Saint Antoine de Padoue, mêmes combats

De son vivant, Saint Antoine de Padoue a lutté contre trois grands ennemis : l’invasion musulmane, les riches et les hérésies cathares. Et c’est drôle comme je me sens appelé à lutter exactement pour les mêmes combats (les cathares s’appelant aujourd’hui les bobos).

La fausse avancée de la France dans l’échiquier de la lutte pro-life et pro-famille : comme dans les jeux vidéo, on est juste passés au plateau suivant.

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Internationalement, en ce moment, la Manif Pour Tous fait figure d’exception avec ses manifestations anti-mariage gay multimillionnaires. Et moi qui commence à voyager dans d’autres pays rêvant d’égaler notre mobilisation, je me retrouve dans la position grotesque de devoir répondre à la question « Quel est votre secret ? » par un : « Ben nos chefs l’ignorent ! » Comme dans les jeux vidéo, mon pays a apparemment gagné numériquement parce qu’il a franchi « avec succès » le plateau suivant, plateau que personne n’avait atteint jusque-là… mais comme ça s’est fait sans intelligence, sans les bons arguments, sans conscience, sans débat commun, sans compréhension des enjeux, en serrant les fesses, en appuyant sur n’importe quel bouton de la manette, ne demandez pas à nos responsables comment ils ont fait et quel est leur secret : ils l’ignorent ! Et concrètement, même s’ils se gargarisent de nos chiffres et de nos points accumulés (comme un gagnant du loto qui n’a eu que le mérite de miser gros et de gratter), même s’ils semblent avoir trouvé la solution, ils ne connaissent pas la manip qui les a conduit à la solution. Ils ont juste le sentiment de « tenir quelque chose », de ne pas « lâcher » ce qui ressemble à un fil d’Ariane… mais ils restent quand même dans le noir. Leur victoire n’est surtout que numéraire. Bon, ok, voilà, ils ont changé de monde, ils ont progressé dans le jeu. Et alors ? Ça ne leur fait pas gagner la partie. Et loin de là ! Ils accumulent – moins rapidement mais tout autant que nos pays voisins – les défaites. Ils ont juste la maigre consolation des photos souvenirs, la chance de dilapider un peu moins vite que les autres leur richesse et leurs forces de vie, la maigre consolation d’avoir passé une frontière. Mais ce passage n’a rien d’historique. L’union civile et le mariage gay ont été votés en France. Nous avons vécu une défaite. C’est une réalité.
 

La vérité, c’est que la France n’est pas tellement plus avancée que les autres pays en matière de lutte contre le tsunami des lois transhumanistes prenant appui sur les lois pro-LGBT. Car elle n’aurait jamais dû faire d’un de ses moyens de combat (= les manifs) son but, son combat. Elle n’aurait jamais dû faire de sa dernière cartouche sa première. Et c’était très clair à la réunion du 5 septembre 2012 à Saint Sulpice (LA réunion des généraux, en quelque sorte) : dans tous les moyens d’action qui se présentaient à nous, les manifestations de rue auraient dû passer en dernier, quand ni les idées, ni les négociations n’auraient eu le dessus. Nos opposants, quoi qu’on en dise, étaient, pour certains, prêts aux débats d’idées, et dans l’incertitude quant à leur projet de « mariage pour tous ». Et un combat ne se gagne pas d’abord à la force numéraire des troupes, mais à la force des idées, des mots, des débats, des personnes incarnant nos valeurs.
 

Nous, Français, avons zappé la phase de débat et d’affirmation de nos idées, tout comme nos détracteurs, car nous-mêmes ne voulions pas parler d’homosexualité. Nous avons juste eu la chance de deviner que nous devions le faire, et d’avoir amorcé un peu de le faire. C’est le fait de parler d’homosexualité, et seulement cela (avec la force symbolique du mariage), qui a permis aux Français de se décomplexer, de se déplacer en masse et de comprendre qu’ils n’étaient pas contre les personnes homos en s’opposant à une loi qui se faisait passer pour elles. Mais malheureusement, à cause de l’impatience de Frigide Barjot et de Civitas à aller manifester et à « se faire voir », à cause du manque d’autorité d’associations plus qualifiées pour le débat d’idées serein (VITA en première ligne : Tugdual Derville n’a pas assumé son groupe ni son rôle), à cause de mon éviction des débats, à cause du traitement superficiel du thème de l’homosexualité par Frigide Barjot, nous sommes passés à côté de notre magnifique opportunité d’inverser la vapeur. Nous avons perdu notre Joker homosexuel et l’avons passé à l’ennemi, qui n’avait que le mot « homosexualité » en bouche, et qui veut encore nous faire croire qu’il en a le monopole. Mais j’explique le relatif « succès » et l’exception française par le début courageux du traitement du sujet de l’homosexualité… et j’explique aussi le feu de paille qu’est ce succès par la peur homophobe qui a suivi. L’intuition des Français n’est pas raison.

Nos 3 belles Croix : les sentiments – Amitié – Adoption (ou Pourquoi on se fait souvent couillonner dès qu’on parle d’homosexualité en société ? Et pourquoi c’est bon signe ?)

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Pourquoi on se fait souvent couillonner dès qu’on parle d’homosexualité en société et que les autres apprennent qu’on a manifesté contre le « mariage gay » ? Et surtout, pourquoi ça reste quand même bon signe (même si c’est regrettable et frustrant) ?

 

Ça n’est un secret pour personne. L’homosexualité : sujet pas facile à traiter en soirée en famille, entre potes, au boulot, sans que ça finisse en baston ou en incident diplomatique. Si vous ne voulez pas perdre des amis, « Fermez-la » nous conseille-t-on. Profil bas ! Et pour les valeureux inconscients comme moi, qui, par charité chrétienne et Vérité, décident de sortir de l’omerta, il faut reconnaître que « nous l’avons trop souvent dans le baba » dès qu’en société nous commençons à discuter d’homosexualité et de notre opposition au « mariage gay ». Pourquoi ces échecs cuisants à répétition ? On n’est pas bons ? On dit le mauvais texte ? On aurait loupé un épisode ? Que se passe-t-il avec ce savon glissant de l’homosexualité ? Pourquoi on s’y casse souvent les dents ? Et bien, je crois, pour trois raisons très simples (si on les identifie, ça nous aidera peut-être à faire contre mauvais accueil bon cœur…). Et je vous préviens : ce ne sont pas « les médias », ni « l’UMPS » , ni « le Gender », ni les « conséquences de la loi Taubira », ni « la dictature libérale libertaire (niant la dignité humaine et les limites) », ni la « force du lobby LGBT » , ni le « transhumanisme » : nous glissons pour des réalités bien plus positives.

