Appel à la conjugalité ?

Dans ma petite vie qui commence à durer, tant de femmes ou d’hommes auraient déjà depuis longtemps pu faire « conjugalement » mon bonheur si je m’étais engagé individuellement avec eux, et moi, je devine que j’aurais potentiellement pu tellement faire le bonheur de quelques rares amies d’exception de mon entourage (désespérément célibataires, et parfois intéressées par moi) ou être « l’homme de la vie » de pas mal de garçons (par certains aspects – pas tous, je vous rassure ! –, j’ai tout du mari, du gendre, et du copain idéal), que quelquefois, le vertige, le remord, ou bien la honte (du gâchis) me viennent. Pas longtemps. Mais ça m’arrive de plus en plus, parce que mon choix de vie interpelle, et me fait connaître en très peu de temps de plus en plus d’amis proches, des hommes et des femmes de grande qualité.

 

Heureusement que Jésus est là

Et je me dis : heureusement que Jésus est là pour que je ne me laisse pas submerger par les possibles clichés (du catho coincé, du bourreau des cœurs, du gay réfugié confortablement dans son homosexualité, du vieux gars lâche insensible et incapable de partager sa vie avec quelqu’un) qui me colleraient à la peau à merveille, et que je pourrais tout à fait incarner. Heureusement que Jésus est là pour me faire comprendre que ma vie est féconde en dehors du mariage ou du couple. Heureusement que Jésus est là pour me dire que le célibat n’est pas qu’égoïsme, refus de se donner, et perte de temps, mais un trésor qui se déploie, grâce à Lui, dans une profusion apparemment invisible et solitaire à court terme, mais très féconde à l’échelle d’une vie. Ce n’est pas simple à expliquer. Mais je sais que, même si je refuse les conjugalités humaines (y compris les plus prometteuses, les plus logiques et les plus possibles), je ne renonce pas à l’Amour et à la générosité. Je pense être généreux et j’essaie de l’être. D’une manière inédite, certes, mais généreux quand même.

 

Suis-je un grand écrivain ?

Je n’ai pas de talent spécial pour l’écriture. J’ai juste quelque chose à dire. Quelqu’un à annoncer. Sans ça, je ne me serais pas lancé. Écrire pour le plaisir, ou parce que ça fait joli, ou pour se raconter, s’il n’y a pas de message et de combat précis derrière, pour moi, ça ne suffit pas. Et beaucoup d’auteurs actuels ragent d’avoir envie d’incarner le fantasme de l’écrivain, mais de n’avoir rien de fort à défendre. Pour moi, l’écriture est un acte prioritairement militant. Il faut ressentir une sorte d’ « urgence à dire et à dénoncer ». La foi en Jésus aide beaucoup à ça.

 

Urgence de rester dans le Réel

20 juillet 2012 : Dans une salle de cinéma diffusant en avant-première le film « Batman », James Holmes, 24 ans, tue de sang-froid 12 personnes à Aurora (Colorado, USA). Curieusement, il a choisi de tirer au moment d’une scène d’action, située vingt minutes après le début du film. Ce détail est saisissant et très signifiant pour moi : il a voulu calquer le réel sur la fiction, et c’est là qu’il a exprimé sa folie pulsionnelle préméditée. Le germe de la violence humaine, je le crois, est dans la confusion entre réalité et fiction. Pas d’abord dans le fait d’avoir vu des images violentes ou de vouloir être méchant. D’où l’importance, pour aimer, de rester dans le Réel.

 

Ma passion pour les jeux de société

Quand j’étais petit, j’aimais beaucoup les jeux de société. Il m’arrivait d’en créer moi-même. Jeux de cartes (le jeu de 7 familles me fascinait), jeux sur plateau, jeux de connaissances sous forme de tour du monde. Je trouvais ça très convivial et artistique. Dans ma famille, mis à part avec une de mes soeurs qui n’aime pas les jeux de société, on a passé des soirées entières à jouer ensemble. Un apprentissage de la collectivité, de la communion, du combat, de la victoire et de la défaite, de l’imagination.