Archives de catégorie : Je l’ai dit

Aux personnes homos ou gays friendly qui m’insultent en ce moment sur Twitter…

 

Aux personnes homos ou gays friendly qui m’insultent ou me menacent en ce moment sur les réseaux sociaux au nom de l’homophobie, je souhaite dire ceci (s’il est encore possible de les faire raisonner) : « Savez-vous que l’accusation infondée – qu’on appelle communément calomnie, insulte voire menace de mort -, rentre aussi dans le cadre de l’homophobie dont vous faites preuve avec moi et que vous m’attribuez ? »

Reportage « Homos, la haine » d’Éric Guéret : le mensonge vraisemblable

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Je viens de voir le reportage « Homos, la haine » de Philippe Besson et Éric Guéret, qui sera diffusé le 9 décembre sur France 2. Désinformation totale. Que du témoignage émotionnel et du ressenti (basé sur des faits à la fois réels et déformés). Zéro analyse des agresseurs ni des mécanismes de violence. Que du « constat » victimisant et diabolisant. Quand est-ce que des journalistes sérieux traiteront vraiment du sujet de l’homophobie et sortiront de l’amalgame ?? Quand est-ce qu’ils se mettront à réfléchir pour sortir de l’idéologie ?
 
 

N.B. : LOL du soir : les « anti mariage pour tous » (qui se font insulter à longueur de temps par les pro) deviennent les « méchants« … #onrêve

Critique de la pièce « Viol » de Louis Lefèbvre au Théâtre Darius Milhaud

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En colère après avoir vu ce soir la pièce Viol de Louis Lefèbvre, jouée au théâtre Darius Milhaud. Comment peut-on se permettre de faire/jouer une pièce sur ce sujet en étant aussi caricatural, mensonger et anachronique ? Ce n’est pas possible ! Et vas-y que je tape sur tous les hommes, et que toute la soi-disant gente masculine y passe. Pas les hommes réels, bien sûr : uniquement les gros beaufs, les adolescents et les machos. Toute la brochette de collabos caricaturaux : les curés, le scoutisme, les psys, les juges, les magistrats, les ouvriers, les policiers, les maris, les étrangers, etc. En toile de fond, c’est le procès de la paternité et du mariage qui est fait. Comme si ces deux instances avaient besoin de cela et que c’étaient elles les responsables du viol. N’importe quoi !
 

Cette pièce de 7 tableaux traite de manière totalement irréaliste le viol… et bizarrement, ce qui est encore plus violent que la thématique elle-même, c’est ce traitement infidèle, traitement qui a pourtant la prétention d’être réaliste et engagé en plus, mais qui occulte les vrais viols. Car dans le réel, les viols ne se passent pas comme ça. Les méchants ne sont pas méchants comme ça. C’est honteux, une telle infidélité. C’est grossier. On n’a pas le droit de faire ça aux victimes ! Être irréaliste et mensonger en parlant du viol, c’est faire encore plus injure à toutes les victimes qu’on prétend défendre, cela revient à couvrir tous les agresseurs réels. Ce n’est pas éclairer la violence. C’est en rajouter, même. C’est simplifier ses mécanismes et les encourager. Cette pièce ne joue pas son rôle et tape sur les mauvaises personnes en concluant : Les violeurs sont tous des méchants et des cons ! Super…. On est bien avancé ! Je cite la réplique finale : « Il reste une Bastille de la connerie à prendre. Venez tous ! » Non merci. Ça ira. Vous l’avez déjà prise pendant une heure et quart. Vous continuerez sans moi.
 

