Je reviens juste d’aller voir le film « Paul, Apostle Of Christ » (« Paul, Apôtre du Christ ») d’Andrew Hyatt, avec une amie. Une seule louange m’est montée aux lèvres à la bande-annonce finale : MERCI SEIGNEUR d’être né en France (et pas aux États-Unis) et MERCI SEIGNEUR de ne pas être protestant (…et garde-moi de le devenir jusqu’à la fin de mes jours!) !

 

Il paraît pourtant que ce film est moins cata que « Marie-Madeleine ». Mais en deux mots : que le traitement de l’histoire biblique par les évangéliques n’est pas subtil ! Il faut toujours qu’ils sur-esthétisent tout, cloisonnent Dieu dans la pleurniche, la sensation (exemple : le baptême de saint Paul et son ressenti aquatique d’immersion = ridicule), l’efficacité (exemple : le miracle physique effectif), le support papier (le « Sola Scriptura »= l’insistance qui est faite sur les manuscrits et les impressions est flagrante), la Foi et la Grâce (et leurs effets sensibles), le manichéisme (les méchants Romains et l’ignoble Néron, les clairs-obscurs), la bonne intention (le pardon, l’amour, le sacrifice de sa vie), etc. Tout est extériorisé, folklorisé (même la personne de Paul devient un folklore nostalgique), désincarné. Il n’y a quasiment pas d’intériorité spirituelle (même si on nous en montre tous les signes extérieurs). Quelle misère. Quelle beaufitude, même. Isaline, l’amie avec qui j’étais, a bien synthétisé ma pensée : « Ils ont un problème avec la simplicité. »

 

En plus, « Paul Apôtre du Christ » est le film bobo dans toute sa splendeur (il y a du blanc, des bougies, des torches, des rayons de soleil, de la verdure, du slow-motion, à toutes les scènes : sérieux, les gars, arrêtez deux secondes, grandissez dans votre Foi).

 

Je le dis comme je le pense : le protestantisme (pas les protestants en tant que personnes, bien évidemment) est une véritable maladie. Une maladie spirituelle. Et elle s’appelle l’illuminisme. Ses adeptes ne se voient pas idolâtres ni fétichistes, alors qu’en réalité, ils sont hyper matérialistes et attachés au paraître, à l’esthétisme, à l’émotionnel, aux images. D’ailleurs, dans le film, il y a du sang, mais très peu de chair, très peu d’Incarnation (j’en tiens pour preuve que Jésus n’y a pas de corps ni de visage). Il n’y a pas davantage de sainteté : comme les protestants ne reconnaissent pas la Communion des saints, saint Paul est transformé en simple grand prophète, en messager, en secrétaire, en scribe (et saint Luc en attaché de presse de saint Paul), et à l’extrême inverse en gourou-témoin (et saint Luc en mini-Jésus) ; même dans le titre du film, on voit leur mauvaise foi jusqu’au bout et leur peur/haine de la sainteté puisqu’ils enlèvent à saint Paul son titre de « saint ». Bref, un immense gâchis, car saint Paul a tellement de choses à nous dire aujourd’hui sur notre péché à l’intérieur de l’Église et de notre coeur !
 

Et ne comptez pas sur nos médiocres médias « catholiques » français pour vous le transmettre, ou pour nous offrir un regard critique digne de ce nom (Aleteia, par exemple, a adoré le film : c’est normal, ses « journalistes » sont tellement protestantisés et boboïsés dès le départ qu’ils ne pouvaient que manger le foin « christique » qui leur est distribué par Hollywood…). Dans quelle époque de fou nous rentrons, où même les chrétiens perdent la boule…