Voici une critique de mon nouveau livre, bien sympathique ! D’un ami polonais, Filip. Ça me fait extrêmement plaisir. D’autant plus que, pour tout vous avouer, c’est le premier retour de lecture qui me parvient. Car il n’y a aucun article, aucune critique, aucune recension, qui est sorti. Et pas même mes amis ne m’écrivent pour me dire ce qu’ils en pensent… ce qui est bien triste et bien dommage. Car un livre, c’est comme une lettre qu’on envoie à un ami et qui demande logiquement un retour, une réponse :
 

« Bravo Philippe Ariño!
 

Ça vaut le coup, je viens de terminer ton nouveau livre et c’est vraiment très intéressant, à conseiller vivement. Ca me tente d’écrire un texte plus long pour faire connaître tes idées, peut-être en polonais (quitte à trouver quelqu’un qui serait intéressé par la publication d’un tel compte rendu). Pas mal de questions et de remarques (une petite partie de négatives aussi😉) qui s’imposent. Je me permets d’en partager quelques-unes (juste en guise d’esquisse et d’introduction).
 

À commencer par des valeurs littéraires de ton livre, parmi lesquelles on peut compter ton empressement (au sens paulien aussi: « Caritas Christi urget nos »), c’est parfois comme si tu courais😉. Je pense que le Ier chapitre où tu dénonces toutes les manoeuvres mensongères et vicieuses de ceux qui prônent l’interdiction est un vrai bijoux rhétorique (en plus d’une belle analyse cinématographique). D’ailleurs juste à la fin tu y reviens, en soulignant que cette nouvelle loi risque de nous fermer de façon efficace la bouche (plus possible de traiter publiquement d’homosexualité et d’en faire débat). D’où l’importance d’en parler maintenant..Finalement, ton livre dépasse largement ce qu’indique son titre. Né de la nécessité du moment présent, il va plus loin: il s’agit aussi (et surtout) de chercher une juste place aux personnes homosexuelles continentes dans l’Eglise et dans le monde.
 

Tu n’es ni pour les thérapies réparatives, ni contre..(même si, de façon ferme tu t’opposes à leur anéantissement). Tu ne considères pas l’homosexualité comme une identité, surtout celle sur laquelle se fonderait l’Amour, mais tu refutes également l’idée de maladie, de pathologie et même de souffrance (en préférant ta sacrée définition: »désir homosexuel comme basé sur la peur de la différence des sexes »😉). Tu rejettes en bloc et sans pitié toutes les nouvelles lois promulguées par LGBT, mais tu es loin de diaboliser gender, tu te sens membre de la communauté homosexuelle, en conseillant plus d’humour envers « lobby gay ». Tu dénonces aussi bien le discours traditionnel visant le déracinement de la tendance que celui nommé « gay friendly », les deux homophobes, ne respectant pas les personnes homos.Tu n’exclus pas la possibilité de la transfiguration d’attirance homosexuelle vers le mariage homme-femme, mais tu constates que c’est peu probable (surtout dans le cas des tendances profondément enracinées). Et à toi donc d’encourager les personnes homosexuelles de faire un don gratuit et radical de leur tendance, de leur peur de la différence des sexe. Tu sembles dire: « Ne cachez pas ce trésor difficile, choisissez la continence en vue du Royaume, le Seigneur se servira de vos peurs (ici s’impose le mot que tu n’aimes pas du tout: « de vos fragilités😀 ») et les transformera en Amour ». Il y a une seule phrase dans le texte où tu parles de l’homosexualité comme d’un handicap. Ceci m’a fait tout de suite pensé à la théologie de Jean Vanier, philosophe et fondateur de l’Arche qui accueille des personnes porteuses d’un handicap mental, qui est d’ailleurs mentionné par toi à une autre occasion. Ce n’est qu’en descendant aux plus bas de nous-mêmes que…
 

Merci bien Philippe Ariño! »