexes » (p. 17) ; « Ils doivent bien le sentir, que je ne suis pas l’un d’entre eux. » (p. 18) ; « Guilem parlait de penchants, d’attirances et de pulsions. » (p. 57) ; « Avachi sur ma chaise en plastique orange, je réprime un bâillement paresseux. » (p. 113) ; « Je trépigne sur ma chaise. » (p. 120) ; « Guilem, personnage encore embryonnaire » (p. 149) ; « Je tâche de retrouver mes réflexes : ‘Je m’appelle Guilem.’ » (p. 180).
 

Ils animalisent Guilem, avec une étonnante passion pour les bourdonnements chimériques : « Je file dans les ruelles du quartiers sans chercher à descendre dans les couloirs du métro. […] Je me retrouve au métro Raspail, en haut des marches. C’est ici que je voudrais abandonner Guilem et revenir à moi-même, mais un murmure me poursuit. Derrière le bourdonnement de l’été parisien, j’entends encore : ‘Réjouissez-vous, Marie, comblée de grâce…’ » (p. 26) ; « Derrière le bourdonnement des insectes nocturnes, j’entends encore les chants de louange. » (p. 63) ; « Guilem reste en retrait, effacé derrière le bourdonnement du groupe, presque invisible. » (p. 114).
 

Guilem perçoit même, tel un gentil toutou, les marques d’attention extérieures comme des caresses de maîtres : « Le retour de la caresse. » (par rapport à l’abbé Olivier Jouffroy, p. 105). Il furète à la recherche d’indices : « Mon regard flotte à nouveau sur l’assistance. » (p. 183) ; « Une question s’impose alors : que se passe-t-il réellement au collège-lycée Stanislas ? » (p. 188) ; « Je reconnais rapidement… » (p. 216) ; « Lorsque l’heure est passée et que nous descendons tous ensemble les escaliers qui mènent à l’entrée du temple, je reste un instant sur le palier, hésitant. Gaël m’accoste, nous parlons un moment mais je n’arrive pas à entendre ce qu’il me dit. » (p. 248) ; « Après tout ce temps à le côtoyer, d’abord de loin avant de rejoindre le premier cercle de ses brebis, Werner me touche par sa compassion. » (p. 249) « Quand je franchis le palier de la porte et me retrouve dans les rues gelées de Belleville, je sais déjà que c’est la dernière fois que je vois Werner Loertscher. » (p. 252).
 

Et puis surtout, surtout, au moment opportun, le pitbull « Guilem » saute sur ses proies : « Je croise le regard du père Philippe de Maistre et lui souris. Surprise : il me retourne mon sourire dans une expression sincère. C’est le moment d’attaquer. » (p. 187) ; « Nous avons décidé que Guilem proposerait un témoignage très différent de ceux qui ont été livrés jusqu’à présent. Au lieu des habituelles ruminations sur les erreurs parentales, il nous était apparu indispensable, à ce stade de l’enquête, de mettre Werner Loertscher face à un véritable cas pratique, afin de le pousser dans ses derniers retranchements. Quand la prière pour Antoine s’achève, Guilem entre en scène. » (pp. 243-244). Y’a pas à dire : ce livre a du chien !
 

