Amis péruviens,
 

Je viens bientôt dans votre beau pays du Pérou, du 1er au 10 octobre 2017 (du 2 au 5 à Cuzco, et du 6 au 10 à Lima). J’ai étudié, avant de venir, ce qui se passe dans votre pays en matière d’« avancée » des droits LGBT, et ce qui vous attend si vous ne faites rien ou si vous continuez à utiliser les mêmes arguments et méthodes.
 

Je m’appelle Philippe Ariño. Je suis français, catholique, homosexuel continent, auteur de livres sur l’homosexualité (dont La homosexualidad en Verdad, ainsi que mon dernier ouvrage, Homo-Bobo-Apo). J’ai une très bonne connaissance de la culture homosexuelle mondiale, du Gender, de l’Union Civile, du « mariage gay » et de la Franc-Maçonnerie. Et j’ai vu les erreurs faites en Europe et qu’il ne faut pas que vous reproduisiez. Je vois également ce qui se passe dans le monde (j’ai voyagé au Liban, en Côte d’Ivoire, en Martinique…) et je sais quelle forme perverse et bien-intentionnée prennent les lois pro-gays.

 

Pour que vous évitiez les pièges que votre gouvernement vous tend, et surtout pour préparer notre rencontre à Cuzco et à Lima, je vous propose de réorganiser et revoir intégralement votre stratégie. C’est un turn-over, un relooking complet auquel je vous invite !
 

Voici dans les grandes lignes ma feuille de route qui va servir de base à notre cycle de conférences péruviennes, et qui est bien loin de ressembler à un simple témoignage cucul sur « Comment accueillir les personnes homosexuelles ? », sur « Je suis à la fois catholique et homosexuel : ça existe et c’est possible, écoutez mon témoignage » ou sur « Que propose l’Église aux personnes attirées par les personnes de même sexe ? ». Rien de tout ça. Avec moi, vous n’entendrez pas un témoignage. Ce sera une analyse. Analyse qui concerne tout le monde, et à plus forte raison les responsables pro-Vie (hommes politiques, avocats, juristes, psychologues, prêtres, militants…), les catholiques, les jeunes, et les personnes qui ne se croient pas concernées par l’homosexualité.

 

Pour résumer et vous donner le menu de nos échanges, je compte vous mettre en garde d’abord sur les erreurs à éviter, et ensuite vous donner des clés pour orienter notre combat :
 

1) Les erreurs à éviter :

– avoir peur de l’homosexualité, considérer qu’elle n’existe pas et que c’est un faux problème, et parler à la place des personnes homosexuelles.

– se limiter à un traitement émotionnel, sensibleriste, misérabiliste, de l’homosexualité, à un simple témoignage, ou penser que, parce qu’on en parle, on va la justifier ou au contraire la diaboliser.

– conceptualiser les problèmes, au lieu de les regarder en face, et s’hystériser sur des mots (« idéologie », « dictature », « Franc-Maçonnerie », « gauche », « Gender », « Lobby LGBT », « propagande gay », etc.), ou bien sacraliser des concepts (« famille », « éducation », « enfants », « mariage », etc.), pour finalement mal s’opposer aux libertaires progressistes.

– ne parler que de l’enfant et faire du familialisme intégral.

– banaliser l’Union Civile pour éviter le « mariage gay ».

– désuniversaliser l’homosexualité pour en réduire l’influence.

– mépriser ou caricaturer la sincérité des pro-Gender, durcir le ton contre eux, caricaturer leurs arguments ; par exemple, croire qu’ils veulent « homosexualiser la planète » ou transformer les petits garçons en petites filles, ou qu’ils sont contre la famille, ou qu’ils sont contre l’Église, ou qu’ils sont tous de gauche : les pro-gays se moquent de vous et vous inventent même d’autres intentions.

– prendre modèle sur les mouvements pro-Vie espagnols ou nord-américains.

– considérer que les mouvements pro-Vie n’ont absolument rien à se reprocher car leurs buts sont justes. Il va falloir oser l’auto-critique !
 

