« Heureux celui que le Seigneur trouvera en train de veiller. »
 
 

Dom Jean-Baptiste Chautard, le moine cistercien, était visionnaire sur la grave dérive bobo que nous vivons actuellement dans l’Église catholique (cf. les codes 38 et 39 dans mon livre Les Bobos en Vérité) quand il écrivait en 1907 dans L’Âme de tout apostolat que « malheureusement dans l’Église, il y a beaucoup de canaux, mais peu de réservoirs ».
 
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En croyant bien faire et transmettre les bons messages, les bobos cathos d’aujourd’hui (barbus et lunettés) se transforment en réalité en outils de com, en publicistes, en agences de designers, en ingénieurs du spirituel, en dir com, en starts-up, en communicants, en organisateurs d’événementiel, en relais technicistes diversifiés des slogans mondains les plus modernistes et progressistes… au détriment de la Vérité, du contenu des messages, de l’humilité, de l’âme de l’Esprit Saint. Même si c’est pour rendre service aux prêtres et à Jésus, dans le fond. Je ne crois pas que ça rende vraiment service à la Vérité.
 
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Il suffit de regarder la vidéo promotionnant la start-up chrétienne Progressif Media. Tout le jargon de l’humanisme intégral sans le Christ, sans le catholicisme, sans la Croix, sans la Vérité, sans les messages polémiques risqués et vrais, s’y trouve : Jésus est remplacé par ses « valeurs », le catholicisme est remplacé par le « christianisme » (« organismes chrétiens »), le foi devient un bien de consommation et de communication (« stratégie », « innovation », « communication », « être connecté »), l’iconoclastie est valorisée (« briser les stéréotypes ») alors qu’elle est en soi le support des régimes totalitaires, l’humanisme intégral athée mais spiritualiste est célébré (« créer du lien » ; « L’Humain au Coeur »; « Nous sommes en mission », « changement de regard », etc.) à la plus grande gloire du subjectivisme relativiste et du consumérisme (« répondre aux besoins », « phénomènes », « concerts », « les mentalités évoluent »), le savoir-faire prévaut sur le savoir-être (« opérationnel », « moyens », « développement », « enjeux »), l’Institution-Église en tant qu’appareil de pouvoir et Jésus en tant que Super-Héros prennent le pas sur l’Église des pauvres et le Christ en Croix.
 
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Je vous le dis : nous filons en ce moment un très mauvais coton. La forme ne doit pas passer au-dessus du fond, au-dessus de l’identité pauvre et vraie de Jésus et de son Église. Le péché de Judas, c’est bien d’avoir essayé de vendre son Christ, de le transformer en médias.