Je ne crois plus à l’émotion du monde quand elle use des larmes et des bonnes intentions pour s’éloigner du Réel.
Je ne crois plus à l’émotion du monde quand elle use des larmes et des bonnes intentions pour s’éloigner du Réel.
Les meurtres à l’encontre des personnes homosexuelles ne sont pas spécifiquement « homophobes ». Ils font partie de la violence universelle. Un individu, même homosexuel, n’est jamais tué uniquement PARCE QU’IL EST HOMO. Si on croit que l’homosexualité est le seul motif des crimes homophobes, on effectue une lecture victimisatrice et simplificatrice des faits, qui à la fois diabolise, innocente, et laisse courir les vrais agresseurs. En réalité, sous ses aspects pro-gay et sincèrement compassionnels, l’interprétation centrée sur l’identité homosexuelle est redoutable, opportuniste, et tout aussi homophobe que l’homophobie qu’elle condamne ouvertement sans jamais interroger l’ambiguïté sexuelle des bourreaux et la responsabilité des victimes manifestées dans l’acte du viol.
Au pays des Bisounours, les juges sincèrement émus et férocement moralisateurs sont rois !
La continence est la chasteté des personnes homosexuelles. Alors pourquoi (si ce n’est pour finalement pervertir aussi la chasteté…) certaines me soutiennent qu’elles lui préfèrent le terme « chasteté » ? La chasteté n’a pas à devenir le fourre-tout de nos bonnes intentions ascétiques ! Au moins, ce qui est bien avec la continence, c’est qu’on est obligés d’être concrets ! Pas de tentation d’angélisme !
« À quoi ça sert de donner ton avis sur le mariage ?, me dit cyniquement une amie non-homosexuelle et gay friendly, vous allez finir par l’avoir de toute façon ! ». Je lui réponds : « Ah ? Parce qu’on est obligés d’accepter un ‘cadeau’ de force, maintenant ? Première nouvelle ! ». Elle me rétorque : « Ah non, t’inquiète, on t’obligera pas à te marier, par contre ! ». J’ajoute alors : « Le ‘cadeau forcé’ dont je parlais, ce n’était pas le ‘mariage’ mais ‘le droit (de tous) de l’avoir’. C’est encore pire. »
Les militants homosexuels ne veulent pas du « mariage gay », ni du « mariage homo » (pour eux, ces deux mariages n’existent que dans l’esprit de leurs opposants), ni du « mariage » tout court (et ça, ça les surprend davantage !) : ils ne veulent que L’ACCÈS DU MARIAGE POUR TOUS CEUX QUI LE DÉSIRENT. La nuance est de taille ! Ils réclament le DROIT AU MARIAGE et non LE MARIAGE en lui-même. Moi, si j’étais un ministre logique, je les prendrais au mot, et je ne leur donnerais donc pas le mariage : juste le droit de le réclamer. Et ça s’arrêterait là ! Si on veut vraiment accomplir leur exacte volonté, et si on est logique jusqu’au bout, ce ne serait pas les léser que de ne pas leur donner le mariage.
Le tiercé gagnant pour savoir si on est un catho vraiment pratiquant : croire en la présence réelle de Jésus dans l’Eucharistie, croire en la virginité de Marie, défendre le Pape en tant que serviteur inspiré.
La confusion entre liberté et pulsion, à quinze ans, passe encore. Mais à cinquante…
De plus en plus d’« intellectuels », que je croyais amis, ont peur de m’assumer, et m’offrent un soutien timide quand ils sont d’accord avec mes idées mais qu’ils ne veulent surtout pas qu’elles les compromettent trop. Je les entends dire : « Je garde mon soutien à Philippe Ariño, même si bien évidemment on ne peut pas être d’accord avec lui… même si je ne cautionne absolument pas ses propos… même s’il y a à boire et à manger… même si nos idées sont radicalement opposées… » Opposées en quoi ? On ne sait généralement pas. Ils ne se justifient jamais, parce qu’ils sont bien en peine de devoir argumenter. C’est une opposition de principe, une lâcheté, une trouille très peu « honnête intellectuellement » justement.
Il est bon que nous ne soyons pas ÉGAUX en tout. Préservons les différences. Ce que les militants homosexuels demandant le mariage, prisonniers d’un lavage de cerveau autour du mot « Égalité », ont du mal à comprendre, c’est que l’égalité n’est pas une réalité ni une chose bonne en soi : il y a de bonnes inégalités (qui s’appellent en fait « différences », et qui nous permettent justement la relation, l’échange, les mélanges, l’humour, la réflexion, l’ouverture, etc.), tout comme il peut aussi exister des égalités très injustes(elles s’appelleront alors « uniformité », « conformisme », « indifférenciation », « refus de la nouveauté et de la différence », « clonage », « jalousie », « bonnes intentions démagogiques », « non-reconnaissance de la diversité des identités, des besoins, du cas par cas, des situations » et « pensée unique et formatée »). La violence et la fermeture de l’égalitisme pro-gay, qui s’annonce pourtant comme une œuvre de justice (et les personnes homosexuelles défendant « l’ouverture » du mariage aux couples de même sexe, ne se voient absolument pas comme des despotes : elles sont sûres de faire œuvre de bonté et d’être des héros discrets : on hallucine…) doivent, pour cette raison, être dénoncées.