À la veille de mon départ au Liban (voyage prévu du 12 au 19 avril), je vois bien les fortes résistances à ma venue, mais aussi des confirmations qu’elle a particulièrement du sens : les Libanais qui diabolisent l’homosexualité sont ceux-là mêmes qui la pratiquent dans le secret. C’est une folie d’aller là-bas, et en même temps, il y a d’énormes besoins et enjeux. Des enjeux de Paix, d’unité, de guérison, d’amitié. Tel que la société libanaise évolue, ma démarche aurait toujours été, de toutes manières, prématurée, risquée, inconsciente. Donc c’est toujours le bon moment pour y aller et jamais le bon ! Si j’attends que le Liban soit prêt à m’accueillir, je n’y vais plus ! 😉

Je constate que c’est un pays complètement schizo par rapport au sujet : ils pratiquent à donf l’homosexualité, les cas d’inceste, de viols et de double vie homosexuelle pullulent… mais NON, ça n’existe pas ! Faut pas en parler ! Le Liban n’est pas prêt ! En toute logique, un chirurgien de l’homosexualité comme moi, même s’il vient de France, ne peut pas être ovationné ni être ‘persona grata’. Il peut même être perçu comme dangereux. Je m’en moque. Moi, je pense aux gens libanais qui portent la blessure secrète de l’homosexualité, et qui la pratiquent d’autant plus douloureusement que personne ne les aide à la nommer. La perspective de l’opération chirurgicale n’a jamais été, à première vue, une partie de plaisir… même si, sur le long terme, on la sait nécessaire, libérante et positive. Mon voyage sera donc de toutes façons utile, au moins pour faire reculer cette schizophrénie nationale autour de l’homosexualité, schizophrénie dont le contexte géo-politique explosif libanais est le signe le plus latent. Au moins pour les rencontres d’amitié vraies que j’y ferai. Yallah !