Le confinement, c’est un peu comme la Mer rouge se coupant en 2. Je crois que ça nous pousse à donner soit le meilleur de nous-même, soit le pire. Pas vraiment d’entre-deux.
 

D’un côté, j’entends que certains s’en servent pour se vautrer dans la débauche et le laisser-aller, que par exemple la vente de cannabis monte en flèche au Canada, que la fréquentation des sites pornos explose en Europe et aux États-Unis, que le confinement pousse à la sur-consommation (alcool, jeux, télé, Internet, sexe…) et à la déprime (suicides, ennui, tensions, maltraitance domestique…), que les couples mariés divorcent en masse après ce temps-là, etc.
 

D’un autre côté, je vois – même si on en entend beaucoup moins parler – que des familles et des couples se retrouvent comme jamais, que des amitiés se reforment, que des gens travaillent autrement et trouvent un équilibre de vie, que l’entraide s’organise, que la prière s’intensifie, etc.
 

Personnellement, le confinement a des effets sur moi super bénéfiques. Non seulement il ne me pénalise pas dans mon travail mais en plus il m’offre un cadre idéal pour mieux travailler, pour être continent et vivre l’ascèse qui me libère. Il me permet de me retrouver. Mon désir d’obéissance à l’Église et à Jésus s’en trouve renouvelé, décuplé, reboosté. Vu que je ne sais pas jusqu’à quand je serai privé de Communion et de confession (fort heureusement j’ai pu vivre ces 2 sacrements juste avant la crise sanitaire), le confinement me motive encore plus à ne pas déconner et à être le plus irréprochable possible aux yeux du Seigneur. Je n’ai même pas à lutter pour ne pas chuter. Ça tombe sous le sens et c’est non-négociable que je ne dois pas chuter ! Vu que je n’ai plus de branches auxquelles me raccrocher, que je ne croise plus de personnes avec qui fauter, et que je n’ai que Dieu comme seul témoin de mes faits et gestes, ça me coupe toute envie de faire des conneries ou de tricher. Ça m’ôte tout dilemme et tentation ! Tout s’unifie en condition d’isolement ! Pourvu que ça dure ^^. Mais voilà, je vous le dis : je vis pour l’instant un très heureux confinement. 🙃🥳 C’est un moment de grâce. Un peu comme une retraite. Mieux qu’une retraite ! Et puis le fait de savoir qu’autour de nous, il y a des gens qui souffrent et qui meurent, ça responsabilise et ça donne paradoxalement la joie grave de la Croix. On n’a pas le droit de déconner. On doit se battre aussi pour eux ! Du moins, c’est comme ça que je le vis.