MODE D’EMPLOI du Dictionnaire des Codes homosexuels

 

DICTIONNAIRE DES CODES HOMOSEXUELS

 

en ligne

 

(DICO ON LINE)

 

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MODE D’EMPLOI

 

 

 
 

Pour accompagner votre lecture des essais Homosexualité intime et Homosexualité sociale, voici le Dictionnaire des Codes homosexuels, un petit guide référençant par ordre alphabétique (de « Actrice-traîtresse » à « Wagner ») tous les codes homosexuels indiqués par une note de bas de page dans le texte principal. Il y en a 186 en tout, sachant qu’il pourrait y en avoir bien davantage ou beaucoup moins selon l’appréciation de chacun, et que certains se font écho, l’univers symbolique renvoyant à l’inconscient collectif universel.

 

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C’est une grande première qu’un dictionnaire symbolique de l’homosexualité soit disponible ainsi sur Internet ! « Dico on line » est la version illustrée et virtuelle de l’encyclopédie papier de mon Dictionnaire des Codes homosexuels publié chez l’Harmattan en décembre 2008. Par rapport à cette ancienne édition, j’ai retouché mes écrits en rajoutant une notice explicative à chacun des codes, puis rajouté les références des lectures et des visionnages de films ou de pièces que j’ai vus en 3 ans… sachant que ce dictionnaire est extensible à l’infini puisque je ne fais que commencer ce travail titanesque d’exploration de la culture homosexuelle, montrant ainsi l’incroyable censure homophobe qu’imposent les représentants homosexuels actuels qui ne veulent voir leurs œuvres que de loin. Il y a tant à découvrir, et le retard de la recherche intellectuelle sur les œuvres homosexuelles est tellement énorme que j’aimerais vous montrer que l’homotextualité n’en est qu’à ses balbutiements et qu’elle a un avenir radieux devant elle ! Une nouvelle branche des études gay et lesbienne, largement plus pertinente que les Gender & Queer Studies, peut émerger rien qu’avec l’exploitation de mon Dictionnaire des Codes homosexuels !

 

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D’emblée, quand certains entendent parler de « codes homosexuels », ils pensent instinctivement aux us et coutumes réels des personnes homosexuelles entre elles, à leurs signes de reconnaissance secrets (boucle d’oreille à gauche ou à droite ? couleur des lacets ? foulard dépassant du pantalon et indiquant la passivité ou l’activité ? etc.), aux spécificités et aux évolutions du jargon du monde gay. En réalité, vous ne trouverez rien de tout cela dans cette somme.

 

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Ce répertoire n’est pas un guide pratique pour devenir un parfait petit homosexuel et faire sa balade touristique dans le monde gay. Il est juste un ouvrage qui décrypte le sens et la nature du désir homosexuel. On dépasse la pratique pour aller au sens, aux symboles et aux images que le désir homosexuel emploie pour se dire.

 

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Voilà comment va s’organiser concrètement ce Dictionnaire. Pour chacun des codes, j’ai donné toutes les œuvres fictionnelles sur lesquelles je les avais vu figurer (partie « FICTION« ), puis, sur une deuxième partie de tableau (« PARFOIS RÉALITÉ« ), leurs improbables actualisations dans la réalité concrète, en traçant entre la fiction et la réalité une frontière bien nette, celle de la coïncidence (et surtout pas celle de la causalité !). Les clichés du désir homosexuel ne sont pas des causes propres aux personnes homosexuelles ni des vérités systématiques sur elles, PRUDENCE !

