Peine inconsolable ce matin (je n’arrêtais pas de pleurer). Et puis cet après-midi, à Lourdes, deux démarches qui m’ont remis debout, requinqué :
 

– la première : les piscines (grand moment. J’ai senti énormément de compassion et de culpabilisation mêlées chez les 5 hommes qui m’ont plongé dans l’eau glacée, car j’ai parlé à haute voix d’homosexualité et du tournage, de toutes les attaques qui entouraient ce tournage, des personnes homosexuelles. Même si certains étaient italiens ou espagnols, ils ont entendu mon cri déchirant. Penauds et vraiment étonnés, ils m’ont laissé tout le temps que je voulais pour pleurer, parler à la Vierge Marie, dire ce que je voulais et confier mes intentions. Ils étaient très touchés et ont été de vrais frères consolateurs avec moi. L’homosexualité touche au coeur du coeur des gens, j’en suis témoin).
 

– Mais le moment de plus grande consolation encore a été, contre toute attente, la confession. Là, un jeune frère capucin (un peu frère Tuck dans « Robin des bois » : rondouillard, barbu, pas homo), tellement intéressé par ce que je disais, m’a gardé quasiment pendant une heure dans son confessionnal ! On a ri, on a pleuré (Ziggy, il s’appelle Ziggy… lol). Je lui ai balancé toutes les horreurs que je voyais dans l’Église en lien avec l’homosexualité, tous les cas d’homosexualité et d’homophobie (amis, religieux, prêtres, évêques…) qui m’étaient apparus ces derniers jours, ma descente dans les poubelles abominables de l’Église, tous les obstacles et les coups bas au tournage. Il a tout écouté, m’a donné l’absolution, et m’a proposé de venir à la tombe du père Giacomo Filon au cimetière de Langelle (un frère capucin enterré à Lourdes, et en odeur de sainteté). Je vous écris depuis sa tombe. Il avait des couilles, Giacomo.
 

Ma peine et mes craintes par rapport au tournage sont retombées. Je n’ai plus envie de pleurer. Et j’accueille tous les membres de l’équipe du film ce soir (excepté Gerson, le Péruvien, qui arrivera – j’espère – mardi : vous pouvez prier à cette intention car sans lui, nous n’avons pas de son et donc de langue).