 

Dans tous ces combats pro-famille, pro-sexuation femme/homme et anti-actualisations du désir homosexuel, notre beau drame (je dis « beau » car il concerne au fond la vulnérabilité intangible de l’Amour et de la Vérité : si la différence des sexes et Dieu s’imposaient dans toute leur évidence, Ils ne seraient plus des Réalités d’Amour qui nous laissent la liberté et le temps de Les choisir ; Jésus et Marie apparaîtraient illico dans le Ciel…) qui nous empêche de dénoncer efficacement et rapidement l’homosexualité comme mauvaise (alors que je peux vous assurer que mauvaise, elle l’est : le rejet de la différence des sexes – différence qui nous fait tous exister et aimer pleinement – est objectivement inhumain et violent, même s’il est parfois subi et involontaire au niveau du psychisme humain), c’est que celle-ci est enrobée de 3 réalités qui objectivement restent bonnes, magnifiques ou peu dangereuses tout pendant que l’homosexualité demeure à l’état de désir non-essentialisé, non-sentimentalisé, non-érotisé, non-acté.

 

Ces trois 3 réalités qui nous empêchent de dénoncer facilement l’homosexualité, ces 3 (bons) bâtons dans nos roues, qu’on peut difficilement attaquer, dont on ne doit pas se débarrasser (mais dont on doit seulement se méfier), et qui donnent à l’homosexualité l’apparence d’un bien, c’est : 1) le statut de DÉSIR-SENTIMENT (non-essentiel et non-acté) de l’élan homosexuel ; 2) la force objective de certaines AMITIÉS HOMOSEXUÉES ; 3) la beauté de certaines ADOPTIONS parentales.

 
 

Je m’explique. Nous souffrons :

 

1 – du fait que l’homosexualité ne soit à la base qu’un DÉSIR (et, de surcroît, un désir qui, dans bien des cas, s’impose à la personne qui le ressent). Cela fait à la fois notre bonheur (l’homosexualité ne peut pas enfermer l’être humain dans une identité ni une pratique : elle le laisse libre, d’une certaine manière, et ce malgré le conditionnement forcé qu’imposent certains fantasmes sexuels inconscients) à la fois notre inconfort (il serait plus facile de s’attaquer à une réalité indiscutable, palpable, à une volonté sciemment posée, ou à une personne de chair et en os… mais un désir muet, un fantasme en suspension, ça glisse des mains !)

 

2 – de la force des AMITIÉS humaines entre personnes de même sexe (on a tous un ou une meilleur(e) ami(e) de notre sexe, et sans pour autant que cette relation soit amoureuse, on mesure combien elle est précieuse et forte, combien elle n’est pas négligeable ! D’autre part, l’expulsion de la différence des sexes dans une relation humaine homosexuée n’est pas violente si et seulement si elle se vit dans le cadre de l’amitié ; c’est simplement en amour qu’elle devient violente, car l’amour est un don total seulement permis par la différence des sexes. Pour le coup, « à cause » de la beauté de certaines amitiés humaines privilégiées entre personnes de même sexe, il devient alors extrêmement difficile, dans les cas d’une homosexualité active, de nier la part bénéfique d’amitié – malgré tout pervertie/travestie par les gestes de l’amour – qui se vit dans certaines unions homosexuelles ; et il devient aussi extrêmement difficile de dissocier l’amitié forte que nous pouvons ressentir à l’égard de telle ou telle personne homosexuelle, et ce qu’elle vit en « couple » homo. Nous sommes donc fortement handicapés pour garder notre lucidité sur la violence de l’homosexualité pratiquée à cause d’un trésor objectivement fort : l’amitié désintéressée qui peut exister dans beaucoup de relations humaines, lien qui est déjà très forte, même s’il n’égale pas la force de l’amour entre une femme et un homme, ni entre un célibataire consacré et Dieu. Dans les débats sur l’homosexualité, c’est un trésor – l’amitié – notre frein ! C’est dingue, mais c’est comme ça.)

 

3 – de la beauté de l’ADOPTION parentale (s’il suffisait d’être parent biologique pour aimer son enfant, ça se saurait ; s’il suffisait d’avoir un enfant pour qu’un couple femme-homme s’aime, ça se saurait aussi ; si toutes les unions homosexuelles étaient infécondes dans d’autres domaines que la procréation biologique, ça se saurait ; si ces unions homos élevaient toutes mal les enfants qu’elles ont parfois à charge, ça se saurait ; si la seule présence de la différence des sexes ou de la capacité à procréer étaient une garantie de réussite d’un couple puis d’une famille et d’une éducation et d’un équilibre filial, ça se saurait ; si certains cas d’adoptions parentales – même si elles ne sont pas équivalentes à la réalité et à la force de certaines paternités biologiques – n’étaient pas déjà magnifiques, ça se saurait. Bref, l’adoption parentale complète, pallie un manque et une situation non-idéale, ne comble jamais complètement ce manque… mais parfois, grâce à l’aide de la différence des sexes aimantes et de Dieu, y pallie super bien : bons nombres d’enfants adoptés peuvent en témoigner ! Donc là encore, dans les débats sur « l’homoparentalité » et le « mariage gay », on est mis dans la merde par le trésor incertain de l’adoption !).
 
 

Derrière tout cet inconfort que je vous décris dans les débats sur l’homosexualité – inconfort largement expliqué par le fait que nous nous retrouvions à défendre des réalités humaines « positives mais pas les plus abouties, pas les plus totales, pas les plus données, pas les meilleures, pas les plus fondamentales et pas les plus universelles qui soient » (= les pulsions sexuelles, les sentiments, les amitiés, les paternités adoptives et éducatives mais pas de sang, c’est cata ou neutre quand il n’y a pas d’amour et très bon quand il y a de l’amour ET des corps sexués complémentaires, c’est en soi mi-figue mi-raisin, c’est rare quand c’est réussi, c’est tout sauf généralisable à l’ensemble de l’Humanité) se trouve une Bonne Nouvelle : nous souffrons que la différence des sexes (sexuation + génitalité + amour conjugal + procréation et construction d’une famille) et Dieu (Jésus + son Église institutionnelle) soient des trésors fragiles parce que des trésors d’Amour, soient des grains de sénevé (déjà éclos dans le temps éternel et pas encore éclos dans notre temps humain), des pierres d’angle encore rejetées, des toutes-puissances aimantes qui prennent (par amour !) l’apparence de détails. Notre douleur, c’est leur humilité (et beaucoup notre orgueil !). S’ils n’étaient pas Amour, s’ils pouvaient se prouver et s’imposer à tous comme des évidences indiscutables, jamais ils ne seraient des Mystères d’Amour, de douceur, de pardon, de discrétion, de délicatesse, d’humour, de miséricorde, de patience. Nous payons donc, à chaque fois que nous essayons de discuter d’homosexualité en vérité et en aimant les personnes (homos, hétéros gays friendly, et autres) le prix fort de la Croix et de notre liberté ! Bref, il n’est pas heureux qu’on se fasse couillonner, mais heureux que Jésus permette qu’on se fasse couillonner pour nous rappeler qu’Il ne nous appartient pas, que nous sommes libres de Le servir, et que l’Amour est humilité. Alors surtout, pour toutes ces bonnes causes de douleur, pas de raison de s’énerver ou de s’attrister quand on parle d’homosexualité ! Celle-ci est une occasion rêvée pour nous de manifester la tendresse de « looser » (Vainqueur) de Jésus.
 