 

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J’attire toute votre attention sur le fait que ces codes ne sont nullement, et ne devront jamais, constituer une grille de lecture ni un portrait-robot des homosexuels, bien que de l’extérieur ils apparaissent comme une tentative de pathologisation et d’essentialisation du désir homosexuel. Ils sont tout le contraire : plus j’ai énoncé que le désir homosexuel avait ses images propres pour se dire, plus (et voilà le paradoxe) j’ai cherché à montrer que « l’homosexuel » n’existait pas et que l’homosexualité n’était pas l’identité profonde des personnes qui se sentent « homosexuelles ». Je le répéterai jusqu’à mon lit de mort s’il le faut, mais ceci est fondamental pour ne pas dénaturer ma démarche. On ne peut en aucun cas considérer les symboles relevés dans ce dictionnaire comme des outils pour isoler le désir homosexuel du désir hétérosexuel (d’autant plus que vous constaterez rapidement que le langage iconographique qu’utilise le désir homosexuel est presque identique à celui du désir hétérosexuel), ni comme des vérités ou des faits réels sur les personnes homosexuelles. Même si certains symboles parviennent à être dans certains cas partiellement actualisés en réalités fantasmées dans le quotidien d’un grand nombre de personnes homosexuelles, à cause de l’intervention d’une conscience humaine qui les croient totalement vrais ou totalement faux parce qu’elle maintient avec eux un rapport idolâtre souffrant, il n’en reste pas moins qu’ils doivent toujours demeurés là où ils sont nés, c’est-à-dire au pays des mythes et des fantasmes. Leurs actualisations ne sont jamais systématiques, et notre liberté humaine, si petite soit-elle dans les circonstances de la vie où elle est mise à mal, est inviolable. Il est donc clair que ce dictionnaire ne doit pas servir de test ou d’ensemble de « critères » pour détecter en soi et chez les autres l’existence d’une identité homosexuelle figée et éternelle : nos désirs sont évolutifs, notre sexualité en inconstante construction, si bien qu’il serait totalement absurde de prétendre, après lecture de ce répertoire, que par exemple toutes les personnes homosexuelles aiment les chats, ont une mère possessive ou se passionnent pour la corrida. Si certains lecteurs finissent par le penser, une deuxième lecture plus attentive du texte principal s’impose. Les codes homosexuels n’ont été soulignés, d’une part, qu’en vue d’inclure l’homosexualité dans une perspective universelle et évolutive de la sexualité et, d’autre part, pour remettre en cause le mythe de l’identité homosexuelle tout en défendant l’existence d’un désir particulier et parfois éphémère, le désir homosexuel, et de ses supports humains que sont les images.

 

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Pour intégrer à ce dictionnaire une création (film, discours, roman, chanson, peinture, pièce, etc.) en tant qu’« œuvre homosexuelle » (expression largement discutable, j’en conviens), il a fallu à mon sens :

 

– soit que le thème principal ou secondaire de l’œuvre en question se rapporte explicitement au désir homo-érotique,

– soit que l’homosexualité du créateur de cette œuvre soit affichée et connue des médias, ou relativement latente,

– soit que l’artiste soit vénéré(e) comme une icône de la communauté homosexuelle, ou que le public visé par sa création artistique se revendique gay ou gay friendly (Je me rallie en partie à cette affirmation de Jan Noll dans le documentaire « Somewhere Over The Rainbow » (2014) de Birgit Herdlitschke : « À partir du moment où, sur une piste de danse, les homos reprennent en chœur ‘It’s Raining Men’, ça devient un hymne gay… même si ce n’était pas l’intention de départ. »).

 

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Néanmoins, l’imprécision entourant le concept d’identité homosexuelle, de par la nature même du désir homosexuel qui repose essentiellement sur l’ambiguïté, montre que la désignation « œuvre homosexuelle » s’applique à des créations que certains pensent strictement hétérosexuelles, et qu’elle louvoie fatalement avec la caricature. Loin de discréditer entièrement le sérieux du Dictionnaire des codes homosexuels, cela prouve bien une chose : d’une part, quand nous parlons du désir homosexuel, nous ne nous référons pas à des faits et des actes réels, et d’autre part, nous abordons toujours plus globalement la question des désirs humains écartelants, qu’ils soient homosexuels, hétérosexuels ou bisexuels. Le désir hétérosexuel et le désir homosexuel utilisent les mêmes codes iconographiques pour se dire, même s’ils ne s’actualisent pas pareil : la seule différence entre les deux est que le premier intègre la différence des sexes de manière brutale, et que le second la rejette, pour des résultats tout aussi violents.

