Je ne m’y habitue toujours pas : je viens de faire à l’instant la connaissance virtuelle d’un homme marié, hyper engagé dans l’Église Catholique, avec beaucoup d’enfants, qui (tenez-vous bien) anime des préparations mariage… et qui mène une double vie homosexuelle active. Ce n’est pas le premier cas auquel je suis confronté. C’est le troisième. Ils sont pères ou mères de famille, au-dessus de tout soupçon, ils ont 4-5-6 enfants, ils dirigent des prépas mariage, leur paroisse leur fait une confiance aveugle… et l’envers du décor est tout autre.
 

Ce qui me sidère, c’est le culot du diable et de ses suiveurs (et je me mets dans le lot : je suis le premier pécheur). On pourrait penser naïvement que stratégiquement, au moins pour que leurs manoeuvres ne soient pas repérées, ils observeraient une certaine forme de retenue dans le péché, le mensonge ou la dissimulation, et qu’à défaut de ne pas être des Hommes parfaits et cohérents (et ça, nous le sommes tous, imparfaits et incohérents), ils auraient la petite dose de conscience pour ne pas se poser en modèles publics. Mais que nenni ! Ceux qui ont une pratique sexuelle honteuse cachée (adultère, drogue, prostitution, drague homosexuelle ou hétérosexuelle…) ne sont pas toujours des personnes timides, sur la réserve, apeurées, submergées par la honte, qui ne se sentent pas légitimes pour prôner le modèle inverse de ce qu’elles vivent. Tout le contraire. Ce sont parfois les cordonniers les plus mal chaussés qui vont se mettre sur le devant de la scène pour nous expliquer comment nous devons marcher, faire ce qu’ils ne font pas, aimer, et qui s’affairent à nous expliquer la beauté du célibat ou du mariage consacré. Je n’en reviens pas de cet aveuglement, de ce paradoxe.
 

Alors, évidemment, je l’espère, ce n’est pas une majorité des préparateurs au mariage, et je n’ai aucune idée de l’ampleur du phénomène. Je ne peux que faire le constat au cas par cas. Je ne veux pas non plus rajouter de la méfiance ou du soupçon à une Église qui n’a pas besoin de cela en ce moment, et qui abrite des témoins fidèles à ce qu’ils prônent. Mais je ne peux pas me taire non plus. La très grande majorité des bons cathos ne se doutent même pas de ce qui se passe dans le clergé, dans leur communauté paroissiale, dans leur famille, ne voient pas qui les dirige et qui leur sert de modèles/pasteurs, même sous l’apparence du témoignage du bon père de famille, de la bonne mère de famille bien sous tous rapports, du bon prêtre. Ils me riraient au nez en découvrant tout ce que je sais en coulisses. Beaucoup me traitent de paranoïaque voyant de l’homosexualité partout où elle ne serait pas. Pourtant, ce que je vous dis est une certaine réalité. Insoupçonnable mais réelle.