Comme vous le savez peut-être, en octobre 2018 prochain, a lieu au Vatican le Synode des Jeunes, c’est-à-dire une concertation internationale censée fixer une charte missionnaire d’accompagnement des adultes de 18 à 30 ans. Comme cette tranche d’âges incarne un peu l’Église Catholique de demain, sur elle se cristallise logiquement tous les espoirs, mais aussi toutes les angoisses, parfois démesurées et infondées. La paranoïa du conservateur se crispera sur la menace de changement et de modernisme incarnée par les jeunes gauchistes (il dira que la vraie nouvelle génération catholique aspire massivement à la forme extraordinaire, à un retour à la Tradition ; que le progrès n’est qu’une projection démagogique des vieux soixante-huitards sur la jeunesse ; que le vrai progrès, c’est la tradition ; en fait, il n’y connaît pas grand-chose à la jeunesse d’aujourd’hui) ; la paranoïa du progressiste se crispera sur la menace de stagnation, de censure, de langue de bois, de bla-bla, voire de régression, de l’Église (il dira que les cardinaux sont totalement déconnectés de la réalité de la jeunesse, qu’ils ne la comprennent pas et ne l’écoutent pas, qu’ils s’éloignent de manière désormais irrévocable d’elle, et pire, que sa vengeance à leur encontre sera terrible ; de son côté, le progressiste cynique et désabusé considèrera l’événement comme une perte de temps, un simple bide).
 

 

 

Je vais donc, dans cette vidéo intitulée « Synode des Jeunes : la cata », essayer de tirer la sonnette d’alarme sans trop me la jouer « vieux con ». Avec toute l’Espérance possible – car je crois en l’Action surnaturelle de l’Esprit Saint dans l’Église – et je ne veux pas m’accaparer la jeunesse catholique ni parler en son nom. Mais je vais tirer la sonnette quand même (on m’a déjà fait remarquer que je n’étais pas évêque et que je ne faisais plus partie de la tranche d’âges du Synode, donc en gros, que je devais fermer ma gueule… alors croyez-moi, je vais encore plus l’ouvrir !). Car l’heure est grave !
 

L’heure est grave, non parce que le Synode des Jeunes ne servira à rien. Mais parce que – et ça, ce n’est pas du tout politiquement correct de le dire – les jeunes catholiques d’aujourd’hui constituent sans le savoir non une richesse mais une véritable menace pour l’Église. Scoop 1 : LA MENACE DES JEUNES CATHOLIQUES. À leur insu. Car ils sont quasiment tous pro-Union Civile et pro-homosexualité (à partir du moment où elle se privatise et ne se politise pas). Moi, sur les réseaux sociaux et dans la réalité, je me fais actuellement mépriser, ignorer, attaquer par une grande majorité de jeunes catholiques qui devraient pourtant m’appuyer. Et ceux qui ne m’attaquent pas m’ignorent et me regardent comme si j’étais un OVNI. Je me trouve par conséquent aux avant-postes pour vous dire que la jeunesse catholique ne sera prochainement plus du tout une alliée de l’Église, mais son ennemie. Et ça, nos jeunes doivent le mesurer. Pour corriger rapidement le tir. « Fais-moi connaître mon péché. » dit Job dans la Bible. C’était le premier scoop que je voulais vous sortir. Il faut informer nos jeunes qu’ils sont potentiellement des ennemis de l’Église.
 

 

Deuxième scoop que je voulais annoncer, c’est l’hypocrisie des organisateurs de ce Synode des Jeunes, qui musèlent le Pape François, et font déjà l’inverse de leurs intentions. Scoop 2 : LE PAPE ET LES JEUNES SONT PRIS EN OTAGE. Quand les journalistes leur demandent : « C’est pas bizarre que dans votre questionnaire en ligne pour préparer ce Synode des Jeunes, vous ne fassiez aucune allusion au sexe et à la drogue ? », le grand responsable du Synode des Jeunes, le cardinal Lorenzo Baldisseri, annonce d’emblée la couleur et stérilise le Synode : « Le thème de la sexualité ne sera pas une des ‘questions centrales’ du Synode. » Ok… Raison invoquée (je le cite) : « Nous n’y avons pas fait référence car nous ne souhaitions pas que l’attention se focalise là-dessus. Sinon, les journalistes accentueraient le focus, comme ce fut le cas lors du synode sur la famille avec le thème des divorcés. Mais dans tous les cas, ce sont des sujets ouverts. » Vous vous rendez compte ?! Alors que la sexualité est la préoccupation n°1 des jeunes d’aujourd’hui, les cardinaux imposent un thème complètement vague : la VOCATION. Intitulé du Synode, tenez-vous bien, c’est : « Les jeunes, la foi et le discernement des vocations ».
 