 
 

Schématiquement, ça donne ça :
 

Trinité dans la différence des sexes (RÉELLE, POSITIVE et la MEILLEURE):

personne sexuée / couple femme-homme aimant / famille procréative aimante ou famille stérile aimante
 

Trinité divine (RÉELLE, GRANDIOSE et la MEILLEURE) :

Esprit Saint / Jésus-Fils et les êtres humains / Dieu le Père et les célibataires consacrés
 

Trinité homosexuelle (CONCRÈTE, IRRÉELLE et NÉGATIVE) :

désir homosexuel essentialisé en « l’homosexuel »/ le « couple » homosexuel sentimentalisé en « L’Amour universel » / la « famille » homosexuelle ou hétérosexuelle
 

Trinité humaniste (pas nécessairement avec la différence des sexes ni avec Dieu ; NEUTRE ou BIEN) :

désirs, sentiments et fantasmes/ l’amitié / la paternité adoptive ou famille procréative peu aimante
 

L’arc-en-ciel est dans l’école (« Ceci n’est pas un film de cow-boys » dans les collèges)

Appel à toutes les voitures : l’arc-en-ciel est dans l’école, je répète, l’arc-en-ciel est dans l’école.
 

 

J’apprends à l’instant que le court-métrage « Ce n’est pas une histoire de cow-boys » va être proposé prochainement à plusieurs collèges. Je n’aurai pas le temps d’en faire une critique (contrairement à ce que j’ai pu fournir pour les films « Au premier regard » ou encore « Pride » ). Mais bon, c’est la même recette. La thématique homosexuelle est justifiée et diluée dans ces films de propagande parce qu’elle est couplée à un thème dramatique suscitant la compassion (le handicap, la discrimination raciale, la pauvreté, un accident, un conflit armé, une intolérance religieuse, etc.). « Ce n’est pas un film de cow-boys » de Benjamin Parent, en utilisant les jeunes des cités, surfe sur la même vague démago et le même chantage affectif que les récents films « La Vie d’Adèle » d’Abdellatif Kechiche, « Métamorphoses » de Christophe Honoré, ou « Bande de filles » de Céline Sciamma (qui sort aujourd’hui en salles), avec toujours la classique confusion de la thématique homosexuelle avec celle du racisme, de l’immigration, de la jeunesse « artistique », et de la misère économique/culturelle, pour faire passer la première comme une lettre à la Poste. Amalgame classique entre différence des sexes (souplement intangible) et différence des espaces (sans cesse changeante). Malhonnêteté et mensonge, en plus d’une exploitation des plus pauvres (qui, dans la réalité, ne justifient absolument pas l’homosexualité), et d’un racisme positif (« Puisque je t’ai dit que t’étais FORT ! Félicitations, putain ! T’es ouvert et tolérant et gay friendly, et tu fermes ta gueule, compris ?! » : cf. le compliment agressif et autoritaire de l’extrait Youtube ci-dessus).

Synode : l’occasion ratée

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Fin du Synode sur la famille. La question de la pastorale spécifique à l’égard des personnes homosexuelles et des moyens concrets pour assurer leur accueil par l’Église est tombée à l’eau. Balayée. Étouffée. Reportée.

 

Comme le signale cet article : « Le paragraphe s’interrogeant sur ‘quelle attention pastorale soit opportune‘ pour les situations des ‘personnes avec une orientation homosexuelle au regard de l’enseignement de l’Église‘ et indiquant qu’elles doivent ‘être accueillies avec respect et délicatesse‘ a manqué de seulement une poignée de voix pour être adopté aux deux-tiers (118 pour, 62 contre, 3 abstentions). La majorité requiert aux deux-tiers requiert 122 voix. »

 

Sujet jugé trop glissant et pas assez mûr (mais dans la tête et le coeur de qui ?), alors que pourtant les besoins sont énormes et urgents : la thématique de l’homosexualité dépasse largement les seules personnes homosexuelles (on a vu avec les récentes lois sur la famille qu’elle déborde sur le mariage, la filiation). Et le problème du dossier sur la « pastorale spécifique », c’est que la question reviendra, qu’elle met déjà en difficulté notre Église, et qu’elle était au centre des attentes des gens non-croyants, des médias mais aussi des catholiques. Notre Pape a eu le mérite de la poser, mais pas le courage (à cause de la pression alentour, sûrement) d’y répondre. Le bilan du Synode est donc forcément un peu triste… même si je n’en ferai pas tout un plat. Cet événement était juste une occasion rêvée pour enfin sortir un discours clair sur l’homosexualité, pour se débarrasser du problème du non-dit, pour s’approprier la thématique et s’en libérer, pour aller vraiment à la rencontre des personnes homosexuelles… et force est de reconnaître qu’on a une nouvelle fois loupé le coche. L’esquive n’est pas la solution, et elle est même inquiétante et inconfortable pour l’avenir de notre Maison. Mais ça m’a au moins permis/forcé d’écrire ce texte il y a quelques jours, qui sera peut-être utile un jour.

Les personnes homos ne se rendent pas compte qu’elles détestent les enfants

Quand je vous dis que les personnes homosexuelles ne se rendent pas compte qu’elles détestent les enfants, je ne vous mens absolument pas. Plus une œuvre de fiction homosexuelle se donne pour tache de justifier l’injustifiable, c’est-à-dire de prouver que le désir homosexuel acté respecte vraiment les enfants et que les « familles homoparentales » sont des structures aussi bien que la famille traditionnelle et aimante formée d’une femme et d’un homme, plus elle (et son auteur) donne inconsciemment les preuves du contraire.
 
