La technique de destruction du diable ne passe pas directement par le mépris affiché de la personne qu’il veut anéantir. Elle se pare souvent de compassion, de bonnes intentions, d’« empathie », de « solidarité ». En effet, le diable a d’abord pitié de la tristesse et de la méchanceté qu’il crée et impute gratuitement à cette personne (qui dans la réalité est très joyeuse… et c’est cette joie inaltérable qui fout le diable en rogne, d’ailleurs : jalousie jalousie), avant de lui attribuer sa propre méchanceté et folie.
 

J’ai remarqué ce passage intermédiaire de la calomnie infondée par la case « tristesse et plainte » particulièrement sur Twitter : les gens qui ne me connaissent pas et qui veulent décrédibiliser mon témoignage, m’inventent un passé sordide, un isolement qu’ils cultivent, une tristesse qui les chagrine tout seuls, une haine de moi-même qui n’est en réalité que la projection de leur propre haine à mon encontre : ils se croient bons de me plaindre, de me vouloir absolument triste et sans joie. Le contraire de ce que je suis dans la vie.
 

On se fend la gueule au séminaire

On se fend la gueule au séminaire

 

Et tout récemment, en regardant la série Ainsi soient-ils sur ARTE, j’ai à nouveau pu constater le même phénomène d’affaiblissement par la compassion doloriste (« Mon pauvre, tu souffres » = « Mon pauvre, je veux que tu souffres ») : les réalisateurs bobos de cette série pleurnicharde, au lieu de casser frontalement une Église qu’ils ne connaissent pas ou mal, L’affaiblissent en se donnant le beau rôle de La rendre morose, en simulant de pleurer avec Elle d’une tristesse et d’épreuves qu’ils sont en réalité les seuls à créer.