Midnight puce
 

Je viens de voir le film « Midnight Special » de Jeff Nichols au cinéma. La salle était quasi pleine… alors que c’est rare que ce soit le cas au MK2 Bibliothèque.
 
Midnight blanc
 

Bon, le programme du Gouvernement Mondial est de plus en plus net, car les échos entre les récents films d’anticipation ou de science-fiction (« Star Wars », « La 5e Vague », « Vice & Versa », « Hunger Games », etc.) sont nombreux et convergent vers la même idéologie transhumaniste bobo :
 
 

1 – Ils essaient de nous faire croire en l’existence d’une religion naturelle qui, grâce aux progrès technologiques et aux énergies bio, connecterait l’Humain avec un supra-monde (un monde parallèle nommé « l’au-delà ») peuplé d’êtres lumineux (des extra-terrestres, en clair… mais qui ne sont pas nommés comme tels, car le terme « extra-terrestre » sonne ridicule et absurde) qui seraient à son image (« Ils sont comme moi. » assure le jeune héros Alton dans le film « Midnight ») qui nous surveilleraient de là-haut et ne voudraient faire qu’Un avec nous. On se retrouve bien face à la promotion d’un ésotérisme transhumaniste, face à la croyance au noachisme (un retour à l’Alliance première avec Dieu, mais sans en passer par Jésus ni par sa Croix d’Amour).
 

2 – Jésus est remplacé par un enfant (garçon ou fille) qui serait le nouveau Messie aux supers pouvoirs d’oracle et de devin. Dans le film « Midnight Special », Alton joue ce rôle : « Je n’ai cru qu’en une seule chose : c’est Alton. » déclare par exemple Roy, en parlant de son jeune fils, l’Élu des extra-terrestres sur terre.
 

3 – Le pouvoir des Hommes nouveaux se situerait dans leur tête (rationnalisme), dans leur main ou leur doigt (activisme, émotionnalisme, empire digital numérisé), et plus globalement dans leur énergie intérieure (volonté propre ou supra-sensitive) connectée au « Cosmos ». Il est étonnant de voir dans le film « Midnight Special ») l’insistance qui est faite sur le champ magnétique, sur les vibrations gravitationnelles. Jusque dans la musique bourdonnante, lancinante et agressive, les réalisateurs font croire à la captation des ondes, au caractère paranormal et transcendantal de la vibration énergétique.
 

4 – Le plus étonnant dans des films comme « Midnight Special », c’est que la célébration fusionnelle entre la Nature (humaine et écolo) et la Science est vidée d’amour. Elle nous est vendue avec des étoiles dans les yeux, lesquels sont tournés vers une transcendance. Ça oui. Mais le propre du boboïsme, c’est de ne pas nommer l’Amour (cf. les codes 49 à 54 de mon livre Les Bobos en Vérité) et de Le déchristianiser/L’asexualiser. Dans le film de Nichols, la différence des sexes, le mariage et la famille sont gommés : Sarah Adams et Roy Tomlin, les parents du petit Alton, ne se manifestent aucun signe de tendresse. Zéro Amour. Zéro sentiments. Idem entre père et fils : pas un « Je t’aime » ne parvient à sortir, pas même au moment de l’adieu. Par ailleurs, Alton, le jeune Messie, se contente de poser froidement des questions sur le ressenti des autres, de leur donner des ordres laconiques, sur un ton totalement dépassionné. Mais jamais cet enfant témoigne de la moindre empathie, chaleur, vulnérabilité, larmes, tendresse de môme : par exemple, son père et son collègue tirent sur un flic en le laissant pour mort, et cela laisse l’enfant de marbre. Le jeune héros est totalement déshumanisé. Et le pire, c’est que les réalisateurs du film nous vendent ce personnage comme l’Amour et la Divinité en personne, l’Innocence incarnée. On rêve ! Cet éloignement du Réel, de Dieu, de l’Amour et de l’Humain se traduit comme par hasard dans « Midnight Special » par un déchaînement de violence. Il est étonnant de constater la brutalité effroyable de certaines scènes du film. Cette violence aussi nous est défendue comme quelque chose de génial, qui dépasse l’entendement, comme un absolu.
 
MIDNIGHT SPECIAL
 

Qui, en sortant de la salle de projection, aura trouvé ce film violent, inquiétant, immoral, et ce sera aperçu qu’il s’agit d’un instrument de propagande transhumaniste ? À mon avis, pas grand monde. La plupart des spectateurs de ce navet se drapent derrière l’irrationnalité, la poésie muette, la transcendance, l’absence d’émotions et d’empathie, de « Midnight Special », ou le genre « science-fiction » (à la Spielberg), pour le vider d’interprétations ou d’intentions. « Midnight Special, c’est ‘spécial’, et puis c’est tout ! »