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C’est tout à fait le cas du roman pro-PMA (Procréation Médicalement Assistée) The Girl On The Stairs (La Fille dans l’escalier, 2012) de Louise Welsh, censé nous démontrer que la narratrice lesbienne enceinte, Jane, secondée de sa compagne Petra, aiment déjà « leur » enfant et qu’elles ont un projet noble, respectueux et « éthique ». Au départ, le lecteur y croit, puisque les deux femmes en couple chantent les louanges de leur bébé, en le surnommant « notre petit génie » (p. 16) : « Il pourrait bien avoir deux têtes, Petra et moi, on l’aimera quand même. » (Jane, p. 114) Elles ont l’hypocrisie de nous faire croire que même si à travers la PMA elles ont concrètement rayé de la généalogie de leur enfant son père, elles ont fait un acte merveilleux en n’étant pas trop regardantes sur l’identité physiologique du donneur de sperme : « De toute façon, je n’aimais pas l’idée de choisir un donneur en fonction de ses attributs. Un enfant est un enfant, pas un meuble de créateur. » (Jane, p. 113) Et l’auteure du roman, Louise Welsh, parachève l’utopie en terminant son récit par une happy end et une arrivée au monde réussie du bébé.
 

Mais dans les faits et les paroles, il en est tout autrement. On découvre que l’enfant est considéré comme un objet qui pourrait être volé, qu’il est considéré comme un dû, une possession : « Je n’arrive pas à croire que tu te serves déjà de notre enfant comme d’une arme. » (Petra s’adressant à Jane, p. 69) ; « Je ne sais pas ce que j’aurais fait sans la technologie. J’aurais volé un bébé dans un landau, peut-être. » (Jane, p. 114) ; « À sa naissance, il deviendrait une personne, quelqu’un que Jane n’aimerait peut-être pas, mais pour le moment il était tout à elle. » (Jane, p. 193) ; etc. C’est l’autorité parentale des vrais parents biologiques, et non l’enfant en lui-même, que les héroïnes lesbiennes cherchent en réalité à acquérir : pendant toute l’intrigue, Jane tente en effet de retirer à son voisin d’immeuble le Docteur Mann la garde de la fille de ce dernier, Anna, adolescente de 13 ans, parce qu’elle l’estime maltraitée de lui, même si Petra essaie de faire entendre raison à sa compagne : « Petra avait raison. Anna relevait de la responsabilité d’Alban Mann, et cet enfant-ci était le sien. » (Jane, p. 100)
 

Au fond, ce roman est un concentré de pédophobie. Tout le monde s’y met, spécialement les « mamans » lesbiennes. Par exemple, Jane parle super mal à son bébé : « Calmos, fiche-moi la paix. » (p. 17) ; « Petit troll, petit gobelin. » (p. 156) ; « Elle se souciait de son petit monstre. » (p. 196) ; etc. On la sent au bord de l’avortement : « Jane comprenait ces mères adolescentes qui dissimulaient leur grossesse, espérant disparaître et emporter cette disgrâce avec elles. Il lui semblait impossible que l’enfant parvienne un jour à se frayer un chemin vers la liberté et qu’elle voie le visage de la créature qui s’était tapie en elle pendant tous ces mois. Des traits difformes de gobelin s’imposèrent à son esprit. » (p. 42) ; « Comment avait-elle seulement pu envisager d’avoir un enfant ? » (p. 229) ; etc. À un moment, elle se prend un jet de pierres par un garnement avec un lance-pierres, habitant près de son immeuble… mais le plus surprenant, c’est qu’elle l’insulte comme s’il s’agissait d’un adulte : « Salaud, salaud, salaud. » (p. 27) Elle déteste aussi les jeunes : « Les adolescents étaient une plaie. » (p. 43)
 

Les autres personnages ne sont pas plus tendres avec les enfants que la future maman : « Carsten ? Je l’aurais étouffé. C’est facile d’étouffer un bébé. Tout le monde ressent ça, c’est normal. L’important, c’est de ne pas le faire. » (Ute, la femme hétérosexuelle parlant de son fils, p. 33) ; « Tu te souviens de Greta, elle aimait boire et danser, et s’amuser ? Les bébés vous empêchent de faire tout ça. » (Karl Becker s’adressant à sa femme Heike, p. 64) ; « J’aime boire et faire de la voile plus que j’aime l’idée d’avoir un enfant. » (Jurgen, le héros gay, p. 113) ; « Espérons que ta compagne Petra a bien choisi le donneur et que ça ne sera pas un petit monstre. » ( idem, p. 114) ; etc.
 

Louise Welsh

Louise Welsh


 

Je mets ma main à couper que Louise Welsh, l’auteure de ce livre, n’a même pas mesuré qu’en défendant « l’homoparentalité », elle la désignait comme inhumaine et monstrueuse. Car dans les faits, elle l’est.
 
 

Je vous renvoie au code « Petits Morveux » de mon Dictionnaire des Codes homosexuels pour avoir la complète.

Arrête de ne parler que de ça

 

Critique de certains de mes contacts sur les réseaux sociaux : je ne parlerais pas d’autres sujets que l’homosexualité, je m’y enfermerais, je la justifierais presque, je rentrerais dans le travers que je dénonce en ne voyant le Réel qu’à travers le prisme de l’homosexualité. Ils n’ont rien compris.
 

Si ça ne les intéresse pas, je n’oblige personne à lire mes articles. Et si c’est le dénominateur commun (= l’homosexualité) à plein de sujets super variés (je passe de la sirène au coiffeur) qui les gêne, c’est leur problème et pas le mien, et c’est qu’ils ne voient pas l’universalité de ma manière de traiter du sujet. Heureusement, j’ai aussi beaucoup d’amis qui perçoivent toutes les ouvertures de mon travail. C’est pour eux que je publie mes codes. Les autres, passez votre chemin. Il y a une manière très fermée de parler d’homosexualité, et une autre très universelle et variée. Tout le monde ne le voit pas (surtout ceux qui se fixent sur le mot « homosexualité », et le traitement général social très obtus de ce dernier), mais ça n’empêche que même moi, je vois cette ouverture puisque je n’arrête pas de redécouvrir mon Dictionnaire à travers toutes les nouvelles rencontres, toutes les nouvelles oeuvres que je lis.
 

De plus en plus depuis le « mariage pour tous », je constate chez beaucoup de cathos militants un agacement croissant à l’égard du mot « homosexualité » – comme si on en avait trop parlé et trop entendu parler (grosse blague) – et aussi une forme d’homophobie – ce mot les fera ricaner – qui m’inquiète. Je me répète. S’ils trouvent que le sujet de l’homosexualité et de l’homophobie est saoulant et minoritaire, qu’ils ne me lisent pas, qu’ils ne me parlent plus – car moi, j’aime parler de ça. Et je trouve que c’est un sujet crucial pour reconnaître les souffrances de notre temps. Ils ne comprennent pas que l’homosexualité n’est pas un sujet fermé, et qu’avec moi, c’est tellement relié à Dieu et à tous les autres sujets de la terre que non, même si on en parle un jour autour d’un verre, on ne parlera pas d’autre chose. On dirait qu’ils ne voient que le sujet, le mot, et pas les personnes derrière, le monde derrière, Dieu. Ils imaginent en connaître les rouages, mais ils ne sont pas dans la relation. Pas étonnant que ça les saoule et les dégoûte. Ils n’ont pas compris le sujet, et surtout son statut de prétexte dans mon cas.

