Persifleur dans Robin des Bois

Persifleur dans Robin des Bois


 

Saviez-vous que le diable était friand des adjectifs indéfinis (« un », « une », « des », « du »…) et des verbes à l’infinitif ?
 

Pour détruire une personne, il procède toujours pareil. En deux phases. D’abord il l’indéfinit (par exemple il l’appelle uniquement par son nom de famille ; il dit que c’est « un » auteur, « un » blogueur, « un » intellectuel, « un » je ne sais quoi…) et indéfinit tout ce qu’elle fait (par le biais des adjectifs et des pronoms indéfinis, justement ; et par des verbes à l’infinitif : untel a écrit « un » livre, il a fait « des » articles, il a fait « un » disque, il prétend « écrire », etc.), dans le but ensuite de la réduire dans le procès d’intention à la caricature de cette indéfinition (« Il l’a fait pour cette raison. »).
 

En somme : INDÉFINITION puis INTENTIONNALISATION… pour après se justifier de détruire sur la base de presque rien ! Les indéfinis et les infinitifs pour caricaturer les faits ; le procès d’intentions pour remplacer les faits…et donner ainsi l’illusion que les intentions sont plus vraies que les faits et la personne incriminée.

 

En effet, le diable ne te reproche pas ce que tu as dit (ni le contenu de ce que tu as dit ni la manière que tu as eue de le formuler). Il te reproche le fait d’« avoir dit un truc ».

Il ne te reproche jamais ce que tu as fait. Il te reproche juste de « faire ».

Il ne te reproche pas le contenu de la lettre que tu lui as envoyée (et qu’il ne veut surtout pas regarder en face) : il te reproche d’ « avoir écrit une lettre ».

Il ne revient pas sur les raisons concrètes qui ont fait que tu l’aies bloqué sur les réseaux sociaux. Il te reproche de « l’avoir bloqué ».

Il ne te reproche pas l’avis que tu lui as donné. Il te reproche d’ « avoir donné un/ton avis ».

Il ne critique pas le contenu de tes livres ou de tes conférences ou de tes disques ou de tes lettres : il critique le fait que tu aies fait « un » album et que tu aies prétendu « chanter », « faire des conférences », « écrire des livres », « dire des choses importantes », « t’exprimer », « être un intellectuel », « être médiatique », « te montrer ».

Il ne veut pas vérifier si Jésus est effectivement le Fils de Dieu. Il lui reproche juste de l’avoir dit et prétendu.

 

Indéfinition, je disais donc. Mais celle-ci ne suffit pas. Pour trouver une consistance, elle a besoin, en renfort, de l’intentionnalisation. Comme la malhonnêteté de l’indéfinition finit par être dénoncée par la réalité des faits, très vite le diable maquille son mensonge en appliquant à la truelle sur le tableau abstrait et caricatural de sa victime le vernis de « réalité » que sont les intentions.
 

Et il faut croire que ce travestissement diffamant marche assez bien auprès de ceux qui ne veulent/peuvent pas se donner la peine de vérifier ce que le persifleur avance. Car, quoi de plus invisible et improuvable, donc de plus crédible et tenace, que l’intention qu’on prête à quelqu’un pour ne pas voir ce qu’il a vraiment produit ? (« Il l’a fait parce qu’il est malheureux. Il l’a fait par jalousie. Il l’a fait parce qu’il est fou. Il l’a fait par intérêt. Il l’a fait par narcissisme. Il l’a fait par lubie personnelle et attaque habituelle. Il l’a fait pour se mettre en avant et par goût du pouvoir. Il l’a fait par haine. Il l’a fait pour agresser. ») Indéfinition et intentionnalisation parent le menteur jaloux de toute l’innocence qu’il recherche. En apparence, il refait ce qu’il défait. Personne ne peut donc s’imaginer qu’il déforme et détruit ! Et personne ne lui demande d’argumenter.

 

Et pour que le procès d’intentions soit complet, le diable ne va pas simplement intentionnaliser les faits. Il va jusqu’à formuler lui-même des intentions (dans le sens religieux et priant du terme !), afficher ses « bonnes » intentions, afin de conjurer les soi-disant « mauvaises intentions » de son adversaire. Chapeau bas, satan ! Il « prie pour moi ». Monsieur est trop bon !