Article du Nouvelliste en l’honneur de la Gay Pride à Sion (Suisse), ainsi que ma réponse censurée

 

En réponse à la tribune du 9 juin 2015 « L’homosexualité n’a pas besoin d’être guérie » sur le Journal suisse Le Nouvelliste, déroulant le tapis rouge à la première Gay Pride de Sion (Suisse) où j’aurais dû intervenir le 10 juin (demain), j’ai écrit cet article. Celui-ci est une commande de ceux qui m’avait initialement invité à la table ronde qui, à cause de la censure médiatique et du refus des associations LGBT locales de s’entretenir avec moi, n’a pas eu lieu. Finalement, j’avais bien deviné que cette réponse ne serait pas publiée vu l’attitude gay friendly du journal en question. Je la publie dès maintenant dans sa version tronquée par mes hôtes, puis dans sa version complète. Vous constaterez par vous-mêmes qu’elle est hyper subversive et que je dis des horreurs pour mériter une telle censure.
 
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Ma réponse (tronquée à mon insu) :
 

L’homosexualité, une maladie?

 

Les personnes homosexuelles pratiquant leur homosexualité, ou les personnes homophobes croyant en une « espèce homosexuelle à soigner », sont bien les seules à le penser ! Une peur, que je sache, n’est pas une maladie. Et le désir homosexuel est bien une peur et un éloignement de la différence des sexes, la différence des sexes étant le socle de notre existence. Cette peur, et parfois ce rejet, de la différence des sexes n’ont pas à être applaudis ni banalisés. Ils expriment un manque de confiance et une haine inconsciente de soi, des autres, de la sexualité (la différence des sexes étant par essence la sexualité). Ils peuvent venir soit d’expériences traumatiques au niveau de la sexualité – je connais à ce jour plus de 90 amis homos qui m’ont révélé avoir été violés, même s’il ne faut pas en faire une règle – soit d’un doute et d’une panne d’identité à un moment de construction hésitante de soi.
 

Ce n’est pas parce que l’attraction homo est ressentie physiologiquement et corporellement que l’homosexualité serait une maladie ou au contraire une nature, une espèce. Personne ne se réduit à ses sentiments ni à ses pulsions ni à ce qui le fait jouir génitalement. Le discours essentialiste et naturaliste de l’homosexualité ne respectent pas les personnes homosexuelles telles qu’elles sont, même s’il semble vouloir leur bien et prône une indifférence relativiste ressemblant à du respect. Il n’en est rien. Le désir homo est bien une peur et une blessure psycho-sexuelle. Le reconnaître ne nous fait que mieux prendre soin des personnes. Ne banalisons pas, ne sacralisons pas et ne diabolisons pas l’homosexualité : reconnaissons-la plutôt telle qu’elle, sans la justifier, pour mieux accueillir et connaître les personnes qui la ressentent, et comprendre ce qu’elles vivent.
 
Philippe Ariño

 

blogueur homosexuel, araigneedudesert.fr

 
 

Texte initial :
 

Homosexualité : une maladie ?? Les personnes homosexuelles pratiquant leur homosexualité, ou les personnes homophobes croyant en une « espèce homosexuelle à soigner », sont bien les seules à le penser ! Une peur, que je sache, n’est pas une maladie. Et le désir homosexuel est bien une peur et un éloignement de la différence des sexes en amour, différence des sexes étant le socle de notre existence, identité et amour sur terre. Cette peur, et parfois ce rejet, de la différence des sexes n’ont pas à être applaudis ni banalisés. Ils expriment un manque de confiance et une haine inconsciente de soi, des autres, de la sexualité (la différence des sexes étant par essence la sexualité), de Dieu. Ils peuvent venir soit d’expériences traumatiques au niveau de la sexualité et de la spiritualité – je connais à ce jour plus de 90 amis homos qui m’ont révélé avoir été violés, même s’il ne faut pas en faire une règle et que moi-même je n’ai pas été violé – soit d’un doute et d’une panne d’identité à un moment de construction hésitante de soi.
 

Oui, il faut le dire pour être au plus près de l’amour des personnes homos : le désir homosexuel est bien une peur et une blessure vis-à-vis de la différence des sexes. Vous pourrez aller consulter les codes « Désir désordonné », « Moitié », « Appel déguisé », « Viol », « Milieu psychiatrique » de mon Dictionnaire des Codes homosexuels sur mon blog araigneedudesert.fr. Vous verrez que nous, personnes homosexuelles, faisons explicitement mention de cette blessure identitaire et amoureuse que nous expérimentons dans notre corps, dans notre famille, en amitié, en « amour », en société. Ce ne sont pas que les autres qui créent notre malheur ou une maladie qui nous serait spécifique : c’est aussi notre propre pratique et nos propres fantasmes.
 

