Pour déboboïser l’Église Catholique

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Pour déboboïser l’Église Catholique, s’il vous plaît, lisez mon livre Les Bobos en Vérité. Je découvre à l’instant ces saint Pierre et saint Paul hipsterisés d’Aleteia, et j’avoue que là… j’ai comme une vision d’horreur hétérosexuelle sous les yeux (Manque plus que la bière, Vinz le Mariachi et la ville de Lyon en fond d’écran…).
 
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Handicap et la solidarité comme nouveaux Eldorados de l’Antéchrist (l’« Amour énergétique »)


 
 

Voici une nouvelle édition du Journal de l’Antéchrist (avant que celui-ci ne soit un jour télévisé), spéciale « Handicap et la solidarité comme nouveaux Eldorados de l’Antéchrist : l’Amour énergétique ». Vous allez comprendre.
 
 
 

a) Handicap mon amour : le support du chantage antéchristique technologiste

Humanité "restaurée" sous la (bonne) excuse du handicap

Humanité « restaurée » sous la (bonne) excuse du handicap


 

 

En ce moment, le handicap a le vent en poupe (Je n’ai pas dit « les personnes handicapées », et encore moins « toutes les personnes handicapées »… car elles, malheureusement, le Gouvernement Mondial veut s’en débarrasser au plus vite pour établir un « monde parfait », sans souffrance, sans erreurs, sans imperfections, sans limites et sans mort, et finalement sans humanité). Ah ça, les transhumanistes l’aiment, le handicap ! Ils l’applaudissent à fond !… à la veille de le supprimer, et dans le but de l’utiliser comme alibi émotionnel pour imposer à tous les êtres humains la Nouvelle Religion naturelle fondée sur la technologie, l’égalitarisme, la sécurité, la santé, l’amélioration de l’Humain, le progrès, le succès, l’optimisme, le développement personnel, la réalisation de soi grâce aux autres, le dépassement des limites. À l’heure actuelle, aux côtés de l’homosexualité, le handicap rafle tous les concours de télécrochet (Yoann Fréget, Jane Constance, Grégory Lemarchal, Sly, Sophie Vouzelaud, etc.). Sublimation collective de la faille, de la maladie, de la difficulté, de l’épreuve, des obstacles, de la force pour se battre et s’en sortir. Ça a l’air cool et magique, le handicap. C’est la course à la plus grande victime qui émouvra le plus, « fera dresser les poils », donnera une inégalable et incroyable « leçon de vie » à toutes les caméras de télé, et prouvera que finalement tout est possible à partir du moment où on est fidèle à soi-même. C’est le handicap au service de l’individualisme, de la subjectivité personnelle, de la technologie, de l’autonomie, de la détermination, de la volonté humaine.
 

 

Le cas de la chanteuse réunionnaise Jane Constance, adorable aveugle de naissance et grande gagnante de The Voice Kids 2 en 2015 en France, en fournit un excellent exemple : avec toute le respect et le courage qu’on peut attribuer à la jeune fille, il est facile d’entendre dans son discours tout le jargon de l’humanisme intégral antéchristique, avec son cortège de « valeurs », de convictions et de bons sentiments : la grâce, la pureté, la combattivité, la force et la foi, la solidarité, le travail, le naturel, l’espoir, la sincérité, la fragilité, la rage de s’en sortir, l’amitié, le courage de surmonter ses peurs et ses épreuves, etc. Dans ce cadrage spécifique du handicap, on s’appuie uniquement sur ce qui est touchant, émouvant, et on enlève tout ce qui nous confronte aux ambiguïtés du handicap au quotidien et qui ne redore pas la personne handicapée, tout ce qui la rend responsable de sa vie et de la manière dont elle gère son handicap. Ce n’est finalement pas un portrait qui respecte vraiment la liberté et l’identité des personnes handicapées. L’Amour vrai, Lui, s’arrête sur les fragilités qui ne sont pas touchantes et qui sont même impopulaires : les péchés, la bêtise, la souffrance, la révolte, l’agressivité, les crimes, les défauts insupportables, la complicité des « victimes » avec le mal qu’elles portent, les échecs, les impossibilités, etc. L’abord médiatique actuel du handicap, même s’il est embellissant et qu’il place sur un piédestal pendant 15 minutes les personnes souffrant d’une déficience, isole – j’ose le dire – les personnes qu’il prétend honorer. Il les isole sous couvert d’autonomie et en leur faisant miroiter un avenir meilleur et sans leur handicap (donc finalement sans elles !).
 
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C’est ce paradoxe qui m’a frappé quand j’ai entendu il y a trois jours (samedi 26 novembre) l’intervention radiophonique de la scientifique Hélène Dollfuss sur France Info : entre ce qu’elle proposait d’apparemment révolutionnaire/louable (un soulagement de la cécité par la greffe de rétines, qui permettra peut-être dans 20 ans de rendre la vue aux aveugles) et son obsession de « l’autonomie » (elle a répété le mot plusieurs fois), on a de quoi se dire que la solidarité progressiste des scientifiques prend une tourne bien plus isolante et individualiste qu’elle n’en a l’air. On ne veut pas accueillir la personne handicapée pour l’accompagner sur la durée : on veut la libérer de son handicap pour la rendre autonome et la mettre à distance, l’écarter. Sublime paradoxe des bonnes intentions dont l’enfer est pavé… On le constate d’ailleurs avec toutes les ambiguïtés soulevées par le Téléthon ces dernières années.
 
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À l’heure où je vous écris, le handicap devient le grand ambassadeur du transhumanisme, du déni des limites, de la toute-puissance des Super-héros, tous ces mythes progressistes qui paradoxalement s’éloignent des Hommes réels, vulnérables, et même des personnes handicapées qu’ils se proposaient au départ de servir. Le message du Gouvernement Mondial handicapés friendly pourrait se résumer ainsi : l’Homme doit se débrouiller pour être, dans les limites imposées par la vie et surtout celles qu’Il s’imposerait (en refusant les progrès de « sa » science), ce qu’Il veut. Quel programme orgueilleux et bien peu humaniste, en réalité !
 
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Même la plupart des catholiques s’y mettent. En travestissant, au besoin, saint Paul et la BibleQuand je suis faible, c’est alors que je suis fort » 2 Corinthiens 12, 10), ou en se servant de leurs témoins publics ouvertement handicapés pour faire l’éloge des défauts, des handicaps, des fêlures, des imperfections. Le message a l’air évangélique, en plus : tirer partie de sa faiblesse pour devenir plus fort, transformer tout ça en « électricité » (comme le propose Jean-Baptiste Hibon : amour énergétique, quand tu nous tiens…), après tout, pourquoi pas. On a envie de signer en bas, de sourire à la vie face à tant de vulnérabilité joyeuse. Et effectivement, ce message devient vraiment magnifique si et seulement s’il est vraiment pratiqué et enduré dans la Croix et le Réel, dans la rencontre sur la durée, s’il est vécu dans l’annonce explicite et impopulaire du Christ. Mais pour lui-même, et sans le Christ, il se perd dans les oubliettes du souhait humain d’immanence, un souhait détestablement égoïste en même temps qu’émouvant. La personne handicapée, c’est vraiment la proie facile du bobo. Je connais quelques « catholiques » qui, avant de claquer (définitivement ?) la porte de l’Église, sont passés par le sas de l’engagement à l’Arche de Jean Vanier (structure d’accueil catholique des personnes handicapées), pour se trouver une excuse de bien juger ensuite les soi-disant « embourgeoisement » et « inactivité » des catholiques réguliers « valides » et se justifier de trouver la véritable Église hors de l’Institution !
 
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Les agents bobos du Gouvernement Mondial veulent absolument libérer et soulager les autres (les pauvres, les personnes homosexuelles, les personnes malades, les migrants, les personnes « en situation de handicap ») pour prouver qu’ils sont très bons et capables de s’émouvoir, de se sentir vivants et vibrants, qu’ils aiment l’Homme même quand ils Le tuent. Ils veulent le bien des personnes handicapées sans le faire concrètement, ils se rattrapent en leur écrivant une vie cauchemardesque (exemple avec Vincent Lambert), parce qu’ils projettent sur eux leur propre malheur de les voir ainsi limitées, leur propre libertinage ou impuissance/égoïsme à ne pas chercher à les aider toutes. Mais leur ont-ils demandé leur avis ? Sont-elles aussi malheureuses qu’ils le pensent ? Et aussi heureuses qu’ils l’imaginent quand ils leur mentent sur leurs limites et qu’ils leur promettent d’éradiquer la soi-disant « source de leur mal-être existentiel » ? Certes, elles ne se complaisent pas (toujours) dans leur handicap, auraient souvent préféré ne pas être handicapées. Mais certaines ne demandent pas du tout à être libérées de leur handicap à tout prix (comme par exemple certains aveugles), ne souhaitent pas d’acharnement thérapeutique ni biométrique, ont appris à bien vivre avec ce qu’elles n’ont/n’auraient pas choisi : leur handicap.
 
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Je trouve l’instrumentalisation des personnes fragiles (physiquement et parfois psychologiquement) assez ignoble, même si elle se veut sincère et justicière, même si elle vend parfois du rêve, même si elle ouvre une vitrine pour une visibilité inédite (exemple : Jeux Paralympiques, accueil d’un petit trisomique par des footballeurs professionnels devant les caméras du monde entier, etc.), même si elle permet une forme d’aide et qu’elle fait quelquefois concrètement du bien. « C’est mieux que de ne rien faire » me rétorqueront ceux qui ne voient pas le mal derrière la technologisation universelle que les personnes handicapées endossent à leur insu. Mais qui a laissé croire que le diable n’était pas capable d’émouvoir et de s’émouvoir face à ses proies avant de les écrabouiller ? n’était pas capable de se persuader qu’il aimait ceux que concrètement il déteste et jalouse ?
 

 

Je ne crois pas en cette vénération de la faiblesse pour elle-même, de l’erreur, de la maladie, des imperfections, des signes de péchés. Je la trouve suspecte, car elle prétend remplacer la Force qui transcende la faiblesse/blessure (cette force étant Jésus) par la faiblesse elle-même. Comme si le mal contenait son propre antidote, constituait sa propre solution, avait des vertus aussi bonnes que le Bien qui l’utilise et le dépasse. En défendant ce pseudo « équilibre » entre force du Bien et force du mal (forces dites « équivalentes »), on se trompe de Dieu et on confond le moyen avec le but. C’est du manichéisme pervers et orgueilleux.
 
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En ce moment, je suis saisi par la propagande qui travestit le mal en bien, et qui opère une sorte de hold-up de Jésus, de prise d’otage de tout ce qui est bon, pour l’utiliser comme alibi pour la technologisation du monde et pour imposer entre l’Homme et l’Amour l’interface technologique : la solidarité (Le boboïsme n’est pas autre chose que la croyance que l’Homme pourrait se créer et se sauver par ses propres actes de solidarité), la gratuité (J’ai carrément vu dans la galerie marchande des Halles à Paris des panneaux géants diffusant des publicités du site Welp, sorte de AirBnB du service et de la gratuité : encore un W antéchristique qui traîne), le handicap, la fragilité, l’amour (ça fait maintenant vingt ans que les sites de rencontres amoureuses existent), le bonheur (il serait facilité par la technologie, et même carrément technologique !), l’opposition à cette propagande (On nous fait intégrer la Blockchain en nous donnant l’illusion qu’on s’y soustrait : « Rentrez dans la rébellion » nous invite par exemple E. Leclerc ou les réalisateurs de la « 5e Vague ») et même Jésus, l’Église catholique.
 

Entre lui et les autres, les écrans… Le Pape face à la réalité numérique "engagée"

Entre lui et les autres, les écrans… Le Pape face à la réalité numérique « engagée »


 

Je pense avoir compris une chose très importante en échangeant dernièrement sur la Place de la Bastille avec des protestants qui ont poussé des hauts cris quand j’ai sorti de la poche de mon manteau ma grosse Croix du Christ : il existe une forte tendance, chez les bobos cathos gauchistes protestantisants et les bobos cathos gauchistes ou d’extrême droite (cf. les codes 38 et 39 de mon livre Les Bobos en Vérité), à rejeter la réalité de la Croix (même si intellectuellement et spirituellement, ils n’ignorent pas que Jésus est mort sur la Croix ; et même si certains arborent la Croix en label). À la fois ils ne parlent que de Résurrection, à la fois ils considèrent que le mal ou la souffrance n’existe pas sous prétexte qu’il/elle ne devrait pas exister. Je retrouve vraiment cela dans le témoignage d’une personne handicapée internationalement très connue, l’Australien Nick Vujicic, qui incarne la possibilité/la chance de s’en sortir au-delà de l’imaginable et de l’handicap, et surtout « grâce à Jésus ».
 

 

Pas de bol pour lui : il est porteur d’un handicap qu’il n’a pas encore identifié (car il s’agit d’un handicap spirituel), et qui certainement fait plus de ravages en lui et sur les autres que son handicap physique de naissance qui l’a privé de ses mains et jambes. Je veux parler du protestantisme. Se couper des sacrements de l’Église Catholique (l’Eucharistie, la confession, le sacrement de l’ordre, la vénération de la Vierge Marie, etc.), ce n’est pas un petit manque ! Ce n’est pas un petit handicap ! Nick Vujicic incarne pour moi – et là, je ne parle pas de sa personne, infiniment aimable, mais bien de son attitude et de ses paroles – exactement ce que fait le Gouvernement Mondial avec le handicap (cf. le décor plein de cubes derrière lequel Nick parle, ainsi que le fond musical New Age à la fin de la vidéo ci-dessus), à savoir un stand-up humoristique à l’américaine, pêchu, émouvant et spiritualiste, en l’honneur d’un narcissisme insoupçonnable puisque ce dernier se fait appeler « Dieu », « fragilité », « humilité », « victoire surnaturelle sur le handicap », et qu’il revêt objectivement et corporellement l’apparence d’une limite physique impressionnante et incontestable.
 

Dans les shows de Vujivic, il est beaucoup question de « Jésus », de sa Puissance, de la Résurrection, de l’Amour qu’il porte à chacun au cœur de ses fragilités… mais il n’est pas du tout fait mention de la Croix et du péché. C’est la popularité qui est recherchée, la récolte de « Amen », d’assentiments et d’« Alléluia » automatisés ponctuant les fins de phrases qui est visée. Mais le péché n’est pas abordé de manière concrète et personnelle. Vujivic veut à tout prix prouver aux yeux du monde sa coolitude, prouver le désintérêt personnel qu’il trouve à sa démarche de témoignage public, et même son désintérêt personnel par rapport à son handicap (sans doute ne veut-il pas être soupçonné de faire de ce dernier un business pour se mettre en avant)… mais il fait tellement de bruit pour s’effacer qu’il ne s’efface finalement pas. Il nous parle sans arrêt d’humilité et du Christ. Mais concrètement, l’humiliation, il la fuit. Il aborde le mal qu’on lui a fait et qui l’a fait souffrir, le mal qu’il porte encore et qu’il n’a pas choisi. Mais il ne parle pas du mal qu’il fait ou qu’on lui fait présentement. Il ne prend pas le risque de nommer les maux universels plus ambigus qui lui feraient perdre son audience. C’est toujours plus facile de déclarer victorieusement « Le mal, c’est pas bien, et je lui fais la nique grâce à Jésus ! » que « Le mal, c’est ça. Et je le fais encore. » C’est déjà bien, me direz-vous, d’avoir un message d’espoir positif sur la grandeur de Jésus par nos faiblesses et ce que nous sommes (il m’est arrivé de tenir ce discours positif et encourageant à propos de l’homosexualité aussi). Mais plus grand est le témoin qui parle des péchés plutôt que des signes de péché, plus grand est le pécheur qui dit son péché et sa difficulté à pardonner, que celui qui parle des péchés qu’on lui a faits, du handicap qu’il « subit » et des maux qu’il porte involontairement. C’est facile de pardonner à celui qui nous a fait du mal, ou d’émouvoir sur des choses qu’on n’a pas choisies (par exemple le handicap) et qu’on nous a faites ; c’est beaucoup plus difficile de reconnaître ses torts et le mal qu’on a choisi. C’est dur de porter l’infamie de la Croix, l’impopularité de la Croix et du discours de Vérité, de porter la Croix qui divise et qui ne brille pas, Celle qui inquiète et fait honte ou fait douter, Celle qui nous fait passer pour un fou ou un psychopathe ou un gars pas saint, Celle qui n’émeut pas et n’amuse pas. La sainteté, c’est humainement minable et mortel, ne le perdons pas de vue.
 

