Je viens d’assister à la librairie Jonas (Paris) à une discussion littéraire pour la sortie du premier polar de Sylvain Chazot, un jeune auteur quarantenaire, et journaliste politique à Libération. Et quelque chose m’a marqué : c’est le réseau amical venu le soutenir pour l’occasion. Varié, nombreux autant que qualitatif, fidèle. Et pourtant, son livre, bien qu’efficace et apparemment très bien écrit, est glaçant, glauque, dénué d’Espérance, et ne changera pas la face du Monde. C’est du fait-divers sordide, raconté comme une enquête prenante.
Comment se fait-il que des mecs, drôles et intelligents et sociables mais ne portant aucun message digne d’intérêt, soient autant entourés amicalement et épaulés… alors que, du côté catho, notre entourage amical est réduit à une peau de chagrin ? C’est le troupeau dispersé ! L’amitié, côté catho, on ne sait pas faire, c’est ça ? Qu’est-ce qu’on fabrique ? Pourquoi on s’isole et on est si peu conviviaux? Même les mecs qui n’ont rien à dire et à écrire sont blindés d’amis (et ça n’a pas l’air que de la mondanité). Il va falloir qu’on se réveille amicalement, au lieu de faire cavaliers seuls avec le Seigneur, ou dans nos petites maisonnées et groupes de prière pas très amicaux ni conviviaux (il faut le reconnaître).
C’est une réflexion de l’instant, que je vous livre. D’un point de vue simplement terrestre, on a des progrès à faire pour être plus et mieux entourés, plus chaleureux et fun, quand même. Car nous, on a des choses à dire, bon sang ! Si ceux qui n’ont rien à dire ont des amis, nous qui avons des choses à dire, qu’est-ce qu’on fout et pourquoi on est seuls et tristes comme la mort, et incapables de se réunir ??