(Dommage car deux comédiennes jouent particulièrement bien : Laurence Naudin et Delphine Lefèbvre)

Synode 2015 (2nde partie) : 3 mots du Pape sur l’homosexualité, sinon autant se taire

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Pardon de mettre, par ce message, les chefs de l’Église au pied du mur… mais nous sommes en famille et l’unité de celle-ci est en jeu, surtout à cause du traitement du thème de l’homosexualité… alors je préfère parler en vérité. Je ne serai véritablement satisfait et sûr du discours ecclésial sur l’homosexualité que si, dans le rapport final du Synode (prévu pour le 25 octobre 2015), je lis trois mots : 1) VIOLENCE; 2) CONTINENCE ; 3) SAINTETÉ. À mes yeux, ils seront la preuve qu’aura été pris en compte ce qu’est vraiment le désir et l’acte homo (une blessure, une souffrance et parfois une violence quand il est pratiqué), comment on vit avec ce désir (la continence), et vers où l’alliance des deux (blessure + continence) conduit (la sainteté). Or, à ce jour, sous couvert d’« accueil », de « chasteté » de « délicatesse » et de « temps », le Synode Part II (qui se déroulera du 4 au 25 octobre 2015) glisse dangereusement vers une justification de l’Union civile et de l’amour homo « chaste », ou vers du réchauffé de l’actuel version du Catéchisme. Au secours…
 

Nous, personnes homosexuelles, avons tant besoin qu’on nous dise la Vérité sur ce que nous ressentons, sur ce que nous vivons ! Nous avons tant besoin que l’Église ne s’apitoie pas sur nous, ni nous accueille sans nous proposer un grand projet, une vraie Bonne Nouvelle ! Pas seulement qu’Elle nous dise « On vous accueille, on vous aime, on ne vous juge pas, on va vous aider à vivre avec votre désir homo et à le maîtriser (… pour mieux le neutraliser) », mais qu’Elle nous propose un don entier de notre personne, qu’Elle utilise notre homosexualité, qu’Elle mette la barre haut en nous demandant carrément la sainteté ! le don de notre homosexualité aux autres et à l’Église !
 

Nous ne voulons pas d’une gestion privatisée, compassionnelle et misérabiliste de l’homosexualité. Nous voulons, sans pratiquer notre désir homo ni le justifier sous forme d’identité ou d’amour, l’universaliser, le sanctifier, le transformer en force et en originalité. Une originalité qui n’est ni notre origine ni notre essence ni un destin, mais juste une réalité de notre être qui, traversée par Dieu, peut devenir une puissance énorme d’évangélisation, de Résurrection, d’humour, de guérison pour tout notre monde blessé. Il ne s’agit pas se s’accommoder de l’homosexualité, mais bien de l’utiliser comme ce qu’elle devient une fois qu’elle est transformée par le Seigneur : un grand cadeau réjouissant et mondial !
 

Franchement, si ces trois mots VIOLENCE/CONTINENCE/SAINTETÉ – qui ne figurent pas dans l’actuel Catéchisme de l’Église catholique – n’apparaissent pas dans le prochain rapport synodal final rédigé par le Pape François, mieux vaut, à mon avis, ne pas aborder du tout la question, ne rien rajouter de plus que ce qu’a déjà écrit le Pape Benoît XVI, et en rester là, plutôt que de broder du neuf et au final raconter des bêtises et des imprécisions équivoques propices à des interprétations/conséquences dramatiques. La cerise sur le gâteau du discours papale sur l’homosexualité serait une charge bien calibrée contre l’hétérosexualité, au nom de la défense de l’Humain et de sa sexuation : j’ose rêver !