La création d’une « pastorale spécifique aux personnes homosexuelles », est-ce évangélique ? ou serait-ce un dérapage de l’Église catholique ?

 
PASTORALE Gay church
 

Si, à l’issue du Synode sur la Famille, une pastorale spécifique aux personnes homosexuelles était créée, cela serait-il une grande avancée, ou au contraire un pas en arrière, un scandale plus grave qu’il n’y paraît, un drame, une raison suffisante pour justifier un schisme, voire de l’homophobie masquée sous un aspect d’« ouverture », d’« accueil », de « respect des personnes » et d’« adaptation aux réalités de notre temps » ?

 

Voilà une vraie question, qu’un bon ami, Vincent Rouyer (pédopsychiatre), m’a aidé tout à l’heure à formuler !
 

Post de Vincent Rouyer daté du 15 octobre 2014 sur Facebook

Post de Vincent Rouyer daté du 15 octobre 2014 sur Facebook

 

Une question pas évidente du tout, car elle va plus en profondeur que celle de la simple présomption de justification ecclésiale de l’identité ou de la pratique homo. On a compris (mis à part Frigide Barjot, Têtu, certains membres de David et Jonathan et de Devenir Un En Christ, peut-être même certains évêques ou cardinaux supposés « progressistes ») que le Vatican ne justifierait jamais l’identité homosexuelle, ni la pratique homo, ni l’existence d’un « amour » homosexuel, ni une Union civile, ni les bénédictions des unions homosexuelles. On a compris que l’Église accueillait les personnes homosexuelles et appelaient à ne pas les juger, mais au contraire à les valoriser. Les craintes de bons nombres d’entre nous ne se concentrent plus du tout là, mais ailleurs : sur la possibilité de faire du désir homosexuel un critère de Mission et de pastorale spécifique ; et je dirais même plus : sur la possibilité que la blessure homosexuelle soit un lieu d’où puisse émerger la Sainteté de Dieu. Trop la folie !!! 😉 C’est ÇA, le véritable sujet de nos questionnements intérieurs. Quelle juste place laisser à l’homosexualité dans l’Église ?

 

Derrière le projet de création d’une pastorale spécifique destinées aux personnes attirées sexuellement par les personnes de même sexe se trouve une question pratico-pratique profonde : le désir homosexuel peut-il être considéré comme un critère de classification des êtres humains (y compris s’il est vécu dans la continence, c’est-à-dire dans l’absence de pratique homosexuelle et le refus d’identification de soi à une identité homosexuelle ou à la reconnaissance d’un désir érotique réel et souvent durable en soi !) ; et si oui, mérite-t-il un encadrement spécial (que ce soit une pastorale d’accueil spécialisée, voire même, pour ceux qui voient les choses en grand, la création, pour les personnes homosexuelles continentes, d’un ordre religieux ou d’une consécration spécifique, du même type que la confrérie qu’avait fondée le père Lataste à destination des anciennes femmes prostituées et détenues) ?

 

OUI catégorique, répondent les excités d’une diversité et d’une unité ecclésiale façon Gay Church, les sentimentaleux soucieux d’une intégration express forcée des personnes homosexuelles dans l’Église. Ça part d’un bon sentiment, mais ils oublient que la véritable Charité n’existe pas sans l’exigence de la Vérité sur le désir homosexuel et les actes homosexuels.

 

NON catégorique, répondent ceux qui, à mon avis, mélangent orientation sexuelle et identité, ou désir érotique et pratique de ce désir. « On ne peut pas réduire l’être humain à sa seule sexualité. » avancent-ils, sous couvert d’arguments universalistes. C’est faux. S’il est vrai que l’être humain ne se réduit pas à la génitalité, il se réduit, dans un temps humain terrestre, à sa sexualité (« sexualité » étant entendue comme « différence des sexes », « sexuation », et « rapport au monde et aux autres en tant qu’être sexué »). Les ennemis d’une pastorale à destination des personnes homosexuelles sont les mêmes qui diront que la reconnaissance de l’existence du désir homosexuel donne à ce dernier trop d’importance, le justifierait presque, « stigmatiserait » les personnes qui le ressentent, les « ghettoïserait » en communautarisme (« l’homophobie positive », à l’instar du « racisme positif » et des « discriminations positives »), « s’essentialiserait » sous forme d’espèce (alors qu’ils prétendront par ailleurs lutter contre cette essentialisation et attribueront la personnification du désir homosexuel aux individus qui soit reconnaissent l’existence du désir homo, soit le figent en identité ou en acte/amour, soit bâtissent un « lobby LGBT »). Rien de tout ça, concrètement, dans la création d’une pastorale spécifique ou d’une consécration spécifique.
 
PASTORALE Famille recomposée
 

La question de la « pastorale orientée » mérite un vrai débat, car même dans la sphère associative catholique prônant la continence (je veux parler bien sûr de Courage International, le seul apostolat en direction des personnes à attirances pour le même sexe officiellement soutenu par l’Église catholique), nous ne sommes pas d’accord entre les leaders. La plupart parlent uniquement de l’horizon de la « chasteté », terme beau mais un peu fourre-tout qui dispenserait de parler de « continence », la continence étant considérée comme un Éverest délicat/impossible à proposer publiquement (elle fait peur et ne serait pas très vendeuse), comme un choix accessible seulement à une infime minorité des personnes homosexuelles catholiques désirant être chastes. Je crois que ce n’est pas vrai : la continence est bien plus accessible et bien moins coûteuse que ce qu’on se représente ; elle est également un mot qui aide à vivre la véritable chasteté car elle donne à celle-ci une incarnation et une forme claires ; elle évite les amours platoniques et la douleur des amitiés amoureuses… réalités que le mot « chasteté » mal explicité entretient.