Dans le discours de Vujivic qui (et je m’en réjouis) ramène sans doute des gens à Jésus (mais est-ce le bon Jésus ? c’est là toute la question…), je n’entends aucune crainte de Dieu. J’entends au contraire une inquiétante assurance de son propre Salut. Où est l’humilité là-dedans ? On peut espérer, on peut croire et placer son Espérance en son Salut. Je ne dis pas le contraire. Mais qu’en savons-nous ? Est-ce nous qui décidons d’être sauvés ? Non. C’est Jésus (même si les protestants, contrairement aux catholiques, sont convaincus qu’ils sont davantage sauvés par leur foi et leur conviction d’être sauvés par Jésus que par Jésus Lui-même : un comble !). Moi, personnellement, je tremble et je continue de trembler. Je suis terrorisé à l’idée d’aller en enfer. Et je connais trop mes péchés, mes incohérences, mes contradictions, ma fausse humilité, pour accepter qu’on me dise saint ou prophète. Sans fausse humilité, je réponds aux rares qui s’emballent sur mon cas personnel : « Mais de quel droit vous me tressez une couronne de saint ?? Seul Jésus connaît mon cœur et sera à même de le juger. Seul Dieu dit qui est saint ou pas ! » Moi, je n’en ai rien à faire que vous me croyez saint. Si jamais c’est le cas, je ne veux l’entendre que de Jésus !
 

Vujivic raconte également les miracles qu’il a opérés par sa prière. Certes, il conclut, « à la évangélistes », que « tous les honneurs vont à Dieu »… mais le problème, c’est que « Dieu » est le nom qu’il donne inconsciemment à ses prières. Et pour couronner le tout, il se permet de prédire ce que Dieu va faire pour les autres, et parle de Lui au futur. À mon avis, parier sur l’efficacité humaine de Jésus est typiquement protestant. La Croix et le fait que Jésus ait été identifié au péché à travers Elle, ça échappe complètement aux évangélistes et à leurs télévangélistes. Cet éloignement de la réalité de la Croix et de l’indignité peu bling-bling de la Croix de Jésus vient certainement du fait que les protestants, en ayant enlevé tous les crucifix de leurs lieux de culte, n’ont plus l’occasion de contempler le sens profond de la honte du supplice de leur Roi, de notre Roi. Et pour le coup, beaucoup de témoins évangélistes, dont la vie a l’air édifiante et courageuse car elle semble souffrante et brillamment joyeuse à la fois, se transforment en publicistes de Jésus et passent à côté des versets bibliques qui démasqueraient leur arrivisme : « Plusieurs viendront sous mon nom, disant : ‘C’est moi qui suis le Christ’. Et ils séduiront beaucoup de gens. » (Mt 24, 5) ou bien « Malheur, lorsque tous les hommes diront du bien de vous, car c’est ainsi qu’agissaient leurs pères à l’égard des faux prophètes ! » (Luc 6, 26) ou encore « Tu n’invoqueras pas le Nom du Seigneur ton Dieu en vain ; car le Seigneur ne laisse pas impuni celui qui invoque Son nom en vain. » (1 Rois 18).
 

La sainteté, je crois, c’est renoncer à la renommée, c’est accepter d’être impopulaire (sans le chercher et sans se rendre détestable) au nom du Christ et à cause de ce qu’Il nous fait dire, c’est même consentir à recevoir un diplôme de « faux saint », de « menteur », de « fou diabolique » et d’« imposteur (la pancarte INRI sur la gueule, la couronne d’épines sur la tête) de la part des athées et des « catholiques » pharisiens suite à leurs faux témoignages. Chez les personnes handicapées physiques connues (et pas que protestantes) ou bien chez les personnes souffrantes médiatisées (maladie, combats, histoire personnelle et familiale éprouvée, etc.), il y en a actuellement peu qui soient impopulaires. Personnellement, je n’en connais pas. Il y en a en revanche beaucoup qui sont « populairement impopulaires », « populairement incorrectes » ; elles disent des vérités parfois christiques, mais pas celles qui les rendraient impopulaires ou qui feraient polémiques. Le handicap doit, selon les critères médiatiques et ecclésiaux, briller, ne pas diviser. Je pense qu’il s’agit là d’une atteinte qui est faite à l’ensemble des personnes handicapées, et qu’il faut nous méfier de l’handicap en tant que vitrine du Gouvernement Mondial, et même en tant que vitrine de « Miséricorde catholique ».
 

Actuellement, le handicap sert d'alibi à la percée du digital (prothèse, puce, etc.)

Actuellement, le handicap sert d’alibi à la percée du digital (prothèse, puce, etc.)


 
 
 

b) Le phénomène David Laroche : la dictature de l’optimisme et de l’amour énergétique

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Noachisme et Handicap

Noachisme et Handicap


 

En lien avec l’idolâtrie antéchristique et bobo pour le handicap (ce n’est pas un hasard que Jean-Baptiste Hibon soit d’ailleurs tombé dans le panneau : il n’est jamais facile d’admettre qu’on a pu exploiter son propre handicap et sa propre foi ; et Jean-Baptiste a comme par hasard refuser de lire mon livre sur les bobos), je voulais m’arrêter sur un cas d’école de l’humanisme intégral du Gouvernement Mondial : les conférences et vidéos de David Laroche. Laroche est un jeune blond apparemment très en vogue sur les réseaux sociaux, et dont le discours positiviste (au double sens de l’adjectif) martèle exactement ce que l’Antéchrist essaie d’imposer à l’Humanité : l’autocréation (et en toile de fond, l’autodestruction) de l’Homme par sa « propre » bonté et volonté.
 

 

Avec David Laroche, on est servis question positive wording de l’humanisme intégral, humaniste intégral qui est le pendant extrême d’un spiritualisme intégral porté par le monisme, le noachisme, le New Age, et par bon nombre de catholiques bobos (gauchistes, fillonistes et surtout d’extrême droite). En résumé, l’humanisme intégral soutient la Religion Naturelle technologiste et une divinité qui n’est plus Jésus mais une fraternité purement humaine et énergétique reliant tous les Hommes (que j’appelle « l’amour énergétique ») ou encore une « chrétienté » identitaire, politisée, culturalisée. Cette « religion » – qui se fait plutôt appelée « foi » les rares fois où elle est nommée – est pensée et organisée par la Franc-Maçonnerie au sens large, et par une frange sédévacantiste (anti-Pape) de l’Église catholique d’autre part. Elle planifie la création, la réalisation, et l’amélioration sans fin de l’Homme par Lui-même.
 
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Le discours positive attitude de David Laroche aligne tous les lieux communs de l’idéologie des Lumières : les valeurs du Christ sans le Christ (la vérité, la charité, le respect, l’espérance, la résurrection, etc.), les deux champs lexicaux de la Franc-Maçonnerie (l’architecture + la lumière), les méta-vérités (c’est-à-dire un « discours sur le vrai » pour ne pas nommer le Vrai, ainsi qu’une succession de lapalissades, d’évidences anthropiques), l’accent sur l’agir ou le faire (on retrouve cette obsession pour l’action identitariste dans le boboïsme : cf. le livre Faire de François Fillon ; le discours sur l’engagement du père Pierre-Hervé Grosjean et sur la transmission du culturel chez François-Xavier Bellamy ; les slogans « dynamiques » d’Emmanuel Macron comme « En marche » et « défi » ; le discours mondial omniprésent sur la création/créativité), la sacralisation sociale du mot « Amour » (et ses dérivés : la charité, la vie, la confiance, la foi, le partage, le faire ensemble, le bien commun, etc.), le primat de la subjectivité individuelle (point de vue, regard, opinion, pensée, volonté, intention, concentration, détermination, perceptions, sentiments, imagination, intuition, etc.). Les pages Facebook intitulées Inside Project – qui portent bien leur nom puisqu’il s’agit d’enfermer l’Homme sur Lui-même en lui faisant croire qu’Il s’ouvre aux autres et au Cosmos – sont un festival de boboïsme transhumaniste. Laroche y étale ses proverbes creux de Maître Yann, à pleurer de naïveté et de volontarisme. Et le pire, c’est que beaucoup de gens plébiscitent. Évidemment : difficile de s’opposer frontalement à l’optimisme (cf. mon code bobo n°9 « Optimisme et espoir » dans mon livre Les Bobos en Vérité) !
 
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Mais derrière l’optimisme de fond, derrière l’altruisme désintéressé affiché, il ne faut pas croire : il y a de la conquête, des dents qui rayent le parquet, de l’égoïsme et très peu d’humilité. Laroche n’est pas du tout là pour aimer : il est là pour dire à chacun d’entre nous (cliniquement, combativement, comme un coach de développement personnel, employé pour « accroître la confiance en soi ») qu’il peut être aimé et qu’il peut aimer… ce qui est bien différent de l’Amour vrai. Il est là pour diffuser au maximum les ondes positives et que ça circule, que ça prolifère, que ça augmente (c’est l’idéologie de l’Humain augmenté) pour nous débarrasser des « énergies négatives » qui sont en nous, pour nous dire que nous sommes tous supers (grâce à nous-mêmes et à notre volonté). Et surtout, il défend l’idée très mégalomaniaque selon laquelle on serait ce qu’on veut (si, bien sûr, on se dépouille de ses peurs, des regards et des clichés, blabli blabla).
 
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Ce n’est pas – et il le dit lui-même – un discours Bisounours. C’est plutôt un discours idéologique et antéchristique (même si lui ne l’identifie pas du tout ainsi). D’ailleurs, sans le savoir, David Laroche édicte quelques grands préceptes du Gouvernement Mondial et de la Franc-Maçonnerie : 1) l’ordre par le chaos (Ordo Ad Chao) ; 2) l’amélioration de l’Humain par Lui-même et avec les autres humains (« Making good men better men » ai-je entendu au 14e Salon maçonnique de Paris) ; 3) la toute-puissance de la potentialité et de la subjectivité humaines sur le Réel et la Transcendance (la règle de Gabor, le physicien hongrois inventeur de l’holographie et Prix Nobel de physique en 1971, c’est « tout ce qui est techniquement faisable doit être réalisé, que cette réalisation soit jugée moralement bonne ou condamnable »). Bref, selon les transhumanistes pro-choix, tout ce qui est possible doit être réalisé, et peu importe l’éthique des moyens. C’est ni plus ni moins l’orgueil de penser pouvoir se créer sa propre vie. Le seul horizon recherché, c’est ÊTRE SOI et ÊTRE FIDÈLE À SOI-MÊME. Je vous laisse admirer la platitude et l’orgueil de cet anthropocentrisme théiste et énergétique (Laroche va jusqu’à parler du « fuel de détermination » et Jean-Baptiste Hibon d’« électricité » de l’âme) :
 
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David Laroche n’est évidemment pas le seul à croire en « l’amour énergétique » (il ne l’appelle pas comme ça, d’ailleurs). Il est l’enfant de son époque et l’un des nombreux faux prophètes zélés qui se multiplient en ce moment. Un mélange de panique enthousiasmée appelant à la mobilisation de l’Humain tout entier (sans le Christ). Dernièrement, j’ai découvert le vidéo-clip de la chanson « Comme avant » de David Hallyday. Dans la même veine musicale que les chansons « de stade » planantes de Coldplay, Pink Floyd, Mylène Farmer, Tom Chaplin, ou des films comme « Tree of Life », mêlant personnification noachide de la Nature, réminiscences d’enfance fantasmée, transhumanisme (la vie après la mort, les NDE – Near Death Experience), angélisme écolo, archéologie et astronomie, ambiance onirique hallucinogène et transcendantale, fin/fusion des temps, aurores boréales, etc.
 

 
faire
 

L'impossible qui deviendrait possible d'être impossible

L’impossible qui deviendrait possible d’être impossible


 
Le fameux "Ils ne savaient pas que c'était impossible... et c'est pour ça qu'ils l'ont fait"

Le fameux « Ils ne savaient pas que c’était impossible… et c’est pour ça qu’ils l’ont fait »


 
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c) Festival des CathosCons :

 

Je vous donne maintenant quelques nouvelles des pharisiens pseudo « catholiques », car en ce moment, ils sont de sortie, surtout depuis la victoire de leur candidat François Fillon (que les mass médias font passer pour un ultra-conservateur alors qu’il est pro-mariage-gay et pro-Union Civile et donc pro-GPA, et qu’il est aussi progressiste que les autres… et même que le Front National) !
 
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Par exemple, les pourfendeurs des « idéologies » (je rappelle que le propre d’une idéologie, c’est de mettre une idée – même humaniste et même chrétienne – au-dessus de la personne humaine et du Christ qu’elle est censée servir) se félicitent à présent de la réussite de leurs idées : François Fillon puis Luc Châtel parlent de leur « victoire idéologique », les catholiques à la Poisson de leurs « convictions » et de leurs « valeurs », comme au bon vieux temps du fascisme… mais personne ne bronche et ne s’en alarme.
 
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Plus tard, celle qui ressemble à l’archétype de la bobo anar de droite et « catho identitaire » – Valérie Boyer – est défendue comme une prophète simplement parce qu’elle a été attaquée d’avoir porté une Croix du Christ à la télé. Mais quand est-ce que les catholiques vont cesser de prendre Jésus pour un label ? J’entends même des « catholiques » (les mêmes qui déifient la droite, et crachent sur « la gauche » parce qu’ils n’osent pas encore ouvrir les yeux sur la droite) dire, suite aux résultats de la primaire de droite et du centre, que « leurs prières ont été entendues »… Mais ils vivent sur quelle planète, sérieusement ? « Saint Fillon, priez pour nous. » (Prière du #CathoCon)
 
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Par ailleurs, Jean-Pierre Denis a signé dimanche le tweet le plus con du Siècle. Fillon et Juppé étaient au champ…
 
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Sens Commun s’illustre quant à lui par ses formules creuses.
 
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François Huguenin-Maillot et Koz Toujours débouchent la bouteille de la victoire de Fillon aux primaires de la droite et du centre, sans comprendre que Fillon ne portera pas le Christ.
 
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Frigide Barjot (Virginie Tellenne) avoue carrément qu’elle est pour le « mariage gay », et que Fillon, son candidat, est pour aussi, et même qu’il est pour la reconnaissance des « familles homoparentales ». Il y a une semaine, au micro de France Info, le 21 novembre 2016 : « On n’a jamais été contre le mariage gay. Le principe du mariage, c’est-à-dire d’union légale, sociale, en tout droit, en mairie, [pour les couples homosexuels], nous avons même été pour. C’est d’ailleurs pour ça que j’ai quitté le mouvement [LMPT] quand il a changé de ligne. […] Le principe du mariage [gay], nous y sommes tous favorables, et il ne changera pas. On ne démariera pas. Et François Fillon, comme la majorité des élus de droite sont POUR. Y’a pas de problème avec ça. Y’a que les gens qui prônent l’abrogation qui veulent enlever des droits aux couples. Aujourd’hui, on ne TOUCHE PAS au principe de mariage de la loi. En revanche, l’enfant doit avoir et connaître son père et sa mère biologiques. » ; « Fillon reconnaît la diversité des familles. »
 

Dimanche dernier, Frigide Barjot – c’est plus fort qu’elle – voit une caméra de TF1 et la courtise au passage...

