Il est bon de se forcer à aimer les personnes. De persévérer, de s’efforcer à aimer coûte que coûte. Même quand notre élan premier était de les fuir. Car l’Amour finit par arriver tôt ou tard, par triompher. L’Amour est une volonté, un pari et un combat. Et ça, on ne le sait pas assez et on ne nous le dit pas assez, dans ce Monde où il ne faudrait se rapprocher que des gens qui pensent comme nous, qui sont gentils avec nous, qui peuvent nous rendre le bien qu’on leur fait, avec qui on a un « bon feeling », avec qui on a à fournir le moins d’efforts possible. C’est une erreur.
 

Par exemple, cette année, je me suis forcé à prendre une autre équipe de caté (catéchèse) que celle que j’avais l’année dernière. Ça a été un arrachement, car j’aimais vraiment mes gamins de l’année dernière et beaucoup étaient demandeurs que je les reprenne cette année. J’ai dit : « Non » par principe, mais aussi parce qu’il ne faut jamais s’installer dans le confort ou refaire du même, y compris quand ça a marché.
 

Au départ, ma nouvelle équipe de gamins (on m’a filé des petits tourbillons : 3 gars, 3 filles) m’a fait peur. Et j’ai mis du temps à les aimer, car ils n’étaient pas très sages, et ils me testaient à fond. Je n’allais pas au caté avec plaisir, contrairement à l’année dernière. Mais quelque chose en moi me disait : « Non. C’est l’équipe qui t’était destinée. C’est l’équipe qu’il te faut. Tu vas et tu dois les aimer. Même si tu n’as pas envie ! Tu comprendras plus tard. » J’ai donc pris sur moi, et je me suis persuadé que c’était l’équipe idéale qu’il me fallait. Méthode Coué. Eh bien vous me croyez si vous voulez, mais en me forçant à les aimer, je finis par les aimer vraiment. L’Amour, ça coûte. Ça demande un effort. C’est une décision. Et je vois que maintenant, cette équipe est très heureuse. Là, on vient de faire un petit spectacle de Noël, sur la chanson du Chemin Neuf « Puer Natus in Bethléem », et j’ai senti mes gamins fiers, unis. C’est bon. C’est sur les rails.
 

Il faut se forcer à aimer quiconque.
 
 
 

P.S. : Beaucoup de catéchistes et d’accompagnateurs d’enfants (y compris profs) souffrent en ce moment. C’est pour ça que j’ai écrit ce papier. Pour qu’ils ne perdent pas la foi en cette promesse d’Amour qui les attend avec leurs mômes, ni leur persévérance face à un groupe qui leur fait peur et qui les maltraite.