 

À mon sens, pour répondre à l’enjeu d’une pastorale ecclésiale spécifique pour les personnes homosexuelles ou les personnes concernées de près ou de loin par l’homosexualité, nous sommes mis en difficulté par deux zones de flou qui restent à éclaircir:
 

– La première, c’est l’amalgame (encore très persistant, voire naissant, au sein de l’Église) entre chasteté et continence. Or, pour les personnes durablement et terrestrement homosexuelles, il n’est pas proposé n’importe quelle forme de « chasteté » (car la véritable chasteté peut être vécue aussi au sein d’un couple femme-homme aimant n’ayant pas renoncé à vivre la génitalité, au sein d’une amitié femme-homme unique qui glissera vers l’amour, au sein d’une famille) ; il est justement proposé une chasteté bien spécifique, gémellaire de celle qui est demandée aux célibataires consacrés religieux, à savoir l’amitié désintéressée, l’absence totale d’activité génitale et sentimentale, et la continence (une abstinence donnée à Jésus et aux autres, avec la reconnaissance de l’existence du désir homosexuel). Rien ne sert de nous mentir et de se planquer derrière le concept religieusement correct de « chasteté » ou de « charité ». Qu’on le veuille ou non, la chasteté pour les personnes durablement homosexuelles a une forme spécifique (un peu contraignante, il est vrai, car elle est plus réduite et moins variée que pour les personnes attirées sexuellement par le sexe complémentaire) ; et cette forme s’appelle continence.
 

– La seconde zone de flou, c’est de se satisfaire de la continence et d’en faire une vocation d’Église. Or, la continence (tout comme le célibat sans projet de don entier de sa personne à la personne aimée), n’est pas une vocation au même titre que le mariage d’amour entre une femme et un homme ou le célibat consacré religieux et/ou sacerdotal. Elle n’est pas une « troisième voie sacrée » à mettre sur le même plan que les deux autres. Elle n’est pas non plus une voie de garage. Mais si elle veut vraiment demeurer évangélique, elle doit être comprise comme un stade transitoire, un sas vers une des deux vocations officielles de l’Église – le mariage ou le célibat consacré – qui ne se supplantera pas à celles-ci (grande prudence est demandée aux personnes durablement homosexuelles qui font le pas de la « continence vers le mariage femme-homme aimant » ; encore plus grande prudence et discernement sont demandés aux personnes durablement homosexuelles qui font le pas de la « continence vers le célibat consacré et vers le sacerdoce »), un chemin qui ne s’en éloignera pas non plus, et qui même tendra formellement et spirituellement plutôt vers les exigences du célibat consacré. Pour les personnes durablement homosexuelles dans un temps terrestre, je crois en la continence comme une étape (honorant le célibat consacré et le mariage femme-homme aimant) qui mérite une consécration qui ne soit pas considérée de la même hauteur que le célibat consacré sacerdotal ou que le mariage femme-homme aimant, mais qui, à cause de la force relative du désir homosexuel, puisse exister sans encourir le risque de faire de la continence un refuge justificateur du désir homosexuel. Même moi, en tant que personne continente, je ne suis pas habilité à m’installer dans le désir homosexuel sous couvert d’abstinence pour Jésus. Je ne sais pas comment mon désir sexuel évoluera, donc je n’ai pas à décider comment Jésus et les autres me guérissent/me guériront de cette blessure désirante qui habite en moi, je n’ai pas à m’enfermer et à me reposer sur mon témoignage de « personne homosexuelle continente » en me tenant chaud à mon désir homosexuel enrobé de foi et d’abstinence. C’est une tentation qui existe, je le reconnais, de se servir de la continence pour, en toile de fond, de pas chercher à changer, ou pour justifier une peur de la différence des sexes, ou pour s’écarter du mariage ou du sacerdoce et leur faire de l’ombre. Mais en attendant, le désir homosexuel existe, me submerge toujours en ce qui concerne les femmes. Et le désir de me donner pleinement à l’Église avec tout ce que je suis et tout ce que je ressens est bien là également ! Ce n’est pas parce que je ne suis pas (encore) appelé au mariage ni au sacerdoce que je dois rester cloîtré chez moi, que je ne peux pas me donner entièrement à l’Église, et que l’Église ne pourrait rien faire de moi et n’aurait rien à me proposer de grand !

 

Nous nous devons de répondre aux deux questions de la pastorale spécifique et de la consécration spécifique à l’égard des personnes homosexuelles dans l’Église, non pas dans une logique moraliste alarmiste (genre « Il faut qu’on se positionne absolument ! Pour savoir quoi répondre, pour ne pas avoir l’air de cons, pour stopper les erreurs d’interprétations, les excès et les divisions qui peuvent naître dans l’Église à cause du sujet épineux et explosif de l’homosexualité ! Pour avoir un discours clair et exigeant, charitable mais Vrai ! »), mais dans une logique beaucoup plus positive, un élan d’Espérance, d’enthousiasme que je lis déjà dans les 3 points proposés par le Synode, car à la clé, ne perdons pas de vue qu’il y a des personnes ressentant un désir homosexuel qui sont extraordinaires et qui constituent indéniablement une richesse pour l’Église, il y a le Salut de ces personnes qui est en jeu, et puis surtout il y a un enjeu collectif de Sainteté. Une homosexualité vécue dans l’obéissance à l’Église fait de grands saints (c’est un prêtre catholique, je pense homosexuel continent, qui me l’a dit un jour). Pourquoi devons-nous, en tant que catholiques, souligner l’importance de l’homosexualité dans l’Église, sans jamais justifier le désir homo, une pseudo « identité homosexuelle » ni un « amour homosexuel » ? Parce que, dans certains cas, une fois transformé par le Seigneur, le désir homosexuel devient la pierre d’angle jadis rejetée par les bâtisseurs. Parce qu’il est un lieu d’où peut jaillir une force de Vie énorme, originale, drôle, incroyablement efficace. Un peu comme un vaccin qui contient paradoxalement une dose de poison. Comme je l’écrivais il y a peu, non seulement l’homosexualité n’est pas un petit sujet, mais elle est la planque mondiale actuelle du diable. Ça, c’est la face noire du problème. Mais la face éclatante beaucoup plus positive, c’est qu’une fois cette planque dévoilée et expliquée, une fois l’homosexualité vécue dans la continence et donnée à l’Église et aux autres, le désir homosexuel peut devenir l’un des plus puissants moteurs de sainteté par lequel l’Esprit Saint (= l’Essence de Dieu) circule et se diffuse dans le monde entier. Dit autrement, la blessure homosexuelle, en sa qualité de faille, peut, si elle est traversée par l’Esprit Saint, si elle est donnée entièrement à Dieu et à son Église, faire passer énormément de la Lumière du Christ, dans un monde crispé et particulièrement envoûté/travaillé par le mot « homosexualité » et par la pratique sensuelle et génitale BISEXUELLE.
 
