PVC
 

La Manif Pour Tous se vantait depuis sa naissance et son essor de s’opposer à l’Union Civile (afin de ne jamais la dénoncer explicitement). Ainsi, l’organisme se démarquait théoriquement de Virginie Tellenne (pour éjecter celle-ci en douceur) et elle rassurait tout aussi théoriquement ses adhérents anti-conséquences-de-la-loi-Taubira-sur-la-filiation, anti-GPA, anti-présomption-d’homophobie, et secrètement pro-couple-homo-discret. En réalité, on le voit bien avec le nouveau projet (22 pages) concocté par l’IFR (Institut Famille & République) sur commande de LMPT, non seulement La Manif Pour Tous ne s’est jamais opposée à l’Union Civile ni prononcé sur celle-ci, mais elle est même en train de construire actuellement une autre Union Civile que le PaCS. C’est juste le nom qui change : le Partenariat de Vie Commune (PVC) !
 

Sans compter le fait que ce Partenariat n’a aucune chance de passer compte tenu de l’attachement des mentalités actuelles aux biens symboliques, sentimentalisés et intentionnels, il consolide encore plus ce qu’il prétend abroger, à savoir le « mariage pour tous ». Car le Partenariat de Vie Commune et le « mariage pour tous » reposent tous les deux sur la croyance en l’hétérosexualité (une hétérosexualité comprise comme la différence des sexes qu’elle n’est pas) ! La Manif Pour Tous refuse toujours d’entendre raison. Et les mensonges ou projets bancals comme le PVC continuent de nous enfoncer dans la contradiction et le faux remède.
 

La raison principale pour laquelle le Partenariat de Vie Commune sera rejeté, c’est que le PaCS et le « mariage pour tous » non jamais été demandés pour leur contenu, mais pour l’intention symbolique qu’ils représentaient, à savoir « la reconnaissance sociale des personnes homosexuelles », la justification de l’« amour homosexuel » en tant qu’« Amour universel asexué », et une preuve tangible de justice d’alignement entre l’hétérosexualité et l’homosexualité. Proposer un nouveau partenariat/contrat, sans toucher aux trois seuls mythes (l’hétérosexualité, l’homosexualité, l’homophobie) qui motivent les défenseurs de toutes lois se présentant comme gay friendly, en se contentant de soigner son contenu, prouve que les juristes de la LMPT n’ont toujours pas compris pourquoi le PaCS et le « mariage pour tous » étaient passés comme des lettres à la Poste. Ils n’ont toujours pas perçu la prévalence de la RÉALITÉ INTENTIONNELLE ET SENTIMENTALE des lois pro-gays. Autrement dit que les lois LGBT n’étaient pas demandées pour elles-mêmes, mais uniquement pour ce qu’elles symbolisaient, représentaient, à savoir l’hétérosexualité (= toutes les altérités au niveau de la sexualité, homosexualité comprise).
 

Il est urgent de se réveiller et d’arrêter de se cacher derrière l’alibi juridique ou philosophique, derrière la rhétorique peu stratégique du « moindre mal » ou de l’« idéologie des idéologies » (cristallisées autour de mots-concepts qui ne se réfèrent à rien dans l’esprit de ceux qui les emploient : « lobby », « GPA », « abrogation », « Gender », « transhumanisme », « censure totalitaire de la pensée unique », etc.), pour ne pas prendre le problème (= le soutien mondial à la bipolarité hétérosexualité-homosexualité) à bras le corps.
 

Je vais donc à présent (et pour la énième fois) réexpliquer les effets pervers de l’Union Civile (et de tous ses dérivés : alliance civile, partenariat enregistré, pacte civil de solidarité, partnership, etc.) et prendre des extraits du projet de contrat de Partenariat de Vie Commune rédigé avec toute la bonne volonté du monde par Jacques Thomas et Aude Mirkovic, pour vous montrer en quoi il est bourré d’incohérences voire de mensonges.
 
