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Od roku 2002 sa pohybuje v parížskom homosexuálnom prostredí, ktoré skúma, analyzuje a dokumentuje. Philippe Ariño začínal ako stredoškolský profesor španielčiny, potom ochotnícky herec, neskôr animátor v rádiu a autor siedmich publikácií o homosexualite. Bol pri zakladaní hnutia La Manif Pour Tous, aj keď názorovo sa s ostatnými osobnosťami hnutia nezhoduje. Raz organizátor, inokedy účastník konferencií o homosexualite, ochotne podáva svoje svedectvo na školách a v médiách. V septembri mu vyjde album a koncom roka ďalšia kniha. Spôsob, akým hovorí o homosexualite, nás asi prekvapí, ale zaiste rozšíri naše jednoduché videnie sveta homo-hetero a prinúti sa zamyslieť. Je pre neho paradoxom, že tí, ktorí neveria v Pravdu, nám tvrdia, že Ju vlastnia (Suite sur ce lien ; et ci-dessous, la traduction en français)

 

11 QUESTIONS POSÉES par le journaliste slovaque ŠTEFAN DANIŠOVSKÝ

 

1. Nos lecteurs ne vous connaissent vraisemblablement pas. Qu’est-ce que vous leur diriez de vous-même ? Je m’appelle Philippe Ariño. J’ai 34 ans. J’habite à Paris. Je suis bloggeur du site l’Araignée du Désert (www.araigneedudesert.fr), et j’ai créé un Dictionnaire des Codes homosexuels, unique en son genre. Beaucoup de gens me voient comme un extra-terrestre parce que je suis à la fois homosexuel et catholique pratiquant, parce que je dis que l’alliance entre les deux peut être tout à fait heureuse – et moteur de sainteté ! – à partir du moment où l’homosexualité est identifiée et donnée à l’Église et au monde sans être pratiquée.

2. Vous avez publié quelques livres sur l’homosexualité, sur l’homophobie, etc. Vos opinions sont forgées pas seulement par les études mais surtout par votre expérience personnelle. Vous aviez connu quelques relations homosexuelles, et puis, il y a trois ans, vous avez pris la décision de vivre en continence. Qu’est-ce qui s’est passé ? Qu’est-ce qui vous a poussé à cette décision ? Quand j’ai compris que mon insatisfaction en « couple » homo ne venait ni des garçons adorables avec qui je sortais, ni de moi (qui suis adorable aussi !^^), mais uniquement de la pratique homo et des conséquences de l’expulsion de la différence des sexes dans toute union homo et hétéro, j’ai arrêté du jour au lendemain. Je n’allais pas essayer tous les mecs de la Terre pour découvrir finalement ce que j’ai toujours su : que l’Amour vrai n’est pas une question de sincérité, de sentiments ou de confort, mais une question de corps et d’accueil de la différence des sexes. Aimer, c’est choisir le meilleur incarné, le meilleur possible, et pas seulement le « convenable » ou la sécurité.

3. Un fois vous avez dit que la continence vous avait donné la liberté. C’est assez paradoxal, n’est-ce pas ? On a plus de plaisir durable à arrêter de fumer que de connaître le petit plaisir de « s’en fumer une » régulièrement. Pareil pour l’homosexualité. On a largement plus de plaisir à ne pas la pratiquer qu’à la pratiquer. Je vous jure, j’en connais tous les avantages et pas les inconvénients (sauf la privation de génitalité… mais la génitalité sans véritable amour, quelle angoisse et quel ennui !). Vous savez, la liberté, ce n’est pas la soumission à toutes ses pulsions. C’est le choix de les canaliser pour en tirer le meilleur. Je connais davantage le plaisir en me privant de ce que j’aime (= le sexe et l’affectivité homosexuels) qu’en m’en gavant et qu’en gâchant les belles amitiés masculines désintéressées qui font aujourd’hui ma joie de vivre.