Dimanche dernier, Frigide Barjot – c’est plus fort qu’elle – voit une caméra de TF1 et la courtise au passage…


 

Par ailleurs, je me fais ces derniers temps traîner en procès de diffamation parce que j’explique dès le départ que les gens qui sont derrière la revue d’« écologie intégrale » pseudo papiste Limite ne sont pas catholiques (et je ne dis pas qu’ils ne le seront jamais : il faut toute une vie pour devenir catholique, et c’est donné par grâce de Jésus). Mais pourtant, voici la preuve de ce que je dénonce en image, avec ce tweet d’Eugénie Bastié, « catholique et pro-Pape » quand ça l’arrange.
 
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Enfin, je terminerai par cette mise en garde et cet appel pressant de ma part à lire mes « 247 questions sur l’homosexualité à l’intérieur de l’Église » et à s’armer à propos de l’homosexualité. Les prêtres et cardinaux parlent en ce moment beaucoup de l’avortement (dernièrement, le Cardinal Vingt-Trois et Mgr Pontier) plutôt que d’homosexualité (Mgr Vingt-Trois vient lui aussi de botter en touche par rapport aux affiches de prévention VIH, en soutenant que le problème était les messages des affiches et non les photos de couples homos) : comme au temps de la Loi Taubira, il est toujours plus facile, même si c’est déjà courageux, de se planquer derrière les problématiques natalistes et familialistes (avortement, pédophilie, GPA, enfant, famille…) que d’affronter les problématiques amoureuses (cristallisées par la promotion de « l’amour homo » et des sentiments, et par la loi du « mariage gay »). Mais ce sont pourtant les problématiques amoureuses affectives (« l’amour », « le droit », « la liberté », « l’homosexualité », « l’hétérosexualité », « l’homophobie », « le respect », « la tolérance », etc.) qui remportent largement le plus d’adhésion dans le cœur de nos contemporains et de nos politiques. Et en ce moment, les détracteurs des catholiques sont en train de s’énerver et de préparer, à travers leur incompréhension des Manif Pour Tous (qui en effet n’étaient pas claires et étaient homophobes car elles ont refusé de parler d’homosexualité et d’homophobie), une répression sans précédent contre nous. La colère monte. Je pense notamment à la réaction d’Élizabeth Badinter, à celle de Muriel Robin, mais également un croissant nombre de prêtres catholiques qui viennent me parler en privé de la présomption d’homosexualité sacerdotale qu’ils subissent de plus en plus au quotidien. Et il est vrai que j’entends aujourd’hui énormément de gens anticléricaux (ou qui se disent « athées ») m’assurer que « tous les curés sont gays », comme une évidence. Et c’est logique : les prêtres parlent tellement peu d’homosexualité (ça doit être quasiment le seul sujet dont ils ne parlent pas ; même l’avortement, c’est quelque part plus facile à aborder et à dénoncer, puisqu’il existe le commandement biblique « Tu ne tueras point » sur lequel se « reposer ») que la présomption d’homosexualité généralisée leur reviendra très vite et tacitement en boomerang. Plus encore que « pédophiles » ou « intégristes ». Pour nos détracteurs, il est beaucoup plus ignoble (même si factuellement c’est inversé et disproportionné) de s’être opposé au « mariage gay » et d’avoir défilé à La Manif Pour Tous, que de s’opposer à l’avortement et à la pédophilie. Ça, bon nombre de nos prêtres et cardinaux ne l’ont pas compris. La pédophilie et l’avortement sont les faux nez de l’homosexualité. Et diaboliser le Gender comme le fait le Cardinal Sarah envenime la situation.
 
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d) Autres mini-news du Gouvernement Mondial :

Dernières petites news sur l’Antéchrist et la progression mondiale du prince du mensonge.
 

D’abord Le Grand Journal de Canal + et la prochaine élection de Miss France 2017, qui se mettent au diapason du cube.
 
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Miss Tahiti

Miss Tahiti


 

Ensuite, j’attire votre attention sur le clip « Love Life » de John Mamann, qui collectionne les codes bobos de mon livre les Bobos en Vérité (la nuisette blanche, les banjos et sifflotements, la mer, le vent, la communauté, les barbus, la célébration de la vie et de l’amour, les chapeaux, le fantasme de l’angélisme, l’obsession progressiste d’être « plus fort », Toi + Moi, le road trip, etc.). Question : John Mamann est-il lyonnais ?
 

 

Ça commence par une proposition de fellation… et ça se convertit en Je vous salue Marie

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Hier soir, j’étais sur la route du retour d’une conférence que j’ai donnée au Chapitre Saint-Lazare, à Gomez-le-Château, à 26km de chez moi. Première fois de ma vie que je marchais 52km dans une journée (je sais, je suis fou ^^ : Vous voyez ça avec mes parents). L’intérêt de la marche à pieds – même si je suis tout courbaturé aujourd’hui – c’est qu’il se passe des événements qui n’auraient jamais pu se produire autrement. Comme par exemple hier !
 

J’étais à hauteur de Palaiseau. La nuit était déjà tombée. Et là, alors que je filais droit, il y a eu un jeune homme qui, de loin, m’a accosté et m’a demandé l’heure. J’ai enlevé mes écouteurs pour lui répondre. Et lorsque je m’apprêtais à poursuivre ma route, il a enchaîné sur une autre phrase, cette fois flatteuse : « Je te trouve très mignon. » Sur le coup, son culot monumental m’a fait sourire autant qu’il m’a sidéré. Je me suis dit en moi-même : « Houla… Ça y est.. Je suis tombé dans un piège. Je me suis fait eu… »). Devant moi se présentaient deux possibilités : soit je ne me mettais pas en danger et j’ignorais l’avance en traçant tout droit, soit j’allais à la rencontre de ce frère jumeau d’homosexualité qui m’était donné tout en lui montrant bien ce que je voulais et ce que je ne voulais pas. J’ai choisi la deuxième option, en prenant le risque dans les premières secondes de lui donner à croire que je signais pour l’aventure sexuelle…
 

Face à lui, en tête à tête, un mini vertige de tentation m’a d’ailleurs pris quand j’ai senti que je lui plaisais, qu’il me plaisait aussi (un gitan ibérique de 30 ans, y’a pire, comme spectacle…), que la situation pouvait basculer « cul » en un rien de temps. Mais très vite, en échangeant un peu, la paix et la réalité se sont installées/imposées. L’amitié aussi. Lui-même a compris que je ne ferais pas comme la plupart des mecs qui s’arrêtent. Et ça l’a surpris que, pour une fois, il y ait un gars qui lui accorde de l’intérêt, qui lui réponde sans en profiter pour se faire sucer.
 

Je lui ai demandé son prénom. Après un moment d’hésitation qui sentait le traquenard, il m’a dit : « David ». Je lui expliqué d’où je venais, que j’étais catholique (il m’a répondu que « lui aussi »), que je venais de donner une conférence sur l’homosexualité à des jeunes catholiques, que j’étais à mi-parcours de mon chemin retour. Lui m’a révélé qu’il n’avait pas de travail, qu’il ne savait ni lire ni écrire, qu’il était gitan, qu’il avait des enfants mais que ça ne l’empêchait pas de vivre activement son homosexualité en cachette à travers des aventures furtives avec des passants (j’ai halluciné de découvrir le nombre d’hommes – même mariés – qui avaient accepté ses propositions et ses plans cul furtifs).
 

Au départ, son regard fuyant se transformait en rayon laser de prédateur, soit posé sur moi, soit posé sur les rares mecs qui passaient devant nous. Lui-même m’a parlé d’une « faim » qui le tenaillait, qui le rendait incontrôlable et qui le poussait à draguer tout ce qui se présentait. Mais assez vite, on s’est assis sur un muret, et ses regards diaboliques se sont arrêtés. Il m’a avoué ne pas avoir choisi du tout d’être homosexuel, que c’était depuis l’enfance, et qu’il ne pouvait pas vivre son homosexualité au grand jour car son père et son frère se montraient particulièrement homophobes à son égard.
 

Il parlait un bon français malgré son illettrisme, mais je me suis efforcé à faire des phrases simples quand même. Je lui ai dit qu’en vivant son homosexualité sous la forme d’une prostitution gratuite, en étant la marionnette de ses appétits sexuels, et sans l’amitié, il n’était pas libre. Il a acquiescé, et a rajouté qu’il n’avait en réalité aucun ami. Je lui ai demandé quel était son vrai prénom : ça l’a fait rire d’avoir été démasqué dans son mensonge, et il m’a dévoilé sa véritable identité (« B. »). Je lui ai donné mes coordonnées pour qu’on puisse se revoir. S’il me recontacte, je suis même prêt à faire venir mes amis homos parisiens à Palaiseau (car B. ne vient jamais à la capitale et ne prend pas les transports en commun), dans un endroit neutre et gratuit, pour qu’il puisse se faire des vrais amis sans avoir à cacher son homosexualité, dans une ambiance fraternelle.
 

Comme le groupe de jeunes du Chapitre Saint-Lazare m’a donné, pour me remercier de mon intervention de l’après-midi, une bouteille de champagne, je l’ai offerte à B.. Un cadeau pas si crucifiant que ça pour moi, car d’une part je ne bois pas, d’autre part je me la trimbalais péniblement dans mon sac et elle me tuait le dos (même si je comptais quand même la garder pour moi afin de faire plaisir à mon papa). Il était hyper content que je lui offre ça, et sans arrière-pensée. On s’est dit qu’il allait pouvoir la partager avec quelqu’un de seul ou qui, comme lui, n’avait pas d’amis ; et qu’il allait inventer le mensonge d’expliquer qu’il l’avait trouvée quelque part où quelqu’un l’aurait oubliée. Il a regretté de ne pas avoir de voiture pour me rapprocher de Paris.
 

Je lui ai dit combien j’étais heureux qu’il m’ait arrêté sur mon chemin, et que son initiative était sûrement un cadeau de saint Antoine de Padoue et de Jésus. Il a voulu me montrer qu’il connaissait saint Antoine car il n’ignorait pas que c’était lui qui aidait à retrouver les objets perdus. Il m’a aussi demandé ce que je portais autour du cou. Je lui ai donc montré d’abord ce que j’appelle ma « tringle à rideaux » (= ma grosse médaille de saint Antoine de Padoue), puis mon scapulaire de saint Michel Archange. Il m’a aussi prouvé qu’il connaissait la puissance de saint Michel. Et ce n’était pas pour me faire plaisir ni pour me draguer. Il n’aurait pas pu l’inventer. Et puis, fait encore plus incroyable aux vues de la configuration initiale de la rencontre : nous avons même récité un Je vous salue Marie. Je lui ai d’abord demandé s’il le savait par cœur et si ça lui disait qu’on en récite un ensemble, en action de grâce pour notre rencontre : j’ai vu qu’il bredouillait un salve approximatif (mais pas si mal que ça, au final), et que ça lui faisait plaisir ! Ensuite, on l’a répété tous les deux.
 

J’ai repris mon sac en bandoulière. Et en guise d’au revoir, B. m’a révélé un secret intime, ni utile pour embellir une rencontre déjà belle, ni crédible, mais tellement gratuit que du coup je l’ai cru. Il m’a dit qu’il avait des visions, et que je faisais partie de l’une d’elles. Il m’avait donc, sans me connaître, déjà vu avant. Même si ce n’est pas vrai, ça m’a montré qu’il associait spontanément notre rencontre à un fait divin. Alors ça m’a fait plaisir. Et si c’est vrai, ça m’a encore plus fait plaisir d’être intégré au plan de Dieu et à une vision béatifique.

Je ne cautionne ni l’homophobie de la Manif Pour Tous ni l’indifférence de Muriel Robin


 

Ces gens qui chantent « toutes les différences » virent concrètement les deux différences les plus fondatrices de l’existence, de l’identité, de la sexualité et de l’amour ouvert sur la vie: la différence des sexes et la différence Créateur-créatures. Et après, ils osent nous parler d’« amour » et de leur respect des « différences ?
 

La sacralisation des différences ne les reconnaît pas et les aplanit au même niveau. Alors qu’il y a des différences plus fondatrices et prioritaires que d’autres (exemple : la différence des sexes est une question de vie ou de mort; pas le fait d’avoir les yeux marrons ou d’avoir une jambe cassée. ) Certaines personnes, blessées dans le mariage ou dans l’Église, ne priorisent plus du tout.
 

Néanmoins, l’inquiétante indifférence (relativiste) de Muriel Robin ne rattrape en aucun cas l’homophobie de la Manif Pour Tous.

Que faudrait-il dire sur la Loi Taubira, si vous étiez à la place de Fillon ?

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Ce soir, une femme vient me voir et me dit qu’elle « préfère Poisson à Fillon ».
 

Je lui réponds : « C’est la même chose. Poisson et Fillon n’abrogeront jamais la GPA et la Loi Taubira puisque par homophobie, ils refusent tous les deux de parler d’homosexualité. »
 

Elle me demande : « Mais précisément, qu’auriez vous aimé les entendre dire au sujet de l’homosexualité ? »
 

Je lui réponds : « Il faut parler de l’orientation sexuelle des personnes comme critère législatif (rappeler la violence que c’est, y compris pour les personnes homosexuelles), puis remettre en question la dénomination d’‘amour homosexuel’ (chose que seule une personne homosexuelle est accréditée à faire). Fillon, même si personne ne le verra, est aussi lâche et contradictoire que Juppé, ET sur la question de l’Union Civile, ET sur la question du ‘mariage gay’ (qu’il saucissonne en deux, en se réfugiant derrière la filiation), ET sur la question de l’ ‘amour’ homo, ET sur la question de la GPA, ET sur la question de l’homosexualité, ET sur la question de l’hétérosexualité. Je le cite ce soir sur TF1 : ‘J’ai toujours dit qu’on ne reviendrait pas sur le mariage homosexuel, et qu’on respectait l’amour homosexuel’. Il se rétame, La Manif Pour Tous avec. Et l’ensemble des catholiques avec. »
 

Elle conclut : « Merci pour ce début d’explication. Je pense que l’on aura occasion d’y revenir. Bonne soirée. »
 
 

Lui, il dit des phrases énormes qui devraient tous nous mettre en alerte et nous inquiéter. Mais non. Personne ne bronche. Pire. Tout le monde applaudit!

Lui, il dit des phrases énormes qui devraient tous nous mettre en alerte et nous inquiéter. Mais non. Personne ne bronche. Pire. Tout le monde applaudit!


 
 
 

Voilà le tsunami qui nous arrive. Vous n’avez pas voulu m’écouter et vous avez écarté l’important de l’analyse de l’homosexualité : ici le résultat, avec le discours d’Elisabeth Badinter (à partir de la 13e minute).

Fillon marche sur les eaux

Alors là, je tombe des nues… Les #CathosCons ont encore frappé lol! Je reçois à l’instant un mail, avec un appel (sérieux) à voter Fillon, et promettant à ce dernier une victoire christique dimanche prochain (Fillon marchera sur les eaux, comme l’Évangile du jour). Rien n’arrête les #CathosCons LMPT. Sachez-le.
 
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(Au fait, comme moi je suis un #CathoMalade, je préviens aussi mes aimables contacts Facebook – enfin, ceux qui restent… – que si je vois qu’ils soutiennent SarkoFion, c’est également EXIT de ma liste. Il faut savoir choisir son camp)

L’Aide précieuse des francs-maçons (Il est urgent que nous, catholiques, nous laissions enseigner par eux : ils nous conduisent à la sainteté et décrivent mieux que personne l’Antéchrist)

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a) Un plaisir de les rencontrer :

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En me rendant au 14e Salon maçonnique du Livre le week-end dernier (19-20 novembre 2016 à Paris), qui est un événement annuel faisant office de Grandes Assises inter-obédientielles des Loges maçonnes françaises, je dois vous avouer que je ne pensais pas me sentir aussi à l’aise, aussi bien accueilli, ni tomber sur des personnes aussi cordiales et parfois brillantes intellectuellement, loin des clichés diabolisants sur la Franc-Maçonnerie. J’ai vraiment passé deux jours agréables. Pas au point de devenir maçon (loin de là). Mais j’en suis ressorti au moins avec l’envie de revoir certaines personnes pour poursuivre l’échange. J’ai été en particulier ébloui par la finesse et la gentillesse de quatre francs-maçons, qui ne ressemblent en rien à des individus manipulés et manipulateurs (même si, au fond, ils le sont, comme nous tous parfois) : Lénaïc (d’une obédience maçonne multi-spiritualiste, la GLISRU, Grande Loge Indépendante et Souveraine des Rites Unis), Alain Roussel (un franc-maçon ressemblant à un pasteur écossais du XVIIIe siècle), Éric Giacometti (romancier et « profane », c’est-à-dire non-officiellement-franc-maçon) et Jean-Marc Pétillot (ancien Grand Maître de la Grande Loge Traditionnelle et Symbolique Opéra). Je ferai un focus sur certains d’entre eux en cours d’article.
 