 
 

« La Loi du 17 mai a dénaturé le mariage. » : Oui, mais en quoi ? Vous ne le dites pas. La dénaturation vient à la base de la substitution de la différence des sexes par l’hétérosexualité, y compris dans les textes juridiques. Et vous participez de cette dénaturation en vous référant vous aussi à l’hétérosexualité en tant que différence des sexes.
 

« sa nécessaire abrogation. » : En quoi serait-elle nécessaire ? Vous ne l’explicitez pas et vous enchaînez sans vous justifier. Comment cela peut-il être recevable ?
 

« le refus de l’idéologie du genre. » Vous définissez le genre comme une idéologie, alors que le genre sexué, lui, est une réalité à défendre. Et par ailleurs, vous n’explicitez même pas ce qu’est le Gender, que vous épinglez comme une « idéologie » sans autre procès, alors que cette idéologie porte un nom bien précis : l’hétérosexualité (= toutes les altérités au niveau de la sexualité).
 

« Le Partenariat de Vie Commune libère la loi de la prise en compte illusoire de la nature des relations entre partenaires. » Au lieu d’affronter les réalités relationnelles violentes concernées par la croyance sociale en l’« amour hétéro » et en l’« amour homo », vous désexalualisez et désentimentalisez toute relation humaine. Vous allez même jusqu’à déshumaniser et désentimentaliser le concubinage. Comment pensez-vous ainsi parvenir à convaincre la moindre personne ou le moindre binôme de colocataires ? Que vous le vouliez ou non, les relations ou cohabitations, même amicales et familiales, sont sexuelles, puisqu’elles impliquent des personnes humaines sexuées. Eh oui ! C’est toute la richesse du mot « sexualité » que vous appauvrissez/neutralisez par votre projet de Partenariat de Vie Commune asexué.
 

« prendre en compte les besoins exprimés par la société. » ; « Le PVC est une proposition novatrice qui répond réellement aux besoins actuels de la société française. »Vous insistez énormément sur cette notion de « besoin » dans tout votre article. Ce n’est pas, je crois, un bon angle. Car tous les besoins, vous le savez bien, ne sont pas légitimes, ni ajustés au Réel humain, ni à satisfaire. Et si vous êtes persuadés du contraire, que faites-vous à ce compte-là du soi-disant « besoin » chez les unions homosexuelles de se marier et de fonder une famille, de se voir reconnaître socialement et concrètement leur « amour » ? La dialectique du besoin sans limite s’oppose précisément au bien commun, et appelle à la consommation, à la boulimie de faux « droits », notamment « pro-gays ».
 

« La Loi du 17 mai 2013, fondée sur des présupposés idéologiques de divers ordres confus ou faussé, porte à de graves conséquences. » Dans votre projet de loi, tout est axé sur la filiation, et les conséquences de la Loi Taubira. Pas la loi dans ses racines, en elle-même, dans ses conséquences sur l’individu (homosexuel) et le couple (sans enfant). De plus, penser le problème des lois pro-gays en des termes manichéens évasifs (« idéologies », « lobby », etc.) ne nomme rien. Cela ne résout pas le problème de l’homosexualité, de l’hétérosexualité, de l’homophobie. Réduire le « mariage pour tous » ou le PaCS à une problématique purement nataliste (alors que tout le monde est concerné par la différence des sexes, y compris les célibataires), finalement, ça exclut quasiment tous les êtres humains qui n’ont pas d’enfants et les couples femme-homme qui ne peuvent pas en avoir.
 

« prendre en compte les revendications légitimes des personnes de même sexe vivant ensemble. » Ah parce qu’en plus vous énoncez que les revendications des unions de même sexe sont légitimes ?? Et en plus, qui vous a dit qu’elles le sont (toutes) ? Moi, pour l’instant, je suis persuadé de leur illégitimité. Et ce, sans exception. On peut comprendre sans excuser ni justifier.
 

