Ils sont déconcertants, ces accusateurs qui nous rêvent malheureux parce qu’ils veulent nous imposer leur propre vision du bonheur. En plus, ils s’arrangent pour donner à leur condescendance et à leur censure l’apparat « éthique » de la compassion. À les entendre, ils nous souhaitent tout le meilleur du monde : « Franchement, tu me fais de la peine. Je souhaite que tu ailles mieux. » Ils s’attribuent même le beau rôle. Alors qu’en réalité, leur pitié juge. Et en plus mal, et sur la base de leurs propres fantasmes malveillants. Car ils ignorent tout de ce que nous vivons.
 

Par exemple, beaucoup d’hommes homosexuels, parce qu’ils me savent continent (eux disent « abstinent », car ils veulent assécher la continence), s’arrangent, dans le but de ne pas voir leur propre enchaînement à leurs passions, pour me rêver malheureux. Et le comble, c’est qu’ils voient leur mépris comme de la charité ! « C’est pour ton bien si je te méprise. Car TU VAS MAL. C’est pour te réveiller et que tu te plies à ma conception du bonheur d’être homo et d’aimer vraiment! » Ahurissante, la ruse du malin.