La puce est en marche et concrétise le marché mondial des informations, autrement dit l’Empire des données personnelles. Comme l’ont très bien décrit Marc Dugain et Christophe Labbé dans (2016)*, les infos personnelles composent le nouvel « or noir » du capitalisme planétaire, la nouvelle matrice du pouvoir mondial, le nouvel argent à mettre en banque (la banque étant invisibilisée sous forme de Cloud) en échange d’un salaire (autrement dit du « revenu universel »), d’un silence et d’une sécurité factice. Factice parce que chaque individu va avoir l’illusion d’une indépendance, d’une confidentialité et d’une sécurité (grâce à un code, la marque de la Bête, inscrite à la main ou au front : en effet, la collecte mondiale des infos est un communisme et un nazisme cachés, puisque « les statistiques officielles sont ouvertes par défaut » : Nos données ne partiront pas n’importe où ni n’importe comment), et va vivre sous le chantage de l’Arbre de la Connaissance qu’est la Blockchain, cet Arbre que chaque être humain aura l’impression de s’être construit lui-même avec les données qu’il lui aura fournies, cet Arbre-internet qui va nous dire « Je t’aime parce que je te connais par cœur, je te détecte, je te vois 24h/24, je te scrute même de l’intérieur, je te protège », cet Arbre qui est une prison narcissique dorée parce qu’elle est personnalisée selon la couleur de nos sensations, de nos opinions, de notre ADN et de notre passé (à l’image de Facebook), cet Arbre de la Connaissance qui est l’Anti-Croix-du-Christ puisqu’Il nous fait un chantage à l’information (S’Il veut nous manipuler et nous dissuader de nous rebeller, Il n’a plus qu’à divulguer l’historique Internet complet de nos recherches de sites porno, les films de nos sex-tapes, notre casier judiciaire, les enregistrements de nos mauvais souvenirs et nos mauvaises paroles, notre bilan biométrique de santé, le relevé de toutes nos erreurs et nos complexes, etc.). L’inverse du pardon.
 

 

La donnée personnelle (et donc le corps et l’âme de chacun d’entre nous) est en train d’être volé par la Bête. Pour info (sans mauvais jeu de mots), vous retrouverez exactement ce que j’ai écrit sur les X, V, W, et sur le Cube, Rond, Triangle, dans cette brochure de l’ONU pour la collecte sécuritaire des données. Et déjà, ces symboles (Cube, Sphère, Carré) sont associés à la lévitation et au spirituel, comme le montre ce clip de Jura Chulkov (belle représentation de la prison bobo antéchristique et technologique, aseptisée et toute de blanc vêtue).
 
 
 

* « Dans un univers digitalisé et automatisé où le travail se raréfie, l’arrivée des robots humanoïdes va précipiter le ‘chômage technologique’ mondial jusqu’à l’étape ultime du chômage total ! […] Une mutation que les big data ont déjà anticipée en imaginant un ‘revenu universel’ pour les sans-emplois. L’idée, en apparence généreuse et humaniste, est ardemment défendue par les libertariens, ce courant ultra-libéral largement sponsorisé par les big data. En versant une rente à vie aux inactifs devenus majoritaires (80% de la main d’œuvre mondiale), on étouffe le sentiment d’injustice, ferment de révolte, et on tourne la page du salariat, avec ses contraintes réglementaires. […]Les maîtres du big data ont donc imaginé cette astuce du ‘revenu de liberté’, tel qu’ils l’ont baptisé. Pour garantir ce ‘salaire’, l’idée est de payer aux 2,5 milliards d’internautes une partie des traces numériques dont ces derniers se délestent gratuitement. Les esprits sont mûrs. Selon un sondage Havas Media du 30 septembre 2014, 30% des Français sont prêts à vendre leurs données personnelles. Chez les plus jeunes, ils sont 42% à accepter de révéler davantage d’informations sur leur vie en échange de contre-parties financières. […]Une portion des gains de productivité réalisée par l’automatisation sera réinjectée sous forme de baisse des prix, histoire de muscler un peu le pouvoir d’achat des bénéficiaires du revenu universel. Avec, pour boucler la boucle, l’imprimante 3D qui permettra de fabriquer soi-même les produits, après avoir acheté la matière première et le fichier informatique de paramétrage. Le consommateur devient un ‘prosumer’, la contraction en anglais de ‘producteur’ et ‘consommateur’. La valeur des choses ne sera plus dans le salaire, ni dans l’objet, mais dans l’information. Celle stockée dans les immenses coffres-forts numériques des big data. » (Marc Dugain et Christophe Labbé, L’Homme nu, pp. 155-157)
 

N.B. : En lien avec cet article, cette vidéo explique que tout le monde aura de base un salaire du fait « qu’il est né » et comme tout sera automatisé, plus besoin de travailler et donc tout le monde s’adonnera à ses passions ! The Singularity is clear