Pierre

SIGNIFICATION SOCIALE, MONDIALE ET ESCHATOLOGIQUE DU CODE

 

C’EST MON DERNIER MOT, JEAN-PIERRE
 

Le but de la Nouvelle Religion mondiale antéchristique, à terme, c’est de transformer, au nom d’un humanisme intégral, l’Homme en cinq choses : en végétal (plante, arbre), en minéral (en pierre), en animal, en objet (robot) et en ange (énergie). Je vais dans ce code m’arrêter uniquement sur les pierres. Quand je dis « au nom d’un humanisme intégral », c’est que cette illusion de pouvoir pétrifier l’Homme en pierre part d’une bonne intention humaniste : d’une part, l’être humain contient une faible part de silice (Vers 1250, saint Albert le Grand a même établi l’analogie entre la formation du fœtus et la génération des pierres et métaux !) ; et d’autre part, il est prouvé que les pierres peuvent faire du bien à l’Homme (le soin par les pierres porte un nom : la litho-thérapie). Le problème, c’est que sur la base de ces réalités positives, l’Antéchrist entend faire croire à l’Homme qu’Il pourrait se fortifier, se construire lui-même, et qu’Il devrait se solidifier (ou durcir son cœur) pour renoncer à son humanité et ainsi accéder à une forme d’immortalité : celle des objets. Tout l’objectif de la Franc-Maçonnerie antéchristique, et donc de Lucifer, c’est de nous faire accepter, à nous Humains, de remplacer notre cœur de chair par un cœur de pierre d’or et d’énergie nommé « plexus solaire » ou « Pierre philosophale ». Or, le seul qui finalement peut transformer notre être de pierre en être de chair et de cœur, c’est Jésus : « Frères, l’Écriture dit : Le premier homme, Adam, devint un être vivant ; le dernier Adam – le Christ – est devenu l’être spirituel qui donne la vie. Ce qui vient d’abord, ce n’est pas le spirituel, mais le physique ; ensuite seulement vient le spirituel. Pétri d’argile, le premier homme vient de la terre ; le deuxième homme, lui, vient du ciel. Comme Adam était d’argile, ainsi les hommes sont faits d’argile ; comme le Christ est du ciel, ainsi les hommes seront du ciel. Et de même que nous aurons été à l’image de celui qui est fait d’argile, de même nous serons à l’image de celui qui vient du ciel. » (Première Lettre de saint Paul aux Corinthiens, 15, 45-49).
 

Les francs-maçons insistent beaucoup, comme les maîtres d’œuvre qui dirigent les ouvriers des pyramides portant des gros blocs de pierre sur leur dos, sur la figure du porteur (Le mouvement politique socialiste Place Publique a créé par exemple des « Porteurs de causes »). Pour eux, et pour des présidents comme Emmanuel Macron, il est crucial de porter un projet, d’apporter sa pierre à l’édifice, de devenir son propre totem ou sa propre pyramide, de « se travailler » et de « se tailler » comme une pierre. Ils s’appuient parfois sur un écrit – la Table d’Émeraude – pour exercer/justifier ce travail. Et leurs discours politiques sont truffés de références à la pierre (« marquer d’une pierre blanche », « faire d’une pierre deux coups », « être solide comme un roc », « être la pierre d’angle » ou « la pierre angulaire », etc.). Il y a donc – et c’est un paradoxe – derrière cette conception pierreuse de l’Homme, à la fois une apparente entreprise de construction, et une entreprise cachée de démolition. Car un objet, par définition, ça s’effrite et se casse !
 
 

DANS LA SÉRIE JOSÉPHINE ANGE GARDIEN

 

LA SÉRIE SOUS LE SIGNE DE LA PIERRE
 

Épisode 1 – « Le Miroir aux enfants »

