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Je me trouvais pas plus tard qu’hier (dimanche 18 septembre 2016) à l’une des visites guidées gratuites organisées par notre chère Mairie de Paris, un peu en marge des Journées du Patrimoine, et en même temps pas tant que ça puisqu’il s’agissait de la deuxième édition des Journées du Matrimoine. Parité oblige ! Patrimoine, c’est trop masculin et patriarcal, voyons !

 

Le parcours, monté par HF Île-de-France http://www.hf-idf.org/, très plaisant au demeurant, s’intitulait « Les Sorcières, les Alchimistes et les Compagnonnes ». Hmmm… Sorcellerie, alchimie (alchimiste, un des métiers-phare, pour ne pas dire LE métier-phare, de la Franc-Maçonnerie, conjointement à l’architecte), compagnons du devoir et corporation de métiers de la construction… je me suis dit : « Ça, c’est pour moi ! Franc-Maçonnerie et transhumanisme bobo, droit devant ! »
 
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Et je ne me suis pas trompé. La visite théâtralisée (entre la Place Saint Gervais, les jardins de l’Hôtel de Ville puis la Tour Saint Jacques) a été un festival publicitaire en l’honneur du Créateur Humain (qui, selon ces féministes spiritualistes, n’est évidemment pas le Christ ni l’Église Catholique, cela va sans dire !) :
 

– Dès le début de la visite (nous devions être 150 visiteurs, quand même !), tout le discours puisait abondamment dans le lexique franc-maçon de la construction, du progrès et de la lumière. « Marguerite Porete a illuminé de sa pensée mystique le XIVe siècle. » ; « Tout alchimiste doit construire son propre laboratoire. » ; « Regarder les astres, comprendre le parcours des étoiles » ; etc. Ceux qui n’entendaient pas que les organisateurs obéissaient à la pensée des Illuminati devaient être bouchés. D’ailleurs, une mention claire de la « Franc-Maçonnerie » a été faite dès le départ de la tournée.

– À un moment, une des figurantes jouant le rôle d’une célèbre guérisseuse britannique (Margaret je ne sais plus quoi), a prononcé cette phrase « top Religion naturelle et technologique digitale » : « Je vais guérir votre cœur avec mon digital. » Sous-entendu « avec la main ». Main magnético-technologico-thérapeutique, la voilà !
 

– Des phrases énoncées au micro empruntaient (inconsciemment) au discours satanique : « Je suis des milliers. »… en écho au « Je suis légion. » prononcé par le diable dans la Bible.
 

– Le lexique démonologique de la magie et de l’occultisme était vanté : « jeter des sorts » ; « détenir des pouvoirs de guérison » ; etc. Comme si l’Homme était son propre guérisseur et possédait le secret de sa Vie.
 

– Les féministes du collectif organisateur se sont mises à défendre ouvertement l’avortement et le « droit d’avorter »… autant que les méthodes naturelles de contrôle des naissances, d’ailleurs, puisque l’important pour elles, c’est le primat de la volonté individuelle féminine.
 

– Nous avons été conviés à nous incliner tous devant la statue de Jules Michelet (1798-1874) sur la façade de l’Hôtel de Ville de Paris). Franc-mac jusqu’au cou, libéral et anticlérical. Il a tant fait pour nos LIBERTÉS…
 

– Glanées çà et là, on entendait des petites pics lancées contre l’Église Catholique, comme si le fait de croire en Elle était le summum de la soumission et de l’ignominie: par exemple, selon les conférencières, il s’agissait de se placer « à l’opposé du fatalisme de l’Église », de fuir « l’obscurantisme de la Renaissance » (elles ont complètement détourné la théorie du bouc émissaire de René Girard, au passage…). Dans le mot de conclusion de ce mini pélé théiste mais athée, les congrégations religieuses de moines catholiques ont été clairement désignées comme les responsables des bûchers des « femmes-sorcières » (intellectuelles, scientifiques, spirituelles). Conclusion : L’Église est violente contre les femmes ! (véridique)
 

– Le discours était au relativisme religieux ( = Toutes les religions se valent. Il n’y en a pas une au-dessus de l’autre. Et s’il y en a une qui cherche à être au-dessus de l’autre, ça crée les guerres de religion qui elles-mêmes créent des bûchers misogynes) : « Va-t-on savoir laquelle est la bonne ? » a déclaré la conférencière en chef par rapport à la religion catholique et à la religion protestante, en expliquant que la diabolisation et les persécutions des « sorcières » s’observaient précisément dans les zones-tampons géographiques où cohabitaient mal le protestantisme et le catholicisme.
 