D’ailleurs, les deux « journalistes » parlent de leurs troupes comme « des hordes de manifestants en colère » (p. 56). Ils décrivent leurs porte-parole entourés d’animaux : « Aux côtés de Christine Bakke, Max, son chat tigré, lui réclame des caresses. ‘C’est un homme âgé, plaisante-t-elle. Il est très attaché à ses habitudes, donc attaché à sa maîtresse. » (p. 77). Les rares fois où ils citent des responsables de groupes de thérapies, ils reprennent les métaphores animalières de ces derniers : « Le mariage Taubira est au mariage institutionnel ce que Teddy Bear est à l’ours polaire. » (Aline Lizotte p. 137). Comme par hasard, à la fin du livre, la seule citation qu’ils choisissent de garder d’Andrew Comiskey se réfère à la Bête : « Lorsqu’il évoque les hommes d’aujourd’hui, les adolescents en devenir, le pasteur américain se désole de ces ‘cœurs de lion’ transformés en ‘gros chats domestiques’ par la pornographie, une idolâtrie, ou les jeux vidéo. Comment redevenir un ‘lion’ ? Un sourire serein se dessine sur ses lèvres comme si la parole divine l’habitait. Parfois, il hausse le ton, s’avance sur la scène, se penche vers l’assemblée, sa voix résonne dans le grand espace clos du hangar. » (pp. 284-285). Pas de doute : les deux apprentis journalistes se sont pris pour la Bête – mais contrairement à moi qui l’ai fait de manière parodique et consciente donc libre avec l’araignée –, ils l’ont adoptée de manière inconsciente, violente et très… bête !
 

Mais j’irai plus loin. Comme je l’explique dans mon livre Homo-Bobo-Apo (2017), la Bête de l’Apocalypse se résume à mon avis à 4 éléments : 1) l’hétérosexualité (en tant que bisexualité et en tant que culte idolâtre des différences… au détriment de la différence des sexes et de la différence Créateur/créature à savoir l’Église ; l’hétérosexualité est le diable déguisé en différence des sexes et en diversité) ; 2) la Marque de la Bête (le 666 ou la puce électronique dorée luciférienne inscrite stellairement sur la main ou le front) ; 3) l’humanisme intégral (culte de l’Homme amélioré et auto-construit… parfois traduit par un spiritualisme intégral christocentré faisant de Jésus un fétiche) ; 4) la passion pour les passions (culte des goûts individuels et des sensations narcissiques : il n’est évidemment pas question ici de la Passion du Christ qui induit la Croix et le renoncement à soi).
 

C’est exactement ce que mettent en place Jean-Loup Adénor et Timothée de Rauglaudre dans leur essai :
 

1) L’hétérosexualité (confondue avec la différence des sexes) est fréquemment mentionnée. La Bête est de sortie !

2) La Marque de la Bête robotique (puce électronique) fait son apparition aurique, au fer chaud : « Les premières fois que nous avons discuté avec Benoît Berthe, fin 2017, ses souvenirs étaient flous, épars : ‘C’est comme un disque dur, c’est archivé, nous a-t-il expliqué. Depuis, j’ai eu mille vies, j’ai eu le temps de me réinventer mille fois.’ » (p. 28) ; « Le badge fixé à ma chemise me présente bien comme ‘Guilem S.’, comme pour me rappeler ce que je suis venu chercher ici. Je l’arbore fièrement, tel un médaillon séparant mes deux identités. » (p. 53) ; « Je récite, mécaniquement, les mots que j’avais préparés.[…] Je mets Guilem en pilote automatique. » (p. 103) ; « la caméra cachée sous ma chemise » (p. 182) ; « Plus de trois heures ont passé depuis mon arrivée et le métal de la caméra commence à chauffer mon torse sous la chemise. » (p. 189). Les deux journalistes vont même jusqu’à parler de la fameuse « image de la Bête » dont saint Jean fait référence dans ses visions prophétiques : « Guilem, notre jeune avatar » (p. 56) ; « Aux côtés de Christine Bakke, sur l’écran, Max le chat miaule doucement, comme s’il approuvait la prise de conscience [homosexuelle] de sa maîtresse. » (p. 85).

À noter que le dada de la Franc-Maçonnerie gay friendly voire homosexuelle, c’est la recherche de l’or par deux processus spirituels (et parfois matériels) : l’hermétisme et l’alchimie (transformation du plomb en or, et plus largement, la prétention de création d’Humanité, d’Amour, de divinité et d’éternité). On retrouve cette obsession pour l’or dans Dieu est amour : p. 97, 180, 182, 189, 216, 246. Et l’hermétisme s’invite aussi au bal anticlérical ! Les deux journalistes passent leur temps à se protéger des intrusions tout en tentant des « infiltrations » (comme ils disent) dans le camp adverse : « Moins j’en dis sur Guilem et plus je protège le personnage. Et plus je me protège ? » (p. 104) ; « Le groupe Courage : ma toute première infiltration » (p. 186). Sans compter que leur jargon est top maçonnique (ils font mention d’« artisan », d’« architecte » p. 213, par exemple) même s’ils ne s’en rendent pas compte.