Ce n’est pas parce que l’homosexualité n’est pas un choix, donc pas un péché (le péché présuppose une liberté), qu’elle n’est pas un signe de péché. Même Jésus, qui n’était pas pécheur, a porté sur lui la totalité des signes de péché du monde et a hérité du péché d’Adam de se croire affranchi de la différence des sexes et de sa divinité. Ce n’est pas parce que l’attraction homo est ressentie physiologiquement et corporellement que l’homosexualité serait une maladie ou au contraire une nature, une espèce. Personne ne se réduit à ses sentiments ni à ses pulsions ni à ce qui le fait jouir génitalement : nous ne sommes ni des anges, ni des bêtes ! Nous sommes homme ou femme, et Enfants de Dieu. Point. Le discours essentialiste et naturaliste de l’homosexualité ne respectent pas les personnes homosexuelles telles qu’elles sont, même s’il semble vouloir leur bien et prône une indifférence relativiste ressemblant à du respect. Il n’en est rien. Le désir homo est bien une peur et une blessure psycho-sexuelle. Et alors ? Le reconnaître ne nous fait que mieux prendre soin des personnes et dénoncer les désastres de l’hétérosexualité. Ne banalisons pas, ne sacralisons pas et ne diabolisons pas l’homosexualité : reconnaissons-la plutôt telle qu’elle, sans la justifier, pour mieux accueillir et connaître les personnes qui la ressentent, et comprendre ce qu’elles vivent.

Bernadette le feu

 

Sainte Bernadette Soubirous, ce n’était pas une tiède qui disait qu’elle était juste « chrétienne » et que « Jésus nous aime » ou qu’elle « aime Jésus ». Elle insistait bien sur les comment et les conditions de son amour à Lui et à elle.^^

Le vrai culturel : si proche du cultuel !

 

Mercredi 3 juin, en attendant la conférence de Xavier Lemoine programmée en soirée (conférence géniale, au passage), j’ai eu le privilège de passer toute la journée dans un grand complexe artistique flambant neuf de la ville de Saint-Cloud, à travailler sur mon ordinateur et à écrire la suite de ma deuxième pièce : Le Carré s’appelait ce lieu. Une sorte de Temple du loisir-consommation et du Paganisme. J’observais, tout en écrivant sur mon ordi, le défilé de gens qui venaient inscrire en masse leurs enfants pour les activités extra-scolaires de l’année scolaire prochaine. Ça se bousculait au portillon. Défilement des parents bobos nouveaux riches, tirés à quatre épingles, pas fringués aristos cathos, mais friqués-décontract. Dans leur recherche d’activités jeunesse de leur enfant, tout semblait centré sur deux choses : les goûts (le bien-être) et la performance. Aucun sens donné, si ce n’est celui de se faire plaisir et de « savoir faire ». Quasiment rien pour la nourriture de l’âme, du cœur ni pour Dieu. Le tout sur fond de Laurent Ruquier sur RTL (même la musique du générique de On n’est pas couché a été joué par le groupe de rock des jeunes qui faisait une démo). Activités profanes à gogo, proposées par des profs G.O. gentillets et un peu mollassons, barbus avec petite queue de cheval ou fonctionnaires lisses : body-box, danse africaine, hip-hop, théâtre, etc. J’étais navré. Où es-tu Jésus ? Pourquoi les gens vont en masse vers ce qui ne les remplit pas ?
 

Heureusement, à côté de cette marée « culturo-consumériste », dopée au boboïsme individualiste ambiant, j’ai pu entendre de la bouche de Xavier Lemoine le soir une toute autre défense du culturel, celui qui se conjugue avec le spirituel. En effet, il nous a proposé de « déplacer la problématique de l’IDENTITÉ vers la VOCATION (pour mieux rejoindre l’identité ». Oui. Le « Qui es-tu ? » (JE SUIS CHARLIE, JE SUIS PIPI AU LIT, etc.) remplacé par le « Qui appelles ton cœur ? », ça a quand même plus de gueule. On n’est plus dans le fait culturel mais dans le don de soi et dans le don à l’autre.