Par ailleurs, votre texte ne remet pas en cause ce que stipule la Cour Européenne des Droits de l’Homme sur (je vous cite) l’« authenticité des unions homosexuelles ». En fait, vous êtes gays friendly, croyez en l’« amour homo » (tant qu’il reste privé et ne se légalise pas en norme sociale), et n’osez pas dire que vous n’y croyez pas par peur que la présomption d’homophobie vous tombe dessus ? Il fallait le dire tout de suite !
 

« Le mariage civil est un contrat d’union hétérosexué. » (Vous citez l’article 144 du Code Civil) Je ne suis pas d’accord. Le mariage civil est un contrat d’union sexuée, avec les deux sexes complémentaires. Et dans le meilleur des cas, ce n’est pas qu’un contrat : c’est une relation d’amour. Même le mariage civil. L’amour – et sa reconnaissance – n’est pas réservé qu’au mariage religieux, même si sur le papier du mariage civil, il n’apparaît pas. Mais dans les faits et en intentions, les sentiments ne peuvent être évacués du mariage civil, ni minorés.
 

« Comment séparer le mariage de la filiation pour tous les couples, ‘couples homosexuels’ ou couples hétérosexuels, sans supprimer la présomption de paternité ? » (p. 342) C’est simple : en interdisant qu’une loi humaine se fonde sur l’hétérosexualité, c’est-à-dire sur le sentiment ou la pulsion sexuelle, et non plus sur la sexuation humaine aimante et divine. Remarque annexe : Pourquoi mettez-vous les guillemets à couples homosexuels sans les mettre aux couples hétérosexuels, alors qu’ils sont aussi mythiques les uns que les autres, et qu’ils les méritent tous les deux ?
 

« La loi du 17 mai 2013 modifie le mariage pour le rendre capable d’accueillir une filiation ‘homoparentale’. » Pas seulement. Il fait beaucoup plus que de toucher à la famille et aux couples femme-homme. Il banalise la différence des sexes en la passant au karcher et retire le lien d’amour entre le père et la mère biologiques d’un enfant en tant que condition du mariage. En supprimant toute sexualité et tout amour au mariage, à travers votre proposition du Partenariat, vous allez exactement dans le même sens que le « mariage pour tous ».
 

« les couples mariés hétérosexuels. » Cette périphrase est un non-sens. Si un couple est marié – dans le sens christique et social du terme -, il cesse instantanément d’être hétérosexuels. L’hétérosexualité est le libertinage, dans et hors différence des sexes.
 

« toutes les personnes mariées, hétérosexuelles ou homosexuelles. » Les personnes de même sexe, même si elles obtiennent légalement le droit de se marier, même si elles passent à la mairie et signent des registres, ne vivront jamais le mariage et ne seront jamais mariées, étant donné que le mariage EST la différence des sexes couronnée par l’amour. Idem pour les couples hétérosexuels, qui incluent la différence des sexes mais sans amour : ils ne seront jamais mariés, même s’ils le sont aux yeux de la loi des Hommes. Par rapport aux unions de même sexe qui auraient contracté un « mariage », il n’y a donc pas lieu de s’alarmer ou de s’offusquer au sujet du mot « démariage » : le démariage ne peut exister que s’il y a eu mariage. Or, dans le cadre relationnel homosexuel, il n’y a de toute façon pas mariage.
 

« couples hétérosexuels. » Les couples hétérosexuels n’existent pas (sauf à la télé, ou très furtivement). Seuls les couples unissant un homme et une femme qui s’aiment doivent être défendus et durent.
 

« ’homoparentalité’. » Vous mettez des termes entre guillemets pour les mépriser sans pour autant les définir ni expliciter pourquoi vous les méprisez. Au moins, si vous disiez que l’homoparentalité est de la science-fiction et que seule la parenté – biologique et/ou adoptive – existe, on aurait déjà moins l’impression que vous théorisez/fantasmez sur la novlangue dans le seul but de l’écarter et de fermer le dialogue avec nos contemporains.
 