3) L’Humanisme intégral : Rien que le titre de l’essai le porte, ainsi que la conclusion du livre qui fait la part belle aux associations homos chrétiennes dites « inclusives » (réclamant une modification du Catéchisme de l’Église Catholique au nom de « l’amour » : David et Jonathan, Devenir Un En Christ et la Communion Béthanie), l’illustrent. De plus, Dieu est amour insiste énormément sur l’un des leitmotiv de la Franc-Maçonnerie, à savoir la franchise (ou sincérité) : j’ai relevé au moins une dizaine d’occurrences dans le texte à son sujet.

Enfin, au sujet de l’Humanisme intégral qui parfois se traduit dans les sphères ultra-catholiques de la Réacosphère (et parfois même protestantes) par un spiritualisme ou un christocentrisme intégral, il est intrigant de voir que pour chaque chapitre de Dieu est amour, les auteurs se sont amusés à reprendre des versets de la Bible. Stratégie de détournement bien bestiale et satanique puisque je rappelle que l’une des caractéristiques du diable est de citer la Bible contre Jésus (c.f. le récit des tentations au désert, Mt 4, 1-11).

4) La passion pour les passions : il en est pas mal question dans Dieu est amour. « Benoît Berthe bouquine le cinquième tome de la saga ‘Harry Potter’ qui le passionne. » (p. 30) ; « ‘passion pure’ : à vrai dire, nous ne demandions que cela. » (p. 56) ; « Comme tout bon chrétien, je confesserai mes péchés et je serai remis sur la voie de cette passion. » (p. 105).
 

Enfin, pour clore cette première partie sur la Bête, force est de constater par les réactions instinctives de Jean-Loup Adénor que son écrit est inspiré (ouh la la, ça, ça risque de le faire encore plus ricaner…) par le diable. Il a des bouffées de chaleur : « Il fait une chaleur à mourir dans ce confessionnal. » (p. 108) ; « cette chapelle où j’étouffe. » (p. 122). Ou alors d’irrépressibles convulsions le prennent : « Du fond du ventre remonte l’immense éclat de rire que j’étais péniblement parvenu à réprimer. » (p. 109). Mais là encore, vu que le diable n’existerait que pour ceux qui y croient, Jean-Loup extériorise sa possession bestiale et satanique sur les autres : « Ici, me dis-je alors que nous nous séparons, les démons existent bel et bien. » (p. 168). Car, comme le dit le diable lui-même, le diable n’existe pas…
 
 

Les mensonges et les corrections

Passons maintenant à la seconde partie de mon article, c’est-à-dire un bref survol des quelques approximations voire mensonges qui émaillent le texte de Dieu est amour. Évidemment, j’ai fait une sélection des points qui m’intéressaient le plus, car s’il avait fallu tout relever, j’aurais pu moi aussi en pondre un bouquin. Mais sérieusement : autre chose à foutre.
 

Dès le départ, le postulat de base de ces deux journalistes est le mensonge couplé à la dissimulation. Ce n’est pas moi qui le dis : ce sont eux-mêmes. « L’un de nous deux, Jean-Loup, a revêtu une fausse identité pour pouvoir infiltrer ces groupes et vérifier la réalité de leurs pratiques. » (p. 10) ; « Dans une expression faussement recueillie, je ferme les yeux. » (p. 18). En affichant leur malhonnêteté, ils pensent la conjurer. Mais ce n’est pas comme ça que la vérité marche, les gars.
 

