Demander un référendum pour le « mariage pour tous » est un non-sens. Non seulement nous ne l’obtiendrons pas, mais en plus, les spécialistes en droit nous confirment qu’il n’a pas lieu d’être. Car tel que le projet de loi a été posé dans les termes, il concerne le mariage dans son ensemble, et non spécifiquement le « mariage homosexuel ». Or la réalité de cette institution ne se discute pas. Le mariage existe de toute éternité depuis que l’homme et la femme sont sur Terre et qu’ils ont décidé de s’unir. Il est ontologique. Il est fondé par la différence des sexes, et il fonde la différence des sexes, dans un double mouvement. On peut tout à fait débattre sur le mariage, sur ses modalités de pratique, qui varient selon les époques, les cultures, les religions et les individus. Mais un référendum n’est pas un débat. Ne l’oublions pas. Le référendum décide de l’existence ou non d’une réalité. Or le mariage EST. Il n’y a pas à être « pour » ou « contre », y compris dans une démarche universaliste et populiste de consultation du Peuple dit « souverain ». Des États généraux du mariage (et pas uniquement de la famille), ça, OUI ! Mais la demande de référendum, en plus d’être techniquement compromise, est inadaptée à la réalité du mariage, et inadaptée à la loi du « mariage pour tous » telle qu’elle a été formulée (c’est-à-dire non comme un « mariage gay » mais comme un « mariage tout court »). Alors que nous reste-t-il à faire pour faire barrage au projet de loi Taubira ? S’adresser au pouvoir législatif et à nos députés. Ce sont eux qui ont les clés du débat.