– Dieu-Jésus n’était pas évacué du tout du circuit touristique (il y a même eu une chanson médiévale qui L’a abondamment cité), mais il était soit réduit au rang de gentil prophète du passé (certainement pas à celui de Fils de Dieu), soit rabaissé au rang de grande énergie sans nom et qui dominerait les Hommes sans respecter leur liberté : « Dieu agit en soi, malgré soi. » a déclaré la figure de l’illuminée Marguerite Porete. C’est la « spiritualité libre » (sorte de communisme religieux) qui a été salué : « Nous sommes fières et respectueuses de vos recherches en spiritualité. » conclut la conférencière à la figure de Marguerite Porete.
 

– La Femme était mise à la place de Dieu. Il était question des « femmes créatrices », par exemple. Était réactivé ce que Monseigneur André Léonard dénonce très justement comme « le mythe pansexualiste du ‘féminin sacré’ » dans la pensée New Age (cf. le livre Les Raisons d’espérer (2008), p. 93). Le plus paradoxal, c’est que, tandis que ces néo-féministes dénoncent la spiritualisation/la mystification/la décorporéisation de la femme (« Nous ne sommes pas que des Muses ! » s’affichait comme le slogan de la marche)… elles passent leur temps à la transformer en muse : toutes les femmes apparaissaient sous forme de « fantômes » mythiques surgissant du passé, de légendes vivantes, comme la comédienne interprétant Marguerite Porete par exemple.
 

– Le parcours s’est terminé à la Tour Saint Jacques, haut lieu symbolique de la destruction de l’Église Catholique par la Révolution Française des Lumières (ancien monastère détruit par les Républicains, et dont il ne reste que la tour). Évidemment, rien n’a été dit du massacre anticlérical. Au contraire, ceux qu’on a fait passer pour les méchants de l’histoire/Histoire, ce sont les moines ! (le monde à l’envers…). Dans ce dernier tableau de la visite, y était chantée la confrérie des Alchimistes. Comme je le signalais plus haut, l’alchimiste est une figure de proue de la Franc-Maçonnerie. Il incarne cet apprenti sorcier qui trouverait, à la place de Dieu, la clé de la conception, de l’Amour et de l’immortalité de l’Homme.
 

– Victimisation de la femme à tous les étages ! Comme si celle-ci avait été de tous temps persécutée par ladite « domination écrasante et majoritaire masculine ». D’ailleurs, il était question de dresser une « Liste des femmes persécutées », un panthéon du Génie féminin incompris et déconsidéré à travers l’Histoire des Sciences et des Religions. Certes, le spectateur qui assistait à ce parcours culturel se sentait un peu moins agressé et pris au piège que s’il avait été pris dans un happening musclé des Femen : on restait encore dans le registre de la fable, de la promenade bucolique, du conte féministe mignonnet déclamé par des féministes pacifistes et poètes. Mais bon, quand même. C’était la première marche de la prise d’otage. Un lavage de cerveau tout en douceur et esthétisme, pas trop revanchard, qui ne mettait pas mal à l’aise, mais qui néanmoins déroulait bien le programme des transhumanistes-sans-Jésus.
 

– Le langage gnostique (la gnose est la « connaissance », et la pensée franc-maçonne est par définition gnostique) était de sortie ! « La Tour Saint Jacques fut sauvée grâce à la Science. »
 

– À un moment, la conférencière en chef a interrogé le public sur son désir profond : « Que souhaitez-vous le plus ? ». Tout le monde sortait des mots bobos reliés au plaisir individualiste vaguement altruiste, des mots du positive wording le plus télévisuel : « le bonheur », « le pouvoir », « le savoir », « la santé », « l’amour », « la sororité », « la paix », « la justice », « la liberté, l’égalité, la fraternité », « le bien être », etc. Mais rien de céleste et de connecté à Jésus. Moi, j’ai dit assez fort : « le Salut ! » On m’a regardé avec des yeux ronds et circonspection. L’air de demander : « Le Salut ? Qu’est-ce que veut encore dire ce mot barbare ?… »
 

– L’alchimie a été bien mise en avant comme le clou du spectacle. L’alchimie est en lien avec la réflexion métaphysique, le savoir occulte (l’occultisme), le satanisme scientiste. Elle trouve son origine en Égypte Ancienne (cf. la panmythologie dont je parle dans mon article sur l’Antéchrist ; la pyramide maçonnique n’est jamais très loin de l’alchimie… Je vous renvoie à mon étude sur le triangle). L’alchimie prétend agir sur la matière et en comprendre les mécanismes pour la créer/posséder (y compris matière humaine et spirituelle, bien entendu). Bref, c’est l’Homme qui se prend pour Dieu. Dans sa paranoïa et jalousie, l’alchimiste luciférien est persuadé qu’un secret (celui de sa divinité par la connaissance, celui de sa conception, celui de son immortalité) a été perdu (et jalousement confisqué par Dieu-Jésus) et qu’il doit être retrouvé par ses recherches scientifiques. À la fin de la promenade théâtralisé, il était même question du « secret de l’amour éternel » qui aurait été « révélé ».
 

