Mon livre sort-il au pire moment ? Oui ! (… et non!)

Mon livre La Singularité est la Marque de la Bête (décrite par saint Jean dans l’Apocalypse) sort le 1er septembre. À la rentrée scolaire prochaine, donc. Aux prestigieuses éditions du Panthéon.

 

Mais compte tenu de l’avalanche des mauvaises nouvelles concernant les maisons d’édition et l’avenir du livre, sort-il au pire moment ?

 

Il y a de fortes raisons de penser que oui !

 

En tout cas, tous les voyants sont au rouge, localement et mondialement. Un vent de panique souffle sur le monde éditorial – et plus largement artistique et créatif – à cause d’une part de ladite surpopulation universelle (autrement dit, l’expansion spectaculaire de la population et de l’expression de celle-ci, partout dans le Monde : l’accroissement démographique et la libération cacophonique de la parole constituent un facteur non négligeable de notre angoisse et découragement globaux) et d’autre part la refonte des données, des actions et des personnes, et la redistribution des richesses, à travers la numérisation/électrification universelle du Monde imposée par le Gouvernement Mondial antéchristique et luciférien.

 

Donc forcément, tous les secteurs d’activité, de créativité, d’humanité, sont impactés, se sentent impuissants, et beaucoup perdent courage, voire paniquent et mettent la clé sous la porte. À commencer par les petites boîtes et les petits éditeurs. C’est une restructuration quasi complète et impressionnante qui s’opère. Dans l’intervalle des 4 prochaines années, Internet va tout reconfigurer… pour ne pas dire « tout saper ».

 

Quelques exemples :

 

Ma première maison d’édition, l’Harmattan, vit une période de crise au sein de sa gouvernance, et licencie à tour de bras. Même ses collaborateurs historiques les plus compétents (par exemple, Bruno Péquignot) sont remerciés après des années de bons et loyaux services : un scandale et un crève-cœur. Le navire l’Harmattan, jadis solide, sombre… Et quand j’ai proposé mon livre (dont la thématique est pourtant clairement catholique et prophétique) aux maisons d’édition chrétiennes – qui auraient donc dû logiquement se ruer dessus – elles m’ont argué que « les temps étaient durs et que ce ne serait pas assez rentable ». Elles m’ont brandi l’argument de l’argent ! Affligeant.

Par ailleurs, on peut voir que les maisons d’édition prennent moins de risques, ou plutôt des risques mesurés : beaucoup d’entre elles proposent maintenant de publier « à compte participatif » (c’est-à-dire qu’au départ, les frais sont partagés entre l’auteur et l’éditeur). Si un auteur veut échapper au compte d’auteur, moins de contrats à compte 100% d’éditeur qui lui sont proposés. Les éditeurs indépendants/alternatifs et les petites maisons (par exemple, les éditions Saint Honoré, avec lesquelles j’avais signé pour mon essai Couples homosexuels : c’est quoi le problème ? en 2023, se sont retrouvées en redressement judiciaire) se cassent la gueule : seules les grosses restent. Et encore…

Cette frilosité ne concerne pas que les éditoriales cathos. Ça serre les dents partout depuis à peu près 15 ans. Actuellement, le distributeur Makassar fait faux bond à pas moins de 200 petits éditeurs, conséquence des mises en redressement judiciaire des grandes librairies Gibert, Furet du Nord et Decitre. Même les librairies de renom ferment (Gibert à Marseille, Sauramps à Montpellier…). Et cette déréliction est dans l’air. À force de fréquenter les librairies partout en France, je sens même que chez certaines, les libraires limite te fusillent du regard ou bien t’agressent si tu ne repars pas de chez eux sans leur avoir acheté un livre… Ils sont à cran. Et au bord de l’asphyxie.

 

Le Salon du Livre ne fait plus recette (les auteurs s’en désolent sur le plateau de l’émission La Grande Librairie, sur France 5). J’ai même essayé de m’y rendre « en présentiel » cette année, à Paris, au Grand Palais, mais ai été refoulé à l’entrée : il y avait beaucoup moins d’auteurs que les éditions précédentes, et un public trié sur le volet, avec des plages horaires hyper strictes, des réservations « uniquement sur internet », programmées longtemps à l’avance. L’événement est devenu une forteresse élitiste hermétique et imprenable. À l’image du chant du cygne des livres papiers, des écrivains, des éditeurs et des lecteurs.