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Pendant ces deux journées, j’ai appris à démystifier un peu plus la Franc-Maçonnerie, à comprendre que je me trouvais face à des personnes plutôt qu’à un Système, ou un appareil institutionnel, ou une confrérie secrète malveillante et sciemment déconstructrice. J’ai appris à respecter ce que j’entendais, à écouter (même s’il me reste encore beaucoup à apprendre), à comprendre la sincérité des francs-maçons, souvent blessés par les caricatures qui sont faites d’eux et qui se méprennent autant sur leurs intentions que sur la portée de leurs actions (même si mon propos ne vise pas à édulcorer ni innocenter la gravité de cette portée). Beaucoup d’entre eux soulignent d’ailleurs la fraternité réelle, la bulle d’oxygène, d’écoute et de dialogue constructif, l’apaisement et la confiance en soi retrouvée, le soutien, le grandissement intellectuel et spirituel, l’enrichissement et l’ouverture, la méthode de travail, qu’ils expérimentent vraiment dans leur loge. Et rien qu’en entendant par exemple Jean-Marc Pétillot, ancien Grand Maître, je me dis qu’on est loin du discours orgueilleux, mégalomaniaque, relativiste, libertaire et gauchiste qu’on pouvait attendre logiquement de l’humanisme franc-maçon : « Il y a des limites à la tolérance. » ; « Nous sommes tous plus ou moins profanes. » ; « Il existe des intégristes de la Franc-Maçonnerie. » ; etc. Je peux en témoigner : il y a de l’auto-critique, de la réflexion profonde, de la nuance, de l’humilité et de la remise en question, au sein de la Franc-Maçonnerie. L’ouverture et la construction ne sont pas que des vœux « pieux ».
 

Table ronde "Le Graal, une quête intemporelle" (lumière rouge éclairant tous les plateaux), avec Jacques Varenne et Éric Giacometti

Table ronde « Le Graal, une quête intemporelle » (lumière rouge éclairant tous les plateaux), avec Jacques Varenne et Éric Giacometti


 

Et franchement, le peu que j’en ai vu, je les crois sincères, je les crois de bonne foi… même si leur foi n’est pas bonne car elle est anthropocentrée (c’est l’Homme qui se fait Dieu), libertaire (ils n’ont que le mot « liberté » à la bouche), individualiste (c’est l’introspection et le travail sur soi qui priment, et qui parfois éventuellement se partagent, s’altruisent et s’universalisent, mais ce sera dans un deuxième temps : la Franc-Maçonnerie, c’est vraiment l’individualisme de masse), productiviste et actionnelle (tout est centré sur l’agir, le travail, la construction et le développement personnel), évaporée (les maçons insistent sans arrêt sur les mythes, le questionnement sans but, le « processus », l’« évolution », l’« ouverture », le perfectionnement de soi, la « transformation » : que des concepts éthérés), sans véritable amour (c’est juste de l’humanisme, du progressisme, et de l’altruisme d’« amélioration de soi »), sans véritable foi (car le doute est absolutisé, le questionnement est recherché pour lui-même, et la Vérité unique en Jésus est complètement bannie).
 
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En gros, la maçonnerie est un RATIONALISME SPIRITUALISTE SANS JÉSUS. Et tous ses membres sont prisonniers de cet inextricable binarisme sans fond, sans Incarnation, sans l’Amour en Personne (= Jésus). Ils s’emmêlent perpétuellement les pinceaux avec cette réalité antinomique qu’est le rationalisme spiritualiste déchristianisé, c’est-à-dire une idéologie des « moyens qui sont devenus des buts qui ne s’assument pas comme buts ». Une chrétienté sans le Christ.
 

Modern Talking, Brothers Louie (Bon, ok... Jacques Varenne et Éric Giacometti)

Modern Talking, Brothers Louie (Bon, ok… Jacques Varenne et Éric Giacometti)


 

Par exemple, ils passent leur temps à dire qu’ils sont francs-maçons mais pas vraiment francs-maçons (C’est typiquement homosexuel, comme fonctionnement, soit dit en passant). Le jeu taquin de jumeaux siamois faussement opposés qu’interprètent publiquement Jacques Varenne – ouvertement franc-maçon – et Éric Giacometti – qui feint de ne pas l’être – (les deux pères de la saga romanesque des Marcas) en fournit la parfaite illustration. L’un se dit ironiquement « dans l’ombre », l’autre « dans la lumière », l’un dans l’ignorance, l’autre éclairé par la science gnostique, pour cacher qu’ils sont tous les deux dans le gris, donc finalement dans l’ombre. J’ai compris grâce à leur petit manège de francs-maçons-qui-ne-s’assument-pas-et-qui-s’assument-trop qu’être « initié » en Franc-Maçonnerie ou pas n’avait que peu d’importance : c’est l’adhésion aux idées maçonnes qui prévaut et qui rend maçon. Giacometti, par dandysme et schizophrénie bobo, refuse le « Système maçon » pour en épouser secrètement toute l’idéologie… comme tout franc-mac, finalement ! Les disciples aveugles du règne de Satan sont, comme lui, divisés contre eux-mêmes. C’est complètement logique. Ils se gargarisent de ne pas savoir ce qu’ils veulent… ou plutôt, ils simulent de ne pas savoir ce qu’ils veulent, et mordent à l’hameçon de leur propre sincérité, parce qu’ils sont au fond terrorisés par la Vérité.
 
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Ça, c’est la facette plus sombre. Mais ce qu’il faut se dire, c’est que le caractère polymorphe, lâche, et de plus en plus aléatoire/optionnel de l’étiquette « franc-maçon » et de l’initiation en Franc-Maçonnerie, permettent beaucoup plus positivement de désenclaver les maçons de leur propre cinéma/structure. La frontière poreuse entre francs-maçons et profanes nous indique que nous pouvons, en étant catholiques, complètement rejoindre les francs-maçons, d’autant plus que nous sommes cernés par les maçons non-officiels, y compris dans nos églises et nos assemblées dominicales ! C’était une belle expérience – que j’aimerais renouveler – que de m’inviter chez les Francs-Maçons officiels : ils sont les premiers étonnés qu’on vienne sur leur territoire, qu’on s’intéresse à eux gratuitement, qu’on ne se méfie pas d’eux et qu’on ne les traite pas comme des pestiférés et des gens dangereux ! Ça m’a touché, leur surprise et leur accueil. Et notre gémellité, nos nombreux points communs, aussi ! De même, j’ai aimé parler leur langue, me prêter à l’exercice de me faire comprendre d’eux sans les heurter et en cachant humoristiquement mon identité et ma recherche. Aoutsu chihila. Je peux maintenant dire que je parle franc-maçon (les rudiments de la langue maçonne, du moins) : Je m’appelle Philippe, j’ai 36 ans, je suis un profane qui a compris que la Franc-Maçonnerie, toutes obédiences confondues, était un rationalisme spiritualiste, refusant l’athéisme mais aussi Jésus-Fils-de-Dieu (pas Jésus en tant que croyance strictement privée, ni même en tant que « pratique extérieure parallèle à la franc-maçonnerie » ou « option comme une autre »). Je vais maintenant m’atteler à expliquer ce paradoxe.
 
 

b) Un athéisme théiste (les francs-maçons sont tous des chrétiens… contrariés) :

Affiche que j'ai trouvée dans la même rue (rue Boyer) que le Salon, quartier on ne peut plus bobo. L'identité humaine réduite à un processus et une transformation spirituelle, c'est tout à fait ça ! C'est exactement la Franc-Maçonnerie

Affiche que j’ai trouvée dans la même rue (rue Boyer) que le Salon, quartier on ne peut plus bobo. L’identité humaine et divine réduite à un processus et une transformation spirituelle, à une chaîne énergétique méliorative sans but, c’est tout à fait ça ! C’est exactement la Franc-Maçonnerie


 

Le rationalisme spiritualiste sans Jésus pousse fatalement les francs-maçons à dire qu’ils croient en Dieu sans y croire, en faisant notamment l’artificielle distinction entre foi et religion (Pour eux, la foi est bonne et respectable tant qu’elle reste une option non imposée et non révélée à tous ; alors que la religion est forcément dogmatique, normative et liberticide), en faisant l’artificielle distinction entre raison et religion (Pour eux, la raison respecte l’individu, alors que la religion le détruit), en faisant l’artificielle distinction entre spiritualité et foi (Certains francs-maçons, peu à l’aise avec la teinte religieuse trop marquée sur les mots « foi » ou « transcendance », leur préfèrent les termes plus scientistes d’« irrationalité » ou d’« imaginaire », voire carrément le silence « laïc »), en faisant l’artificielle distinction entre le Grand Architecte et Jésus (Pour eux, le Grand Architecte ou Dieu n’est pas une personne, mais un symbole), en faisant l’artificielle distinction entre vérités et Vérité (Pour eux, il n’existe que des vérités parcellaires et relatives qui se contredisent et s’empilent indéfiniment les unes sur les autres – sous forme parfois de secrets – pour s’annuler et se nourrir de leur propre annulation), en faisant l’artificielle distinction entre personne et cheminement existentiel (Avec les francs-maçons, l’être humain est perpétuellement confondu avec son processus de croissance, de construction, son travail : il n’est que devenir, faire et penser ; il n’est que fuite en avant et en arrière), en faisant l’artificielle distinction entre personne et symbole (d’où leur iconoclastie anticléricale qui se déporte en fétichisme carnavalesque : les épées, les gants, les armures, des accessoires de ouf !), en faisant l’artificielle distinction entre Histoire et mythes (Pour eux, l’archéologie réactive les mythes et les légendes, et réenchante l’avenir : les mythes occupent une place prépondérante dans la Franc-Maçonnerie, alors que l’Histoire réelle importe peu), en faisant l’artificielle distinction entre imagination et imaginaire (Ils privilégient l’imaginaire, par définition éloigné du Réel et de Jésus, imaginaire qui selon eux peut paradoxalement émaner de la matière, ou plutôt de l’étude de la matière), en faisant l’artificielle distinction entre doute et objet du doute, entre recherche et sacralisation de cette même recherche, en faisant l’artificielle distinction entre déisme et théisme (Alain Roussel explique très bien que dans le déisme, il n’y a pas de relation entre l’Humain et le divin, pas de Providence, tandis que dans le théisme, il y a une relation entre le divin et l’Humain : l’Humain s’emploie à s’accorder avec le divin, notamment par des pratiques telluriques, par des prières, par des invocations et des incantations, en espérant que la divinité interagisse. Roussel regrette d’ailleurs que la frontière entre les deux soit de moins en moins respectée dans la Franc-Maçonnerie), en faisant l’artificielle distinction entre foi et croyance (Pour les francs-maçons, la foi est une « hypothèse confiante », une « perpétuelle recherche et un perpétuel inachèvement », une « quête » sans fin et sans visage… alors que la croyance, du fait d’avoir un but et un seul corps, est forcément dogmatique, fasciste, bouffie d’orgueil et pétrie de « certitudes » dangereuses et prétentieuse. C’est simple : ils ont diabolisé la prétention à la recherche de Vérité unique et universelle qu’est Jésus. À les entendre, il ne s’agit pas de croire mais d’entamer un cheminement. C’est le cheminement en tant que tel qui est devenu tacitement leur dogme invisible, leur dieu. On taille chacun sa propre pierre, et on se regarde avec émotion dedans, comme un miroir embellissant !), en faisant l’artificielle distinction entre chrétienté et catholicisme (Ils « respectent » – comprendre « ignorent/tolèrent » – la première pour mieux nier et singer le second), etc.
 

D’une manière ou d’une autre, à plus ou moins long terme, le rationalisme spiritualiste sans Jésus engage forcément les francs-maçons dans un labyrinthe de contradictions insolubles (insolubles… sauf bien sûr en Jésus). Ces derniers passent leur temps à dire qu’ils sont « rationalistes mais pas que »… car la raison humaine bute très vite sur ses propres limites et convoque à un moment donné la transcendance ; et la fameuse « quête » du maçon appelle d’elle-même à une mission, à un partage de gnoses, à une sortie de soi vers un théisme/déisme (Même Emmanuel Pierrat, le « bouffeur de transcendantalistes », l’avoue !). Autres contradictions flagrantes de leur athéisme théiste : les francs-maçons nous assurent sans arrêt qu’ils sont « discrets » mais pas « secrets » (la nuance est ténue et bien subjective…), qu’ils accueillent officiellement tout le monde sans distinction de classes sociales, d’opinions et de pensées (… sauf ceux qui s’opposent au « mariage gay » et ceux qui leur apparaissent comme une « minorité chez les catholiques » à savoir « les catholiques croyant que leur religion s’inscrit sur le meilleur chemin de Vérité et obéissant aux dogmes d’une Église-Institution préférée et authentifiée comme supérieure aux autres religions »). Autant vous dire que c’est une drôle de conception de l’ouverture, de la tolérance et de la recherche de Vérité… Selon ces dogmatiques de l’adogmatisme, chacun va trouver sa vérité intérieure, sa propre ligne de sagesse, mais elles ne se conjuguent qu’au puriel ! Quels tristesse et isolement, quand on y pense, malgré le vernis de partage des découvertes sur soi qu’ils font en groupe…
 

Maintenant, à nous de comprendre les subtilités de leur foi contradictoire. Loin d’attribuer et de circonscrire ces contradictions à la seule Franc-Maçonnerie, la tentation du repli spiritualo-scientiste nous concerne surtout nous, catholiques. La Franc-Maçonnerie est l’un des reflets possibles et peu souhaitables du catholicisme. C’est la raison pour laquelle il nous est vital de réaliser combien les francs-maçons ont glissé du catholicisme au rationalisme spiritualiste antichristique. Ils doivent nous servir de modèles. Qu’au moins, ils ne chutent pas pour rien et ne nous entraînent pas dans leur chute ! Qu’au moins nos ressemblances nous aident tous, francs-maçons et catholiques, à nous relever ensemble en Jésus !
 

Ce qu’il faut bien comprendre (car c’est tout sauf évident), c’est que les francs-maçons ne rejettent pas le mot « Dieu » ni même la « chrétienté » (et j’oserais dire qu’une part d’eux ne rejette pas le catholicisme et s’imagine l’intégrer harmonieusement). La chrétienté est ontologique à leurs obédiences. Ce fut un peu une découverte pour moi, car j’avais été influencé à croire le contraire, d’une part à cause du visage anticlérical caricatural que les complotistes anti-francs-maçons dépeigne sur internet (Ces hystériques rêvent que les francs-macs soient à tout prix contre nous : connerie monumentale), et d’autre part à cause des nombreuses piques anti-Église-Institution que les francs-maçons, surtout les Français, lancent contre Jésus et contre les catholiques (Pendant cette 14e édition du Salon Maçonnique, Jacques Varenne, Stéphan Hébert, Emmanuel Pierrat, Jean-Michel Ducomte, Laurent Kupferman, entre autres, ne se sont pas privés d’attaquer l’Église). En réalité, ces francs-maçons anticléricaux et anti-transcendance ne connaissent pas leur propre baraque. Ce que je dis est historique. La Franc-Maçonnerie, à la base, au XIIe siècle, est une hérésie chrétienne. Sa souche est chrétienne ! Et aujourd’hui, dans le monde, seuls 3 à 4 % des obédiences maçonnes ne sont pas chrétiennes ! « La maçonnerie chrétienne, c’est non seulement massif mais C’EST la maçonnerie. » m’a dit très calmement une franc-maçonne qui s’auto-proclamait « bibliste », au stand de la loge Renaissance Traditionnelle. Difficile d’être plus explicite !
 

