Désolé de la ramener en pleine crise des vocations, et de donner à croire que je verrais le mal partout ou que je casserais une jeunesse sacerdotale nécessairement maladroite dans ses débuts et sa présentation, de surcroît sur la seule base d’une vidéo de 5 minutes… mais là, ça me saute aux yeux et ça m’inquiète, l’émergence de cette nouvelle génération de jeunes prêtres tradis, rigides, singeant la joie ou l’écoute alors qu’ils sont très centrés sur eux-mêmes, déjà donneurs de leçons et pères-la-morale, récitant un texte pré-écrit à l’avance, souriant machinalement et de manière crispée, s’écoutant parler ou se regardant jouer l’amabilité pour immédiatement après reprendre un visage hiératique et partir sur leurs idées, pas spontanés, très peu drôles, le regard fuyant, soucieux de marteler un enseignement plutôt que de le recevoir des autres, prétentieux à souhait, s’annonçant déjà comme grands réformateurs ecclésiaux dans le rappel de la Tradition (genre à la Consécration, pour dresser les paroissiens provinciaux ou progressistes au « Beau et au Sacré », ils vont exagérément rallonger d’une bonne minute tous leurs gestes : ça leur apprendra ce qu’est la vraie Église, la vraie Foi, un vrai prêtre, la Magnificence des gestes liturgiques, à ces fidèles apostats à réévangéliser !). Bref, c’est la génération des petits Cardinal Sarah en soutane, qui se font appeler « abbés » plutôt que « pères », qui tiennent un discours alchimique et maconnique luciférien christo-centré (« apporter le Christ », « forger », « édification de l’Église », refondation/consolidation, etc.). À mon sens, ces prêtres-automates sont tout autant un contre-témoignage que la génération des prêtres gauchistes ou des prêtres-businessmen auto-proclamés « padre » et essayant à tout prix de faire cool. Preuve que dans mon propos, ce n’est pas le fait que ce Martial Merlin soit tradi qui me gêne (tradis ou progressistes : c’est bonnet blanc et blanc bonnet, et un faux débat). C’est qu’il soit tradi comme ça. Sans joie. Sans Amour. Sans simplicité. Et nul besoin de prétexter une « fatigue » ou une « jeunesse ». Je commence à en voir pas mal, des prêtres comme lui, jeunes ou moins : là pour la carrière, la posture ou pour apporter la Vérité (plutôt que pour la recevoir), fascinés par le statut ecclésiastique, mais pas aimants et avec très peu de Charité. Ça m’ulcère.

 

N.B. : Et au passage, on n’est pas chrétien pour aimer Jésus-Christ. On est chrétien pour aimer les autres (et on découvrira avec surprise à notre mort que derrière eux se cachait Jésus, et non pas « le Christ » ou « Jésus-Christ »).