« Depuis quand les relations sexuelles ou les sentiments amoureux requièrent-ils une validation par un officier d’état civil ou des engagements juridiques aussi importants ? » Pourquoi alors défendre la normativité de l’hétérosexualité, si vous êtes logiques jusqu’au bout ?
 

« La loi vise un bien commun. Elle est faite pour le bien de la société en général. » L’argument du bien commun peut largement se retourner contre vous, puisqu’il est le mot fourre-tout de toutes les revendications qui se drapent de bonnes intentions, y compris « l’amour homo », ainsi que le désir sincère de « fonder une famille et d’élever un enfant dans l’amour » exprimé par n’importe quel « couple homo ».
 

« C’est bien le couple, c’est-à-dire l’union affective et sexuelle de deux personnes, qui semble être devenu l’objet principal du droit de la famille. » En promotionnant la bipolarité hétérosexualité-homosexualité qui a fondé historiquement/hystériquement cette « couplisation du droit et du mariage », j’ai le regret de vous dire que vous chérissez à votre insu les causes dont vous dénoncez les conséquences.
 

« alliance civile. » Vous pouvez trouver toutes les périphrases que vous voudrez pour vous donner l’illusion de contourner l’Union Civile (« Alliance civile », « Partenariat de Vie Commune », « cohabitation chaste », etc.), personne ne voudra de votre retour en arrière ni restituer ce « mariage gay » qui leur apparaît comme un « progrès » et un « symbole d’égalité » ; et d’autre part, vous recréez des PaCS bis, en les amputant de surcroît de certains « avantages » (enfants notamment, statut social d’« amour », folklore typique de la cérémonie de « mariage », etc.) dont certains « couples homos » ont déjà commencé à jouir. Vous n’imaginez même pas le tollé de votre PVC ! Presque aussi grand que celui que génèrera ma proposition d’abrogation de l’Union Civile et de toute loi basée sur l’orientation sexuelle !
 

« Les relations amoureuses et affectives, ainsi que les orientations ou comportements sexuels, ne relèvent pas – ou ne devraient pas relever – du domaine de la loi, du champ de compétence du législateur. » Dans ces cas-là, pourquoi vous législateurs défendez-vous l’hétérosexualité et ne la dénoncez-vous pas directement en tant que « critère légal » illégal ? À l’instar de l’homosexualité, l’hétérosexualité est une orientation sexuelle, un fantasme, une pulsion, une fausse identité, une attraction fusionnelle et violente envers les personnes du sexe différent, une pratique génitale et/ou procréative dénuée d’amour, une parodie de la différence des sexes. Elle n’est pas plus légitime que l’homosexualité pour établir un droit ou une loi. Elle constitue même une violation des Droits de l’Homme ! Donc soyez cohérents jusqu’au bout.
 

« la protection des droits fondamentaux, notamment de la vie privée. » Comme notre époque qui fait fusionner vie privée et vie publique tout en les séparant schizophréniquement/caricaturalement, vous privatisez l’homosexualité, et la sexualité en général, pour en faire des réalités qui ne poseraient pas problème à partir du moment où elles resteraient dans la sphère strictement intime et ne relèveraient pas du droit. Mais ignorez-vous que l’homosexualité pose déjà problème dans le soi-disant « privé » et pour les deux personnes qui la pratiquent ? Et ignorez-vous que la sexualité et tout couple sont des réalités qui sont ouvertes sur la vie/sur la société et donc qu’elles ne peuvent pas être enfermées dans une cage dorée privatisée, à l’abri des lois et de votre parole de juristes ?
 

« Le couple ne peut être appréhendé par la loi qu’en fonction de la filiation. » Qu’est-ce que c’est que cette vision nataliste, froide, légaliste, dénuée d’amour, et hétérosexuelle que vous avez du couple ??
 