Le Coeur de la Suisse

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Jeudi dernier, dans le train qui me conduisait de Neuchâtel à Fribourg, j’ai vu débarquer tout un groupe de randonneurs à la retraite, avec un accent suisse à couper au couteau, exactement comme dans le cliché que je me faisais avant de venir (ce n’était pas la troupe de chanteurs tyroliens en costumes folkloriques, mais presque ^^). Des hommes mariés, des célibataires, des curés, des pasteurs, des veufs. Toute une bande d’une quarantaine d’amis. Ils s’appellent les « Jeudistes » parce qu’ils se retrouvent tous les jeudis pour faire des randonnées. Ils laissent parfois leur femme et s’en vont, entre 30-50 personnes, faire leur escapade hebdomadaire. Les Jeudistes sont un club alpin. J’ai fait un brin de causette pendant tout le chemin avec 3 d’entre eux, ai appris beaucoup de choses sur la Suisse (j’ai envié les citoyens suisses, qui eux, contrairement à la France, ont droit de parole et de décision sur les lois du pays, parce qu’ils sont consultés régulièrement, et sont soumis à un système politique fédéraliste, presque corporatiste : une loi comme le « mariage gay » ne serait jamais passée en France si on avait eu la taille et le fonctionnement politique de la Suisse). Mon compartiment de train s’est transformé en grande réunion de fraternité masculine. C’était beau. Merci Jérôme Grandet et Nicolas Buttet de m’avoir fait connaître un peu du cœur de la Suisse.

Homophobie : l’essentiel à comprendre

 

1) le sens étymologique (les deux sens sont valides) :
– phobie/haine du même
– phobie/haine d’une personne homo (donc attaque à l’encontre d’une personne homosexuelle) ; peur du sujet de l’homosexualité et des personnes homosexuelles.

 

2) Ce que les mass médias et les gens gays friendly en comprennent (à tort car leur interprétation gomme le sens étymologique) :
– tout lien entre homosexualité et violence/souffrance
– toute opposition à un désir, un droit, une loi, portés par une personne homo ou faits portés par une personne homo.

 

3) Ce que l’homophobie est vraiment :
– l’identité et la pratique homo (réduire une personne à ses pulsions ou à ses sentiments, c’est finalement lui ôter son humanité, et la prendre pour un animal ET un ange)
– un désir homo refoulé ou excessivement assumé sous forme d’identité ou de pratique homosexuelle

Charité n’irait pas avec division ?

 

Je reçois à l’instant un mail d’un homme d’Écologie Humaine qui me demande de ne pas faire de vagues par rapport à son mouvement. Il le fait d’ailleurs de manière très courtoise, en respectant bien les règles de la « communication non-violente » (genre « je finis par une question, pour donner l’impression à mon interlocuteur que je lui laisse sa liberté »). Voici un extrait :

 

Je lis tes posts et articles que j’apprécie beaucoup. Je crois (accueille-le si tu le veux bien) que nous devons rester unis malgré nos différences de perception parfois de la réalité ou malgré nos différentes sensibilités. Tu as raison de dire ce que tu penses sur tel ou tel mouvement (LMPT, Veilleurs, CEH,…) mais STP n’oublie pas que la division ne fait le jeu que d’un seul, Satan. Plus nous sommes divisés entre nous, plus cela va être difficile de sensibiliser, de motiver, de convaincre des personnes qui sont à des milliers de km de nos idées. Qu’en penses-tu ? »

 

De même que de plus en plus la chasteté est réduite à la sincérité, je crois que certains cathos actuels n’ont pas compris ce qu’est la véritable Charité ni qui est vraiment Jésus. Dès qu’ils identifient quelque chose comme de la « division » ou de la brutalité, ils l’attribuent au « mal », au « diable », au « diviseur ». Tout ça parce qu’ils n’ont pas compris que la Charité devient force grâce à la Vérité. Ou bien ils n’ont pas réalisé que l’« unité » qu’ils prônent n’est belle que si elle sert la Vérité et le Christ (sinon, cette unité n’est qu’un cache-misère pour masquer une division que précisément ils alimentent à leur insu par leur tiédeur relativiste et leur peur d’annoncer Jésus). Certes, la Charité est souvent douceur, miséricorde, accueil… mais Elle est parfois aussi séparation, rupture, jugement, exigence, rejet, Croix, force. Elle est un grand « OUI »… et des petits « non » dans les cas où vraiment la Vérité est bafouée. Même Jésus se présente parfois comme l’auteur d’une division :

 