Bizarrement, dans le discours de Joséphine, les pierres reviennent souvent (c’est pire qu’avec Francis Cabrel !) : « Vous connaissez pas le proverbe touareg ‘Le fouet ne fait pas avancer les pierres’ ? » (c.f. l’épisode 1 « Le Miroir aux enfants ») ; « ‘Il n’y a que les imbéciles et les pierres qui ne changent pas d’avis.’ C’est un proverbe chinois ! » (Chantal s’adressant à sa fille Alice, idem) ; « Où donc j’ai atterri ? J’ai pas mon diplôme de spéléologie, moi ! » (Joséphine débarquant dans une cave, dans l’épisode 36 « Remue-Ménage »). La pierre appelle instinctivement Joséphine. Dès le tout premier épisode « Le Miroir aux enfants », notre héroïne fait du soutien scolaire et doit aider la jeune Alice à résoudre un problème de maths parlant de carrière et de pierres : « ‘La benne d’un camion a la capacité de 5 tonnes. Combien doit-il faire de voyages pour transporter 15 tonnes de sable.’ Pfff… Encore des histoires de sable… J’y comprends rien… » (Alice) « Ben c’est pourtant simple ! » (Joséphine, apparaissant à l’instant même dans sa chambre, pour lui donner la solution). Dans l’épisode 55 « Un Bébé tombé du ciel », il y a des photos de galets accrochées dans l’atelier de sophrologie de Joséphine. Dans l’épisode 86 « Le Mystère des pierres qui chantent », notre ange gardien tient l’« atelier Poterie » de la colonie de vacances.
 

Les personnages de Joséphine se réfèrent également aux pierres et travaillent dans le commerce minéral. Par exemple, dans l’épisode 1 « Le Miroir aux enfants », Gabriel est allé travailler pendant 10 ans au Canada pour une compagnie minière. Dans l’épisode 6 « Une Nouvelle Vie », Pierre (dont le nom parle de lui-même) sculpte les pierres en bijoux. Certains protagonistes joséphiniens s’identifient complètement à leurs « vieilles pierres » : « Franchement, ton idée d’organiser un vin d’honneur sur la grande Muraille de Chine, ça a de la gueule ! » (Joséphine s’adressant à Zoé, dans l’épisode 81 « Enfants, mode d’emploi ») ; « Chers abris… pardon… chers amis. Soyez les bienvenus dans notre belle mairie. Je suis très peureux d’accueillir Ariane et Arthur dans notre Maison Commune, qui vous rassemble sous le ciment des mots ‘Liberté Égalité Fraternité’. » (Christian Parisot, dans le rôle du maire, dans l’épisode 88 « Trois campeurs et un mariage »). Par exemple, dans l’épisode 31 « Noble Cause », pour le jeune châtelain Axel, le château de famille dans lequel il habite est « toute sa vie ».
 

Il y a même des héros portent carrément le prénom de « Pierre » (c.f. l’épisode 2 « L’Enfant oublié », l’épisode 6 « Une Nouvelle Vie », l’épisode 31 « Noble Cause ») ou de « Jade » (c.f. l’épisode 91 « Un Noël recomposé »). Ou alors ce sera juste dans leur nom de famille : Solange Laroche (c.f. l’épisode 6 « Une Nouvelle Vie »), Antoine Duroc (c.f. l’épisode 49 « Joséphine fait de la résistance »), Quentin Rochebrune (c.f. l’épisode 65 « Pour la vie »), la blogueuse Carole « Stonerah » (c.f. l’épisode 81 « Enfants, mode d’emploi »).
 

Épisode 42 – « Le Secret des Templiers »

Joséphine et les personnages de la série considèrent vraiment les pierres comme des personnes ou des êtres vivants : « T’as toujours été dure comme une pierre. » (Lise s’adressant à sa mère Geneviève, dans l’épisode 35 « Coupée du Monde ») ; « Te laisse pas faire, mon p’tit caillou. Bats-toi ! » (Alain s’adressant à sa fille Camille, dans l’épisode 37 « L’Ange des casernes ») ; « J’suis un roc ! » (Hugo dans l’épisode 65 « Pour la vie ») ; « Ah, ils font comme ça dans les films. Allez, un p’tit caillou. » (Joséphine lançant un gravillon à la fenêtre de Mélanie pour l’appeler, dans l’épisode 84 « T’es ki toi ? ») ; « Il est malheureux comme les pierres parce qu’il est encore amoureux de Mathilde. » (Joséphine par rapport à Olivier, dans l’épisode cross-over avec Camping Paradis intitulé « Un Ange au camping ») ; « 1, 2, 3, pierre, feuille, ciseaux ! » (Félix et Lison, dans l’épisode 93 « Enfin libres ! ») ; etc. D’ailleurs, la première image de Joséphine qui est montrée aux spectateurs pour inaugurer le téléfilm, c’est celle de l’héroïne juchée sur une gargouille de pierre du Sacré-Cœur comme si elle faisait du cheval. Et l’actrice Mimie Mathy se définit inconsciemment comme une pierre : « Je suis un roc. Un peu branlant, mais un roc quand même ! » (l’actrice interviewée par Amandine Scherer, dans le magazine Télé 7 Jours, semaine du 17 au 23 novembre 2018, p. 12).
 