4. Je suppose que ce fût surtout votre expérience personnelle dans laquelle vous avez puisé pour écrire votre livre L’homosexualité en vérité. Dans ce livre vous décrivez l’homosexualité comme la souffrance par laquelle toutes les personnes sont marquées. Vous pensez vraiment que ça s’applique à tous ? J’imagine qu’il y des personnes homosexuelles parmi nous qui ne perçoivent aucune souffrance de ce genre. Ce n’est pas parce qu’on ne ressent pas de douleur qu’on ne souffre pas… surtout dans le climat mondial actuel qui banalise toutes les souffrances humaines sous prétexte que personne ne devrait souffrir et que tout le monde devrait « tomber amoureux », « former un Couple », jouir. Je n’homosexualise pas le viol et ne causalise pas le lien entre viol et désir homosexuel (même si, à ce jour, 90 amis homos m’ont révélé avoir vécu un viol). Je me contente simplement de montrer que le désir homosexuel est le signe mondial d’une peur de la sexualité et d’un contexte d’absence de liberté humaine. L’homosexualité n’est qu’une blessure particularisée (elle s’est fixée en désir érotique chez certaines personnes) d’une blessure universelle qu’est la sexualité (en latin, sexualité vient du verbe « secare », qui veut dire « couper »), qu’est la difficulté d’union entre l’homme et la femme, et qu’est le péché originel.

5. Dans un entretien vous avez dit que « l’Église a tout compris de l’homosexualité ». Là, les catholiques seront d’accord mais croyez-vous que ça parle aussi à ceux qui ne reconnaissent pas l’Église ou ceux qui se moquent d’elle ? Détrompez-vous. Mon discours ne fait pas l’unanimité chez tous les cathos, et ne flatte absolument pas les cathos puisque je leur révèle que si l’homosexualité existe, c’est parce qu’ils n’ont pas formé de couples femme-homme assez aimants et qu’ils se sont éloignés de l’Église ! Il y a mieux, comme nouvelle ! Et concernant les personnes homosexuelles, c’est parce qu’elles souffrent dans leur identité et dans leurs amours, qu’elles sont particulièrement ouvertes aux questions spirituelles… même si, par orgueil, elles n’assument pas souvent cette soif de foi et se présentent comme athées. Mais il y a un grand fossé entre ce qu’elles pensent en grand groupe et ce qu’elles connaissent de leur homosexualité dans leur cœur. Le jour où elles cessent de jouer un rôle et qu’elles se regardent en vérité, elles lâchent les armes et m’écrivent des mails-fleuve ! Actuellement, je reçois beaucoup de confidences de frères homosexuels qui, en off, m’avouent que j’ai identifié dans mes écrits plein d’éléments précis de leur propre vie… alors que j’étais censé ne pas les connaître du tout. Ces coïncidences troublantes que j’ai soulignées ont agi en eux comme une bombe intérieure. Elle n’a pas fini d’exploser !

6. On peut dire alors que l’Église est le mieux préparée et munie à aider ces personnes. Est-ce qu’elle le fait bien et suffisamment ? L’Église catholique le fait super bien. Elle réussit à mettre en pratique l’alliance entre la Charité et la Vérité. En revanche, ce sont certaines gens d’Église qui, parce qu’elles ne L’écoutent pas toujours bien et qu’elles ne tiennent pas assez compte de la justesse des propos de Jean-Paul II et de Benoît XVI sur l’homosexualité, qui ont de sérieux progrès à faire ! Encore trop de croyants catholiques pensent que le simple fait de parler d’homosexualité est dangereux, revient à lui donner trop d’importance et à la justifier, nie qu’elle puisse être guérie par Dieu. Ils pensent à la guérison avant de savoir ce qu’il y a à guérir, ou bien décident à la place de Dieu comment Celui-ci va guérir la personne qui se ressent homo.