Joseph Macé-Scaron, homosexuel, dans un Temple franc-maçon

Joseph Macé-Scaron, homosexuel, dans un Temple franc-maçon


 

C’est hallucinant de le constater – et ça fait bondir Joseph Macé-Scaron qui hurle au « relativisme religieux » et à la « récupération confessionnelle » dès qu’il entend que sa conscience pensante puisse être liée de près ou de loin à la chrétienté – mais c’est pourtant la vérité. Comme la France, aux côtés de la République Tchèque, est un des pays les plus sécuralisés et laïcards au monde, beaucoup de francs-maçons français sont persuadés que la Franc-Maçonnerie est plus rationaliste et scientiste qu’irrationaliste, spiritualiste et déiste/théiste… mais ils se leurrent. Christianisme et Franc-Maçonnerie sont les deux faces d’une même pièce de monnaie. En particulier dans le monde occidental anglo-saxon et nord-américain (qui forme le gros des troupes francs-maçonnes :on compte 2 300 000 francs-maçons dans le monde, dont 1 300 000 rien qu’aux États-Unis : excusez du peu !), la Franc-Maçonnerie est largement chrétienne, et ne voit aucun inconvénient à marier maçonnerie et christianisme évangéliste – les protestants sont d’ailleurs les pères des premières loges francs-maçonnes historiques – et plus dramatiquement à marier maçonnerie et catholicisme (comme si c’était concrètement possible et souhaitable !) Pour la petite histoire, au Salon, un vieux franc-maçon m’a avoué qu’il était « catholique et franc-maçon », que ça ne « posait aucun problème », et que selon lui, « seuls 10% des catholiques – la frange la plus ‘intégriste’ – trouvaient que Franc-Maçonnerie et catholicisme étaient inconciliables, alors que la grande majorité des catholiques et des prêtres s’en accommodaient très bien », alors… Et pour prendre un autre exemple illustrant parfaitement cette ambivalence chrétienne du rationalisme spiritualiste franc-maçon, lors de sa conférence aux côtés Éric Giacometti, le romancier maçon Jacques Varenne a déclaré publiquement qu’il voulait « déchristianiser le Saint Graal » – la Coupe qui a porté le Sang du Christ – et Lui enlever les « oripeaux d’un mysticisme chrétien qui se L’est accaparé » (il a notamment dénoncé la « christianisation du Graal pendant les Croisades »). Mais là encore, malgré tous ses efforts, il n’est pas arrivé à gommer le christianisme de la Franc-Maçonnerie. Certes, il « laïcise » le Graal. Certes, il Le décrète arbitrairement « non spécifiquement chrétien » pour L’ouvrir à d’autres champs spatiaux-temporels extérieur au christianisme. Certes, il tente de Le disperser dans un universalisme « intemporel », dans un passé et un temps mythiques qui Le désincarnent. À entendre Varenne, le Graal s’étend à « toute quête de soi-même », à tout combat humain inaccessible mais à tenter quand même, il se réduit à une « Puissance archétypale », à un « objet d’imaginaire » qui nous conduirait vers un endroit et un état inénarrables, « forts », impossibles à définir. On est d’accord, c’est du christianisme qui ne s’assume pas lui-même. Mais il n’empêche que Varenne utilise quand même une Relique importante du catholicisme et y reste attaché. Il ne parvient pas à La dépouiller de sa dimension sacrée, transcendante et spirituelle. De sa dimension chrétienne et catholique ! Quoi qu’il en dise !
 

Ce n’est pas une blague. Pendant ces deux jours de Salon, j’ai découvert qu’il existait des maçons qui se définissent comme « biblistes » (exemple : Roger Dachez) voire carrément comme « catholiques » (j’en ai rencontrés plusieurs en vrai… même si j’ai compris qu’ils n’allaient plus à la messe). À la différence des catholiques et des protestants, ils se croient héritiers d’une vérité transmise par l’expérience personnelle rendue ensuite collective, et non d’une vérité révélée par Jésus, son Église, les sacrements et les prêtres. Derrière « la Bible », les francs-maçons n’identifient juste pas une personne, et encore moins Jésus ou une institution ecclésiale. Pour eux, Elle se limite à un corpus de jolies légendes inspirantes pour la raison et l’amélioration de soi, à une modeste contribution au patrimoine de la « sagesse » universelle. Au lieu de nommer « Dieu », ils préfèrent parler de « principe supérieur », de « tradition immémoriale ». Beaucoup de francs-maçons sont capables de se dire à la fois catholiques/chrétiens et « adogmatiques » (= ce qui signifie selon eux qu’ils ne pratiquent pas de rite religieux), à la fois catholiques/chrétiens et « non-croyants » (ils distinguent, comme je l’ai signalé plus haut, « foi » et « croyance »). « Adogmatique… et plus encore ! » insiste par exemple Emmanuel Pierrat, qui estime que « la transcendance n’est pas son affaire » et qui souhaite remplacer celle-ci par le terme « perspective » (Ça ne l’empêche pas de s’adresser à ses masques africains juste avant de s’endormir…). Inconsciemment ou non, les francs-maçons voient la chrétienté comme une source d’inspiration rituelle, une mémoire anhistorique, un ensemble de « valeurs » personnelles, un « symbole », « une force » et une « puissance » qu’ils ne veulent surtout pas nommer et qui émanerait de leur propre « moi/quête/travail/recherches/humanisme/intuition/sensibilité/altruisme libertaire/actions solidaires/réflexions ».
 

Mais malgré cela, les francs-maçons dans leur ensemble, tout cartésiens et « libres penseurs » qu’ils veuillent paraître, sont rattrapés par le mysticisme, l’ésotérisme, les sciences occultes, la magie, l’alchimie, le transhumanisme, l’irrationnel, le transcendant, même si leur rêve d’immanence leur interdit d’en parler. Beaucoup de livres vendus pendant le Salon littéraire prouvent la forte imprégnation de la transcendance dans la Franc-Maçonnerie. Je peux vous citer quelques titres de bouquins que j’ai aperçus çà et là : La Foi d’un franc-maçon de Richard Dupuy, Franc-Maçonnerie et Révélation spirituelle de Jean Bartholo et Claude Gilbert, La Franc-Maçonnerie : une spiritualité vivante de Rémi Boyer, etc. Fuyez le spirituel, il revient au galop ! Et fuyez le Christ : son rejet vous reviendra sous forme d’Antéchrist !
 
 

c) Francs-maçons, précieux prophètes de l’Antéchrist (focus sur Éric Giacometti et Alain Roussel) :

Vous voyez, le gars avec son ordi allumé en bas, adossé au pilier de gauche, eh ben c'est moué (héhé!)

Vous voyez, le gars avec son ordi allumé en bas, adossé au pilier de gauche, eh ben c’est moué (héhé!)


 

Les seuls intervenants du Salon Maçonnique – et c’est la raison pour laquelle ils m’ont davantage intéressés et que je vais maintenant m’y arrêter en conclusion – qui ont osé donner accidentellement à cette force divine un contour personnifié, humano-christique, autrement dit antéchristique, ce sont Alain Roussel – qui m’a parlé des « égrégores » (ces « condensation d’énergies astrales » brillamment décrites par le père bénédictin catholique Verlinde https://www.araigneedudesert.fr/les-egregores-qui-guettent-leglise-catholique/) – et Éric Bertinotti – qui m’a parlé quant à lui des « héros », une sorte de conscience « pas humaine » qui parviendrait à répondre à l’intuition d’un large nombre d’entités raisonnantes humaines.
 

Là où j’ai trouvé ma brève incursion dans le petit monde des francs-maçons vraiment sainte – ce fut pour moi un cadeau de Marie et Jésus, une véritable Révélation, j’ose le dire ! -, c’est que j’ai entendu de la bouche de ceux qui rejettent Jésus et même qui rejettent l’Antéchrist (car les francs-maçons ne croient pas au diable ; ils rejettent le concept d’incarnation, de Vérité révélée, de Dieu-personne, d’anges, et même de mal : leur « Dieu », ce sont leurs idées et les moyens réflexifs pour les atteindre, ce sont l’émotion émanant d’une assemblée réunie par le génie humain et la compréhension émotionnelle/irrationnelle de ce dernier) parler de Jésus et de l’Antéchrist comme nulle part ailleurs (excepté bien sûr dans l’Église catholique), avec une précision bluffante. Face à Éric Giacometti par exemple, je suis resté scotché. Et ce n’était pas sa personne ni même sa personnalité qui m’ont épaté : c’est le fait que Jésus parlait à travers cet homme snob et imbus de sa raison/sa perception !
 

Alors je le dis pas du tout ironiquement ni hypocritement : Nous, catholiques, devons écouter les Francs-Maçons, et de toute urgence. Avec attention et bienveillance. Car ils sont prophètes malgré eux. Ils annoncent à leur insu l’arrivée de l’Antéchrist et décrivent parfaitement son terrain d’atterrissage bobo humain (= la Religion Naturelle) : merci à eux. Nous devons les écouter et partir à leur rencontre. Sans renoncer à notre foi et en la juste croyance que l’Église Catholique et Jésus-Fils-de-Dieu sont les meilleurs chemins de Vérité, sont les personnes incarnant la plénitude de la Grâce. Sans diaboliser non plus nos frères maçons (c’est d’ailleurs l’excellente démarche de Serge Abad-Gallardo, ex-franc-maçon, qui appelle à partir à la rencontre des personnes maçonnes). Les Francs-maçons détiennent sans le savoir une clé capitale de compréhension du terrain rationaliste-spiritualiste mondial sur lequel va précisément s’appuyer l’Antéchrist.
 

Sur les étalages des livres en vente, et à côté des Évangiles apocryphes, une B.D. franc-maçonne, Lacrima Christi de Didier Convard et Denis Falque, traite ouvertement de l’Antéchrist

Sur les étalages des livres en vente, et à côté des Évangiles apocryphes, une B.D. franc-maçonne, Lacrima Christi de Didier Convard et Denis Falque, traite ouvertement de l’Antéchrist


 

En outre, chercher à les comprendre et à les écouter nous mettra en lien non pas avec une élite fermée, mais avec le monde entier, avec nous-mêmes, puisque ce qu’il faut bien réaliser, c’est que sont maçons non pas seulement les francs-maçons officiels (très peu nombreux : en France, ils ne sont que 170 000 à tout casser, soit 10% de la totalité des francs-maçons dans le monde), mais tous ceux qui, sans le savoir, en adoptent la foi laïque humaniste déchristianisée (c’est-à-dire énormément de gens non-maçons, énormément d’Éric Giacometti, énormément de musulmans, énormément d’athées, et même énormément de catholiques et de cardinaux corrompus à l’esprit égalitariste du monde). Face à un franc-maçon, en réalité, je me trouve nez à nez avec mon propre pharisaïsme, ma propre tentation de me penser supérieur (à lui !) parce que j’aspire à une transcendance, de me croire auteur et constructeur de mon propre Salut. C’est pourquoi le Franc-Maçon m’aide à être saint.
 

J’ai réalisé que la Vérité catholique sortait de la bouche des francs-maçons en assistant à deux conférences hyper importantes pendant ces deux journées de Salon littéraire : la première, c’était la table ronde du samedi 19 novembre 2016 sur le thème « Le Graal, une quête intemporelle » où participait Éric Giacometti ; la seconde, c’était la table ronde du dimanche 20 intitulée « La Franc-Maçonnerie, Dieu et les religions », où s’est illustré Alain Roussel. Je vais les résumer l’une après l’autre, pour vous expliquer combien Giacometti et Roussel m’ont informé sur l’Antéchrist bien mieux que ne l’auraient fait les catholiques.
 

Éric Giacometti

Éric Giacometti (Parce qu’il le vaut bien)


 

Éric Giacometti, étonnamment, s’est mis en public, à remettre en cause son propre scepticisme d’une part à l’égard de la Franc-Maçonnerie en tant que statut et institution, et d’autre part à l’égard de son propre rationalisme/agnosticisme, en expliquant que ce dernier débouchait malgré tout et irrémédiablement vers un spiritualisme, tout profane et « non-illuminé » qu’il se présentait. Giacometti, c’est vraiment pour moi l’archétype du néo-franc-maçon, de l’athée bobo qui va basculer très vite vers un illuminisme spiritualiste et antéchristique : un homme se croyant suffisamment libre (« la liberté de penser », la « pensée en construction », toutes ces conneries florentpagniennes) et suffisamment rebelle d’adhérer à la croyance franc-maçonne sans en assumer ni le nom ni l’étiquette ni l’appartenance ni la réputation ni l’adhésion ni l’influence toxique. Et son cas est tout à fait signifiant, car je crois en effet que le rationalisme/cartésianisme/humaniste absolutisé constitue le terreau parfait pour l’arrivée d’une entité non-humaine (= l’Antéchrist) et pour l’émergence d’une foi scientiste anti-religieuse, anti-Jésus, fondée sur ce que Giacometti appelle « l’irrationel », « le symbolique » (ou « image archétypale ») et « la science de l’imaginaire » (l’imaginaire étant l’autre nom du mal, comme l’écrivait à juste raison Jean-Paul Sartre). En écoutant soigneusement Giacometti, j’ai halluciné : il nous parlait mot pour mot (sans même s’en rendre compte, et sans le nommer ainsi) de l’Antéchrist ! Il a évoqué devant nous, dans un moment surréaliste, l’existence d’une « force cosmique qui est extérieure à nous et qui nous rendrait humbles » Je le cite : « On ne peut pas tout ramener à l’Homme. Je pense qu’il y a quelque chose qui me dépasse. Cette force, je l’associe aux héros dans l’Histoire, et notamment à la possibilité de l’arrivée de l’un d’eux. Quelqu’un qui surgit comme ça et qui va être en résonnance avec une collectivité, un très grand nombre de personnes. Ces héros-là sont en contact avec une sorte de Conscience universelle. C’est pas humain, ce dont je vous parle. » À l’issue de la table ronde, je suis parti à la recherche de l’orateur pour obtenir un rendez-vous individuel avec lui, pour lui poser des questions sur sa vision des « héros » dont ils parlaient, au départ en pensant cacher mon identité et mon intérêt pour l’Antéchrist. Puis, une fois face à lui (j’ai eu de la chance, car je suis tombé sur Éric Giacometti au moment où il n’était pas accaparé par la foule de lecteurs se pressant autour de lui pour la séance de dédicaces : c’est saint Antoine de Padoue qui a exaucé ma prière et a arrangé le coup !), j’ai finalement tout dévoilé de mes intentions. Le romancier a infirmé mes dires quand je lui ai formulé qu’il prônait un « rationalisme spiritualiste ». Il ne m’a en revanche pas suivi quand j’ai prononcé le mot « Antéchrist » : rien d’étonnant à cela, puisqu’il n’y croit pas, ou bien l’associe à un méchant de dessin animé 100% mauvais et 100% diabolique (alors qu’en réalité, le vrai diable, c’est 99% de bon et 1% de mal). Concernant l’interview particulière, il m’a gentiment fait comprendre qu’il était en phase d’écriture avec son acolyte Jacques Varenne et qu’il allait très prochainement hiberner. Donc elle tombait à l’eau. Néanmoins, notre court entretien individuel improvisé a été fructueux puisque, lorsque j’ai évoqué l’Antéchrist et les « héros » afin qu’il développe sa pensée, Giacometti m’a immédiatement parlé d’« avatars négatifs » et d’« avatars positifs », certes pour caricaturer ce qu’il pensait être l’Antéchrist, mais également pour donner raison à son insu à la Bible d’une part (car saint Jean, dans l’Apocalypse, aborde beaucoup plus l’Antéchrist comme une image de lui-même – il est question d’« image de la Bête » – et comme une virtualité, que comme un être unifié) et pour faire écho d’autre part à ce qu’il appelle une « Puissance archétypale » (Jung parle quant à lui de « monde archétypal »). J’ai donc pu avancer sur ma connaissance de l’Antéchrist qui, pour les gens qui suivront ce prince de lumière, prend plus la forme d’une puissance énergétique lumineuse, d’un symbole, d’un mythe ou d’une légende, d’une illumination, d’une fulgurance massivement intuitive, d’un « état de conscience », d’un « chemin de transcendance », d’une spiritualité, d’un travail sur soi (mais sans relation à Dieu : on reste dans l’immanence, l’illusion d’autonomie) que d’une personne.
 