« Ne croyez pas que je sois venu apporter la paix sur la terre; je ne suis pas venu apporter la paix, mais l’épée. Car je suis venu mettre la division entre l’homme et son père, entre la fille et sa mère, entre la belle-fille et sa belle-mère ; et l’homme aura pour ennemis les gens de sa maison. » dit Jésus (Matthieu 10, 34-36)

 

C’est se tromper sur la véritable identité de la Charité que de croire qu’Elle n’est pas non plus conflit, critique d’actes ou de pensées erronés, qu’Elle effraierait moins en se cachant. C’est se tromper sur la Charité que d’imaginer qu’Elle se réduit à la « bienveillance », au « respect », au « être gentil », au fait de « ne pas blesser ». La Charité peut blesser et diviser, non pas de son fait, mais parce que sa lumière révèle l’existence d’une blessure, d’une rupture et d’un mensonge qui se sont séparés d’Elle, dont Elle n’est pas responsable mais dont Elle fait forcément le constat. Alors ça suffit de la Charité-bondieuserie laïcarde qui n’ose pas dire son nom/non, qui n’est qu’une apostasie, qu’une honte que l’étiquette catho fasse fuir, ou qu’un bon sentiment dilué !

En parler, c’est déjà arrêter

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Parlons. Et nous le verrons de nos propres yeux : tout s’arrêtera vraiment, dans la consolation, le soulagement, l’humour et la libération durable.
 

Si la pratique de la masturbation (et de tout ce qui va avec : libertinage, « plans cul », luxure, visionnage de porno, drague malsaine, etc.), empêche de parler (ça se vérifie universellement : elle nous coupe À TOUS SANS EXCEPTION la langue tellement elle est honteuse, avilissante et pourtant banalisée), ne nous décourageons pas et disons-nous bien qu’à l’inverse, c’est aussi par la parole qu’on arrive à la dépasser. Personnellement, j’ai découvert que c’est à partir du moment où j’ai nommé ce que je faisais (et je ne parle pas ici que du sacrement de confession : je parle en société ou par mes écrits), que j’ai pu m’en détacher et que j’ai réussi à m’en sortir. J’irais même plus loin : je crois que c’est une fois qu’on parle de cette pratique qu’on en est déjà sorti. Le Verbe s’est fait chair et Il a habité pour toujours parmi nous. C’est une Réalité. Vive la Parole libératrice !

La pastorale à l’égard des personnes homos, selon Arnaud Dumouch

 

Merci à Arnaud Dumouch d’avoir essayé de mettre les mains dans le cambouis en abordant la question de la pastorale spécifique à l’égard des personnes homosexuelles.
 

 

C’est un ami qui m’a demandé ce que je pensais de cette vidéo, donc je l’ai regardée en entier, et voudrais déjà saluer qu’elle a le mérite de faire un peu de ménage et d’ordre, de dire certaines choses franches et fondamentales, telles que le lien entre homosexualité et souffrance. C’est déjà un grand pas.

 

Pour ce qui est du détail, j’y vois cependant des petites imprécisions qui perturbent la clarté du message ecclésial sur l’homosexualité et de l’ensemble :
 

1) On part toujours, dès qu’on parle d’homosexualité (et moi le premier) avec le handicap de l’absurdité du mot (et de l’usage du mot) « homosexuel », qui est un néologisme qui condense « même » (homo) et « autre » (sexualité) : c’est un mot en soi contradictoire, oxymorique. On est donc toujours coincé pour l’aborder, car la base est mauvaise. On devrait parler uniquement de « désir homosexuel » ou d’« attraction sexuelle pour les personnes de même sexe ». Bref. Le plus important, c’est d’en avoir conscience. Mais je doute que le speaker en ait pleinement conscience.