7. Dans votre dernier livre L’homophobie en vérité vous parlez du lien non-causal entre le désir homosexuel et viol. Vous avancez que la véritable homophobie, c’est la pratique homosexuelle. Une allégation choquante qui a provoqué une forte désapprobation dans le milieu homosexuel mais aussi pas mal des doutes de la part d’hétérosexuels. Pourriez-vous justifier cette allégation ? Tous les cas d’homophobie que je connais (insultes, attaques physiques, viols, meurtres) ont lieu dans des cadres de pratiques homosexuelles, c’est-à-dire entre personnes homosexuelles, dans les sphères amoureuses ou prostitutives. Sans exception. Ce n’est pas un hasard si, étymologiquement, « homophobie » signifie la « peur du même » ! Les agresseurs des personnes homosexuelles ne supportent pas de voir reflétée en elles leur propre blessure au niveau de la sexualité. L’homophobie, c’est l’acte homosexuel, car celui-ci étant l’expulsion concrète de la différence des sexes, alors que toute personne homosexuelle existe grâce à la différence des sexes, il rejoue, à chaque fois qu’il se pose, l’exclusion de la personne homosexuelle. Par ailleurs, l’homophobie n’est pas que la pratique homosexuelle : elle est aussi l’identité homosexuelle. Et ça s’explique très bien. Enfermer une personne dans son orientation homosexuelle, la définir selon ses pulsions, selon ce qu’elle fait au lit ou selon personnes qui l’attirent sexuellement, cela revient à la prendre pour une « bite sur pattes » ou un « vagin sur pattes », c’est lui retirer son humanité et la réduire à un animal. Pour cette raison, les lois pro-homos et gay friendly, malgré les apparences, sont extrêmement homophobes.

8. Le livre est alors basé sur votre expérience, ce qui est très intéressant mais difficile à soutenir avec les arguments scientifiques et médicaux. C’est d’ailleurs ce qui vous est reproché par vos critiques. Avez-vous trouvé les faits similaires soutenant votre thèse ailleurs, chez autre auteurs, dans d’autres pays,… ? Je tiens à préciser que mes livres ne sont absolument pas un témoignage individuel (auquel cas il aurait une valeur bien relative et bien peu intéressante), mais bien des essais analytiques tout à fait sérieux scientifiquement, et qui se basent sur de nombreux témoignages et enquêtes que j’ai faits dans le cadre de mes études (rien que pour le théâtre, j’ai vu plus de 500 pièces traitant du sujet de l’homosexualité). D’ailleurs, plein de psychologues et psychiatres de renom s’y réfèrent et me félicitent. Si j’avais voulu raconter ma vie, j’aurais écrit une autobiographie ! Si mes détracteurs veulent absolument individualiser mon discours et lui retirer sa valeur universelle, en m’interdisant d’employer le « nous » ou en m’imposant leur relativisme subjectiviste (« Si Philippe Ariño parle, ce n’est qu’en son nom ! Il ne doit pas prendre son cas pour une généralité. Il faut prendre ce qu’il dit avec des pincettes, pour un témoignage. »), ce sont de la caricature et de la censure de leur part.

9. Vous êtes un opposant ardent de la loi du mariage pour les couples homosexuels adoptée l’an dernier en France, mais pas à cause de la protection d’enfant ou de la famille. Vous demandez son abrogation parce que la loi ne respecte pas la spécificité des personnes homosexuelles. Pour vous, elle est homophobe de même manière qu’aurait été la loi sur les unions civiles. Mais les autres le voient différemment ; plutôt comme quelque chose auquel ils ont droit. Dans le cadre du « mariage pour tous », je ne défends pas en priorité la famille ni l’enfant car le mariage n’est pas qu’une question de filiation : il est d’abord et avant tout question d’amour dans la différence des sexes, qu’on soit célibataire ou en couple. Le seul crime de la loi Taubira, et il est énorme, c’est d’autoriser tout enfant à avoir minimum trois « parents », et surtout de supprimer la condition d’amour entre les deux parents biologiques comme meilleur cadre d’existence et de construction pour un enfant. Les pro-mariage-pour tous se disent également en faveur de l’enfant et de la famille. La seule chose qui nous distingue d’eux, c’est la croyance en la différence des sexes en tant que meilleur socle d’amour et d’existence humains. Ceux parmi les opposants au « mariage pour tous » qui ne se sont basés que sur la filiation pour argumenter notre combat ont contribué à créer deux choses catastrophiques : d’une part à faire que la loi Taubira soit coupée hypocritement en deux (elle est passée au nom de « l’amour » puisque nos gouvernants ont estimé que notre seul problème était celui des conséquences de la loi sur la filiation), d’autre part à justifier tacitement l’Union civile.

