Je vous partage ce lien de la chronique « humour » – pas drôle et limite douloureuse à regarder car elle est un des nombreux signes pathétiques du déclin actuel de l’Église, déclin qui fend le cœur mais qui est nécessaire et inéluctable – de Floriane de Malestroit sur RCF. À propos d’Octobre Rose (campagne nationale de lutte contre le cancer du sein).
Mais c’est juste parce qu’elle y fait accidentellement mention de la singularité bestiale (elle parle des « mamelles de la vache » et de la « saint-gularité/sein-gularité »). En parfait écho au dernier chapitre de mon livre La Singularité est la Marque de la Bête, dans lequel je préviens de l’arrivée du christocentrisme navrant de Fin des Temps, qui se déguisera justement de saint-gularité…
Au passage, le dénominateur commun de tous ces jeunes « humoristes » cathos invités en ce moment sur RCF (Radio Chrétienne Française) au micro de Pierre-Hugues (pour devenir des pâles copies de chroniques ricanantes forcées de France Inter, RTL, ou Radio Nova, bref, les radios mondaines bobos), c’est qu’ils ne contestent pas l’Église-Institution et ne critiquent pas véritablement l’Église en interne (ils sont trop soucieux, au contraire, de lui plaire, de la draguer comme des putes et des marchands du Temple, comme des « Enfants de Dieu et de l’Église » reconnaissants et « honorés ») ; c’est que ce sont tous des jeunes de redeudeu (Floriane de Malestroit, Matthias Deuté – Deux-Thés -, Violaine de Pins… ; exception avec le stand-upeur ex-musulman Medhi Djaadi, ou encore l’ex-Juif Gad Elmaleh, mais qui briguent eux aussi une carrière et une noblesse tardive), des petits-bourgeois pas drôles (vu qu’ils ne disent pas de grandes Vérités : ils se contentent de faire dans le folklorisme religieux gentiment poil-à-gratter, sulfureux et irrévérencieux… mais qui ne déplacera pas les meubles, ne foutra pas le bordel ; ils restent confortablement dans la taquinerie mignonnette, bonenfant et peu corrosive, bref, dans l’humour de droite tirant sur l’extrême-droite, même s’ils basculeront de temps en temps dans une vulgarité, une insolence, une irrévérence et une rébellion gauchiste de surface, pour se muscler et se démarquer un peu les uns des autres).
Car au fond ils sont attachés à leur image (y compris en la salissant un peu dans un élan « iconoclaste » anti-bourgeois), à leur « carrière » embryonnaire, sont les bourgeois coincés qui essaient de faire cool, djeunes, et de se faire croire (car ils sont les premiers à ne pas en être convaincus) qu’ils ne viendraient pas de là ( = l’Église, leur milieu social privilégié, ou leur ex milieu zonard) où ils viennent, voire qu’ils en seraient sortis (alors que pas du tout…). Étriller/détourner les clichés sur les cathos, c’est encore faire du cliché, y retourner, en être prisonnier, et en faire son fond de commerce, de vues, de popularité. C’est rester dans la séduction. Or, le vrai humour ne séduit pas. Au contraire, il contrarie, joue constamment avec le feu, flirte avec la mort – de sa popularité, de sa carrière, de son image, de sa sécurité matérielle, voire de son intégrité physique -, est suicidaire ; et le véritable humoriste est un apparent « fou » qui donne/risque concrètement sa vie à tout moment (il dépasse largement le calembour graveleux ou caricatural sur la religion et l’actu), quitte à passer pour un encore plus fou, dangereux et diabolique qu’il n’y paraissait déjà ! C’est une autocondamnation. Un autosabordage constant et volontaire.