– La conférencière principale a développé les trois buts de l’alchimie. Et ça, ça m’a semblé non seulement éclairant et utile, mais en plus, ça m’a aidé à mettre des mots sur le programme de l’Humanisme intégral, de la Religion naturelle antéchristique, du noachisme, du Gouvernement mondial, que je passe maintenant beaucoup de temps à décrypter. Voici ces 3 buts : 1) transformer le plomb en or (ça marche aussi pour la transformation/régénération de son âme mortelle en âme immortelle) ; 2) créer la panacée (la panacée est le remède pour repousser les limites universelles et devenir immortel) ; 3) fabriquer les moncules (c’est-à-dire s’affranchir de la reproduction et créer un homme en miniature, à travers la cryogénie, cette élaboration de nano-objets tels que le cube ou la puce électronique condensant l’Homme). On nous a même parlé ouvertement de l’« utérus artificiel », du « transhumanisme », de la « cryogénie » (entendre « clonage » et « puçage »). Les francs-maçons annoncent la couleur ! Ils ne cachent même plus leur programme homicide à la plus grande gloire de l’Homme !
 

– Pendant les topos, on pouvait entendre que la tyrannie de l’idéologie franc-maçonne de l’humanisme intégral passait par la conquête des cœurs et des esprits à travers une campagne en faveur de la « Nature », du « spirituel » (surtout du spirituel sans limite et désinstitutionnalisé), de « l’écologie », de la « santé pour tous », de la « solidarité ». Par exemple, les conférencières nous ont carrément parlé de la « distribution de médicaments aux pauvres » par les « gentilles » sorcières, de la « chimie charitable ». Si si si.
 

-Beaucoup de lieux communs du progressisme humaniste athée et du noachisme ont été énoncés. Par exemple, on nous a parlé des chimères, des « dieux à têtes d’animaux ». On nous a dit que « le féminisme avait des droits à conquérir et à préserver ». Le Port d’Alexandrie nous a été décrit comme le centre du monde, du rayonnement gnostique et de la créativité. La Grèce Antique, comme le pôle de la démocratie (« Les Grecs ont inventé la démocratie »). L’hétérosexualité, c’est-à-dire « la différence pour la différence » (et en particulier la différence AUTONOME) a été mise sur un piédestal : « Une telle mixité ouvre l’esprit. » ; « autonomie ». La recherche d’autonomie, d’insoumission et la désobéissance sont les mots d’ordre du boboïsme, n’oublions pas.
 

– Certaines expressions du féminisme gay friendly – comme par exemple la théorie du fameux « plafond de verre » – ont été sorties. D’ailleurs, cette promotion de l’homosexualité ou de l’hyper-féminisme conquérant et soi-disant « égal à l’homme » va de pair avec l’idéologie de l’asexualité angéliste. À un moment, une des figurantes (incarnant Marguerite Porete) a scandé : « Les esprits n’ont point de sexe ! ». On pouvait remarquer dans l’assistance du cortège d’hier beaucoup de personnes queers, lesbiennes ou bisexuelles (même si ce n’était pas peint sur leur tronche non plus). Mais l’œil averti pouvait en reconnaître certaines.
 

Gothel, la mère-sorcière de Raiponce

Gothel, la mère-sorcière de Raiponce (toute ressemblance avec Amal Allaoui serait purement fortuite…)


 

– Pour faire passer la pilule transhumaniste sans qu’aucun des participants de la visite de s’en rende compte et ne se révolte, la soprano Amal Allaoui nous a chanté, en guise de conclusion, « l’Amour ». Ben voui : qui peut se révolter contre « L’Amour » ? Eh puis la chanson vraiment finale était un hymne au boboïsme : « Ma Mère est une sorcière comme les autres » d’Anne Sylvestre (sachez que les bobos vouent un véritable culte à cette artiste, et pas seulement la Anne Sylvestre chanteuse de comptines pour enfants). D’ailleurs, dans mon livre sur les Bobos (plus particulièrement les codes 32 « Folie pour le blanc », 47 « Monde enfantin désenchanté », 55 « Mademoiselle »), je parle de la figure incestuelle de la mère acariâtre satanique, qui a pris la place de Dieu le Père, et qui accouche symboliquement d’une effrontée masculinisée qui va la venger en tuant le Père et la Vierge (en elle). Je vous renvoie aussi à la légende du Fils de la Veuve (cette mère sorcière, ensorceleuse, vengeresse, indépendante, néo-Ève) qui à elle seule condense le plan mondial franc-maçon (comme le souligne à très juste raison Jean-Claude Lozac’hmeur dans Les origines occultistes de la Franc-Maçonnerie)
 
 
 

Je vous avais dit que le diable se grillait lui-même…
 
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Amal Allaoui, soprano

Amal Allaoui, soprano