 

2) L’abord du sujet est, dans ce topo, pluraliste : il contient donc le danger de s’éparpiller, par excès de délicatesse et sous couvert de réalisme et de respect de la diversité, dans le particularisme, au détriment du fond. Par exemple, Arnaud Dumouch insiste un peu trop sur la soi-disant distinction entre « homosexualité féminine » et « homosexualité masculine » (en soutenant qu’elles n’ont presque rien à voir, et que la seconde serait nettement plus compulsive… ce qui est faux), ou bien sur les « formes d’homosexualités » (en rentrant dans le jeu – très marqué dans le « milieu homo » qui se dit « hors-milieu » – de ceux qui séparent radicalement « l’homosexuel qui viole et qui vit dans la luxure » et « l’homosexuel sincère qui désire vivre en chasteté », ou dans le jeu de ceux qui prennent trop de pincettes pour justifier leur statut d’« experts »). Ce discours qui met tout au pluriel, qui crée deux communautés homos (où l’une blanchit/noircit l’autre), qui tente de promouvoir une « diversité homosexuelle » afin de ne pas blesser et d’éviter les généralisations blessantes, qui insiste beaucoup trop sur les sous-parties (« éphébophilie », « traitement hormonal », etc.), n’est pas réaliste et ne donne pas assez de vision d’ensemble. Car il y a très peu de différence entre l’homosexualité féminine et l’homosexualité masculine, très peu de différences entre le « milieu homo » et le « hors milieu », très peu de différences entre éphébophilie et homosexualité, très peu de différences entre désir homosexuel et désir transidentitaire/transsexuel. Ce discours qui se veut non-caricatural et respectueux de la pluralité et du particulier, ne parle pas franchement de la violence des actes homosexuels, et donc n’aide pas à penser la pastorale ecclésiale à l’égard des personnes homosexuelles de manière unifiée, universelle et concrète. À la fin du topo, on voit de la part du conférencier la fragmentation de la pastorale spécifique en « pastorales » au pluriel, comme si l’Église ne pouvait pas proposer la même chose pour les personnes homos libertines et pour les personnes homos sincères (qui sont souvent une seule et même personne !) : « [il y a tant de] diverses formes d’homosexualités que pastoralement elles ne peuvent pas être traitées de la même façon. » Oui et non. Et surtout, non.

 

3) L’amitié amoureuse est trop mise en avant dans son discours, bien qu’il en montre aussi les limites. La « fidélité d’amitié chaste » est présentée comme « la voie sans doute la plus équilibrante » pour les personnes durablement homosexuelles. En gros, la cohabitation sans rapport sensuels/sexuels. Entre les lignes, il croit en la beauté d’une « amitié amoureuse chaste » entre deux personnes homos, et en son éternité, puisqu’il parle de « vivre une amitié chaste et totalement fidèle, à vie ». Arnaud Dumouch reste très allusif sur la nature de cette amitié homosensible, sur son ambiguïté, tout simplement parce qu’il emploie le terme universaliste et spirituel de « chasteté » sans faire une seule fois mention de la continence, LA forme particulière de chasteté qui est demandée par l’Église aux personnes homosexuelles. Mettre en avant la seule chasteté, pour le cas de l’homosexualité, et dire qu’elle est la seule solution, c’est un peu court, c’est laisser la porte ouverte au « couple » homo, et c’est surtout sujet à plein d’erreurs d’interprétation.

 

4) Il y aurait également à redire sur sa défense du mythe de la « sensibilité » exceptionnelle homosexuelle : le fait qu’il souligne de manière positive la soi-disant aptitude artistique homosensible particulière n’est pas, dans son discours, relié à la souffrance. Elle est un peu, pour le coup, essentialiser en eugénisme positif. Cette déférence est inutile si elle ne donne pas de légende réaliste à cette sensibilité.

 

5) On constate dans la vidéo une légère diabolisation ou désincarnation de la sexualité, puisqu’inconsciemment, la sexualité est réduite à la génitalité. Pour le coup, Arnaud Dumouch sort ce genre de contre-Vérité : « La sexualité ne concerne pas la volonté de Dieu. » Or, bien sûr que si !