 

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Mon relevé n’a rien d’exhaustif ni de purement objectif. Par la force des choses, j’ai opéré des choix selon ce que je suis, ce que je connais, ce que j’aime ou ce que j’aime moins, ce que j’avais envie d’exprimer et de défendre. Il m’est impossible de nier que ce florilège a été inspiré, et donc limité, par mon histoire personnelle, mon contexte d’écriture, mes goûts, mes rencontres, mes lectures, mon âge, etc. Cependant, il n’en est pas pour autant que générationnel, individuel, idéologique, subjectif. J’ai veillé à diversifier au maximum mes outils d’analyse et les sources, si bien que j’ose prétendre qu’il constitue une banque de références solides pour tout chercheur et passionné de l’homosexualité. Il doit donc être pris comme un ensemble hétéroclite mais cohérent et à visée universelle. De prime abord, les ouvrages référencés apparaîtront de valeurs très inégales, tant les codes homosexuels, renvoyant à la culture humaine mondialisée, ratissent large… et pas toujours vers des créations de qualité : le désir homosexuel, s’appuyant fortement sur le kitsch ou le camp, c’est-à-dire des genres « pacotille » et totalitaires, risque de donner à ma liste un air de pot-pourri psychédélique peu crédible, puisque se mélangent des ouvrages intellectuellement très honnêtes à de purs « navets » cinématographiques et littéraires, des témoignages d’intellectuels reconnus comme des « génies » à des entrevues de vedettes éphémères « à la Warhol » (j’ai marié sans complexe Marcel Proust avec Alizée !). Mais malgré tout, avec le temps et ma petite expérience, je me suis quand même rendu compte que ce répertoire pouvait servir de clé de lecture d’un très grand nombre d’œuvres homosexuelles (y compris celles que je n’ai pas encore vues !), et faire écho à beaucoup de discours et de vies de personnes homosexuelles (les individus homos que je ne connais pas encore étant, eux aussi, inclus). C’est dire la portée universelle que contiennent ces annexes.

 

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Des esprits sceptiques verront peut-être dans mon travail d’analyse symbolique du désir homosexuel une extrapolation, et se tueront à me prouver une évidence que je sais déjà : que la fiction n’est pas la réalité, qu’une personne ne peut pas être réduite à son désir homosexuel. Or les mythes ont beau ne rester confinés que dans l’imaginaire, ils recouvrent au moins une certaine réalité de la conscience humaine, donc ils parlent de manière atemporelle aux Hommes de 7 à 77 ans.

 

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Je n’ai fait que citer des exemples et des individus provenant de la culture artistique mondialisée : certains pourraient se servir de cet angle de vue pour ne pas s’identifier à ceux qu’ils considèrent comme des artistes farfelus vivant dans un univers artificiel bien lointain du leur. À ceux-là je répondrais que, d’une part, il n’existe pas une cloison étanche entre les personnes homosexuelles soi-disant superficielles, citadines, connues et obsédées sexuelles du « milieu homosexuel », et les personnes homosexuelles inconnues, intègres, fidèles et vivant « hors milieu » (je les renvoie aux pages sur le paradoxe du libertin homosexuel dans l’ouvrage principal) ; et que, d’autre part, si j’avais pu citer les phrases nombreuses et parfois incroyables que j’ai entendues au hasard des conversations anodines avec mes amis homosexuels, je l’aurais volontiers fait.

 

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Ce n’est pas dit que je ne le fasse pas un jour pour vous montrer combien ce que j’ai écrit s’applique non seulement au petit monde du show business mais aussi à bon nombre de sujets homosexuels peu excentriques, simples, et absolument pas adeptes du mode de vie homosexuel présenté à la télévision.

 

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Je peux vous assurer qu’après le Dictionnaire des Codes homosexuels, vous ne regarderez plus les films et ne lirez plus les romans à thématique homosexuelle pareil. Je vous fais cadeau d’une paire de lunettes originale (… et à double-tranchant si vous la mettez à l’envers !). Donc attention… et bonne lecture à vous !

 

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Philippe Ariño