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Le discours fallacieux de Laurent Alexandre sur l’Intelligence Artificielle, relayé par Le Figaro


 

Dans son interview d’aujourd’hui accordée au Figaro « Bienvenue à Gattaca deviendra la norme », le scientifique Laurent Alexandre promeut l’Intelligence Artificielle… pour lui tenir tête ! En effet, par une opposition concurrentielle et non un rejet réel, il plaide en faveur d’une reconversion technologique et un alignement à l’Intelligence Artificielle visant à « rattraper notre retard européen ». Il n’entend pas contourner l’Intelligence Artificielle mais au contraire « réduire les écarts » entre les différentes Intelligences. Il joue le jeu de la Franc-Maçonnerie technologiste même s’il feint de s’y opposer, car il presse l’Europe de se moderniser et de se mettre au diapason du « monde ». La preuve en est qu’il défend Teilhard du Chardin, un évolutionniste gnostique. Or « Teilhard introduit l’idée d’une divinisation du monde qui se passerait de la grâce divine et de l’Esprit Saint, ce qui rejoint la pensée gnostique. » explique Françoise Breynaert dans La Venue glorieuse du Christ et le Millenium (2016, p. 28).

 

La perversité de l’« expertise » de Laurent Alexandre se situe dans le fait qu’il essaie d’impressionner la galerie en créant le mythe du « retard européen », en citant des noms de hautes instances que presque personne ne connaît en Europe (« Les GAFA et demain les BATX chinois – Baidu, Alibaba, Tencent, Xiaomi – sont les nouveaux maîtres du monde. L’Europe préfère geindre et accuser les géants du numérique de tous les maux. Mais elle a raté la révolution numérique. Ce réflexe infantile ne mènera nulle part. Aucun opérateur, qu’il s’agisse des GAFA ou des BATX n’est issu de notre continent. Après un tel échec, une telle absence de vision on pourrait espérer que l’Europe se mette au travail pour rattraper son retard. Il faut certes que les GAFA paient des impôts en Europe mais le principal enjeu est ailleurs: nous devons essayer de créer des plateformes numériques. Cela sera très difficile car nous avons des régulations inadaptées: nous avons la CNIL, ils ont les GAFA. La CNIL est remarquable mais il y en a 27 en Europe…. ce qui est lourd pour internationaliser. »)

 

Par ailleurs, l’augmentation cérébrale est en partie un mythe. Laurent Alexandre y croit à fond et joue sur l’ignorance des anti-Cyborg pour leur faire peur, en leur parlant notamment du projet Neuralink (l’Intelligence augmentée : fusion entre le cerveau biologique et l’Intelligence Artificielle) d’Elon Musk, l’industriel le plus médiatique au monde, fondateur de PayPal, Tesla, SolarCity, Hyperloop, qui veut brancher des implants intracérébraux (prothèses neurotechnologiques) dans les cerveaux humains pour créer des Cyborg. Et quand on lui rappelle que l’Homme possède d’autres dimensions que son cerveau ou son ADN (par exemple la sensibilité, la vie intérieure), Laurent Alexandre fournit une réponse cérébralo-centrée et finalement anticléricale, en reprochant aux catholiques leur supposée « naïveté » et « retard » : « Vous avez à mon sens tort, l’homme se réduit à son cerveau. Nous sommes notre cerveau. La vie intérieure est une production de notre cerveau. L’Église refuse encore l’idée que l’âme soit produite par nos neurones, mais elle l’acceptera bientôt comme elle a reconnu en 2003 que Darwin avait raison, 150 ans après que le pape déclare que Darwin était le doigt du démon. C’est d’ailleurs indispensable si les chrétiens veulent participer aux débats neurotechnologiques qui sont clé dans notre avenir. » À mon avis, son discours est malhonnête. C’est étonnant que Le Figaro lui déroule le tapis rouge.