On entend parfois la question « D’où ça vient, l’homosexualité ? », ou même « De qui ça vient ? » et « À qui la faute ? ». Ce qui est pratique et juste quand on définit le désir homosexuel comme une blessure – et je crois que c’est ce qu’il est -, c’est que ce terme ne juge personne, et ne désigne aucun coupable, ni en amont, ni en aval. La blessure est la marque du mal, le signe du péché ; mais en aucun cas elle renvoie à un fautif, ou même à un état de pécheur de celui qui la porte. Elle est là, extérieure, et à reconnaître en tant qu’existante, et non fondamentale. La personne homosexuelle n’est pas pécheresse d’être blessée, mais le devient quand elle s’adonne en actes à sa blessure. Et si certains individus cherchent à dire qu’une personne homosexuelle est pécheresse de ressentir en elle un désir homosexuel, ou que les parents de celle-ci sont fautifs, vous pouvez toujours répondre ce qu’a dit Jésus quand, face à l’aveugle de naissance, les pharisiens ont cherché à rationnaliser et à culpabiliser la cécité : « Ni lui ni ses parents ont péché. »