On assiste mondialement à une « asiatisation/sinisation des religions ». Sorte de plan spirituel antéchristique. J’en parle beaucoup dans le chapitre 2 de mon livre (rubrique « panmongolisme musulman », traitant surtout du cas de l’Inde et de l’Indonésie).
 

La « sinisation », c’est-à-dire l’imposition de la civilisation chinoise, c’est un peu le laïcisme à la française. Elle tolère la religion catholique à partir du moment où celle-ci ferme sa gueule. C’est un néo-communisme spirituel.
 

Il y a pile 10 jours, le 19 juillet dernier, à la Cathédrale de Pékin et au Grand Hall du Peuple, Yu Zhengsheng, chef du Parti Communiste chinois, a appelé les évêques catholiques à adhérer à la « sinisation » (zhongguohua) et à prêter allégeance au Parti. En avril 2016 déjà, le président Xi Jinping avait fait rédiger un « Plan de travail pour 2017 » à l’Administration d’État des Affaires religieuses, publié le 26 janvier 2017, qui autorisait les autorités chinoises à choisir et ordonner les évêques « sans ingérence de la part du Vatican ».
 

Ce hold-up de souveraineté ecclésiale, cette violation papale, cette mise au placard épiscopale, est à peine dénoncée (ou à demi mot) par les MEP (Missions Étrangères de Paris) et pas du tout par le journal La Croix. Écoeurant.