Jamais ô grand jamais je n’aurais imaginé promouvoir un film ou une série sur Netflix, cette plateforme de la nullité, de la violence et de la bien-pensance mondiale actuelle. Et encore moins à pleurer à la fin. Et pourtant, je vais le faire exceptionnellement pour le film « Wake up Dead Man » de Rian Johnson, sorti tout récemment.
Les voies du Seigneur sont impénétrables et toujours surprenantes. Et Il se trouve là où on ne l’attend pas. Il est même mieux défendu que par ses bruyants promoteurs officiels autoproclamés (Mel Gibson, SAJE Productions, frère Paul-Adrien, Steven Gunnel , Glorious, Pierre Barnérias, The Chosen, et autres évangélisateurs zélotes convaincus), car c’est fait de manière plus discrète, inattendue, pudique, épurée de toute sincérité ou volonté de faire croire, dépouillée de tout didactisme piétiste, et même de manière irrévérencieuse. Bref, d’une manière paradoxale. En effet, en début de film, le très rationaliste inspecteur Benoît Blanc – joué par l’acteur de « James Bond » David Craig – lance une diatribe cinglante contre l’Église catholique… et jusqu’à la fin, même si le spectateur connaît sa progressive conversion intime à la Miséricorde divine, il déclinera quand même l’invitation du jeune prêtre vedette à assister à sa messe.
« Wake up Dead Man », je le crois, convertira pourtant bien plus les cœurs et défend bien mieux l’Église et les prêtres que tous les films pro-Église et théologiquement/bibliquement irréprochables, léchant les bottes des prêtres/évêques/papes. Pourquoi ? Parce qu’il respecte les sacrements – en particulier celui de la réconciliation – et surtout honore l’amour/le pardon des assassins. Jusqu’à leur dernier souffle. Dimension complètement omise par les documentaires et séries cathos actuels. Et le tout, sans démagogie aucune, ni déni de la noirceur de la réalité ecclésiale. Je ne croyais pas les réalisateurs nord-américains capables d’une telle subtilité, d’une Foi aussi délicate qu’invisible (c’est vraiment à l’image de Jésus qui fait semblant de s’éloigner en présence des compagnons d’Emmaüs, ou se rendant invisible, quasi absent). La scène finale de confession du coupable des meurtres (promis, je ne spoilerai pas) est d’un respect clérical, sacramentel, absolument magistral. Immense. On nous montre la force du sacrement de confession, ainsi que l’amour/la communion/la compassion d’un saint jeune prêtre envers le pécheur, et c’est plus impactant que n’importe quel beau discours sur la beauté du pardon et la grandeur du ministère sacerdotal, que n’importe quel film sur le Sacré-Coeur ou qu’une visite pontificale. Du jamais vu à la télévision ! Et encore moins sur Netflix et dans une intrigue policière à la Hercule Poirot (où traditionnellement la morale, Dieu et Jésus, n’ont absolument aucune place. Croyez-moi, je suis bien placé pour le dire : je m’en suis tapé, des enquêtes télévisuelles dirigées par Peter Ustinov, David Suchet, Kenneth Branagh ! J’ai même vu la trilogie de Rian Johnson, où David Craig – alias Benoît Blanc – mène l’enquête : « À couteaux tirés » en 2019, « Glass Onion » en 2022, et enfin « Wake Up Dead Man » en 2025… et les deux premiers volets sont sans Foi ni loi. Franchement.).
Alors oui, pour ceux d’entre vous qui ont Netflix, allez voir « Wake up Dead Man » (littéralement « Réveille-toi homme mort » ; probablement petit clin d’œil à U2). Vous verrez que ça ressuscite bien l’homme mort en chacun de nous. Et ça nous montre qu’il faut en passer pour l’apparente irrévérence pour révérer vraiment Dieu et l’Église. Les films ou documentaires les promouvant ouvertement ne convertissent absolument personne, pas même les croyants convaincus.


