Croyez-moi si vous voulez. Je redoute largement plus ma Mère spirituelle que mes passages au confessionnal, que la réaction des prêtres, que l’avis de mes amis cathos, ou même que la privation (temporaire) des sacrements (Eucharistie, Confession). Plus que tout, la perspective de lui mentir à elle, de lui cacher des choses, de lui annoncer un péché grave ou de la décevoir, me remplit de crainte et de honte. Et ce n’est pas logique. Car mon accompagnatrice spirituelle – qui est une simple sœur – n’a rien d’un dragon voilé, d’une mère fouettarde, d’une dame patronnesse impressionnante, ni même d’une maman-gâteau trop complaisante ou impressionnable. En plus, à chaque fois que nous nous entretenons ensemble, ça se passe super bien, et je n’ai pas l’impression de passer devant un tribunal ni de survoler les « dossiers ».
 

Je réalise, à travers ma crainte cristallisée autour d’elle, combien est grand le pouvoir des religieuses consacrées ! Je prends conscience aussi pourquoi c’est la Vierge Marie qui écrase à la fin la tête du serpent, et pourquoi il y a 3 choses que les personnes possédées par Satan ne supportent pas : l’eau bénite, les crucifix et la Vierge Marie. Les vierges et les religieuses ont un rôle extrêmement puissant de gardiennes de la Vérité et d’acheveuses de mal. Et ceux qui les opposent aux confesseurs « hommes » ou les déclassent par rapport à ces derniers, ne comprennent pas que ma mère spi m’a dit texto cet après-midi des phrases que j’ai entendues le matin même dans la bouche de mon confesseur, ne comprennent pas la Vierge qui, loin d’être une déesse, est la mère de Dieu et des Hommes, et celle qui vient à bout du démon.
 

Socialement et ecclésialement, on a tendance à prendre les religieuses pour des vieilles filles un peu cuculs, des godiches mal baisées et frigides, des sous-fifres qui auraient moins de pouvoir que les hommes (parce que, contrairement à certains religieux, elles ne revêtent pas complètement le Christ, elles ne peuvent pas transformer le pain et le vin en Dieu, et elles ne peuvent pas remettre les péchés). Et j’ai des amis catholiques qui, en apprenant que j’ai pour accompagnateur spirituel une femme (quand bien même elle soit religieuse), me suspectent d’avoir un sous-accompagnement, un suivi « un peu lège », de choisir la facilité ou la bonne planque pour ne pas me confronter à mes péchés et à la radicalité « virile » de la Croix, pour contourner la Vérité et la confession. Tu parles ! Côtoyer à une bonne sœur, c’est un mystérieux face à face avec l’Esprit Saint lui-même ! Une religieuse consacrée n’a même pas besoin de montrer les crocs ni de faire la morale ni de menacer pour être une « killeuse », la Terreur n°1 des démons, la gagnante de beaucoup de combats spirituels quotidiens que bien des clercs peuvent perdre.