Jean-Loup Adénor et Timothée de Rauglaure ont l’attitude de tous les espions ignares : l’offuscation contenue permanente et la paranoïa accusatrice. Ce sont leurs seuls moyens d’éviter que le soupçon ne retombe sur eux. Et pour ne pas se mouiller et montrer leur angoisse de malhonnêteté à la face du monde, ils s’entourent de personnes au profil psychologique paranoïaque, hystérique et accusateur. Et je sais de qui je parle puisque j’ai rencontré en vrai les gens qu’ils ont interviewés et qui me traînent dans la boue : en première ligne, Véronique Berthe et son fils Benoît (des angoissés dépressifs et hystériques de compétition), le père Jean-Michel Dunand (fondateur de la Communion Béthanie, avec qui j’ai déjeuné en tête à tête), Anthony Favier (protestant, affabulateur, et presque l’unique référent médiatique actuel sur les questions de foi et d’homosexualité : c’est vous dire le fossé qui sépare désormais les journalistes parlant des catholiques des réels catholiques !). Ces marginaux de l’Église passent leur temps à jeter le soupçon sur les autres et à accuser (Je rappelle que l’un des qualificatifs du diable dans la Bible est « l’Accusateur »). Par exemple, dans Dieu est amour, à deux reprises dans le texte il est dit que Véronique Berthe « pointe du doigt » (p. 176 et p. 198). Profession : accusateurs !
 

« Véronique Berthe pointe du doigt ‘la dangerosité des propos’ de Philippe Ariño. Comme d’autres que nous avons interrogées, elle a essayé de dialoguer avec lui et s’est retrouvée confrontée à une grande violence, avant qu’il ne la bloque sur Facebook. ‘Je lui ai écrit quand il a sorti L’Homosexualité en vérité, raconte Jean-Michel Dunand, fondateur de la Communion Béthanie, mouvement chrétien inclusif. Je n’ai jamais reçu d’e-mail aussi violent en retour que celui qu’il m’a adressé.’ Sur son site L’Araignée du désert et dans ses livres, l’ancien prof d’espagnol laisse de plus en plus entrevoir ses obsessions : la franc-maçonnerie, les ‘bobos’ ou encore la fin du monde. En 2017, il écrit un billet pour annoncer qu’il ne participera pas à la troisième session Courage à Paray-le-Monial : ‘Je ne suis pas d’accord avec l’angle misérabiliste, personnaliste, nombriliste, compassionnel, psychospiritualiste et superficiel de ces selfish therapies.’ Véronique Berthe a une autre explication : ‘Il a senti que Courage ne lui laissait pas faire tout ce qu’il voulait, ça l’a énervé. Le gros problème d’Ariño, c’est qu’il a besoin d’être mis en lumière, de faire son show. Il ne se rend pas compte que, par moments, il est complètement décalé.’ » (pp. 198-199).
 

Rien de toutes ces allégations n’est argumenté. Ce n’est que du procès d’intentions ou de l’accusation dénuée d’exemples et d’illustrations. On se croirait revenus sur la cour du collège (Il m’a bloqué sur Facebook !!) où la rumeur fait loi. Pour info, je n’étais présent qu’à la première session de Courage à Paray, et non à deux (Quand j’ai vu ce que c’était, et que l’homosexualité n’était jamais nommée ni abordée, j’ai pris mes cliques et mes claques et n’ai pas rempilé deux années de suite : je ne suis pas maso). Quant à la supposée « violence » de mon mail à Jean-Michel Dunand, ce n’est en réalité qu’une banale question d’orgueil et d’ego blessé : Monsieur n’a pas supporté que je lui dise que son mouvement (La Communion Béthanie) n’était pas conforme à l’Église ni à l’Évangile car il défend la pratique homosexuelle (Dunand est un moine défroqué vivant en « couple », d’ailleurs)…
 