 
Et en plus, cette censure n’est pas lucide étant donné que ce n’est pas la hache de guerre des divorcés « remariés » qui fait réellement trembler actuellement la Curie, ni même celle de la drogue : c’est le dossier beaucoup plus épineux et insoluble de l’homosexualité. Car la prise de position de l’Église sur le mariage et l’adultère, sur la fidélité, sur les addictions, est comprise par les catholiques : pas la prise de position sur l’homosexualité !
 

 

Le thème de la sexualité n’est pas une question jugée « centrale » du Synode des Jeunes… Je trouve ça, mais alors, exceptionnel. C’est vrai que la sexualité, c’est pas du tout, mais alors pas du tout, la préoccupation n°1 des jeunes actuels, y compris catholiques ! Et alors, encore plus génial, des trois jeunes qui en France ont assisté à la rencontre pré-synodale en mars dernier, l’un d’eux, Adrien Louandre, 24 ans, membre du MRJC, a carrément défendu au micro de RCF une compatibilité entre la pratique homo et la pratique religieuse, « une Église plus ouverte, où la Miséricorde est au centre, où sont traitées ces questions d’ouverture, notamment aux homosexuels, pour permettre aux homosexuels de pouvoir vivre EN MÊME TEMPS une homosexualité et leur foi chrétienne. » Clap clap clap ! Applaudissements ! Mais à part ça, la sexualité, non, c’est pas central.
 

 

 

Le Synode des Jeunes s’annonce comme complètement déconnecté des vraies croix de nos jeunes : le porno, le concubinage, les contraceptifs, les ruptures amoureuses, les divorces des parents, suicides, transidentité, la prostitution, les drogues et l’alcool, les avortements, les plans cul, les viols, le cyber-harcèlement, et surtout la bisexualité et l’homosexualité.
 

 

 

Et les cardinaux ne sont pas prêts de s’en rendre compte. Car ils affichent une ouverture et une écoute sincères qui les confondent eux-mêmes ! Voyez l’hypocrisie et la duplicité du discours. D’un côté le cardinal Baldisseri dit « De ça, on ne parlera pas, ou plutôt on en fait un sujet-annexe parmi d’autre », de l’autre, il ne tarie pas de formules démagos qui maquillent sa censure : « Vous pourrez parler de tout : exprimez-vous ! y compris sur les réseaux sociaux ! Mettez la pagaille ! » (10) « Les jeunes doivent être vraiment acteurs pendant ce Synode ! » « Ce n’est pas un Synode SUR les jeunes mais un Synode DES jeunes et PAR les jeunes ! » (9). De l’autre, il stérilise l’arbre du Synode avant même sa tenue. Et quand les journalistes lui demandent s’il n’a pas peur qu’avec un thème de Synode pareil, on centre trop la question des jeunes sur la vocation religieuse ou sacerdotale, il dit que les vocations sont diverses et renvoient les jeunes à la beauté de l’engagement dans le mariage, à la place des jeunes en politique, dans le milieu artistique, médiatique, scientifique, culturel. Le Pape François est mal barré, entouré de censeurs pareils.
 

 

Scoop 3 : Pour colmater les brèches de cette impasse désastreuse du Synode des Jeunes sur la sexualité, et en particulier sur l’homosexualité, on nous offre en ce moment, en LOTS DE CONSOLATION, des TOPOS-SEXUALITÉ INCONSISTANTS de Thérèse Hargot – l’atout charme actuel de l’Église Catholique en France –, de l’abbé Pierre-Hervé Grosjean, ainsi que du Forum Wahou ! Alors que Thérèse Hargot n’est pas (encore) catholique, et que les questions soulevées par l’abbé Grosjean ou bien les groupes d’éducation à l’affectivité et à la sexualité, bien qu’utiles, ne sont pas prioritaires et sont inopérantes car elles n’ont pas pris l’angle de l’homosexualité – qui est primordial – pour traiter de la sexualité en général. Il est primordial car l’homosexualité est le seul sujet que le monde ne comprend pas et sur lequel se crispent toutes les croyances faussées sur la sexualité, en particulier chez nos jeunes.
 