2) Les solutions (même si on peut estimer que la bataille est, à ce jour, déjà perdue d’avance) :

– cesser de considérer l’homosexualité comme une irréalité ou un péché (quand elle n’est pas pratiquée, elle n’est qu’un « signe de péché ») ; la regarder en face ; arrêter de la mépriser ou de la considérer comme un sous-thème et un piège ; mettre l’homosexualité au centre de nos réflexions et comprendre pourquoi elle seule peut nous sauver de la vague gay friendly qui déferle sur tous les pays du monde, y compris le Pérou qui était pourtant opposé à 65 % aux Unions Civiles en 2013.

– constituer un groupe de témoins homosexuels péruviens solide, et les former sur l’homosexualité, l’homophobie et surtout sur l’hétérosexualité ; leur montrer la puissance du rôle que l’Église et l’homosexualité continente leur donnent ; les prévenir aussi des attaques qu’ils vont subir (de la part des progressistes, mais aussi – et c’est surprenant – de la part des pro-Vie « catholiques » et de certains cardinaux).

– mettre les personnes homosexuelles péruviennes, ainsi que les journalistes catholiques, au travail au sujet de l’hétérosexualité ; fuir l’angle nataliste, familialiste, libertaire ou complotiste, communément choisi par les pro-Vie latino-américains ; autrement dit, sortir au plus vite du protectionnisme parental (hystérique et menaçant) pro-Enfants et pro-liberté (liberté d’expression, d’éducation, de religion) ; arrêter de se victimiser ; regarder en face la compromission des pro-Vie avec l’homosexualité et les Unions Civiles ; faire un état des lieux de la progression des idées LGBT au Pérou (en lien avec la corruption étatique, la propagande sentimentale télévisuelle) ; regarder l’état actuel de l’Église universelle, de l’enseignement catholique et de votre jeunesse (imprégnation de l’homosexualité et de la franc-maçonnerie au sein de l’Église, le récent soutien du Pape François à l’Union Civile) ; faire un bilan interne avant de rejeter la faute sur l’extérieur ; analyser la paralysie des médias pseudo « catholiques » et « pro-Vie » au sujet de l’homosexualité.

– identifier comment les lois pro-gays passent dans les autres pays, pour ne pas imiter les pays occidentaux ; comprendre les erreurs des collectifs familialistes (et souvent inconsciemment homophobes) tels que Con mis hijos no te metas, copiant les groupes francs-maçons d’extrême droite pro-Vie européens tels que Hazte Oír ou Citizen Go ; analyser certains comptes Twitter des pro-Vie pour voir leur argumentaire catastrophique ; décrypter l’inefficacité des Manifs Pour Tous en France, ou de la Marcha Nacional du 4 mars 2017 au Pérou.

– identifier l’ennemi : l’hétérosexualité (et ses synonymes : « égalité des chances », « diversité », « droits », « égalité », « différences », « pluralité », « lutte contre les discriminations », etc.) ; analyser la rhétorique de la ministre de l’Éducation Marilú Martens et les bonnes intentions de son Currículo Nacional ; comprendre les arguments de Carlos Bruce ; voir les déguisements que prend la propagande LGBThétérosexualité », « égalité homme-femme », lutte pour les « droits des indigènes », « évangélisme », « solidarité », « valeurs », « lutte contre les discriminations », « amour parental », « progrès », etc., et le plus inattendu : le Catéchisme de l’Église Catholique, mal défendu par des apparents gardiens de la Sainte Doctrine tels que le cardinal Sarah, et qui pourtant imposent une véritable censure sur l’homosexualité, et soutiennent à leur insu les lois qu’ils condamnent)

 

Sans exagérer, nos rencontres vont être cruciales pour votre pays. Ne passez pas à côté. Merci de diffuser l’info et de convoquer le maximum de monde.
 

Dans la joie de vous rencontrer.

 

Philippe Ariño