« Le mariage est d’un autre ordre. C’est une institution ; au-delà du contrat. » En quoi est-ce un argument valide que de dire qu’une réalité ne devrait pas changer sous prétexte qu’elle est une « institution » ? Toutes les institutions humaines seraient-elles bonnes d’être institutionnelles, traditionnelles, ancestrales ? Je ne crois pas. Et l’histoire des civilisations humaines en fournissent de nombreux exemples.
 

« Les valeurs de la République et les principes de notre droit interdisent de légiférer directement en matière d’union, qui relève de la liberté des personnes. » Oui, mais en quoi nous ne pourrions pas légiférer indirectement, à distance, en matière d’unions ? Ce n’est pas parce que la fusion ou la rupture entre la vie privée et la vie intime, entre le monde législatif et le monde sexuel/amoureux, n’est pas bonne que pour autant il ne doit pas exister des liens, ni que la loi ne doit pas se positionner en matière de sexualité, d’amour, de sentiments ! D’ailleurs, plus vous déconnectez la politique du spirituel ou du sexuel, plus vous générez une fusion malheureuse et totalitaire entre eux. Quand, amis législateurs, allez-vous vous mêlez davantage d’amour et de sexualité ? Nos politiciens et législateurs socialistes ont moins de scrupules que vous pour habiller les désirs et fantasmes populaires, leurs propres fantasmes amoureux et sexuels, leur propre pratique libertine désordonnée, en lois !
 

« Le législateur n’est pas compétent pour régir directement les unions de personnes, sans considération de la filiation. » S’il vous faut obligatoirement l’horizon filiatif pour commencer à légiférer en matière de sexualité, on va attendre longtemps, surtout dans ce monde de plus en plus peuplé de célibataires (ou de couples à l’esprit célibataire) qui veulent coucher ensemble sans s’engager, sans se marier et sans s’encombrer d’enfants.
 

« Une consécration législative d’un statut de ‘couple homosexuel’ est ipso jure, par définition, une consécration de l’idéologie du genre. » Vous pouvez nous renvoyer autant que vous voulez à la lecture des écrits de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi de 2003 pour vous dédouaner proprement d’une parole plus personnelle et plus risquées sur l’homosexualité ou sur vos croyances religieuses. Vous pouvez vous dispenser de ne pas avoir à définir ce qui se cache derrière votre épouvantail à moineaux rhétorique nommé « idéologie du genre » (ou « lobby LGBT » : étonnant que vous n’en ayez pas parlé, de celui-là…). Mais vous bottez en touche encore une fois sur des thématiques cruciales – l’hétérosexualité, l’homosexualité – qui constituent pourtant le nœud des problèmes que vous prétendez résoudre.
 

« revenir au mariage civil en tant qu’union d’un homme et d’une femme, donc fondé sur l’altérité des sexes, structure la plus à même de répondre aux besoins des enfants. » Je préfère vous rappeler que nous ne défendons pas le mariage civil en tant qu’union (à horizon procréatif) entre un homme et une femme. C’est faux. Nous ne prônons que le couple femme-homme qui s’aime. Pas la différence des sexes en soi (car elle n’est pas toujours une réussite, ni un gage de succès). Pas plus que nous ne défendrions la filiation en soi (il y a des couples qui arrivent techniquement à procréer, et qui s’aiment beaucoup moins et sont beaucoup moins réussis que des couples femme-homme stériles, voire même que certaines unions homos). Nous ne défendons que les mariages civils d’amour entre un homme et une femme libres de se choisir et qui s’engagent pour la vie en acceptant d’accueillir la vie d’un enfant si celle-ci se présente.
 

« mettre fin au PaCS qui est un statut de couple incohérent. » En quoi serait-il incohérent ? Vous soulignez certainement une piste, mais ensuite, vous esquivez son explication en ne nommant pas concrètement les problèmes, les incohérences.
 

