Affaire Quentin


 

Très intéressant, cet échange. Et Raquel Garrido met très justement le doigt sur les véritables mécanismes qui ont conduit au meurtre de Quentin. Elle les explique, bien sûr, sans justifier leurs conséquences ni le drame. Elle appelle à l’auto-dissolution des deux groupes qui se sont opposés/provoqués (d’un côté la Jeune Garde, de l’autre Némésis). Et c’est très juste de proposer cela. Elle met aussi le groupe Némésis face à sa haine, ses contradictions et ses divisions internes, face à sa fausse unité (basée sur l’agression, la peur et la victimisation), face à son simulacre d’ « amitié ». Et là encore, c’est très juste. Dans ces groupes d’extrême droite (tout comme dans les noyaux d’extrême gauche), il n’y a pas de réelles amitiés. C’est une camaraderie glaciale, de meute. Et Alice Cordier, une des têtes de Némésis, botte en touche précisément sur son usage abusif et fallacieux du mot « amis »… Garrido essaie, avec douceur et fermeté, de lui faire comprendre que là est le nœud du problème : ces groupuscules ne sont pas fondés sur l’amitié, et chacun y est livré à lui-même, y est mal entouré. Bravo à cette député. Elle a raison. Et par ailleurs, elle met aussi le doigt sur les faux hommages, la vengeance qui s’habille en deuil silencieux pour être ruminée « secrètement » en projet de représailles. Oui, ça crève les yeux que la marche blanche pour Quentin ressemble plus à une marche noire!