Concernant le cas pathologique de Véronique Berthe et son fils Benoît (à qui les auteurs du livre ont fait la part belle, comme par hasard), croyez-moi, il n’y a pas d’écoute et il est très difficile de discuter sereinement avec eux. Ça devient tout de suite frénétique, passionnel, et prend des allures de psychodrame. J’ai tenté de parler avec eux : mission impossible. Ils montent sur leurs grands chevaux, harcèlent sur les réseaux, traînent en procès, accusent, sur-interprètent ou montent en épingle les propos, écrivent des mails-fleuve, deviennent très vite agressifs voire insultants (et après, ils s’étonnent que je les bloque sur Facebook ??… Quelle blague). Ils sont guidés par la peur. Et cela transparaît même dans le livre : « Benoît fait régulièrement, à cette période, des cauchemars où ils se voit ‘brûler en enfer’ » (p. 29) ; « Ce qu’il craint par-dessus tout, c’est d’être exorcisé. » (p. 34). Ils suivent une pente angéliste et luciférienne. D’ailleurs, il est bien dit que leur famille est « déchirée » (p. 287), que leur maison est peuplée de « sculptures d’anges » (p. 37), que le fils flirte avec l’audiovisuel, la lumière électrique et luciférienne (il ne jure que par « sa bonne étoile. », p. 35), la magie noire, la sorcellerie. Et ce sont ce genre de personnes qui sont accréditées pour représenter « les catholiques » et pour faire le procès de l’Église ?? On rêve !
 

Parce que je défends et tente de vivre ce que demande l’Église aux personnes homosexuelles, et que beaucoup décrètent par principe que c’est « inaccessible » voire « culpabilisant, excluant, radical et fondamentaliste », on me fait tour à tour passer pour un caractériel, un agressif, un radical, une diva en recherche de projecteurs (s’ils savaient tous les passages télé que j’ai refusés, ils souriraient avec moi…), un illuminé, un marginal. « ‘Il a eu un tournant mystique’, décrit Anthony Favier, coprésident de David et Jonathan. » (p. 176). Pour me transformer en mec « dangereux » aux faux airs « décontractés » (p. 175), on s’arrange pour me trouve des proximités « suspectes » avec des célébrités que je n’ai fait que croiser, qui sont autant diabolisées socialement que moi, et avec qui je n’ai aucune accointance de pensée (tout le contraire ! Nous sommes parfois aux antipodes) : « Un temps proche de Frigide Barjot, de l’abbé Grosjean et de Christine Boutin, il est la toute première ‘caution gay’ de La Manif Pour Tous. Il participe au lancement d’Homovox, site internet qui rassemble les voix homosexuelles de La Manif Pour Tous. Le jeune prof d’espagnol s’éloignera à la fois du site et du collectif dès la fin mars 2013, en désaccord avec leur stratégie. » (p. 176). Concrètement, j’ai toujours dénoncé ouvertement les discours erronés d’Homovox, de l’abbé Grosjean, de Frigide Barjot, de Christine Boutin et de La Manif Pour Tous. Et pas pour une affaire de « stratégie » ou d’égo mais pour une affaire de Vérité.
 

Au lieu de parler de moi et de mon message, on me réduit à mon image et aux instrumentalisations dont j’aurais pu faire l’objet. « À l’époque, Philippe Ariño plaît énormément aux catholiques conservateurs. » (p. 176-177). Au passage, je n’ai jamais « plu énormément aux catholiques conservateurs ». J’ai été détesté d’eux dès le départ, notamment parce que je suis de gauche et que je ne me suis jamais laissé faire ni récupérer. J’ai quitté La Manif Pour Tous quasiment dès les premiers mois et l’ai toujours dénoncée comme une fumisterie homophobe.
 

