Bientôt, nous ne verrons plus les étoiles


 

Hier, j’ai eu un petit réveil de conscience en me rendant à la rencontre-signature avec un romancier, Alain Blottière, qui présentait son roman Le ciel a disparu à la Librairie de Paris, Place de Clichy. Sur la base d’une intrigue politique (préméditant l’assassinat d’Elon Musk), il nous a expliqué une réalité flippante dont nous, Humains voyant plutôt les choses à l’horizontale plutôt qu’à la verticale, n’avons pas conscience : le ciel est en train de devenir l’espace de conquête et de pollution d’une singularité agressive. Beaucoup de puissants magnats d’Internet veulent y laisser leur empreinte, y installer leur propre constellation de satellites (Galileo, OneWeb, Iridium, Beidou, Globalstar…). Le milliardaire (autiste) Elon Musk, par exemple, a prévu d’envoyer grâce à sa base Space X 15 000 satellites d’ici 2030 pour compléter sa constellation Starlink, et compte bien déplacer un million d’Humains sur Mars quand la planète Terre ne sera plus habitable. Cette singularisation satellitaire inquiète beaucoup les astronomes. Il faut savoir qu’entre les orbites basses et le nombre exponentiel de satellites qui gravitent au-dessus de la Terre et détruisent la couche d’ozone (aujourd’hui, on est à 15 000 satellites ; en 2030, probablement entre 30 000 et 100 000 ; et en 2040, on pourrait atteindre le demi-million !), un rideau de plus en plus épais de débris et d’objets volants obstrue le ciel, et bientôt, nous ne verrons plus les étoiles depuis la Terre. Et en demandant à Alain Blottière s’il validait la vision johannique apocalyptique de la chute des étoiles sur la surface terrestre, il m’a répondu que « les étoiles nous survivront, mais qu’en revanche, si les satellites sont les étoiles tombantes vues par saint Jean, il y croit ! »