 

RELIGION PIERREUSE FONDÉE PAR JOSÉPHINE
 

Épisode 80 – « Le Secret de Gabrielle »

Sans s’en rendre compte, Joséphine érige une Religion de la Pierre qui prétend se supplanter au catholicisme. Tout d’abord en discréditant puis en dégageant le premier Pape de l’Église Catholique, à savoir saint Pierre, le disciple de Jésus, pour usurper son identité : « Vous connaissez saint Pierre ? Eh ben il était comme vous : il pensait qu’à ses clés ! » (c.f. l’épisode 16 « La Vérité en face ») ; « Saint Pierre, Job, Marie-Madeleine… pfff… qu’est-ce qu’on a pleuré depuis le Déluge ! » (c.f. l’épisode 25 « Tous en chœur »). Dans l’épisode 35 « Coupée du Monde », elle le transforme en bigleux : « Saint Pierre, je le connais bien. Et il a une petite coquetterie dans l’œil gauche. ». Et toujours dans ce même épisode, quand elle se retrouve confrontée à un commissaire de police qui ne croit pas en son identité d’ange gardien, saint Pierre devient l’icône du mensonge, à l’instar de la Reine d’Angleterre : « En fait, je vais vous dire la vérité : je suis un ange gardien, envoyé sur Terre pour m’occuper de Geneviève. » déclare Joséphine. « Et moi, j’m’appelle saint Pierre ! » ironise l’agent. En fait, Joséphine entend bien se substituer à saint Pierre : déjà, parce qu’elle ouvre toutes les portes ; et dans l’épisode 80 « Le Secret de Gabrielle », elle avoue qu’elle « collectionne les clés ».
 

Et ensuite, notre héroïne confère aux pierres – qu’elle personnifie – un pouvoir humain autant que divin. « J’adore les bijoux ! » (l’ange gardien Rosine, portant des boucles d’oreille en cristal en forme de pyramides au socle carré, dans l’épisode 96 « Trois anges valent mieux qu’un ! »). Par exemple, dans l’épisode 31 « Noble Cause », Joséphine se fait passer pour une écrivaine de romans historiques venue trouver l’inspiration dans les vieilles pierres d’un château. Dans l’épisode 42 « Le Secret des Templiers », le Duc de Bouailles, avant d’expirer, fonde l’Ordre des Templiers en Nouvelle Religion : « Le Trésor des Templiers… la Croix dans la pierre… ». Dans l’épisode 43 « Sur les traces de Yen », Émilie revient pour la troisième fois en Thaïlande pour retrouver ses parents. La seule chose qui lui reste d’eux et de ses origines, c’est un bracelet avec son prénom « Maï Li » écrit dessus et une pierre incrustée dedans, provenant de la carrière qui se situe juste à côté du monastère bouddhiste où elle a été élevée. Joséphine se met carrément à parler au cordage pierreux : « Je suis sûre que t’as des choses à raconter, toi. ». La marotte joséphinienne, c’est que les pierres et les murs nous délivrent un message codé. Par exemple, dans l’épisode 79 « Je ne vous oublierai jamais », Gaston explique les symboles d’une tour romaine au jeune Mathis, comme si ce monument de pierres pouvait parler : « Comme ça, je pourrai te montrer toutes les illustrations que j’ai sur le Moyen-Âge. ».
 

L’épisode 86, intitulé « Le Mystère des Pierres qui chantent », est l’exemple le plus saillant de cette humanisation/personnification des pierres, de cet anthropomorphisme naturaliste et minéraliste divinisant qui est le ferment de la Nouvelle Religion mondiale. En effet, toute l’intrigue de cet épisode est centrée sur le voyage initiatique d’un groupe de jeunes randonneurs guidés par Joséphine, qui répondent à la voix des pierres d’un gouffre de stalactites gardée par Jasper, un gamin disparu jadis dans cette grotte « merveilleuse » et qui s’est transformé avec le temps en impressionnant gardien (garde-forestier) : « Si vous êtes entrés, c’est que les pierres qui chantent vous ont appelés. » (Jasper). Pour atteindre la cathédrale naturelle de pierres magiques multicolores, les adolescents ont dû trouver des stèles, des dalles de pierre datant parfois de 1000 ans, des sanctuaires d’ermite et des ruines mystérieuses, et les décoder. Ils vivront à l’issue de leur quête une expérience mystique inénarrable : Joséphine éclaire avec sa lampe-torche le toit de la caverne où le chant des pierres donnera aux enfants « la Force de dépasser toutes leurs peurs » et « aura un effet magique sur les gens ».
 