 

6) Dumouch essentialise beaucoup trop souvent la tendance sexuelle sous forme d’espèce : « les » hétéros ; « les » homos » ; « les lesbiennes » (même si, à certains moments, il commence à se plier à l’exercice de dire « les personnes homosexuelles » et pas « les homos ».). Il confond la différence des sexes avec l’hétérosexualité, et donne à l’hétérosexualité une incarnation, une humanité, une réalité qu’elle n’a pas (seule la différence des sexes est réelle) : « 97% de la population est hétérosexuelle. » Cette erreur se perçoit dans sa manière de ne traiter le thème de l’homosexualité que sous le prisme de la différence des sexes rigidifiée en hétérosexualité : en effet, il fait une claire distinction entre homosexualité masculine et homosexualité féminine… alors qu’en réalité, la peur de la différence des sexes est humaine, à la base ! Et le désir homosexuel possède ses caractéristiques générales, indépendamment de la différence des sexes : il est un désir d’asexuation.

 

7) Ce qui est dit sur l’éphébophilie est intéressant, mais à mon avis, c’est une sous-partie qui dilue la réflexion sur la relation dite « amoureuse » entre deux personnes adultes « consentantes » (alors qu’avec cette relation, on a déjà de quoi faire !). On s’écarte du vrai sujet par des comparaisons certes utiles mais glissantes.

 

8) Le discours de ce conférencier, souvent précis et juste malgré tout, est teinté d’angélisme et de propositions pastorales finalement peu concrètes et incarnées. Son message se résume à une mise en garde contre les actes homos (très bien), à une définition de l’homosexualité comme une fêlure (plus que très bien), mais aussi à une bonne intention dont la conclusion serait : « L’homosexualité, il faut y réfléchir. Dans la bienveillance et le respect de chacun… mais sans rien proposer de concret derrière. » Rajouter au crayon un « s » à « pastorale spécifique à l’égard des personnes homosexuelles », ou bien rajouter une bonne intention (« Il faut s’y mettre. »), ce n’est pas du contenu et c’est particulièrement flou. Quelle forme doit prendre cette pastorale ? Comment et qu’est-ce qu’on propose, sans idéaliser un compagnonnage ambigu ni une amitié amoureuse pseudo « chaste » ? La vidéo ne répond pas, ou bien répond à côté. Ça sent le discours bien-pensant Écologie Humaine (d’ailleurs, Arnaud Dumouch cite deux fois « Écologie humaine »… On le sent contaminé par le propos lénifiant humaniste bobo). Moi, attention, ça me donne envie de rechanter « C’est bien gentil »…

La bougie de notre isolement

 

Ne nous décourageons pas face à l’apparente insignifiance des actes justes que nous posons, à l’indifférence que suscitent les mots vrais que nous disons, à la défaite couronnant beaucoup de nos combats sociaux, à l’incompréhension massive qui nous entoure, aux échecs dans la communication de nos idées, à l’isolement. La lueur de Vérité semble noyée dans une grande masse sombre, mais en réalité, on ne voit qu’elle… comme la petite bougie au coeur de la nuit.
 
lueur
 

Toutes les ombres se ressemblent et se neutralisent entre elles. On les croit invincibles, numériquement plus puissantes. Or elles n’ont aucun pouvoir sur la lumière. Elles n’ont ni la force de l’engloutir ni de l’éteindre ni de lui voler la vedette. Nous aurons toujours raison de miser sur la Vérité-Jésus, même si nous ne sommes pas suivis par le Monde. Elle ne passera jamais inaperçue. Elle ressort forcément. Ceci est vrai pour tout livre que nous écrivons, toute parole que nous prononçons, toute carrière artistique ou politique dans laquelle nous nous engageons, toute action et toute relation humaine que nous vivons. La Vérité est reconnue tôt ou tard ; et ses serviteurs aussi.