Alain Roussel

Alain Roussel


 

Le lendemain matin (dimanche), à la table ronde « La Franc-Maçonnerie, Dieu et les religions », en interrogeant Alain Roussel (l’un des pontes francs-maçons les plus ouverts à l’irrationnel et à la spiritualité, et les plus à même de me parler inconsciemment de l’Antéchrist) sur ce qu’il entendait derrière « le Grand Architecte de l’Univers » et derrière le mot « Présence » qu’il a utilisé, j’en ai appris encore davantage sur qui est l’Antéchrist. J’ai osé demander devant tout le monde s’il pensait que le fameux Grand Architecte allait « se manifester un jour ». Je l’ai fait doucement rigoler, ainsi que l’assistance. Pourtant, ma question était loin d’être sotte,, car l’ambivalence crypto-christique de la Franc-Maçonnerie est bien réelle : le fait que les maçons empruntent aux rituels chrétiens, le fait qu’ils œuvrent pour organiser et construire quelque chose, le fait qu’ils parlent parfois d’une « Présence », le fait qu’ils baptisent (pour ceux qui croient encore au « Grand Architecte ») leur Grand Architecte d’« Organisateur », tout cela montre qu’ils se préparent à accueillir quelque chose qui n’a pas forme humaine mais qui a de l’énergie. Le modérateur, Stéphan Hébert, a ri dans sa barbe quand il m’a entendu, en soutenant que, par « Grand Architecte », il s’agissait plutôt d’une abstraction allégorique, d’une sublimation de la pensée humaine, et que « le Grand Architecte, c’est sans doute pas humain. » Quant à Alain Roussel, il m’a rétorqué que le Grand Architecte n’était pas à appréhender en tant que « personne » ni comme un Créateur ex nihilo, mais bien en tant que « Symbole », « puissance », « Présence divine » déshumanisée (il a employé le mot juif kavod), « Gloire ». Je le cite :« La Grand Architecte, on l’approche comme symbole mais on ne le définit pas comme personne. On s’approprie chacun son approche du Grand Architecte. La notion de symbole, on ne peut pas la définir. Le Grand Architecte, c’est un symbole ou une personne. Chaque franc-maçon décide ou non d’adhérer à la Vision anthropique du Grand Architecte » Ça paraît un peu confus, son explication, vue de l’extérieur, mais pourtant, en évoquant un « ressenti du divin », une « reconnaissance de la Présence », Alain Roussel a apporté de l’eau à mon moulin et a mis sans le savoir des mots exacts sur ce que moi j’identifie comme l’Antéchrist. Selon notre « théosophe », l’agnosticisme ou l’athéisme ne suffisent pas et n’ont pas durablement leur place dans la Franc-Maçonnerie : arrive toujours un moment au cours duquel la Franc-maçonnerie se dirigera d’elle-même vers une transcendance (c’est la marche logique de son processus gnostique qui l’exige), vers un esprit sans forme, vers une présence que moi je qualifierais d’« angélique » et « antéchristique ». Un peu plus tard après la conférence, je suis allé enquêter et creuser davantage auprès d’Alain Roussel pour savoir ce que ce vieux sage écossais imaginait sous le vocable de présence. Il m’a répondu ceci, avec une grande douceur et attention paternelles, avec un flegme britannique protestant : « La Présence, c’est de l’ordre du ressenti. Je ne cherche pas à lui donner une définition. » Comme il me voyait insatisfait et curieux, il a fini par cracher le morceau en associant ce qu’il appelle « Présence » au mot « égrégore » : « L’égrégore, a-t-il rajouté, c’est ressentir une entité qui dépasse la somme des individualités d’un groupe. Je ne ressens pas le besoin de définir cet égrégore. » À mon sens, l’égrégore est une émanation énergétique d’un groupe spirituel rejetant Jésus et qui veut faire de son humanisme le remplaçant de Dieu. Quand je me suis permis de reformuler sa notion de « Présence » comme une « personne-processus », Roussel a acquiescé d’un air coquin et entendu : « On peut dire ça comme ça. »

Les affiches de la « honte » : l’homophobie des catholiques contre l’homophobie des gays friendly

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Je n’avais pas pris la parole sur la récente polémique des affiches de prévention Sida/VIH, parce que je n’y voyais pas clair. À présent, je me permets juste de relever la bassesse des débats, chacun des deux camps (progressistes ou traditionnalistes) jouant le même jeu de l’indignation et de la censure/promotion de l’homosexualité/homophobie. Et ce sont toujours les mêmes qu’on n’écoute pas : nous, les personnes homosexuelles.
 

Je suis surtout navré de l’homophobie dans mon propre camp… car eux, les catholiques, ont les moyens intellectuels, de cœur, humains, et spirituels, pour nous sortir du pétrin et nous aider à comprendre l’homosexualité. Mais par orgueil, carriérisme et cupidité, ils cherchent encore à se placer, et étouffent la Vérité.
 

Je suis stupéfait de voir, en les entendant, leur complaisance au sujet de l’homosexualité active et discrète. À les entendre, si on avait montré un couple homo fidèle sur une affiche, ils n’auraient rien trouvé à redire (ça a déjà été le cas à Montpellier pour des affiches de Nouvel An en 2014, même s’il s’agissait d’une initiative isolée, locale, et non nationale). Ils n’assument pas de se positionner sur « l’amour » homo. Ils font de l’homosexualité un non-sujet (« L’infidélité, l’adultère, la différence d’âges, l’impudeur, c’est ça le vrai problème de ces affiches, disent-ils : pas le fait que ce soit deux hommes ») ou une abstraction idéologique lobbyisée (« Le fait de confondre prévention contre le Sida et promotion idéologique LGBT, c’est une instrumentalisation homophobe des personnes homosexuelles »).
 

Autrement dit, les catholiques coupent artificiellement le « milieu homosexuel » en deux : les couples homos publics, instrumentalisés par les médias et la politique, et puis les couples homos discrets, dont il ne faudrait rien dire, et que finalement ils promeuvent (« On met sur le même plan une relation d’amour stable et un ‘coup d’un soir’ ou une relation avec un inconnu… » déclare le maire de Joinville-le-Pont, Olivier Dosne). Ils n’assument pas ce que dit leur Église sur l’homosexualité.
 

L'agenda (avec plein de petits coeurs arc-en-ciel) de la collégienne

L’agenda (avec plein de petits coeurs arc-en-ciel partout) de la collégienne


 

C’est inconsciemment cette couardise, ainsi que cette schizophrénie hypocrite, que les Marisol Touraine, Najat Vallaud-Belkacem et la plupart des personnes homosexuelles – qui attendent une parole de Vérité sur ce qu’elles vivent, même si une part d’elles la redoutent fortement – dénoncent. Et à raison. Dans les débats, on fait intervenir des Tugdual Derville (qui versent dans l’abstraction manichéenne, en dénonçant une propagande avec un sombre « message politico-idéologique », en faisant de l’homophobie un non-sujet, en réduisant spectaculairement l’homophobie à une insulte et en court-circuitant la richesse de son étude : « L’accusation d’homophobie est immédiatement brandie pour étouffer tout débat sur cette campagne et annihiler la liberté de conscience et d’expression » : il n’a rien compris), des François-Xavier Bellamy (qui déplacent lâchement le problème de l’homosexualité sur celui de l’infidélité ou de la protection de l’enfance : « L’État n’est pas dans son rôle quand il promeut la fragilisation des liens affectifs en valorisant une sexualité sans lendemain» : lui non plus n’a rien compris), et tout un tas d’autres interlocuteurs qui ne sont pas légitimes sur ces questions d’homosexualité. Les catholiques ne laissent toujours pas la place aux personnes homosexuelles catholiques, et c’est attristant. Leur homophobie fragilise à nouveau l’Église.
 

Affiche à Montpellier en 2014

Affiche à Montpellier en 2014


 

S’il est vrai, comme le dit François-Xavier Bellamy, qu’il y a une homophobie d’État subtilement/perversement cachée par une gay friendly attitude « préventive » et « sentimentale », il n’en reste pas moins que son homophobie à lui et à quasiment l’ensemble des catholiques français est elle aussi bien existante, et consiste à étouffer le débat de l’homosexualité et de l’homophobie en prenant médiatiquement la place des personnes homosexuelles, ou en méprisant le mot « homophobie ».
 

Donc entre les deux homophobies – celle des catholiques et celle des gays friendly – (persuadées de ne pas être homophobes), comment on avance ? C’est le dialogue de sourds. Moi, j’ai honte de l’apostasie invisible qui gagne l’Église Catholique en France en ce moment. Quelques journalistes dits « catholiques » se réjouissent déjà du retrait des affiches dans certaines villes, comme s’il s’agissait d’une victoire, alors que tout le monde sait pertinemment que rien ne sert d’arracher la mauvaise herbe si on ne s’occupe pas de la cellule souche (à savoir l’imprégnation de la croyance sociale – surtout chez les jeunes – de « l’amour homo », et l’ignorance bien-intentionnée des gens par rapport à l’homosexualité). Elle repoussera ailleurs.
 

Le Cardinal André Vingt-Trois, sur Twitter, le 25 novembre 2016

Le Cardinal André Vingt-Trois, sur Twitter, le 25 novembre 2016, à qui j’ai répondu : « Faites votre travail et nommez le vrai problème, Monseigneur »

« Tu ne tueras point » (… ton public… ni le catholicisme) : le cas psychiatrique du film de Mel Gibson

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Le tout dernier film « Tu ne tueras point » (titre anglais : « Hacksaw Ridge ») de Mel Gibson vient de sortir en salles en France. Un peu plus de dix ans après « La Passion du Christ » (2004) et « Apocalypto » (2006). Il s’agit d’une biopic retraçant l’histoire « vraie » de Desmond Doss, un soldat-infirmier de l’armée nord-américaine pendant la Seconde Guerre mondiale, ayant été objecteur de conscience au nom de sa foi chrétienne, et ayant sauvé par son héroïsme 75 compagnons pendant la bataille d’Okinawa (1945).
 

Tout porte à croire que Gibson a réalisé un bel hommage, puisqu’il défend un message antimilitariste et chrétien noble, difficilement réfutable. Et pourtant, beaucoup trop de parasites, d’actes iconographiques ou de vices de forme, de son film prouvent que Desmond Doss et sa vie n’ont été utilisés que comme un prétexte. Et j’ose même dire que Dieu a Lui aussi été utilisé comme un prétexte. D’où, la gravité de l’œuvre de Gibson, et la sévérité critique qu’elle mérite. Car s’il est vrai qu’il est beau de donner sa vie pour sauver celle des autres, s’il est beau et risqué de défendre cinématographiquement Dieu dans un monde de plus en plus apostat, il n’est pas beau de défendre cette vérité comme ça. S’il est vrai qu’il est objectivement grave de tuer une vie humaine, s’il est vrai qu’il est bon d’obéir au 5e Commandement divin « Tu ne tueras point » et de le rappeler avec insistance à tous, il ne faut pas que cela noie voire contredise carrément les autres Commandements, comme notamment le 2e du Décalogue : « Tu n’invoqueras pas le Nom du Seigneur ton Dieu en vain ; car le Seigneur ne laisse pas impuni celui qui invoque Son nom en vain. » (1 Rois 18). Entre la bonne intention et l’acte/la forme concrets, entre la sincérité et la Vérité, il y a parfois un monde, comme nous le démontre le film de Mel Gibson ! Et ce fossé, il est de notre devoir de le dénoncer et de ne surtout pas l’applaudir.
 

Caméra ou arme ?

Caméra ou arme ?


 
 
 

a) Les journalistes « catholiques » ne font plus leur boulot

Le drame, c’est que nos « journalistes catholiques » font l’amalgame entre l’intention d’un film et son contenu (contenu qu’ils ne regardent pas et n’analysent pas, d’ailleurs). Ils discutent du thème du film ou de ce que ce film aurait voulu dire, ils glosent sur les bonnes intentions d’un long-métrage plutôt que sur ce qui nous est concrètement montré à l’écran. Et alors ils se mettent à applaudir un navet, voire même à identifier du catholicisme là où celui-ci n’est pas (car « Tu ne tueras point » n’est pas un film catholique), à voir du catholicisme là où Jésus, Marie, l’Église et les sacrements ne sont pas annoncés. C’est très grave. Regardez un peu quelques « critiques » que j’ai capturées sur Twitter :
 
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La grande majorité des « journalistes catholiques » se situent sur deux registres apparemment opposés mais qui sont en réalité le signe d’un même rapport idolâtre (et protestant) à Dieu et au Réel : le registre fusionnel de l’identification (le rapprochement excessif), ou à l’extrême inverse, le registre du transfert schizophrène (le procès d’intention, ou la réduction des faits aux intentions des personnes). En effet, quand on leur demande ce qu’ils ont pensé de « Tu ne tueras point », ils n’interprètent rien. Ils restent au ras des pâquerettes, dans le descriptif factuel du synopsis. Et surtout (misère !), ils s’extasient sur les prétendues bonnes intentions du film (« C’est pour montrer que le Christ a souffert. » ; « C’est pour montrer que la guerre ça mène à rien et que la non-violence est plus forte » ; « Ce genre de films aidera quand même des gens à croire en Dieu… » ; etc.) et excusent ses mauvaises intentions cachées (« C’est beau de se sacrifier et de donner sa vie pour les autres » ; « Il faut aussi savoir regarder en face l’horreur inhumaine de toute guerre » ; etc.). Ils n’ont juste pas compris que la fin ou l’intention ne justifiait jamais les moyens.
 

En faisant un rapide tour de piste des avis donnés sur « Tu ne tueras point » sur les réseaux sociaux, il apparaît que les journalistes « catholiques » ont apparemment adoré le film (ils ont obéi au titre à la lettre !), et en général, ils ne savent même pas argumenter pourquoi. Alors ils vomissent leurs bonnes intentions ou leur fausse érudition : « Est-ce ce surnaturel qu’on a voulu épargner aux moins de 12 ans en leur interdisant le film ? Sans doute car la violence ici n’a d’autre sens que de faire comprendre la grâce. » (Édouard Huber, dans Famille chrétienne) ; « ‘Tu ne tueras point’ vaut dix films de guerre à lui seul. La dernière réalisation de Mel Gibson tient tête aux chefs-d’œuvre du genre. » (Alexandre Meyer, dans Aleteia) ; « Nous avons eu la chance de voir ce film il y a quelques semaines, pour notre plus grand bonheur. Plutôt qu’un long discours, je vous laisse découvrir la bande-annonce… » (Hubert de Torcy, dans France Catholique). L’émission de Radio Notre-Drame du 18 novembre 2016, animée par Jean-Marie Marçais, et dédiée au film de Gibson, a quand même battu tous les records de nullité critique : il n’a pas été question du film (en dehors du synopsis), et le « débat » s’est vite évaporé sur d’autres sujets périphériques qui n’avaient rien à voir avec le film : le titre « Tu ne tueras point » et la réflexion philosophico-théologique qui l’entoure, les anecdotes biographiques de Mel Gibson, la nécessité de l’engagement jusqu’au don de sa vie, le sacrifice existentiel, l’euthanasie, la légitime défense, etc. Rien du côté du sens ou de l’interprétation des faits cinématographiques. Rien d’une amorce de sens critique.
 