Joséphine s’allie sans le savoir avec tous les maîtres de la Franc-Maçonnerie mondiale qui font de la pierre un totem et un dieu, à commencer par les philosophes des Lumières et les artisans illuminati de la Révolution Française au nom pierreux tels que Robespierre. Par exemple, dans l’épisode 3 « Le Tableau noir », en tant que prof d’histoire-géo, elle parle devant une classe de ZEP de Robespierre en des termes mi-élogieux mi-dépréciatifs : à la fois elle dit qu’il « était un être complexe, austère, sec, limite désagréable » et qu’« au départ, il avait des idéaux très purs, mais que c’est très vite devenu un monstre sanguinaire. », à la fois elle raconte qu’il lui a « fait la cour » et qu’elle n’était pas insensible à ses avances. Dans l’épisode 20 « Le Stagiaire », sur la façade extérieur du lycée de Jennifer, la cliente de Joséphine, est fait un gros plan sur une citation – gravée dans la pierre – de Henri Pestalozzi (1746-1827), franc-maçon de la loge suisse Alpina, disciple de Rousseau, et considéré comme pionnier de la pédagogie moderne : « L’avenir des nations est dans les écoles du Peuple ». Mais le pire en termes de clin d’œil joséphinien à la Franc-Maçonnerie litholâtre, ça reste quand même l’épisode 94 « L’esprit d’Halloween », dans lequel Joséphine se présente officiellement comme Compagnonne du Devoir et restauratrice-sculptrice de pierres : « C’est vous la remplaçante du tailleur de pierres ? » lui demande Bruno. « Oui. C’est ça. Comme au temps des cathédrales. Je suis compagnonne. » répond Joséphine. Elle se revendique d’une loge d’artisans : « C’est dans ma convention collective des tailleurs de pierre. ». Hallucinant, quand même.
 
 

PIERRE AU CŒUR DE PIERRE
 

Tournage de l’épisode 73 « Légendes d’Armor »

Contrairement à Jésus (Jn 9, 1-41) et à Dieu le Père (Gn 2, 7) qui transforment la terre en chair d’amour, le diable, Judas (signifiant « champ du potier ») ou encore Joséphine, transforment le cœur de chair en cœur de pierre et en poussière : « Jennifer a raison : t’as un ballon à la place du cœur. » (l’ange-stagiaire Gabriel s’adressant à Ludo qui privilégie le basket à son devoir de jeune père et d’assistance à Jennifer avec qui il a eu un enfant, dans l’épisode 20 « Le Stagiaire ») ; « Eh ben, si elle ne se laisse pas émouvoir par tout ce qu’il lui raconte, c’est qu’elle a un bloc de béton à la place du cœur. » (Joséphine à propos de la déclaration d’Alain à Marina, dans l’épisode 44 « Le Festin d’Alain ») ; etc.
 

