Vous savez… ces chansons qui, dès les premières notes, vous catapultent dans l’enfance, dans des endroits, des souvenirs, des odeurs, des moments, des images, très précis. Ces madeleines de Proust musicales. J’ai tenté de vous les lister (sans y inclure les dessins animés). Plus pour vous permettre de mieux comprendre l’homosexualité, et pour mieux me connaître, que par narcissisme nostalgique. Je peux les classer en plusieurs 7 catégories (et pour info, je suis né pile en 1980) :
 

A – Les comptines, qu’en général mes parents me faisaient écouter sur des disques vinyle ou des cassettes :

– « Sur le pont d’Avignon » (c’est la comptine et la chanson la plus ancienne dont je me rappelle ; on me la faisait chanter en maternelle, et je me souviens qu’à 3-4 ans, pendant la ronde, je voulais m’incliner au moment où les filles devaient le faire – « Les plus belles dames font comme ça. Et encore comme ça… » – et pas au moment des garçons – « Les beaux messieurs font comme ça. Et puis encore comme ça. »).

– « Pour se réveiller » (1986) d’Anne Sylvestre

– « L’Opéra » (1981) d’Yves Duteuil

– Une chanson en espagnol qui s’intitule « La Araña » (dont j’ignore l’interprète. C’était un groupe d’enfants).
 

B – Les chansons qui franchissaient les murs de l’école maternelle puis primaire, notamment pendant les kermesses ou les carnavals :

– « Au bal masqué » (1984) de la Compagnie Créole

– « Ouragan » (1986) de Stéphanie de Monaco

– « En l’an 2001 » (1985) de Pierre Bachelet (souvenir très précis de Mardi gras à l’école maternelle, où chaque élève a eu droit à une crêpe au sucre, au sous-sol !^^)

– « Je te donne » (1985) de Jean-Jacques Goldman et Michael Jones

– « T’en va pas » d’Elsa

– « Joe le taxi » (1988) de Vanessa Paradis

– « Fourth Rendez-Vous » (1986) de Jean-Michel Jarre

– « Capitaine abandonné » (1985) de Gold

– « Les Chariots de feu » (1981) de Vangelis

– « Demain c’est toi » (1987) de François Feldman (très en lien avec le coloriage et mes crayons de couleurs)
 

C – Les chansons qui passaient à la radio et sur lesquelles mes grands frères et grandes sœurs me faisaient chanter, danser, applaudir :

– « Can’t take my eyes off you » (1982) de Boys Town Gang (Ma plus grande sœur avait réussi à me faire croire que c’était mes propres battements de mains qui étaient enregistrés dans la bande-son).

– « Reggae Night » (1983) de Jimmy Cliff (je revois mon frère jumeau Jean danser sur cette chanson)

– « Nuit magique » (1986) de Catherine Lara

– « Ville de lumière » (1986) de Gold

– « Johnny Johnny » (1985) de Jeanne Mas

– « Berlin Wall » (1987) de Johnny Clegg (Cette chanson me renvoie à la froideur glaciale et boueuse des heures de foot au stade de la Girardière…)

– « Propaganda » (1985) de P-Machinery (Ça, c’est une pépite que m’a fait découvrir ma sœur Blanca)

– « Quel souci la Boétie ! » (1987) de Claudia Philips (Autre délire de Blanca : j’adore)

– « Im Nin Alu » (1988) de Hofra Haza (Ça, c’est encore une pépite musicale débusquée par ma grande sœur Blanca, et qui figurait, perdue dans un enregistrement radio sur cassette…)
 

D – Les chansons de vacances d’été, qui passaient au camping ou dans les fêtes au village, ou qu’on écoutait en voiture :

– « L’Équipe à Jojo » (1971) de Joe Dassin (C’était maman qui écoutait Joe Dassin, en plus de Jacques Brel)

– « Le Séga Mauricien » (1986) de Stéphanie de Monaco (J’ai une image très précise de la galerie marchande PK3 du supermarché Rallye de Cholet)

– « Yaka dansé » (1988) de Raft (J’ai des vacances en Dordogne, et en particulier à Bergerac, en tête, dans ma famille maternelle.)

– « La Isla bonita » (1986) de Madonna (Cette chanson, c’est ma cousine espagnole, Sonia, qui est venue passer des vacances en France, d’échange linguistique, contrainte et forcée, et qui dit « ¡ Me encanta esta canción ! ».)

– « Les Démons de minuit » (1986) d’Images (La semaine en camping et caravane avec mes parents, ma sœur Blanca, mon frère Jean, dans les Pyrénées… et les voisins écoutant cette chanson dans leur poste radio)

– « Voyage voyage » (1989) de Desireless
 

E – Les chansons un peu sulfureuses qui passaient dans Cocoricocoboy de Collaro, dans les émissions de variétés, qu’on n’avait surtout pas en K7, et auxquelles les parents ne voyaient pas le mal

– « Les Nuits sans Kim Wilde » (1985) de Laurent Voulzy (Ça, c’est comme les premières notes de l’émission 7/7 : un électro-choc.)

– « Endicott » (1985) de Kid Creole and the Coconuts

– « Body Physical » (1986) de Buzy

– « Ève lève-toi » (1986) de Julie Piétri

– « One Night in Bangkok » (1984) de Murray Head

– « Kalimba de Luna » (1984) de Boney M

– « Tombé pour la France » (1986) d’Étienne Daho
 

F – Les chansons des furies pétasses qui crient, et qui ont construit mon homosexualité

– « Embrasse-moi idiot » (1985) de Bill Baxter (Cette chanson a énormément compté dans mon identification homosexuelle. Je l’adorais, déjà petit.)

– « Fallait pas commencer » (1986) de Lio (Le moment où les nanas crient, c’était mon moment préféré.)

– « Boys and Girls » (1988) de Charlie makes the cook (C’est sans doute la chanson la plus importante de mon existence.)

– « Libertine » (1986) de Mylène Farmer (Vous vous doutez bien que c’est la fin, avec les femmes-enfants chantantes, qui m’enchantent.)

– « Vélomoteur » (1987) des Calamités

– « Tes états d’âmes Éric » (1988) de Luna Parker
 

G – Les chansons de ma pré-adolescence, qui annonçaient mon ressenti homo :

– « You are the one » (1988) de A-ha (Avec cette chanson, que j’ai fait écouter en cours de musique en classe de 4e quelques années plus tard, j’ai fait mon coming out sans le faire exprès… et sans mon frère jumeau, les gars de ma classe se seraient tous méchamment foutus de ma gueule.)

– « Femmes à lunettes » (1990) de Richard Gotainer

– « J’ai des doutes » (1991) de Sara Mandiano (Incontestablement, la chanson de mon homosexualité.)