Clou du spectacle dans Dieu est amour : on me transforme en l’« obsédé du viol et/ou de l’abstinence » que je ne suis pas. « Philippe Ariño présente les relations homosexuelles comme violentes et l’abstinence comme seule issue désirable » (p. 176) ; « Il n’hésite pas à expliquer l’homosexualité par un ‘viol’ ou, à défaut, un ‘fantasme de viol’. » (p. 177) ; « Les deux premières années, Philippe Ariño répète son éternelle théorie sur le fantasme de viol. » (p. 197). Dites ça à la centaine d’amis homos qui se sont fait réellement violer et qui me l’ont raconté : je suis sûr qu’ils seront ravis d’entendre que leur viol est une « théorie » ou un « fantasme » ! Par ailleurs, je parle très peu du viol dans mes livres et dans mes discours. Justement parce que j’ai toujours refusé d’homosexualiser le viol ou d’offrir une vision doloriste des personnes homosexuelles.
 

Pour finir sur le chapitre « Môa » et sur toutes les bêtises qui ont été dites sur mon compte dans Dieu est amour, histoire que les lecteurs honnêtes repartent quand même avec une part de la vérité, je tiens à corriger certaines erreurs ou raccourcis importants disséminés dans le texte. Quand Timothée de Rauglaudre écrit « Philippe est prof d’espagnol. » (p. 175), ce n’est pas vrai. J’ai perdu mon travail à cause de mon opposition au « mariage gay », donc à cause de lui et de ses « amis » gays friendly homophobes. Quand il écrit « En 2011, il prend une décision radicale : devenir abstinent sexuel. » (p. 176), c’est faux : j’ai fait le choix de la continence (une abstinence donnée)… mais je doute de Timothée fasse la distinction entre abstinence (refoulement) et continence (don joyeux). Quand il écrit « Il a pratiqué l’abstinence entre 2011 et 2016, puis de nouveau depuis janvier 2019. Il prépare d’ailleurs un documentaire sur le sujet, avec d’autres homosexuels abstinents venus d’autres pays. » (p. 199), c’est encore une fois faux. Il fait comme Frédéric Martel dans Sodoma : pour ne pas regarder la beauté de l’homosexualité et de ce que demande l’Église Catholique aux personnes durablement homosexuelles, il réduit la continence à la sécheresse triste et frustrante de l’abstinence. C’est de la pure désinformation et mauvaise foi. D’autant plus qu’au téléphone, je lui avais bien expliqué la différence entre abstinence et continence. Il dit que Courage prône la continence (p. 199) alors que j’avais bien spécifié que là-bas ils ne vivaient que l’abstinence puisque ce groupe de parole fonctionne sur la base de l’anonymat (leur volet « témoignage » n’est pas public et est très timide) et des Alcooliques Anonymes.
 

 

Pour boucler la boucle, Jean-Loup Adénor et Timothée de Rauglaudre sont tellement en manque d’arguments sur mon compte qu’ils ont cru me citer sur un site d’événementiel Whereventils me voient désigné « organisateur », site que je ne connais ni d’Ève ni d’Adam. Je n’ai jamais créé cet événement (auquel je me suis même opposé tant il était indigent) et ne connaissais pas Wherevent avant de lire Dieu est amour : « C’est aussi lui qui organise avec l’apostolat Courage, en octobre 2014, l’événement au cours duquel se rencontrent le père Philippe de Maistre et Andrew Comiskey. ‘Venu exprès des États-Unis, Andrew Comiskey, créateur de Torrents de vie, ex-protestant converti au catholicisme, viendra nous parler de la richesse et des blessures de la sexualité humaine (enfance, homosexualité, gender, identités profondes de l’homme et de la femme, etc.) lors d’une rencontre-débat, écrit-il sur la page en ligne de l’événement. Sa visite est exceptionnelle, car il est très connu dans son pays et ne viendra pas souvent en France. Merci de diffuser largement cette invitation à toutes les personnes qui seront touchées par son témoignage de joie et de libération. » (p. 177). C’est vous dire quel merveilleux travail « journalistique » ont effectué Jean-Loup Adénor et Timothée de Rauglaudre…. Ceci était un exemple parmi d’autres de ce que j’appelle les fausses citations et les « fausses guillemets » employées par les auteurs du livre… alors qu’ils jurent en introduction qu’ils n’ont rien modifié des propos enregistrés.
 