Les personnages de Joséphine se prénommant « Pierre » sont précisément des hommes au cœur dur comme la pierre, souvent intransigeants et rigides, des machos à la tête d’un Empire ou d’une grande carrière, parfois des pères durs et inflexibles avec leurs enfants. Par exemple, dans l’épisode 4 « La Part du doute », Gaël reproche à Pierre sa misogynie vis-à-vis de Dominique : « Toi, c’qui t’emmerde, c’est surtout que ce soit une femme qui te file les ordres. ». Dans l’épisode 6 « Une Nouvelle Vie », Pierre Castignac, amnésique, est historien de la Chine Impériale. Il lui est arrivé de battre sa femme. Et il a un cœur de glace : « J’ai l’impression d’avoir vécu 35 ans pour rien. ». Dans l’épisode 7 « Une Santé d’enfer », Pierre est l’inspecteur du travail venant contrôler Camille. Dans l’épisode 10 « Des Cultures différentes », Pierre, le père de François, est un vieux grincheux. Dans l’épisode 21 « Le Compteur à zéro », Pierre – l’un des garagistes – largue Françoise. Dans l’épisode 25 « Tous en chœur », Pierre, un paroissien, crée un faux miracle dans l’église de son village, pour guérir sa femme Nathalie, en fauteuil depuis un accident de voiture dont il est responsable. Dans l’épisode 31 « Noble Cause », Pierre Levasseur, le célèbre restaurateur, veut faire du château d’Axel un relais gastronomique, et le voler à Axel et à ses frères et sœurs (Georges et Sophie). On apprend par la suite qu’il a eu une aventure extraconjugale avec la comtesse de Valembrais, une femme mariée, et qu’il est le père caché de Georges. Dans l’épisode 39 « Profession menteur », Pierre, le père de Frédéric, ne l’a jamais aimé et projette sur lui un perfectionnisme désincarné : « Dans le sport comme dans la vie, l’important, c’est d’être le meilleur ! » (Pierre) ; « Papa, c’est ma vie ! Je ne te laisserai plus jamais décidé à ma place ! C’est clair ? » (Frédéric). Annick, la mère de Frédéric, et donc la femme de Pierre, présente son mari comme un homme orgueilleux et têtu : « Vous savez, Pierre ne vous dira jamais qu’il a pu se tromper. ». Dans l’épisode 47 « Les Braves », Pierre est le capitaine de l’équipe de rugby qui se décourage : « On a perdu notre âme. ». Dans l’épisode 52 « L’Homme invisible », Pierre Schaeffer, le chef véreux d’un laboratoire pharmaceutique, trompe sa femme Sonia avec la belle Ariane, une laborantine, et tente de dérober à Yann, son jeune chercheur, la primeur de ses découvertes. Dans l’épisode 64 « En roue libre », Pierre Dumont est un richissime client de Christophe, à la tête d’une grande société, et qui au départ méprise le nouveau statut d’handicapé en fauteuil du prestigieux architecte. Il veut exploiter les talents d’architecte de Christophe, en vue de construire de prestigieux hôtels : « Je veux profiter de votre belle énergie créatrice. ». Dans l’épisode 83 « Sur le cœur », Charline a coupé les ponts avec Pierre, son père, depuis 5 ans. « Tu supportes aucune faiblesse. » lui reproche-t-elle. Et ce dernier acquiesce sans sourciller : « C’est vrai. Je suis dur, intransigeant autant avec les autres qu’avec moi-même. ». Dans l’épisode 91 « Un Noël recomposé », Jérémie a une relation froide et distante avec son père Jean-Pierre Maubert à qui il reproche d’avoir été peu présent et prévenant pendant son adolescence car il a fait passer sa chocolaterie avant son fils. Et Jean-Pierre fait tardivement son mea culpa : « Dans notre famille, les pères aiment leurs fils. Peut-être mal. Peut-être maladroitement. Mais ils les aiment. ».
 

Dans Joséphine ange gardien, le bourgeois s’appelle presque systématiquement Pierre : pensons au personnage de Pierre le vétérinaire (c.f. l’épisode 27 « Sauver Princesse »), de Pierre le mari d’Olivia que celle-ci n’arrive pas à quitter alors qu’elle ne l’aime plus (c.f. l’épisode 33 « De toute urgence ! »), de Pierre Duval (c.f. l’épisode 39 « Profession menteur »), de Pierre Schaeffer (c.f. l’épisode 52 « L’Homme invisible »), de Pierre Levasseur (c.f. l’épisode 31 « Noble Cause »), de Pierre Galland l’acheteur du bar de Catherine (c.f. l’épisode 48 « Les Majorettes »), de Pierre-André le père BCBG de Guillaume (c.f. l’épisode 64 « Yasmina »), etc.
 