 

Paul Tréhart, un des jeunes invités sur le plateau de l’émission Sans langue de buis sur la chaîne KTO en juin 2017, s’en est plaint, en disant qu’en soirée, la seule accusation qui sortait quand un jeune disait qu’il était catho, c’était « homophobe », et que les jeunes avaient besoin d’être armés sur le sujet. Qu’est-ce qu’on lui a répondu ? Qu’il fallait qu’il se « forme ». Et le sujet de la présomption d’homophobie a été squeezé. La priorité de la formation sur l’homosexualité est complètement niée.
 

Afin de se donner bonne conscience et de maquiller la censure ecclésiastique sur la sexualité au Synode des Jeunes, afin aussi de parer à la vague potentielle de réclamations à venir, le Vatican nous sort en ce moment des ouvrages de vulgarisation du message de l’Église sur la sexualité, qui ne traitent toujours pas de l’homosexualité et de l’hétérosexualité en priorité.
 

 

 

J’ai découvert récemment cette horreur : Aime, et ce que tu veux, fais-le !, le nouveau livre entretien d’Arthur Herlin, journaliste vaticaniste, où la sexologue Thérèse Hargot échange avec l’évêque lyonnais (le pauvre : il est lyonnais…) Mgr Gobilliard. Ce qui est horripilant, ce n’est pas tant la vacuité des questions soulevées (« Le porno constitue-t-il un danger pour nos jeunes ? » « Sais-tu que tu as un corps pour aimer ? », « Être chaste avant le mariage, cela a-t-il un sens ? », « Un représentant d’Église a-t-il son mot à dire sur la sexualité ? », « Peut-on être catho et avoir une sexualité épanouie ? », « Pourquoi s’engager ? », « Pourquoi défendre la vie ? », « La vulnérabilité peut-elle être une force ? », etc.), que la prétention que ces « experts » ont à répondre « sans concession » et « sans tabou » aux questionnements des jeunes… alors qu’ils tapent à côté, et prennent la place des personnes – à savoir les personnes homosexuelles continentes – qui sont bien meilleurs chirurgiens du cœur des jeunes qu’eux. L’arrivisme de nos intellectuels catholiques actuels, qui feignent d’aborder la sexualité des jeunes alors qu’ils ne font que pratiquer la langue de bois, la séduction, le cléricalisme de bas étage, qu’ils ne font que parasiter le débat pourtant essentiel et urgent sur la sexualité, fait froid dans le dos. Et je ne parle même pas de l’apathie des évêques et des cardinaux qui se laissent courtiser par eux ! Une vraie cata. C’était le coup de gueule salutaire que je voulais pousser. Espérons qu’il soit entendu !
 

 

 

Cet article bénéficiera bientôt d’une vidéo sur Youtube, intégrant une série de 15 entretiens tournés en avril 2018 à Lourdes avec la journaliste Nathalie Cardon, et dans le droit fil de mon livre Homo-Bobo-Apo. Voici les articles de chacun d’eux :
 

1 – « Les 11 messages subliminaux diffusés dans l’émission ‘The Voice’ »

2 – « Le Synode des jeunes : la cata »

3 – « Le raz-de-marée de la transidentité » (transsexualité)

4 – « Le Boom des pastorales d’accompagnement des personnes homosexuelles dans l’Église »

5 – « Mylène Farmer, Grande Architecte de la Franc-Maçonnerie gay friendly »

6 – « Pourquoi La Manif Pour Tous est un vrai désastre »

7 – « Pourquoi parler d’homosexualité dans les établissements scolaires est Mission Impossible »

8 – « L’homosexualité dans la série de TF1 Demain Nous Appartient »

9 – « Je me suis ridiculisé publiquement : Comment vivre avec cette honte ? »

10 – « L’Hétérosexualité est la Bête de l’Apocalypse »

11 – « Les 4 armées de la Bataille finale d’Armageddon »

12 – « Visite maçonnique de Macron aux Bernardingues »

13 – « Les 12 obsessions des cathos bobos de la Réacosphère »

14 – « Homosexualité, la priorité niée dans l’Église »

15 – « Définition de la bisexualité »