« tenir compte des besoins et des usages de nos contemporains. »Encore et toujours ce jargon utilitariste, consumériste et productiviste du BESOIN que vous empruntez à nos opposants individualistes (même si eux le traduiront par « droits »)…
 

Par rapport à la cohabitation : « La ‘vie commune’ ne prend pas nécessairement la forme d’une union sexuelle. […] À ce niveau, l’aspect sexuel disparaît en tant que différence spécifique. L’affection joue bien sûr, mais en tant que sentiment d’amitié, et non sentiment amoureux. […] Or, avec la disparition de l’aspect sexuel, d’un côté toute interférence de l’idéologie du genre disparaît, et d’un autre côté le caractère libéral du régime politique et le champ de compétence du législateur sont sauvegardés. » Par votre projet de PVC, vous désexualisez la cohabitation ou le concubinage (en plus d’effacer la frontière entre les deux), exactement comme le fait la société gay friendly bobo qui, pour ne pas assumer ses actes libertins bisexuels qu’elle veut poser sans pour autant les nommer et en porter la responsabilité, est capable de nous sortir que « la sexualité, c’est pas sexuel », que la génitalité sans limite serait même « spirituelle », « désincarnée » et « bien au-delà des étiquettes homos, hétéros, bis, trans, etc. ». Croyez-vous que votre PVC soit une réussite ou une rupture avec le PaCS et le « mariage pour tous » ? Pas du tout. Il est exactement ce que vise ce que vous nommez « l’idéologie du genre », idéologie qui, je le rappelle, est anticonformiste par principe, et donc constamment contre elle-même dans les discours, afin de s’autoriser à continuer d’agir dans l’ombre selon sa logique libertine.
 

« Avec le PVC, les aspects sexuels seraient, par définition, absents. La vie privée des personnes serait protégée de manière absolue. » Quelle victoire de l’individualisme ! Bravo ! Chacun fait ce qu’il veut, à partir du moment où il ne se l’impose qu’à lui-même et à son/ses partenaire(s) (du même sexe ou de l’autre sexe, on s’en fout, on ne veut pas le savoir !), à partir du moment où il le fait dans son coin et que ça ne porte pas à conséquence sur le monde extérieur, à partir du moment où ça revêt la forme de la « protection », de la « sécurité » et de la « modernité ». J’aime beaucoup cette indifférence qui se fait passer pour du respect, de la justice et du légal…
 

« Le Partenariat de Vie Commune est un simple contrat de mise en commun de moyens, qui ne porte pas sur la manière dont les personnes vivent leur sexualité. » Oui. En gros, même si c’est au nom de l’enfant, votre Partenariat de Vie Commune est purement matérialiste. Vous allez en faire, des envieux, avec un contrat aussi romantique et sexy que ça !
 

« La cause juridique est toujours un fine la procréation. »Natalisme dénué de sentiment, de spirituel, et à la plus grande gloire du productivisme hétérosexiste. C’est pathétique.
 

Le Partenariat de Vie Commune « comprendrait bien un statut légal protecteur qui, certes, n’aurait pas la même portée symbolique que le mariage ou même le PaCS mais constituerait ‘une forme’ juridique concrète et bien réelle. » C’est bête parce que, ce qui avait motivé les personnes pro-PaCS et pro-mariage-gay, c’était précisément la PORTÉE SYMBOLIQUE de ces lois, et très peu leur dimension matérielle, réelle, leur contenu légal (inconnu des rangs homos). Vous tombez complètement dans le panneau des quelques militants LGBT juristes, qui parlent au nom des personnes homosexuelles qu’ils ne connaissent pas et qu’ils représentent très peu ou très mal, et qui vous ont fait croire que la population homosexuelle voulait absolument et concrètement les lois qui portent (pour un temps limité) son nom.
 

