Amalgame entre « homophobie » et « accusation d’homophobie »

Que les choses soient claires. Ce n’est pas « L’HOMOPHOBIE » en elle-même (c’est-à-dire un désir, des mots et des actes réels) qui intéresse les Jacques de Guillebond, les Mgr Lantheaume et autres Christian Vanneste, mais bien « L’ACCUSATION D’HOMOPHOBIE » (à savoir le paraître, l’image, la rumeur, l’étiquette paranoïaque pour diaboliser ses adversaires ou s’auto-victimiser). La nuance est de taille ! En écoutant par exemple Alain Escada, le président actuel de l’institut Civitas (un mouvement qui se dit « catholique », mais qui en réalité est lefevriste, non-reconnu par Rome, intégriste – et pas seulement « traditionnaliste »  –, et dont beaucoup de membres aiment visiblement les supers pulls fashion tricotés par mère-grand ;-)), l’amalgame entre homophobie et accusation d’homophobie est frappant. Quand on tente d’échanger avec eux sur l’homosexualité – si tant est qu’ils nous laissent en placer une et qu’ils ont l’honnêteté ou la capacité d’essayer de nous comprendre… – , on se rend vite compte qu’on ne parle pas du tout des mêmes choses, qu’on est sur deux terrains non pas radicalement opposés (car a priori nous employons le même terme d’« homophobie ») mais bien différents, et que nous ne combattons pas le même ennemi. Eux s’attaquent à un fantasme (et la perversité de celui-ci, c’est qu’il se base toujours sur un substrat de réalité ou de Vérité, bien vite instrumentalisé et grossi à la loupe de la préciosité langagière du tribun du FN) tandis que de notre côté, nous essayons de nous attacher au Réel et au respect des personnes avant tout sans perdre de vue les exigences de l’Amour et la nécessité de la dénonciation du mal quand il est utile de la faire. Et on comprend bien pourquoi ils privilégient le combat contre l’accusation d’homophobie plutôt que l’analyse de l’homophobie en elle-même : ce travail d’observation de l’homophobie les renverrait à la reconnaissance douloureuse de leur propre pratique homophobe.

 

« J’ai peur »

« J’ai peur. » Voilà une expression qu’on entend peu sur les réseaux sociaux et en société. Précisément parce que la peur gagne énormément de terrain dans notre tête et dans notre cœur en ce moment, et de manière invisible. On n’ose même plus en parler. On joue les fiers, les révoltés, les euphoriques ou les tristes, mais jamais les apeurés et les terrorisés. (Cette réflexion m’est venue en lisant le « post Facebook » daté du 3 septembre 2012 d’une amie, Natalie Leroy, qui a eu la simplicité – presque enfantine – d’oser dire qu’elle avait fait un cauchemar la nuit dernière et qu’elle avait eu crès crès peur.)

 

Elle est dans ma chambre…

Sans rire. Il y a un an, en faisant le ménage dans ma petite piaule parisienne du Jardin des Plantes, j’ai vu surgir une assez grosse araignée noire. Je n’ai pas pu m’empêcher de la trouver effrayante et « dégueulasse ». Je me suis armé d’un bout de papier (je n’avais rien d’autre sous la main ; je n’ai pas – à part moi – de tapette à la maison ^^), et je l’avais à portée de main pour l’écrabouiller… quand je me suis lamentablement loupé ! Elle est allée plus vite que l’éclair et s’est cachée dans un recoin de la pièce où je ne pourrai pas la retrouver. Depuis, je sais qu’elle habite avec moi sous les toits de Paris. Elle ne m’empêche pas de dormir (Là, je vous en parle pour le « fun », mais elle ne hante pas mes nuits et mes angoisses… même si le jour où je me retrouverai encore nez à nez avec elle, je continuerai de la trouver affreuse). Je sais qu’elle est là. Pour longtemps. Mais pas pour toujours.

 

Charité avant Vérité

L’accueil de l’autre et la priorité donnée à sa personne plutôt qu’à ses actes ne sont pas, contrairement à ce que pense le paranoïaque, une soumission. Ce n’est pas baisser le pantalon devant « l’Ennemi ». C’est aimer malgré tout et en vérité.

 

La Vérité avec Ses formes

La Vérité sans l’Amour et sans Sa forme, ce n’est plus la Vérité. Que ceux parmi les « cathos » qui tiennent des propos anti-homosexualité en se valant de la lutte contre leur diable actuel préféré – le RELATIVISME – pour s’en justifier, viennent me voir : croyez-moi, ils seront bien reçus !!! Leur vérité froide et si peu aimante sur l’homosexualité casse tout le travail de ceux qui, tout en reconnaissant les limites du désir homosexuel, s’attachent à prouver que les personnes homosexuelles ont un avenir – et un bel avenir ! – si elles vivent leur homosexualité d’une manière ajustée à ce que préconise l’Église catholique.

 

Faire des jérémiades de prophète

J’aime bien ceux qui se plaignent. Ceux qui se plaignent sans violence, sans révolte, constructivement. Ceux qui se plaignent parce qu’ils agissent pour les autres. Ceux qui poussent leurs jérémiades de Jérémie, de prophètes. Ceux qui ne sont pas mous et qui hurlent leur mécontentement quand il y a des raisons d’être indigné, quand la dignité humaine et religieuse est attaquée. Oui, j’aime ceux qui se plaignent et qui prennent le risque de ne pas plaire à tout le monde.

 

Jésus n’est pas « fun » et « top délire »

Je ne suis pas pour qu’on donne à tout prix à l’Eglise catho et à Dieu une image cool et branchée. Ils sont modernes, branchés, et atemporels tout seuls, sans flafla, fanfare, ni mots d’anglais ni tee-shirt (même si je n’ai rien contre les tee-shirt à l’effigie de Jésus : d’ailleurs, j’en porte un, « Jesus loves Paris« , que j’aime beaucoup). Pas besoin d’en faire des caisses au nom de la nécessité (légitime pourtant!) de Les annoncer. Pas besoin de leur rajouter de la jeunesse, de la bonne humeur, du délire télévisuel forcé ou de la vulgarité, de leur inventer une urgence, de s’époumoner à dire que « Jésus aime le cul, la fête, le délire » (= « Jésus mon amphét’, mon crack »), que « Jésus est politique » (= « Jésus président!! »), en oubliant la gravité (pas triste), l’humilité, et la Personne pauvre du Crucifié qui s’abaisse. Ce n’est pas le fait de devenir médiatique qui pose fondamentalement problème, mais d’être médiatique comme ça (= c’est-à-dire pour sa propre gueule autant que pour Jésus). Le cathodique ne doit pas prendre le pas sur le catholique.