10. Très récemment vous avez écrit sur la résistance contre cette loi « nous avons la trouille d’exposer ouvertement ce que nous pensons, ce contre quoi nous nous battons ». C’est comme si chacun a besoin de faire son « coming out » contre l’inacceptable, et sans quoi il est presque impossible d’arrêter la pression de lobby. Pourquoi on n’entend pas plus de témoins comme vous, personnes qui se disent homosexuelles, y a-t-il la peur, l’indifférence, … ? Oui. Nous avons eu honte ET de nous présenter comme catholiques, ET de parler clairement du couple homosexuel. Puis à propos des témoins ouvertement homos opposés au « mariage gay » (une grande majorité des personnes homos, en réalité, avant que celui-ci devienne soudainement à la mode), je constate que dès qu’il y a une pratique homosexuelle, il y a une honte (inconsciente) qui s’installe. Car la pratique homosexualité exprime un mal-être existentiel et un rejet de la source de vie universelle qu’est la différence des sexes – rejet qui n’est pas soulagé par une amitié désintéressée, malheureusement, et qui induit une forte culpabilité. C’est ce qui explique, à mon sens, le silence et l’autocensure des personnes homosexuelles vis à vis d’elles-mêmes. La continence – c’est-à-dire le don total de son homosexualité aux autres et à Dieu – libère tout d’un coup la parole, et fait que l’homosexualité devient une joie de vivre et la consolation de toutes les blessures humaines. C’est très étonnant. Par ailleurs, il ne faut pas désespérer de la rareté des témoins homos. Elle est logique – avec les personnes homos, nous avons affaire à une majorité d’individus blessés, donc souvent timorés, mal dans leur peau, peu courageux – mais pas irréversibles : Dieu utilise particulièrement les personnes blessées pour annoncer Sa résurrection. Enfin, le « lobby LGBTI » n’a que la puissance que la société bisexuelle et hétérosexuelle lui donne. Sinon, il est très divisé… et mort de peur.

11. Le mois prochain est dédié à la lutte contre l’homophobie et nous allons voir des actions et des parades publiques dédiées à son soutien. Qu’est-ce que ça représente pour vous et comment allez-vous le vivre personnellement ? La lutte contre l’homophobie est ma priorité et me tient particulièrement à cœur. Car l’homophobie, envisagée comme une violence universelle et humaine, est la haine de soi qui, si elle n’est pas identifiée, peut se traduire par des viols, des suicides et générer beaucoup de mal être au sein de la communauté homosexuelle. Malheureusement, aujourd’hui, ceux qui se présentent comme « anti homophobie » considèrent l’homophobie comme tout frein qui est fait à leurs désirs de toute-puissance ou comme tout lien entre homosexualité et souffrance/violence, et empêchent de parler du viol… alors que la véritable homophobie, ce n’est pas autre chose que le viol ! L’homophobie est devenue l’insulte facile et le prétexte pour ne pas regarder l’identité des agresseurs homophobes, qui est particulièrement bisexuelle ! Je veux dénoncer cette hypocrisie. Le meilleur moyen de lutter contre l’homophobie, c’est précisément de l’identifier comme ce qu’elle est – un viol – et d’en décrire les mécanismes pour mieux l’enrayer. C’est ce que je fais par mon travail. Et c’est très motivant. Ça donne un sens et un combat à ma vie.