PASTORALE Bougie
 

Personnellement, je suis pour le fait que l’existence du désir homosexuel (que je ne justifie pas sous forme d’identité, ni d’amour, ni de pratique, ni même d’identité religieuse continente) soit un critère spécifique de classification des personnes (tout comme pour les divorcés remariés), et donc je suis en faveur de la création d’une pastorale spécifique à l’égard des personnes homosexuelles. Nous ne pouvons pas, du fait que nous ne sommes pas (et à raison) d’accord avec l’existence du désir homosexuel, soutenir pour autant que ce dernier n’existe pas, ni nous valoir du fait que, parce que les personnes homosexuelles sont avant tout homme ou femme ET Enfants de Dieu, elles n’ont pas besoin d’un accompagnement spécifique, ni ne vivent un chemin singulier avec ce brancard désirant. Ce serait faux, et mal connaître le désir homosexuel qui, sans être fondamental, n’en est pas moins parfois profond et durable. Le désir homosexuel est une réalité désirante qui peut conditionner fortement l’identité et les actes des personnes qui le ressentent, quand bien même il ne se substitue pas à l’identité fondamentale des personnes. Il ne peut pas toujours être balayé comme ça… même si, parfois, il est effectivement « balayé comme ça » par l’Esprit Saint, par des libérations spectaculaires, par la rencontre de la personne de l’autre sexe qui saura libérer petit à petit la personne homosexuelle de sa peur de la différence des sexes. Je crois, pour avoir étudié sérieusement l’enracinement du désir homosexuel dans beaucoup de vies humaines, pour avoir croisé aussi un certain nombre de personnes homosexuelles ayant vécu des « sessions agapê » libérantes mais pas totalement transformantes par rapport aux tendances homosexuelles, que le désir homosexuel est souvent (là encore, je dis « souvent » car cela dépend des situations et des degrés d’ancrage du désir homosexuel : le spectre des homosexualités est très vaste !) un dur à cuire. De plus, les personnes catholiques, continentes ou en chemin de continence, existent. C’est une réalité humaine d’Église, certes minoritaire en apparence (je ne demande absolument pas à la grossir, ni à ce qu’elle devienne un obsession ecclésiale, loin s’en faut), mais symboliquement très importante. Il y a derrière ces personnes à attirances pour le même sexe un fort enjeu de sainteté qui nous englobe tous. Et il y a derrière l’homosexualité un fort enjeu de conversion des cœurs d’un grand nombre de personnes non-homosexuelles, qui se présentent de plus en plus comme hétéros gays friendly, qui se coupent de l’Église et de Jésus uniquement à cause de la question homosexuelle et de leur mauvaise compréhension du sujet. L’Église joue donc très très gros avec l’homosexualité. Plutôt que de fuir le sujet (et les sujets vivants homosexuels !) dans la tiédeur et dans la peur, en s’auto-persuadant que ce n’est pas si important, je crois que l’Église doit (et Elle est en bonne voie pour le faire) prendre concrètement les rênes et proposer une pastorale spécifique pour les personnes homosexuelles. Si Elle ne le fait pas, le sujet Lui reviendra constamment dans la figure, Elle passera à côté de nombreuses personnes de qualité et à côté d’un puissant outil d’Évangélisation, d’un super canal de Sainteté = l’homosexualité traversée et transcendée d’Esprit Saint. Et Dieu déteste le gâchis. Lui, il sait faire feu de tout bois humain.

 

Même si, à l’évidence, le critère premier d’une vocation religieuse ou d’un accueil d’une personne humaine, c’est la vocation à suivre et à servir le Christ, il n’empêche absolument pas que se greffe à ce critère premier le contexte spécifique où Jésus appelle tout un chacun. Et il est de notre devoir, au nom de l’Incarnation du Christ dans notre Humanité sexuée et imparfaite, de tenir compte des lieux, des événements, des conditions/conditionnements terrestres, des réalités désirantes, dans lesquels Jésus s’inscrit. Et de répondre aux besoins qu’exigent ces situations. Par une pastorale ou carrément la création d’une consécration spécifique, consécration qui ne se supplante pas à la vocation sacerdotale, qui ne la parodie pas non plus. Et pour éviter cette parodie, la création d’une fraternité religieuse serait idéale. Mais avançons déjà par petits pas en accueillant positivement la nouvelle de la création (qui en fait a déjà été créée sous Benoît XVI) d’une pastorale spécifique à l’égard des personnes homosexuelles. Jusqu’à preuve du contraire, nous, personnes à attraction pour le même sexe, n’avons pas la gale. Et quand bien même nous l’aurions, l’Église, Elle, viendrait quand même vers nous. 😉 Ne la freinez pas.
 
 
 

N.B. : Ce texte a été complété, quelques jours après, de ce petit article concernant l’issue du Synode.

Film « LILTING (ou) LA DÉLICATESSE » de Hong Khaou : de la grosse merde bobo

Ça te barbera, tu ne sais pas pourquoi tu regardes ça…
 

 

La dictature culturelle bobo s’arrange pour virer de la Planète la différence des sexes et la différence Créateur/créatures (les deux différences qui nous font exister et aimer pleinement). C’est à cela qu’on la reconnaît. Mais le pire, c’est qu’elle essaie de faire passer ce rejet pour de la beauté, de l’humilité (pardon… de la « pudeur » et de la « délicatesse »), de l’engagement politique, de la vérité, de l’amour.
 

Alors on danse

Alors on danse


 

C’est ce qui se passe dans le nouveau film « Lilting ou La Délicatesse » de Hong Khaou, sorti en salle aujourd’hui (le 15 octobre 2014 en France), qui dégouline de gnangnantise, et qui pourrait se résumer à un mauvais (et long !) spot publicitaire au message indigent sur l’Amour : « Dites-Le avec des fleurs, avec une danse, avec une chanson rétro, avec un bon plat cuisiné, avec des odeurs, avec des parfums, avec un beau paysage enneigé, avec un fou-rire ou une blagounette, avec le silence, avec une pensée « optimiste » et pleine d’« espoir » (d’ailleurs, Junn, la gentille grand-mère qui joue trop mal, conclut justement le navet cinématographique par une note sur « l’espoir de l’avenir… Pourquoi pas « Fonder demain » ou « Écologie bienveillante » tant qu’on y est ?), dites-Le avec un souvenir, dites-Le avec des larmes, dites-Le avec un drame qui n’a rien à voir avec le désir homosexuel (un accident parachuté, un deuil brutal, la vieillesse, la mort), dites-Le avec des sanglots dans la voix, dites-Le avec un piano et des violons, faites-Le dire par une mamie touchante ou un papy mignon. »

 

Pas cucul (Vann et Richard)

Pas cucul (Vann et Richard)


 

Oui. Je confirme. Le boboïsme n’est ni plus ni moins qu’un matérialisme sentimental, qu’un individualisme narcissique déguisé en jolie carte postale world, qu’humanisme frelaté et inhumain, que de la sensiblerie d’anarchistes déprimés qui se prétendent artistes, néo-religieux et révolutionnaires, que de la censure bien-intentionnée. Tous les messages du film tournent autour du silence, de la fuite du Réel par un bal de sensations, de la déconstruction du temps réel, de messages pseudo Petit Prince complètement appris (du style « On ne voit bien qu’avec le cœur ; pas besoin de la parole et des mots pour communiquer et pour se comprendre ; pas besoin de la différence des sexes pour s’aimer »). Pathétique et surtout homicide : car l’humanisme intégral que « propose » le boboïsme veut le bien de l’Homme sans l’Homme, rêve d’un être humain sans ses origines sexuées et paternelles.
 