Il n’y a pas que moi qui me suis retrouvé dans le collimateur de ces persifleurs. Le cas le plus flagrant de calomnie, c’est avec le père Philippe de Maistre. Ce dernier est décrit comme un homme « dur », « sévère » (p. 186), manipulateur. « Il est très intrusif dans la vie de ces jeunes garçons. » (p. 210). Je connais très bien le père de Maistre. Même si actuellement son discours viriliste (centré sur la masculinité, la paternité, l’identité « sainte et virile ») m’agace parfois, me semble souvent bavard et n’est pas la bonne porte d’entrée pour traiter de sexualité (la seule porte d’entrée pour nos contemporains, c’est l’homosexualité), je peux vous certifier que ce prêtre est un type génial, hyper drôle, joueur, caustique, souvent percutant et pertinent, truculent et pas du tout dangereux. Rien à voir avec le personnage de sombre inquisiteur qu’a construit Jean-Loup Adénor autour de lui pour donner corps à ses fantasmes paranoïaques.
 

Jean-Michel Dunand y va aussi de son petit couplet complotiste, en taxant de « dangereux » et de « conservateurs » les prêtres comme le père Philippe de Maistre, quitte à agiter la fragilité de la jeunesse : « Il y a tout un bataillon de prêtres de cet acabit qui sont dangereux, sur ce terrain-là particulièrement. C’est grave pour tout le monde, a fortiori pour les jeunes. » (p. 213). Pourquoi c’est grave et dangereux ? On ne saura jamais. Car ces calomniateurs (qui auront à répondre Là-Haut des faux scandales et des fausses réputations qu’ils créent) n’argumentent jamais et n’ont même pas besoin de le faire. Ils sont crus sur parole. Pour un auditoire ignorant (les lecteurs athées ou anticléricaux de Dieu est amour) et pour des journalistes en herbe dont le catéchisme se limite à un « vague souvenir d’enfance » (p. 60), le soupçon vaut argument ! Personne n’ira vérifier à la source et n’aura les moyens de le faire.
 

À propos aussi des personnalités que les auteurs de Dieu est amour ont consultées, on ne sera pas étonné de trouver tous les anticléricaux notoires du moment (Christine Pedotti, Christian Terras de Golias, Samuel Laurent, etc.) qui – au passage – me détestent sans me connaître.
 

Pour clôturer cet article, j’ai relevé deux énormités paranoïaques que Dieu est amour présente comme « réelles ». Tout d’abord le mythe de l’« Amour inconditionnel » soi-disant défendu par l’Église. « Voici ce que les catholiques considèrent être le cœur du message de la Bible : l’amour inconditionnel. » (p. 13). C’est complètement faux et pas du tout biblique de nous attribuer une contre-vérité pareille. Pour rester aimant, l’Amour de Dieu s’est posé deux limites (et pas n’importe lesquelles ! Jésus en a suffisamment payé le prix sur la croix !). Les conditions de l’Amour infini de Dieu, c’est l’acceptation de la Croix et c’est le respect de notre irréductible liberté humaine. L’autre énormité sortie par Jean-Loup Perd-le-Nord et Timothée de Rauglaudre, c’est l’amalgame qu’ils font entre les associations Courage/Torrent de Vie et l’Inquisition : « C’est dans la continuité de cette idée de purification de la société de ses éléments ‘sodomites’ que naîtront des siècles plus tard des groupes comme Torrents de vie et Courage, bien décidés à ‘guérir’ l’homosexualité. » (p. 44). Là, il faudrait presque se mordre les joues pour ne pas rire. Et quand je vois que le réalisateur Bernard Nicolas, qui prépare pour novembre Homothérapies : conversion forcée qui sera diffusé sur ARTE, qualifie de « remarquable » l’essai Dieu est amour, je me dis qu’on se retrouve vraiment devant un cas manifeste d’hystérie/paranoïa collective. Qui le verra ? Pas grand monde, hélas.