Certains parmi vous me demandent que je les aide à mettre de l’ordre dans les définitions des mots « chasteté », « continence », « abstinence », « sexualité ». Alors voici, à mon avis, ce qui peut être dit :
 

1) la chasteté, c’est la vertu universelle à laquelle tout le monde est appelé dans ses relations, quel que soit l’état de vie (célibataire ou marié). C’est la juste distance qui permet la relation et d’échapper à la fusion mortifère (inceste).

 

2) l’abstinence, c’est neutre (comme la tolérance). Tout dépend de quoi tu t’abstiens et pour quelle raison. L’abstinence n’est pas toujours liée à un choix, donc elle n’est pas à prôner comme un chemin de vie et de don entier de sa personne épanouissant (elle peut même être une maladie : avarice, lâcheté, collaboration, censure, anorexie, goût du paraître, peur).

 

3) la continence, c’est une abstinence choisie et vécue uniquement par les célibataires consacrés, c’est une abstinence non-frustrante car donnée à Dieu et aux autres. Les couples femme-homme mariés ne sont pas appelés à la continence : les formes de leur chasteté ne leur font pas renoncer à l’affectivité, la sentimentalité, la génitalité, la procréation… contrairement à la continence des célibataires consacrés (dans le sacerdoce ou par des vœux non-sacramentaux). La continence est donc en effet l’état transitoire de toute personne qui vit hors mariage. Elle n’est pas un étouffement de la sexualité (sexualité qui est aussi la sexuation, aussi le rapport au monde en tant qu’être sexué, aussi toutes les dimensions de notre vie, y compris celles qui ne sont ni génitales ni sentimentales ni tactiles) mais au contraire un don entier de toute notre personne unique.