Une fois n’est pas coutume, ce sont les critiques des journalistes des revues réputées relativistes/anarchistes qui se sont montrés les plus impartiaux sur ce coup-là : « Et qu’on ne vienne pas nous faire croire que ce film écœurant serait un réquisitoire contre la guerre. Un film à fuir. Au nom de l’objection de conscience. » (Jean-Claude Raspiengeas, dans La Croix, parlant à juste titre de l’« obscénité » de Mel Gibson) ; « Tu ne tueras point relève presque du cas psychiatrique et fait basculer le cinéma de Gibson dans l’ère du ‘catho-porn’, cet Hollywood parallèle destiné à remplir les multiplexes de l’Amérique bigote » (Romain Blondeau, Les Inrocks). Car oui, « Tu ne tueras point » n’est pas un film catholique, et il est surtout à déconseiller vivement aux catholiques (notamment les religieux et les jeunes, qui n’ont pas besoin de voir cette boucherie-au-nom-de-Dieu). Il relève exactement de la psychiatrie. Et en disant cela, je vais argumenter largement à présent.
 
 

b) La maladie protestante du soldat Gibson :

Comme je viens de vous le dire, « Tu ne tueras point » n’est pas un film catholique… même s’il en a la discrète prétention, et même s’il est applaudi comme « catholique » par certains catholiques et même des prêtres (c’est bien là l’inquiétant : l’heure de la Grande Apostasie pour beaucoup d’entre eux a sonné). On en ressort avec le même sentiment de supercherie narcissique que devant « L’Amante religieuse » (2014) de Natalie Saracco par exemple : une dégoulinade de bienpensance… mais cette fois à la sauce Tomato Ketchup protestante nord-américaine. Saint François de Sales (1567-1622) interdisait fermement la médisance… « sauf, ajoutait-il en boutade, en cas de protestantisme ». Alors on ne va pas se gêner !
 

« Tu ne tueras point » aligne effectivement les hérésies et les comportements de piété protestants. C’est d’ailleurs ce qui me fait penser que le protestantisme, malgré toutes ses bonnes intentions, est une maladie religieuse redoutable. Le seul critique cinéma catholique qui l’a vu, c’est Jérémy-Marie Pichon dans la revue PHILITT. Merci à lui pour son excellent article qui démine (sans trop de mauvais jeux de mots) le protestantisme du film.
 
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Mel Gibson se dit certes « catholique ». Et après tout, ce que je vais dire ici ne préjuge pas de sa relation intime à Dieu (dont je ne connais rien), ni de ce que Dieu va opérer plus tard dans son cœur, ni de son évolution de foi. Mais il faut savoir que c’est un catholique qui se dit « traditionnaliste ». Son ex-femme est anglicane. Et lui prétend être très attaché à la messe tridentine. En fait, il a tout du « catholique identitaire » version « bobo anar d’extrême droite » (cf. le code n°39 de mon livre Les Bobos en Vérité), qui défend plus la « chrétienté » ou encore un christianisme musclé, zélé, saignant, culturel, cinématographique, sentimental, politisé, qu’un catholicisme humble, sobre, intelligent, liturgique, et assumant vraiment la vulnérabilité et la joie du Christ.
 

Ceci transparaît très nettement dans ses films « La Passion » et « Tu ne tueras point ». Le second est un film protestant car d’un catholicisme assaillant, vindicatif, volontariste, et absolument pas humble (même s’il prétend filmer l’humilité). Dans celui-ci, on se situe dans la « loi religieuse » (pour citer Fabrice Hadjadj), dans l’interdit, le précepte, l’action. Exactement comme chez les pharisiens et les zélotes. On fait les choses arbitrairement parce qu’on doit les faire, parce que Dieu l’a/l’aurait demandé, parce qu’on les ressent et parce qu’on les fait, plus que parce qu’elles viennent de l’extérieur et d’une relation intime de prière avec Jésus et Marie. Ou alors on répète les interdits parce que « c’est de la tradition ». On se base sur les « valeurs », comme si la foi était une affaire de « convictions » personnelles avant d’être un don reçu de Jésus. Plusieurs fois dans « Tu ne tueras point », le personnage principal de Desmond justifie ses actions non par l’amour ni par Jésus, mais par le devoir, la comptabilité (« Encore un de plus »), les « valeurs », les « convictions » individuelles, l’efficacité d’action. Mel Gibson n’a pas compris que la foi n’était pas une opinion, n’était pas une décision, n’était pas un « faire » : c’est avant tout une qualité d’être, et en particulier d’« être aimé » par Jésus. « Desmond va au combat avec rien d’autre que sa foi et ses convictions. » (Mel Gibson) Lors du générique final montrant des interviews et des images d’archives, Hal Doss, le frère biologique de Desmond, soutient le fait d’« avoir des convictions ». Vers la fin du film, idem, le capitaine de Desmond salue chez son soldat « sa croyance ». Et ce dernier trouve très beau et très important de « défendre ce en quoi il croit ». Bien souvent, chez les bobos cathos protestantisés, le Christ est remplacé par les « valeurs » et les « croyances » qu’Il est censé incarner. Il devient un simple système réflexif, volontariste, sentimental, intuitif, actionnel, transcendant… et n’est quasiment plus nommé « Jésus (Fils de Dieu) ». « Tu crois que la guerre va coller avec tes principes ? » demande à un moment donné le père de Desmond à son fils. Ça, c’est du pharisaïsme évangéliste pur et dur. Or, la foi véritable n’est pas une affaire de principes, de jolies idées humanistes, de sensations spirituelles, de convictions ni d’aspirations personnelles à la transcendance. Elle n’est pas un code de bonne conduite : elle est une affaire de dogmes-de-cœur avec Jésus.
 
valeurs
 

Dans le film de Mel Gibson, ça sent le puritanisme et le spiritualisme à plein nez. Autrement dit le légalisme pharisien et le moralisme sentimental. « Il faut sauver des vies et ne pas tuer. » Répétez tous en chœur ! « Et il faut croire en Dieu parce que c’est très FORT. Et il ne faut pas toucher une arme. Même pas pour jouer avec, même pas effleurer, et même pas pendant les entraînements de simulation ! » (Franchement, j’ai des doutes que le vrai Desmond Doss ait fait preuve d’un rigorisme aussi maladif : et je dis pourtant cela en étant moi-même antimilitariste et ennemi des armes). L’objection de conscience filmée par Gibson confine au grotesque, puisque l’interdit est mélodramatisé (la scène de comparution de Desmond devant la cour martiale ressemble à ces scènes de cinéma pseudo grandioses qui en réalité nous trompent depuis les années 1980 sur le véritable visage du courage, un courage pauvre, vraiment désarmé et sans violons), puisque l’interdit est décidé, puisque l’interdit est psychologisé (Si Desmond refuse les armes, attention, c’est à cause d’un traumatisme secret de l’enfance, venant d’une part de la tentative de meurtre fratricide, d’autre part du refoulement intérieur du meurtre parricide : ça ne rigole plus…), puisque l’interdit est déchristianisé (L’antimilitarisme chez la figure de Desmond, ça devient une question d’entêtement et de foi personnels et une question de désobéissance courageuse à la hiérarchie : pas du tout, comme ça devrait être le cas, une question de « personne de cœur » qu’est Jésus, et d’obéissance à ce dernier). Ce dogmatisme intransigeant du pharisien est du même acabit que le refus de la transfusion sanguine ou des fêtes d’anniversaire par les Témoins de Jéhovah. Ça ne vole pas plus haut que qu’un dogmatisme moraliste.
 
puritanisme
 

Quand je dis que le protestantisme est une maladie religieuse, je suis très sérieux. Il est une schizophrénie d’idolâtrie et de sensiblerie. Il oscille entre les extrêmes car il n’a pas d’unité. À cause de son rejet de l’Incarnation de Jésus en tout Homme et de son iconoclastie (destruction des images saintes, statues, et objets de culte), il déporte son refus des images et des représentations de Dieu en idolâtrie hyper-émotionnelle et réifiante de la Bible et de la transcendance. La Bible n’est d’ailleurs plus considérée comme une Parole ni la Personne vivante du Christ qui survit au papier, mais elle est chosifiée – selon le matérialisme superstitieux et crispé protestant – en grigri, en doudou, en porte-bonheur qu’il faut aller rechercher à tout prix et au péril de sa vie sur le champ de bataille (cf. la scène finale avec Desmond qui, sur sa civière, balbutie à ses camarades qu’il n’a plus sa Bible sur lui). Et après, ce sont les protestants qui les premiers vont traiter les catholiques d’« idolâtres »… No comment.
 

Tu la perds, hein ! (Sinon, ça veut dire que tu ne m'aimes plus)

Tu la perds pas, hein… (Sinon, ça veut dire que tu ne m’aimes plus ; ça veut dire que tu n’aimes plus Dieu et que tu finiras en enfer)


 

Dans « Tu ne tueras point », par exemple, le manque de pudeur et d’intériorité est marquant. Ce film prétend tout montrer (En ce sens, il y a une impudicité et une obscénité chez Mel Gibson, que Jean-Claude Raspiengeas a soulignées fort justement). Tout est gros, tout est surjoué (même la pudeur), tout est extériorisé (même l’intériorité et la spiritualité), tout est singé (comme du Almodóvar mais puritain : cf. la scène de tentative de meurtre du père). C’est concert de violons à fond les ballons à presque toutes les scènes. La moitié du film est tournée au ralenti (ça, c’est quand même fort de café !). Et le ralenti chez Gibson, au lieu de s’arrêter sur l’essentiel et sur la beauté, magnifie de surcroît la violence. Il apparaît même, à mon sens, comme un signe d’hystérie et de paranoïa : les actions humaines sont absolutisées, les émotions sont esthétisées/divinisées à l’extrême. Le protestantisme est bien la maladie de la sincérité (sincérité qui est à distinguer de la Vérité : on peut vouloir le Bien sans Le faire). On est faux-cul, mais on y croit !
 

Le chantage aux sentiments à l'américaine (Le pire, c'est que Michelle y croit à fond)

Le chantage aux sentiments à l’américaine (Le pire, c’est que Michelle croit à fond à sa pleurniche)


 

Il y a un autre paradoxe du protestantisme qui est visible dans « Tu ne tueras point » : c’est le pharisaïsme des actions. Pour les protestants, si tu fais et si tu ressens (ou montres que tu ressens), tu es. Ce n’est que dans l’action concrète qu’ils te jugent. Et en même temps, ils sont les premiers à dissocier radicalement les actes et la foi. Il n’y a pas de juste milieu entre ces deux attitudes. Le protestantisme est la maladie du volontarisme qui veut agir et ressentir plus qu’il ne fait vraiment/humblement/secrètement, et surtout plus qu’il ne laisse Jésus et ses ministres faire (par les sacrements notamment). Tu dois opérer la liste des actes qui font de toi un bon chrétien (donner sa vie pour les autres, risquer sa peau, pardonner, honorer son père, se sacrifier, y croire, avoir la foi, être fort, aimer son ennemi, être fou aux yeux du monde, avoir la force de la « lâcheté », porter son frère sur ses épaules, être persévérant et fidèle, se marier, avoir le sens du devoir, être bon, lire la Bible, porter l’Évangile aux extrémités du monde, etc., … et accessoirement, remercier Jésus). Aux yeux du protestant, la prière devient plus une bénédiction de ses propres actions qu’une véritable place laissée à Dieu et à ses prêtres humains pour agir en lui. D’ailleurs, dans le film de Gibson, Jésus n’est jamais nommé. C’est un « Dieu » en l’air. Et une fois qu’il est prié, ça enchaîne directement sur la tuerie (cf. les images de fins : une p’tite prière, et après, ça repart pour la boucherie !).
 

Chez Mel Gibson, cette volonté d’évangéliser, de toucher les cœurs, d’annoncer que derrière toute vie humaine il y a une présence divine, est touchante, quelque part. Il veut apprendre à chaque Homme qu’Il est guidé par un « Dieu », une instance supérieure, une « Force mystérieuse », et qu’Il ne doit pas faire n’importe quoi, qu’Il doit « respecter et aimer son prochain ». C’est un peu la base de la foi, me direz-vous , et c’est un bon début, une bonne sensibilisation au catholicisme. C’est déjà mieux que rien. Ok. Mais dans cette « foi pour les nuls », où est Jésus ? Où est aussi la Vérité et la vraie liberté ? Un film comme « Tu ne tueras point » accule à la foi : si tu ne crois pas, en gros, t’es un salaud et un insensible. Et, comme dans les campagnes publicitaires trash de la Sécurité Routière ou en faveur du préservatif, on te pousse à la foi par l’écœurement ou par le protectionnisme ou par le sensationnalisme. Ce n’est ni solide, ni remplissant pour le cœur, ni convaincant sur la durée. Il n’y a pas d’amour. Juste un devoir d’aimer, un précepte sacrificiel altruiste. Ça finit par sonner creux.
 

En plus, « Tu ne tueras point » n’aide pas à rejoindre le Christ puisque soit la caméra se prend pour Jésus (je repense à la caméra subjective du film « La Passion », justement, dans la salle de flagellation), soit le Christ est remplacé par l’un de ses représentants messianisés. Régulièrement, le cinéma de Gibson verse dans le délire mystique mégalomaniaque. C’est le cas du personnage de Desmond Doss, carrément déifié à l’écran. Dans « Tu ne tueras point », il devient une figure complètement christique. On veut nous faire croire que c’est lui le Sauveur de l’Humanité (Dieu a un peu contribué, mais à peine…). Il ressuscite ceux qu’on croyait mort. Il fait des miracles et rend la vue aux aveugles. « Il ne se contente pas de ne pas tuer. Il sauve des vies. » (Marie-Noël Tranchant du Figaro). Il sauve même la vie de ses ennemis. Cet Homme providentiel qui ne payait pas de mine inspire la confiance de tous, provoque des mea culpa, des repentances et des conversions spectaculaires : « J’ignorais qui vous étiez. » lui avoue son capitaine, qui finalement recouvre lui aussi la vue et est sujet à une illumination, une révélation. À la fin du film, le corps de Desmond s’élève même vers les Cieux, en lévitation sur son brancard solaire (Nan mais sérieux…). Le film de Gibson est tellement caricaturalement manichéen que son héros possède zéro défaut (à part quand il est gamin et qu’il manque d’assassiner accidentellement son frère). Au fond, le réalisateur n’a pas compris que Jésus n’était pas un pacifiste (puisqu’Il est venu apporter un glaive au monde, et que la Paix qu’Il donne a la forme d’une Croix peu cinématographique). Sa mise en scène de l’héroïsme désarmé est une parodie de la Paix de Jésus. De même qu’il n’a pas compris que la force de Jésus résidait dans son obéissance et non dans une forme de désobéissance active.
 

Comble de la protestantisation du catholicisme prôné par Mel Gibson : il fait le portrait d’un croyant qui n’est pas catholique. Desmond Doss, effectivement, fait partie d’une secte évangéliste : les Adventistes du 7e Jour. « Je suis adventiste du 7e Jour » La preuve que pour Gibson, peu importe finalement que Dieu soit porté par une personne spécifiquement catholique ou non, par l’Institution romaine ou non, du moment qu’Il est proclamé. C’est con parce que ce qui fait un catholique, c’est justement cette préférence humble, inclusive et universaliste pour l’Église-Institution-romaine. « Tu ne tueras point » aurait donc mérité aussi de s’appliquer au catholicisme : Tu ne tueras point… le catholicisme.
 