Pas niais DU TOUT

Pas niais DU TOUT


 

Le film « Lilting ou La Délicatesse » est tout sauf « délicat », en réalité. Malgré les apparences, c’est un film idéologique hyper moraliste, de la même veine que tous ces films bobos gays friendly vraisemblables fondés sur les sensations « pudiques » et les métaphores poétiques à deux balles (pensons par exemple à « Plan B », « Week-end », « Aime et fais ce que tu veux », « Le Secret de Brokeback Mountain », « Pride », « Tu n’aimeras point », « Au premier regard », « L’Homme de sa vie », « Shortbus », « Beautiful Thing », « Keep The Light On », Tango en bord de mer, etc.), pour justifier en toile de fond l’homosexualité, le mépris des pères et la soi-disant supériorité des femmes sur les hommes. S’y étalent de manière bien grossière et complaisante la guimauve verte-écolo de la bien-pensance hétérosexuelle et bisexuelle, l’hypocrisie puante de la fausse sobriété, saturée de clichés romantiques soi-disant « anti-clichés » (d’ailleurs, dans le film « Lilting », Vann, la traductrice, n’arrête pas de s’extasier à la place du spectateur de la beauté du « romantisme » des scènes qu’elle a en charge de mettre en mots). My God… mais quand va-t-on enfin arrêter de subventionner ces réalisateurs hétéros gays friendly adulescents attardés qui ne savent pas parler d’Amour ?
 

Pas du tout, mais alors pas du tout cucul

Pas du tout, mais alors pas du tout cucul


 
 

Pour accéder au menu du Dictionnaire des Codes homosexuels, cliquer ici.

 

Le Synode : explosif ? Ben oui. Et heureusement !

 
papa
 

Je ne vois pas du tout pourquoi certains catholiques s’inquiètent au sujet du Synode qui se tient actuellement au Vatican. Seuls ceux qui ne croient pas vraiment en l’Esprit Saint ont peur. Mais les vrais croyants, eux, ne sont pas sans ignorer que l’Esprit Saint sait exactement ce qu’Il fait. Notamment par rapport à la problématique de l’homosexualité.

 

Accueillir les personnes homosexuelles

 

50. Les personnes homosexuelles ont des dons et des qualités à offrir à la communauté chrétienne: sommes-nous en mesure d’accueillir ces personnes en leur garantissant un espace de fraternité dans nos communautés? Souvent elles souhaitent rencontrer une Église qui soit une maison accueillante. Nos communautés peuvent-elles l’être en acceptant et en évaluant leur orientation sexuelle, sans compromettre la doctrine catholique sur la famille et le mariage?

51. La question homosexuelle nous appelle à une réflexion sérieuse sur comment élaborer des chemins réalistes de croissance affective et de maturité humaine et évangélique en intégrant la dimension sexuelle: elle se présente donc comme un défi éducatif important. L’Église affirme, par ailleurs, que les unions entre des personnes du même sexe ne peuvent pas être assimilées au mariage entre un homme et une femme. Il n’est même pas acceptable que l’on veuille exercer des pressions sur l’attitude des pasteurs, ou que des organismes internationaux soumettent les aides financières à la condition d’introduire des lois s’inspirant de l’idéologie du gender.

52. Sans nier les problématiques morales liées aux unions homosexuelles, on prend acte qu’il existe des cas où le soutien réciproque jusqu’au sacrifice constitue une aide précieuse pour la vie des partenaires. De plus, l’Église prête une attention spéciales aux enfants qui vivent avec des couples du même sexe, en insistant que les exigences et les droits des petits doivent toujours être au premier rang.
 

Les 3 points que la Curie a rédigés, même s’ils manquent de précision (dire « C’est important », « c’est un défi », c’est un peu court ^^ : c’est le mot « sacrifice » qui doit trouver explicitement la forme de la continence et de l’amitié désintéressée), rappellent les principales orientations de l’Église à propos de la question homosexuelle, ne justifient aucunement une identité ni un amour homos ou hétéros (et ça, c’est vraiment l’essentiel, le pas qu’il ne fallait pas franchir). Ils ont le mérite de souligner les enjeux d’aujourd’hui que sont l’idéologie du Gender, le « mariage pour tous », et beaucoup plus positivement l’enjeu de SAINTETÉ concernant les personnes durablement homosexuelles (cf. le « défi », « aide précieuse », « exigences », « élaborer », « important », etc.). Rien de bien nouveau sous le soleil, me direz-vous, et pourtant déjà une grande nouveauté : un ton positif, joyeux, stimulant, musclé, moins chagrin et moins misérabiliste et doloriste que dans le Catéchisme. Quelque chose me dit que le Pape et ses Cardinaux ont vraiment compris la valeur ajoutée non pas de l’homosexualité en elle-même mais des personnes homosexuelles continentes dans l’Église. Et ça, mais alors quelle JOIE ! JackPot ! LÀ, on est vraiment dans l’application de ce qu’a dit Jésus à travers saint Paul : « Ce mystère n’avait pas été communiqué aux hommes des temps passés, comme il vient d’être révélé maintenant à ses saints apôtres et prophètes dans l’Esprit : les païens sont admis au même héritage, membres du même corps, bénéficiaires de la même promesse, dans le Christ Jésus, par le moyen de l’Évangile » (Ep. 3, 5-6).

 

Et pour finir de vous rassurer, j’ai la chance de faire partie (Tugdual Derville aussi) du documentaire réalisé par une équipe de 7 pères de famille catholiques nord-américains, dressant le portrait de 5 familles à travers les 5 continents, documentaire que le Pape verra. J’ai été consulté pour la question de l’homosexualité. Donc à mon avis, l’Église, sur le sujet des unions homos, n’est pas prête de s’aligner sur la pensée du monde, et n’est pas non plus prête de stagner en eaux troubles. Alors réjouissons-nous de ce Synode au lieu de passer à côté de la Fête qu’il est vraiment !
 
 

Voir l’article adjoint.