 

PIERRE MORTELLE ET SATANIQUE
 

Épisode 73 – « Légendes d’Armor »

Le plus souvent, les pierres dans Joséphine ange gardien sont habitées par des esprits maléfiques, des forces magnétiques négatives. Il arrive qu’elles renvoient au diable ou à la Bête de l’Apocalypse : « Ève a fait d’une pierre deux coups : elle se débarrasse d’une rivale, Aurélie, et elle vous venge, vous, son idole. » (Joséphine s’adressant à Kalina, dans l’épisode 18 « La plus haute marche ») ; « La princesse Shéhérazade était parée d’émeraudes, de rubis et de saphirs. Ses yeux brillaient d’une colère indicible. » (la voix radiophonique racontant un conte des Mille et une nuits sur la princesse Shéhérazade, écouté par Albert dans l’épisode 19 « Nadia ») ; « C’est un vrai aimant à emmerdes, ma cliente ! » (Joséphine à propos de Yasmina, dans l’épisode 62 « Yasmina »). Par exemple, dans l’épisode 6 « Une Nouvelle Vie », Pierre Castignac écrit un livre intitulé Sur les traces du Dragon. Dans l’épisode 31 « Noble Cause », Sylvain, chef des domestiques, fait croire à Joséphine que Pierre Levasseur a été licencié pour vol de bijoux chez ses maîtres le comte et la comtesse de Martroye. Dans l’épisode 49 « Joséphine fait de la résistance », le repaire des résistants complotant des attentats criminels contre les Nazis est un cabaret qui s’appelle le Diamant Rouge. Dans l’épisode 67 « Les Anges », Simon fait la visite de la station spatiale du Bourget et les fusées-sondes qu’il présente s’appellent entre autres « Rubis » et « Dragon ». Un peu plus tard, dans le même épisode, les enfants « caïds » de la Résidence des Anges – Ben et Enzo – jettent une pierre contre la vitre du local où répète Claire et Joséphine avec leur chorale des Anges, pour saboter leur participation à un concours de chants. Dans l’épisode 77 « Dans la tête d’Antoine », il est question du « Rocher du Diable d’où Rémy se tue en plongeant dans la mer et en tapant accidentellement sa tête contre une pierre. Trente ans plus tard, Jérôme veut mettre au défi Gaspard d’impressionner Salomé et la conquérir en sautant du Rocher du Diable (pour en réalité se débarrasser de lui et avoir le champ libre avec Salomé). Gaspard prend la position d’un crucifié, ou plutôt d’un ange aux ailes déployées, prêt à effectuer un « saut de l’ange » fatal. Dans l’épisode 81 « Enfants, mode d’emploi », Émilie et Pauline inscrivent leurs noms côte à côte sur une dalle, comme un pacte fraternel toxique centré autour de leur consommation de drogue. Ça veut bien dire que la pierre dans Joséphine est généralement associée au mal !
 

Épisode 94 – « L’esprit d’Halloween »

D’ailleurs, dans la série, les édifices de vieilles pierres sont bien souvent hantés : c.f. l’épisode 31 « Noble Cause », l’épisode 42 « Le Secret des Templiers », l’épisode 54 « Chasse aux fantômes », l’épisode 65 « Pour la vie », l’épisode 71 « Le Sourire de la Momie », l’épisode 73 « Légendes d’Armor », l’épisode 79 « Je ne vous oublierai jamais », l’épisode 80 « Le Secret de Gabrielle », l’épisode 85 « La Femme aux gardénias », l’épisode 86 « Le Mystère des pierres qui chantent », l’épisode 94 « L’esprit d’Halloween » (avec le terrifiant « Manoir de la Roche »), etc. « Qu’est-ce qu’il vous a fait, ce château ? Il y a un fantôme qui vous dérange dedans ? » (Joséphine s’adressant à Georges, dans l’épisode 31 « Noble Cause »). Par exemple, dans l’épisode 54 « Chasse aux fantômes », Joséphine et Rebecca, en se baladant autour du château McAlister, manquent de se faire écraser par un bloc de pierre lancé du haut du rempart. On nous fait croire que ce château a une âme, un habitant du passé qui anime ses pierres : le châtelain Ben Lenox. « C’est mon destin. Je suis prisonnier de ce château, condamné à le hanter pour l’éternité. Pour venger la mort de ma femme et de mon fils. » dira-t-il. Dans l’épisode 73 « Légendes d’Armor », les interférences magnétiques qui parasitent les pouvoirs de Joséphine proviennent des pierres énergétiques d’une forêt de dolmens que l’ange gardien traverse pendant la nuit. Joséphine expérimente un douloureux conflit de forces électriques. Comme si les menhirs avaient absorbé toute son énergie, l’avaient vidée : « C’est quoi cette force qui se dégage de ce menhir ? C’est quoi cette puissance ? C’est ça qui brouille mes pouvoirs ? ». Dans l’épisode 81 « Enfants, mode d’emploi », Zoé fait écouter aux pierres tombales de sa sœur Margaux et de son beau-frère Antony décédés dans un accident de voiture la belle voix enregistrée sur dictaphone de Fleur, sa nièce, et leur fille de 9 ans.
 