 

c) Le fanatisme de la Vérité… qui aboutit au mensonge et au sadisme démoniaque :

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Médiatiquement, toutes les critiques élogieuses du film de Mel Gibson nous le vendent comme un bijou de réalisme, de Vérité. La Vérité, mon frère ! L’effet réaliste, l’effet autobiographique et historique, c’est d’ailleurs leur seul argument pour le défendre (en plus de la teinte ouvertement et « courageusement » chrétienne qu’il affiche). Ce serait parce que d’entrée de jeu « Tu ne tueras point » se présente comme un hommage à un héros de l’ombre ayant réellement existé, une histoire réelle et vraie, que forcément, il serait bon et irréfutable. Ce serait parce qu’il est visuellement efficace et impactant que forcément il toucherait le cœur et serait vrai.
 

Alors je tiens à vous prévenir tout de suite : ce n’est pas parce qu’en intention, une chose est prétendue vraie, a fortiori avec des moyens technologiques (effets spéciaux) qui lui rajoutent de la vraisemblance et de la crédibilité, qu’elle en devient vraie. La Vérité n’a pas besoin de se prouver et de se montrer à l’excès, puisqu’Elle EST, en toute simplicité. Dans le film de Gibson, le réalisme est tellement poussé à l’extrême que paradoxalement, il en devient surréaliste, irréel. Trop de Réel tue le Réel. D’ailleurs, pour un film qui se veut fidèle au Réel, et qui se présente comme un document d’archive (dès le générique d’entrée, on nous indique que nous allons voir « une histoire vraie » et pas simplement une « fiction inspirée d’une histoire vraie ou de faits réels » !)
 

 

Il existe bien, chez Gibson et plus largement dans le protestantisme, ce que j’appellerais un « fanatisme du vrai », celui qui cherche à prouver et à asséner la « Vérité » au lien de simplement La vivre, se rendre présent à Elle, et La proposer sans fioritures ni zèle excessivement émotionnel. C’est le fanatisme des nouveaux convertis born again : agressif, bourrin, publicitaire. Cela transpire dans « Tu ne tueras point ». Mel Gibson veut tout montrer, veut d’une foi démonstrative, héroïque, qui agit et procure des émotions grandioses, des sensations fortes comme dans un grand 8. C’est en cela qu’on peut parler d’hystérie. On pourrait croire que les ralentis font ressortir encore mieux le Réel dans le détail… mais en réalité, ça ne se passe absolument pas comme ça dans la vraie Vie. Idem pour la bande-son, ou encore les bruits intérieurs du corps : dans le quotidien, personne n’entend le pouls de son cœur (à deux reprises dans le film, Gibson nous donne à entendre les battements du cœur de Desmond), personne ne voit ses actions ou ses sensations accompagnées d’un orchestre philarmonique de violons, personne (à moins d’être schizo) n’entend de voix-off qui commente ses faits et gestes (« Avez-vous entendu ? » susurre la voix-off dès la première phrase). Pendant une vraie guerre, le bruit des armes n’est pas celui qu’on entend dans « Tu ne tueras point ». C’est du faux réalisme. La souffrance qui est filmée est certes impressionnante et douloureuse. Mais elle est différemment et autrement moins ou plus douloureuse dans la réalité. Gibson construit un réalisme en carton pâte et en viande hachée. Les spectateurs et les journalistes qui saluent la « vérité dans la crudité » de son film n’ont rien compris.
 
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Comme je le signalais un peu plus haut, le cinéma de Mel Gibson, c’est de la tragédie grecque post-moderne, du soap opera amélioré, du Almodóvar anglophone mélodramatisé, mais version cucul-gore. On passe de l’Image d’Épinal la plus cliché (la pin-up du soldat, le « Sir Yes Sir ! », la mort du camarade de tranchées, le frère porté sur les épaules, la plume bleue inspirant le sifflotement avec les oiseaux de la nature, etc.) au revirement le plus trash (la brique assommant le frère Hal, la caricature des chefs militaires hurlant sur leurs soldats, le moment « Lâche ton flingue Bobby !! » où Desmond renonce à tirer au revolver sur son père battant sa mère, etc.). La scène de « Tu ne tueras point » qui dépasse toutes les autres en terme de sincérité kitsch, c’est quand Gibson nous filme au ralenti la douche « bien-être divin » (Tahiti Douche) que prend Desmond Doss après en avoir bien chié sur le front. Il y a toujours, dans les films bobocathos, ce moment fatidique où les réalisateurs vont trop loin sans s’en rendre compte, où ils sont dépassés par leur propre hystérie et pathologie, par leur propre obsession de « faire vrai », de « faire sobre », de « faire sensible », de « faire original », de « faire catho mais pas comme les autres » (genre la scène sidérante de la cire rouge et du cercle de bougies à la fin de « L’Amante religieuse » de Saracco), et où ils se trahissent. Et côté spectateurs, c’est la crise de rire intérieure assurée (pour ceux qui peuvent comprendre le phénomène, bien entendu).
 
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Malgré les apparences, la « Religion du réalisme » que Mel Gibson suit n’est pas celle de l’Incarnation. Malheureusement, on est plutôt au rayon « chair à saucisse » et « charpie ». Le Corps du Christ est tellement regardé au microscope qu’il n’est plus considéré. Et concrètement, ça donne du cinéma christique de gros bourrin, avec un Rambo certes désarmé, mais dont la violence se transpose tout autour de lui, de manière décuplée et cauchemardesque. Quand un film commence d’emblée par des ralentis, c’est déjà très mauvais signe. Mais alors, quand en plus il s’agit de ralentis sur des représentations surdimensionnées de la souffrance et de la violence, là, le spectateur a de quoi s’inquiéter sur la santé mentale du pauvre réalisateur qui s’est fait « plaiz » en mettant en scène sa propre violence intérieure, sa morbidité, sa fascination pour l’hémoglobine, les corps décharnés, les kalachnikovs, les explosions, les détonations de mitraillettes, les lance-flammes, etc.
 
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Aussi bizarre ou insensible que cela puisse paraître, la guerre qu’a mise en scène Gibson n’est même pas réaliste. Jamais on ne verra des lombrics de cette taille et cette foule de rats sortir comme ça de cadavres des soldats qui viennent d’être tués sur le champ de bataille. Jamais on n’entendra un pareil bourdonnement de mouches autour des boyaux et des tripes à l’air des corps en charpie, y compris dans les conflits mondiaux les plus violents. Jamais les explosions de bombes dans le réel ne se déroulent comme dans les films d’action américains. Gibson semble oublier que l’image de souffrance n’est pas vraie. Elle peut être vraisemblable et agir sur la réalité sensible de son spectateur mais elle n’est pas vraie. Il semble oublier que la guerre (et la foi) n’est pas un jeu vidéo. Le naturalisme poussé à l’extrême conduit au délire, un délire certes vraisemblable et vraiment écœurant (encore que : je trouve les films de Pasolini tels que « Salò ou les 120 jours de Sodome » largement plus insoutenables), mais un délire quand même. C’est de la sublimation perverse de souffrance et de violence. Comme dans les films fantastiques d’aventure (cf. le cœur arraché à main nue dans « Indiana Jones et le Temple maudit »), sauf que cette fois les effets spéciaux ne sont plus « à deux balles ». Il y a chez Gibson quelque chose qui a à voir avec le faux réalisme des films pornos et des films d’horreur : une complaisance à grossir le scabreux, le douloureux, l’affreux, à nous faire ressentir la souffrance. On a même droit au vomi, au sang qui pisse : qu’on ne vienne pas nous dire après que ce n’est pas de la violence gratuite ! À un moment, le personnage de Desmond Doss va jusqu’à se retrouver à hurler face à un cadavre décomposé qu’il a soulevé de terre comme un pied de râteau lui revenant à la figure, et hurlant comme lui, façon Musée des horreurs. Là, c’est carrément de la fascination identificatoire à la mort (ou plutôt à l’image de mort). Mel Gibson est un grand malade.
 

Film "Braveheart"

Film « Braveheart »


 

Déjà, au début du film, la scène de la prise de sang de Desmond par l’infirmière (Dorothy, sa future femme) nous mettait bien sur la piste de la complaisance de Gibson pour le réalisme de la souffrance. Au lieu de nous passer ce détail, le réalisateur est allé jusqu’à nous montrer comment l’aiguille perce bien la peau du bras du héros et comment le sang en jaillit abondamment. Ensuite, on voit que tous les films de Gibson se choisissent comme héros des sadiques, des impulsifs, des brutes « antimilitaristes », des psychopathes. Dans « Tu ne tueras point » notamment, Desmond lit des livres d’anatomie et semble fasciné par le sang ; Smitty, son camarade soldat, s’enfonce un couteau dans le pied ; il y a même un soldat nudiste exhibitionniste à la caserne. Le choix du ralenti sur les scènes les plus violentes et sur les organes humains qui explosent démontre bien tout le sadisme de Mel Gibson, qui magnifie la souffrance et veut la faire durer. Aucun détail ne nous est épargné : sur les injections de morphine, le sang sur l’oreiller, les dégoulis de sang, les jambes broyées (de Ralph), les décapitations, la surenchère de cris horrifiés et de charpie (la véritable violence, quant à elle, est plus sourde). Il faut, selon Gibson, que ce soit crade. Absolument crade. Il faut que ça fasse réagir. Il faut que ça traumatise. Il faut que le spectateur culpabilise et souffre visuellement et physiquement de sa soi-disant indifférence de petit-bourgeois occidental programmateur de guerres. Il va payer (sa place de cinéma et son inaction), le petit con ! En ce sens, « Tu ne tueras point », loin d’être pédagogique, est terroriste et réactionnaire stricto sensu. Le simple fait de considérer qu’aller au cinéma serait un acte de bravoure, n’est pas normal et surtout illustre une inquiétante confusion entre la fiction et la réalité, une méprise sur ce qu’est le véritable courage ou le rôle du cinéma. Même au nom de la foi et de la dénonciation de la violence, un réalisateur n’a pas le droit, moralement, de créer ainsi du dégoût, d’exagérer la violence (déjà bien assez horrible et niée comme ça dans notre monde d’aujourd’hui !), de créer au forceps de la réaction (à la fois excessivement négative et excessivement positive), de la brutalité (symbolique) à son tour. Il a pas le droit de tenir en otage ses spectateurs (et l’interdit au moins de 12 ans n’est pas assez sévère : il devrait s’étendre aux 77 ans). Composer un enfer cinématographique ne servira jamais à bien défendre le paradis et à bien nous battre dans le Réel.
 
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Le film de Gibson ne fait pas ce qu’il prétend, ne fait pas ce qu’il dit. Ce qui est décrit comme « un paradoxe admirable » par la journaliste Marie-Noël Tranchant du Figaro), à savoir le fait de prôner cinématographiquement la non-violence par un film hyper violent, ne mérite non seulement pas notre euphorie, mais au contraire réclame notre indignation. C’est scandaleux de défendre le Paix et la Foi comme ça. On ne prouve pas une chose par son contraire, et la fin ne justifie pas les moyens. Ces dix dernières années, Mel Gibson a eu des problèmes d’alcoolisme, et il semblerait que sa frénésie pour la non-violence et le pacifisme de Desmond Doss soit plus une démarche inconsciente pour se rattraper, se racheter une conscience et pour dissimuler ses excès (il exalte la non-violence car il ne peut l’atteindre ; il exalte la foi parce qu’il ne prie pas assez) qu’une charité en actes. Être objecteur de conscience, c’est aussi et avant tout le refus de représenter la violence comme il le fait. Il doit être objecteur de violence, même de violence iconographique. Gibson maltraite le spectateur au nom de la volonté de le vacciner contre la violence. Quelque chose ne va pas dans la méthode et l’intention ! Ça joue les pacifistes mais en étant terroriste. La preuve en est que dans « Tu ne tueras point », Gibson pousse le sadisme jusqu’à faire peur à deux reprises à son public de manière totalement inutile : d’abord lors des scènes de cauchemar de Desmond (comme si nous, public, n’avions pas assez à souffrir des épisodes de conflit dits « réels », il faut en plus que Gibson nous fasse sursauter inutilement sur des scènes que nous croyons réelles mais qui se révèlent n’être finalement que des rêves d’une violence extrême !) ; deuxièment lorsque Desmond va traverser la rue pour retrouver sa dulcinée, et qu’il manque deux fois de se faire écraser par une bagnole. Qu’est-ce que ces effets terroristes apportent au scénario et au message du film ? Nada, rien, nothing. En revanche, à mon avis, ils classent temporairement Mel Gibson dans la catégorie des faux prophètes exaltés et dérangés de la Cathosphère. Ses films sont sérieusement à éviter.
 

Dernière chose pour enfoncer le clou (le clou étant ce film, et non la personne de Mel Gibson, infiniment aimée de Dieu, bien évidemment) : il ne nous faut pas sous-estimer toute la part démoniaque (oui, j’ose cet adjectif) qui a inspiré « Tu ne tueras point » et que traduisent beaucoup d’éléments apparemment anodins de sa composition. Je pense par exemple à l’analogie entre Desmond (au prénom proche de « démon ») et Caïn tentant de tuer son frère Hal en début de film ; je pense aux pulsions meurtrières de Desmond vis-à-vis de son père et ensuite vis-à-vis de toute autorité hiérarchique (le film de Gibson louvoie avec le parricide et prône une forme de « sainte » désobéissance, mais une désobéissance quand même). Je pense à la totale omission de Jésus, Marie, l’Église et les sacrements, dans le film. Je pense à la sublimation exagérée de l’objection de conscience et au purisme de l’anti-militarisme, qui peuvent conduire à plus ou moins long terme à la puce électronique mondiale. Je pense à tous les personnages de possédés que Mel Gibson se plut à incarner ou à mettre en scène dans ses films. Et clou du spectacle : le réalisateur ne respecte même pas les dernières volontés du vrai Desmond Doss qui, de son vivant, a toujours refusé qu’on écrive ou fasse des films sur sa vie et qu’on le traite en héros. « Tu ne tueras point » a donc ceci de diabolique qu’en rendant hommage, il salit la sainte volonté de celui qu’il « honore ». Au final, c’est un film anti-testamentaire. Dieu se sert de tout, même des désobéissances. M’enfin quand même ! « Si quelqu’un scandalisait un de ces petits qui croient en moi, il vaudrait mieux pour lui qu’on suspendît à son cou une meule de moulin, et qu’on le jetât au fond de la mer. » (Mt 18, 16)
 
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P.S. : Réaction de ma mère spirituelle à l’article (j’ai éclaté de rire) : « Je suggérerais un autre scénario, un peu plus corsé: un gars du GIGN converti à l’église Adventiste du 7ème jour et qui refuse le jour d’une attaque terroriste de tirer sur le terroriste en train de dégommer tous les enfants d’une école juive à Paris. Je me demande si cela serait très commercial comme film, surtout à Hollywood ??? » Qui a laissé croire que les religieuses d’aujourd’hui étaient cuculs?^^

#CathosCons votent #Fillon : ça rime

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Les CathosCons, en votant Fillon (ça marche aussi avec Poisson, cela dit), sont convaincus qu’ils ont voté juste et qu’ils ont outrageusement contourné le Système (alors qu’ils sautent les deux pieds dedans et votent pour un type qui n’abrogera jamais la GPA puisqu’il cautionne l’ « amour homo » et l’Union Civile). Mais dans quel monde vivent ces gens-là?
 
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Voilà où nous entraîne l’homophobie des catholiques.
 

Frigide Barjot, pendant ce temps-là, jubile…
 
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Pendant que les déçus pour Poisson n’ont toujours pas compris non plus que Fillon et Poisson c’était kif-kif.
 
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P.S. : Le nombre de mes contacts Facebook fond comme neige au soleil (il passe en-dessous de la barre des 1600). Mais je n’hésiterai pas à descendre davantage s’il le faut. Il y a des limites à la connerie, à l’aveuglement et à l’apostasie. Choisissez votre camp. Moi, j’ai choisi celui du Coeur de Jésus-Christ (qui, de plus en plus, est en train d’embrasser majoritairement des gens pas officiellement « catholiques », mais au fond, « catholiquement vrais »).