J’ai remarqué que l’un des sujets de société qui divisait actuellement le plus l’opinion publique était l’homosexualité. Cette question est vraiment facteur de conflits profonds dans notre monde, même si on ne s’en rend pas vraiment compte puisque nos media cherchent à la banaliser (dans le témoignage émotionnel dénué de légende) et à l’évacuer. Peu de personnes semblent avoir vraiment une idée ou un positionnement justifié sur l’amour homosexuel. On se contente de départager ceux qui sont/seraient « pour » ou « contre » sans chercher à sortir de ce binarisme manichéen. La majorité des personnes ne savent pas quoi en penser. Comme si on avait peur du sujet. Comme si on avait subi une amnésie sociale. C’est assez saisissant. Même les responsables des grandes religions tiennent un discours encore trop flou, maladroit, et apeuré, sur l’homosexualité. Ils sortent des arguments bien faibles pour justifier leur – pourtant juste – réticence (« Le couple homo n’est pas idéal parce que c’est dit dans la Bible » ; « Dieu a créé l’homme ET la femme : ce n’est pas pour rien »), mais avec la timidité de ceux qui ne veulent pas passer pour des réac’ (timidité qui les incrimine, du coup). Du point de vue des débats de société, il est quand même incroyable que les intellectuels et les chercheurs en éthique arrivent à peu près à se mettre d’accord sur une grande palette de thèmes pourtant épineux (le clonage, l’euthanasie, l’avortement, le préservatif, etc.) sauf un seul : l’homosexualité. Comme par hasard… Comme s’il s’agissait d’une question ultra difficile, insoluble. Et quand elle est un peu abordée dans les émissions de télé, tout le monde s’excite en un rien de temps. Ceux qui se disent « hétéros » ont peur de gaffer et de blesser quand ils en parlent ; ceux qui se disent « homos » la défendent avec une assurance trop assurée et agressive pour s’appuyer sur une vraie réflexion sur le désir homosexuel (d’ailleurs, quand on leur demande de mettre des mots sur leur homosexualité, la discussion tourne vite court… On arrive très vite à les coller sur des points pourtant hyper connus de la culture générale homosexuelle). Que se passe-t-il donc avec le désir homosexuel ? Si vous voulez mon avis, je crois qu’il ne déchaînerait pas autant les passions et ne diviserait pas autant les gens s’il ne portait pas déjà en lui la trace ou les germes du viol.