Déprogrammé

Et voilà. Le 10 juin, je devais initialement me rendre à une table ronde, en face de deux participants homos de la Gay Pride à Sion (en Suisse) et aux côtés d’un homme politique, dans le style des débats apparemment traditionnels et courtois dans un pays comme la Suisse quand un sujet fait polémique. Et il arrive exactement ce qui s’est passé avec Christine Pedotti qui devait se confronter à moi lors des États Généraux du christianisme il y a deux ans : quand elle a appris qui j’étais, elle a balisé et s’est désistée… Là, c’est pareil. Ils ont tellement les boules de ne pas en mener large face à moi qu’ils viennent d’annuler. Les pro-homosexualité (ou anti-homophobie) ne veulent surtout pas voir traiter vraiment ce qu’ils défendent ou combattent. Idem pour les mass medias, extrêmement homophobes derrière leur façade gay friendly. L’organisateur qui voulait me faire venir m’a écrit : « Les médias ne bougent pas et ne souhaitent apparemment pas nous donner la parole (tu connais la corruption du système !). Je suis en train de lire ton livre: « L’homophobie en vérité » et j’ai proposer l’idée suivante lors de notre réunion : créer une conférence avec ce titre (si tu es d’accord) et t’inviter comme conférencier. L’idée serait de faire cette conférence dans la première quinzaine de septembre. » Affaire à suivre…

On imagine toujours la mort des êtres qu’on admire le plus

 

C’est bizarre et paradoxal mais je crois qu’on imagine toujours la mort des êtres qu’on admire le plus. Non pas qu’on souhaite leur mort. Car on ne veut surtout pas les voir disparaître. Mais ils dégagent une telle résurrection qu’il est difficile de faire autrement. Donc on est sur le qui-vive dès qu’on goûte au bonheur fugace et éternel de les connaître, dès qu’on les entend dire des choses précieuses et inédites, dès qu’on réalise la bombe qu’est leur prise de parole pour annoncer la Vérité, dès qu’on décèle leur identité de gêneurs sociaux et d’empêcheurs de tourner en rond, dès qu’on mesure sur quelle corde raide marche tout prophète qui peut à tout moment être tué pour ses idées. Une chose est sûre : Jésus devait faire bien peur en même temps qu’il enthousiasmait. Pas de pain sans l’amertume de la coupe.
 

Cette vision de la mort de mes amis les plus chers, je la vis déjà quand je me retrouve face à des personnes comme Xavier Lemoine, Jean-Pierre Winter, Cédric Burgun, Philippe de Maistre, Nicolas Buttet. Ce moment où l’emballement émerveillé et la forte inquiétude se mêlent inextricablement, où je pense « Il ou elle est fou/folle et génial(e) à la fois ! », « Il ou elle risque de mourir pour ce qu’il/elle est et défend », où je crie intérieurement « Tu me manques déjà ! » ou « Je ne veux pas que vous mourriez ! Non, je ne veux pas !! » et je rigole d’oser seulement penser au décès en de si joyeuses circonstances. Ce moment où on perçoit un trésor génial et en même temps sa grande fragilité, son vulnérabilité d’amour, sa fugacité humaine.
 

Ne pas hésiter à formuler des faveurs précises au Seigneur

 

Il ne faut pas hésiter à formuler des faveurs précises au Seigneur. Car il répond et nous donne souvent exactement ce que nous voulons. Par exemple, ce midi, je pique-niquais rapidement du côté de la Maison de la Radio, et un Sénégalais noir est venu me demander « une petite pièce ». Dans un premier élan, je lui ai dit gentiment: « Désolé, je ne donne pas de pièce. Bonne journée quand même. » Puis il est parti sur ma droite. Et moi je suis allé sur la gauche faire une course dans un supermarché. Pris de remord, dans le supermarché, j’ai demandé à Dieu : « S’il-te-plaît Jésus, donne-moi une chance de me rattraper. Fais que je recroise la route de ce mendiant. » Je sors du magasin. Sur qui je tombe? Sur le Sénégalais qui passait en marchant devant le supermarché! Je lui ai donné une pièce et raconté que j’avais été exaucé par le Seigneur. Il a cru en NOTRE miracle. Et il m’a avoué qu’il croyait en Dieu. Nous avons prié, à ma demande, un « Je vous salue Marie » pour rendre grâce. Et c’était fervent et vrai. Car il y avait une chance sur un milliard que je le revoie puisqu’il n’avait pas pris ma direction.

Écriture de ma seconde pièce

Nouvelle journée d’écriture de ma seconde pièce. Intrigue sur fond de fin du monde : rien qu’en voyant les endroits du globe où ça sent la Troisième Guerre mondiale, et pas qu’à moitié – les bancs de sable en Chine méridionale, les 900 000 réservistes finlandais rappelés, le Liban dernier bastion chrétien au Moyen-Orient envahi par les islamistes syriens… -, j’ai de quoi être inspiré ! Et pourtant, je suis dans l’Espérance, car c’est une pièce sur la beauté du martyre.