« Ce que recherchent avant tout ces personnes, c’est, de manière très pragmatique, une protection juridique qui garantisse leur sécurité matérielle. » Vous vous plantez. Le matériel, le sécuritaire, c’est l’alibi très secondaire de la revendication sentimentaliste des personnes libertaires. Si vous aviez interrogé les personnes homosexuelles qui ont soutenu en 1998 le PaCS en France, vous auriez vu par vous-mêmes que la grande majorité d’entre elles était incapable d’en décliner le sigle, et se désintéressait déjà totalement du projet de loi à la base. Elles ne le voulaient que « dans l’idée », « pour le symbole d’avancée de leurs droits identitaires et amoureux » qu’il représentait. Le contenu juridique, rien à faire !
 

« revendications égalitaristes. » Si vous ne parlez pas de quelle égalité il s’agit vraiment – à savoir la bipolarité entre les deux jumeaux terribles Homosexualité et Hétérosexualité qui se jalousent autant qu’ils se copient -, à nouveau vous sombrez dans le discours victimisant et manichéen de l’idéologie-qui-n’aurait-pas-de-nom, et vous ne réglez rien.
 

« sans considération de la sexualité. » Vous vous adressez à des anges, avec votre Partenariat, c’est bien ce qui me semblait. Tout comme le « mariage pour tous » et le PaCS !
 

« Avec le PVC, rien ne serait retiré aux ‘couples’ de même sexe, mais le statut serait offert aux personnes vivant dans un même foyer sans avoir de relation intime. » Dites aux personnes qui se mettent en « couple » homo que rien ne leur sera retiré avec votre Partenariat : elles vous riront au nez ou auront envie de vous passer à tabac. Que faites-vous dans ce cas-là de la puissance sociale, sentimentale, symbolique, amoureuse, des mots « mariage », « amour » ou « famille » (et de leurs dérivés : « mari », « femme », « papa », « maman », « fils », etc.) qu’induisent sur le papier et en fantasme des lois comme le PaCS et « le mariage pour tous » ? Vous-mêmes, vous n’êtes pas sans l’ignorer puisque vous faites tout implicitement pour que l’union homosexuelle ne soit pas appelée « mariage » et qu’elle échappe statutairement à l’arsenal juridique que recouvre le mot « mariage ».
 

« une vraie réponse à un besoin social, né de la nécessité pour les adultes de mettre en commun des moyens pour vivre et partager les frais d’existence. »Vous parlez encore du « besoin » à satisfaire… sans hiérarchiser entre eux les besoins sociétaux, pourtant très inégaux tant sur le plan quantitatif que moral.
 

« 97% des PaCS sont aujourd’hui conclus par un couple hétérosexuel. » Vous prenez sans cesse appui et comparaison sur l’hétérosexualité, parce que malheureusement vous jouez le jeu de nos opposants en utilisant le même pilier idéologique. Ainsi, vous ne sortez pas de la dimension asexuée et surérotisée des lois que vous dénoncez.
 

« loin des postures et des idéologies. » Vous qui utilisez souvent comme référentiel éthique l’hétérosexualité, ainsi que le jargon crypto-catho de la Doctrine Sociale de l’Églisebien commun », « subsidiarité », « besoin », « respect », « partage », etc.), ou bien qui faites régulièrement mention à l’« idéologie du genre », vous parvenez à conclure en nous disant que « vous vous éloignez des postures et des idéologies » ?? C’est une plaisanterie, j’espère ?
 

En conclusion, votre texte annonce la nécessaire « déception » à venir que risque de générer votre projet de Partenariat de Vie Commune. Comme si vous devanciez inconsciemment sa vanité et le rejet qu’il allait susciter avant même d’être né. « Fort de sa modernité », vous nous dites qu’il risque d’en frustrer certains. Non. Il n’en décevra pas certains. Il décevra tout le monde. À commencer par vous-mêmes ! Et pour cause. Il n’innove pas. Pis : il collabore. La morale de l’histoire : L’abus du compromis (reposant sur une mauvaise compréhension d’un texte de Benoît XVI dédié au compromis, justement) est dangereux pour la Vérité.