 

Côté lectorat justement, je le vois bien : ça lit beaucoup moins. Quoi qu’on en dise. Il y a une flemme/paresse intellectuelle générale, couplée à un déficit de la concentration. Étant devenu, depuis deux ans, un « rat de bibliothèques » (je fréquente assidument la BNF – Bibliothèque François Mitterrand – et la BPI – Bibliothèque Pompidou), je peux attester que les gens présents sur place lisent très peu les ouvrages entreposés autour d’eux. Les rangées de livres sont désertes et font tapisserie. Y compris à la bibliothèque de recherches ! L’objet-livre est à l’article de la mort, fini en pièce de musée respirant la poussière. Les occupants des lieux sont quasiment tous sur leur ordi. Sans déconner ! Et ils sont plus là parce qu’ils n’arrivent plus à étudier/se concentrer à la maison, ainsi que pour la clim’ ou pour la connexion internet illimitée, que pour lire ! Les visiteurs ne consultent quasiment pas les livres. La BPI, c’est carrément le Bled, le rendez-vous des wesh-wesh. La BNF, c’est un peu plus studieux et diversifiés socialement, mais ça sert même parfois de refuge pour les SDF !

 

Dans les grandes surfaces, le rayon librairie est réduit à une peau de chagrin. Quand j’ai vu celui des Galeries Lafayette Haussmann, j’ai explosé de rire : il y avait deux pauvres livres pour teen-agers qui se battaient en duel sur une étagère…

 

Le paradoxe, c’est que cette dégringolade du livre se voit compensée par une flambée et une démocratisation des (faux) auteurs, des productions dites livresques (avec cette fidélisation par le morcellement : les séries ou sagas, avec les intrigues numérotées). Comme l’a croqué une excellente caricature du dessinateur suisse Patrick Chappatte représentant deux personnages observant, atterrés, la prolifération de nouveaux ouvrages florissant les étales des librairies pour la rentrée littéraire, « Les gens ne lisent plus… Ils écrivent… » C’est exactement ça. La quantité remplace la qualité, ou bien se mêle à la qualité pour étouffer cette dernière. La mode du storytelling (« Raconte-toi… Partage tes émotions »), du bavardage, du verbiage, de l’avis ou de la prise de position qu’il faudrait à tout prix exposer à tout le monde, envahit les ondes et les rayons des librairies. Tout le monde pourrait écrire, chanter, créer sa chaîne, sa radio, son média ou son podcast. Même s’il n’a rien à dire (Et surtout, s’il n’a rien à dire !). Donc ce n’est pas tant qu’on ne lit plus : c’est qu’on préfère ne se lire que soi-même.
 

 

Face à cette inflation narcissique et cette crise de l’édition, la tentation est de chercher des coupables, des responsables humains, de polariser les choses de manière très manichéenne et agressive (« Tout ça, c’est la faute du COVID !! C’est un complot ! » ; « La maison historique Grasset coule ? C’est de la faute de Bolloré ! Les journaux historiques du Washington Post et du New York Times s’écroulent et licencient à tour de bras ? C’est de la faute de Bezos, de Branson, d’Elon Musk, de Trump et de l’extrême droite !! Les grands milliardaires se sont emparés des organes de presse et des médias pour consolider leur empire et censurer les pauvres ! ») ou se lamenter que « le niveau [de réflexion, de lecture, de création, d’achat] baisse… ».

 

Mais comme je vous le disais en intro, le problème est ailleurs. Il est plus élevé et plus spirituel qu’humain, politique et horizontal. Le « Diviseur », à savoir le diable, est à la manœuvre et divise les Humains – pour qu’ils s’imputent la faute les uns aux autres – afin de mieux régner sur eux. C’est l’hégémonie du Gouvernement Mondial antéchristique qu’il faut identifier derrière la crise éditoriale que nous vivons, et non simplement des petites guéguerres intestines humaines qu’Il provoque pour détourner l’attention.

 

Quant à la situation critique que nous, auteurs, traversons, au lieu de la considérer comme une épreuve, voyons-la plutôt comme une leçon, une stimulation (à écrire moins de merdes et à sortir du lot), voire une chance (la lumière brille encore plus et mieux dans l’obscurité : la médiocrité ambiante et numérique, loin de nous effacer, nous met encore plus en valeur, paradoxalement !).

 

Et pour ce qui est concrètement de ma propre maison d’édition (les éditions du Panthéon), je suis heureux car je sais que j’ai misé sur le bon cheval.Il s’agit d’une partenaire solide, qui a effectué sa mue et son virage numérique il y a 10 ans (car elle a devancé le tournant mondial qui allait être pris), et qui est implantée aussi bien sur le terrain des librairies et des médias que sur le web. Elle a une stratégie de communication et de distribution autrement mieux rodée que toutes les autres maisons d’édition auxquelles j’ai eu affaire auparavant. J’ai même été pour la première fois consulté pour la date de sortie de mon livre ! Et j’ai vu les exemplaires d’autres auteurs publiés chez elle qui partaient en service presse, et c’était conséquent. Par ailleurs, rien qu’en lisant la quatrième de couverture qu’elle a rédigée à ma place, j’ai pu constater que la quintessence de mon livre avait été captée. J’ai donc la sensation d’être bien épaulé et que mon livre va naître dans la meilleure « maternité » !

 

Alors oui, mon livre sort au pire moment, mais paradoxalement aussi au meilleur !