En réalité, les pierres, c’est symboliquement le désir d’être asexué, affranchi de la sexualité. Elles sont la métaphore de la peur du corps (somatophobie), de la peur du sexe (sexophobie), de la peur/haine de l’Humain (anthropophobie). Par exemple, dans l’épisode 11 « Pour l’amour d’un ange », Joséphine appelle le Ciel à l’aide au moment où Jean-François va l’embrasser. Le Providence, pour la première fois, intervient suite à une prière : Pierre, un ami de Jean-François, débarque à l’improviste, et empêche le « drame » de se produire. Dans l’épisode 86 « Le Mystère des pierres qui chantent », Louison, l’héroïne lesbienne, est angoissée par sa « première fois » sexuelle avec un garçons. Et pour le cacher et changer de conversation devant Joséphine, elle lui sort comme par hasard un discours imagé invraisemblable sur des « pierres qui chantent ». Des minéraux qui chantent le viol, en réalité.
 
 

DANS D’AUTRES ŒUVRES DE FICTION

 

Film « Moi, moche et méchant 3 »

Le culte idolâtre des pierres a le vent en poupe en ce moment dans les fictions et les films : je pense par exemple à la Pierre philosophale dans tous les films d’« Harry Potter », à l’album « Gemme » (2017) de Nolwenn Leroy, à la série nord-américaine Manifest (2018) de Jeff Rake (mettant en avant la famille « Stone » c’est-à-dire « Pierre » en anglais), au film « Aladdin » (1992) de Walt Disney (avec le « cœur pur à l’image d’un diamant d’innocence ») et au film d’animation « Moi, moche et méchant 3 » (2017) de Pierre Coffin, au film « Mal de pierres » (2016) de Nicole Garcia, etc.
 

Cette promotion mondialiste de la pierre s’inscrit dans le marquage du signe de la Bête (le 666, la puce électronique sur la main et le front) décrit par saint Jean dans l’Apocalypse. D’ailleurs, dans la série Demain Nous Appartient diffusée sur TF1, le personnage de Pierre est justement tatoué au poignet (c.f. l’épisode 548). Et à l’instar de Joséphine ange gardien, même dans DNA, on nous parle du langage des pierres : « La conduction est un transfert de chaleur de proche en proche sans déplacement de matière. L’efficacité de ce transfert dépend du gradiant géothermique et de la conductivité thermique des roches. » (Madame Moreno lisant son cours à sa fille temporairement aveugle Jessica, dans l’épisode 332).
 

Mais je trouve que l’exemple le plus marquant de cette tentative de substitution de notre cœur humain de chair en cœur de pierre (précieuse), c’est le bomber (veste Yves Saint-Laurent) porté par le chanteur et jury The Voice 2017 M. Pokora. On cherche à nous faire croire que la pierre peut aimer et que nous serions tous des bijoux humains. D’ailleurs, au moment où j’écris ces lignes, est programmé au Jardin des Plantes juste en face de chez moi une exposition intégralement dédiée aux pierres précieuses.
 
 

LE CATHO-CON (progressiste ou conservateur) FAIT PAREIL…

 

Fondation Abbé Pierre

La folie pierreuse et maçonnique a malheureusement gagné l’Église Catholique, autant du côté des catholiques progressistes (qui chantent tous en chœur « La Cathédrale » de Jean-Paul Artaud, prônent les « Chantiers du Cardinal », ou bien font de la solidarité un moyen de se construire leur propre Salut et leur propre carrière : c.f. la Fondation l’Abbé Pierre) que du côté des catholiques traditionnalistes (qui prennent la cathédrale Notre-Dame de Paris pour la Vierge Marie en personne, font de l’Église une affaire de patrimoine de chrétienté, ou se servent de la Bible – où Jésus a dit qu’Il était la Pierre d’angle rejetée des bâtisseurs – pour prendre le Christ pour un pierre/un monument pierreux et pour envisager le martyre comme une construction de cathédrale céleste : c.f. le discours maçonnique du Cardinal Sarah qui se croit pourtant anti-Franc-Maçonnerie).
 

 
 

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